m -<& ^ ANATOMIE COMPARE. TOME II. IMPRIMERIE et FONDERIE de FLIX LOCQUIN et O 16, RUE N0TRE-DAME-DE9-VICT0IRW. if CINTRAL i '.,. K. D ANATOMIE COMPAREE DE GEORGES CUVIER, RECUEILLIES ET PUBLIES PAR M. DU MER II. SECONDE EDITION , Corrige et augmente. \ TOME SECOND, CONTENAIT LES ORGANES DU MOUVEMENT DES ANIMAUX SANS VERTBRES, ET L'OSTOLOGIE DE LA TTE; REVU PAR MM. F. G. CUVIER ET LAURILLARD, |)*tt*< CROCHARD ET C", LIBRAIRES, RUE ET PLACE DE L'COLE DE MDECINE, 13. 1837 *T*f) % *?$*& ';/ /Ui AVERTISSEMENT Ce second volume , qui est consacr presque tout entier l'ostologie de la tte, est celui de tout l'ouvrage o Ton trouvera les changements les plus considrables , et o. il nous a t le moins possible de conserver le texte de la pre- mire dition. Il y en a deux raisons principales : lune , c'est que des travaux multiplis sur cette partie de l'anatomie compare ont rendu tout fait insuffisant l'espace qui lui tait consacr dans la premire dition; l'autre, c'est que M. Cuvier avait lui-mme refait presque en entier cette partie de ses leons. Il est vrai que son travail tait destin un ouvrage bien plus considrable : ce grand trait d'anatomie compare, qu'il prparait de- puis si long-temps ; mais nous avons pens qu'on Vf AVERTISSEMENT. ne nous saurait pas mauvais gr d'avoir exagr en quelque sorte l'tendue de la huitime leon, pour y faire entrer autant que possible le tra- vail dont nous parlons. M. Cuvier en avait dtach, comme il le dit lui-mme, diverses parties qu'il a insres dans ses recherches sur les ossements fossiles, et qui sont par consquent dj connues du public; mais d'autres parties n 7 ont jamais t publies , telles que : la description de la tte de plusieurs ordres de mammifres; l'ostologie de la tte des oiseaux; celle de la tte des serpents, etc. Nous avons d faire nanmoins de grandes additions , en raison des matriaux nombreux qui s'taient ajouts aux collections du Musum depuis l'poque dj loigne o ce manuscrit avait t rdig. Nous n'avons pas cru devoir non plus reproduire textuellement les monogra- phies des ttes de reptiles et de poissons dj publies par M. Cuvier. Celles que nous don- nons ont toutes t faites sur les pices anato- miques, en conservant seulement les dtermina- tions des os donnes par M. Cuvier, et dont ce nouveau travail, fait sur des pices plus nom- breuses, nous a encore confirm la justesse. Nous avons, d'ailleurs, toujours eu soin de dis- tinguer nos additions du texte ancien ou nou- AVERTISSEMENT. VII veau de M. Cuvier en les comprenant entre deux crochets ]. Nous avons aussi fait entrer dans notre plan divers fragments anatomiques indits, et dont la place la plus naturelle nous a sembl tre dans une seconde dition des leons d'anatomie compare; tels que l'examen de ces questions: Si Galien a dcrit la tte , d'aprs l'homme, ou d! aprs le singe? Si le crne est une vertbre? Le rsum sur la mobilit de la face. Celui sur Vin- ter-parital. Il en rsultera sans doute quelque ingalit entre certaines parties ; le rsum sur l'inter-pa- rital, par exemple, se trouvera bien plus tendu que celui sur les autres os ; mais nous avons pr- fr cet inconvnient celui de tronquer un morceau crit tout entier de la main de M. Cu- vier ; et , d'un autre ct , nous ne pouvions donner au rsum sur les autres os les mmes dveloppements, sans que cette partie de l'ou- vrage prt des proportions tout fait exagres. Nous esprons donner, dans un temps peu loign, le tome troisime , consacr au systme nerveux et aux organes des sens , et pour lequel nous avons dj rassembl de nombreux mat- riaux. Quant ce second volume, nous avons toujours travaill de concert, en revoyant et en VIII AVERTISSEMENT. contrlant en quelque sorte les observations l'un de l'autre, et par consquent le travail de ce vo- lume peut tre considr comme nous tant com- mun. Cependant, l'un de nous (M. F.^Cuvier) a particulirement revu ce qui concerne la tte des mammifres et celle des reptiles ; et l'autre (M. Laurillard) , ce qui concerne la tte des oi- seaux et celle des poissons. Il a revu aussi la leon consacre aux organes du mouvement des animaux invertbrs. Aot 1837. F. G. Guvier , Docteur en mdecine. Laurillard, Conservateur du Cabinet d'anatomie compare. LEONS DANATOMIE COMPARE. SIXIEME LEON. DES ORGANES DU MOUVEMENT DES ANIMAUX SANS VERTBRES. [Les animaux invertbrs n'ayant pas de squelette, leurs muscles, au lieu de se fixer comme ceux des ani- maux vertbrs autour d'un centre osseux , sont insrs la peau ; mas cette peau elle-mme est tantt molle et contractile en divers sens , et tantt transforme, en plus ou moins grande partie, en une substance dure , calcaire ou corne. Dans le premier cas , les muscles , tendus en couches , forment autour du corps un tissu plus ou moins compliqu et plus ou moins serr; dans le second cas, ils peuvent se partager comme dans les animaux vertbrs en faisceaux distincts , op- rant chacun un mouvement dtermin par le mode d'articulation des parties dures. ] 2. t> VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. ARTICLE 1 er . ORGANES DU .MOUVEMENT DES ANIMAUX MOLLUSQUES. [Les mollusques, que leur organisation rapproche plusieurs gards des vertbrs, semblent tre, sous le rapport de la rapidit et de rtendue des mouve mens, dans une sorte d'infriorit vis--vis de quelques autres animaux invertbrs, et c'est mme par ce motif que plusieurs naturalistes ne les placent dans leurs classifications qu'aprs les articuls. Mais on sait que c'est sur l'ensemble de l'organisation, et non pas sur la considration d'un seul appareil, que doivent repo- ser les classifications , et que , dans les rgles de la mthode naturelle, le plus ou le moins de complication de l'appareil du mouvement ne peut servir tablir que des divisions de second ordre. Au surplus, nous allons trouver, mme dans les mollusques, des appa- reils de prhension , de natation, de progression, etc. , aussi bien appr: s aux besoins de l'animal , aussi varis dans leurs formes qu'aucun de ceux que nous prsenteront d'autres classes. I. Des parties solides. [Quoique les mollusques soient en gnral, comme leur nom l'indique, des animaux mous et recouverts d'une peau sensible, cependant les b'wliores et les asci- dies ont une enveloppe coriace , et dans beaucoup d'autres genres quelques parties du corps sont munies de pices cartilagineuses ou calcaires qui servent d'at- tache des muscles. Dans les cphalopodes, une de ART. I. MOLLUSQCES. 3 ces pices forme un anneau irrgulier et incomplet qui protge le cerveau et sert de base la couronne que for- ment les pieds. On trouve en outre, dans la seiche, deux plaques cartilagineuses en forme de lunule , situes Tune dans la peau du cou , et F autre dans le rebord antrieur de la gane de la coquille. Celle du cou est creuse , sur la ligne mdiane, d'un sillon dans lequel vient glisser une petite arte de la plaque du bord de la gane. Elles ont videmment pour but d'empcher le dchirement des parties par la coquille dans les mouvemens de la tte , car dans le poulpe , o il rCy a pas de coquille, il n'y a pas non plus de plaque cartila- gineuse, et dans le calmar, dont la coquille corne est moins dure que l'os de la seiche, le cartilage est peine distinct. Outre ces cartilages, qui se trouvent sur la ligne m- diane, la seiche offre encore de chaque ct de F enton- noir, Fangle externe de sa base, un petit disque creux un peu cartilagineux, dans lequel entre une promi- nence de la partie correspondante de la bourse ; ce sont comme deux pivots sur lesquels est port l'entonnoir. M. Meckel a fait connatre encore des cartilages situs sur les cts du corps, qui , dans les seiches et les cal- mars , sont plats , plus pais leur bord interne , et donnent attache aux fibres musculaires des nageoires ; ils forment, en outre, le plafond d^une lacune consid- rable qui se trouve dans Fangle de cette nageoire et du sac. Dans les poulpes', qui n'ont point de nageoires la- trales, on trouve deux cartilages stylodes occupant la moiti infrieure de chaque ct du dos (1). (1) [ M. Cuvier Qlm. pour servir Vanat. des mollus. , p. 12) les a 4 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANM. SANS VERT. Plusieurs cphalopodes sont encore pourvus d'une coquille plus ou moins calcaire, produite dans l'pais- seur du sac ou manteau , et qui reste cache dans le plus grand nombre des espces. ] Dans la seiche , c'est une espce d'os form de diverses lames minces , parallles les unes aux autres, spares par de petites colonnes creuses, disposes en quinconce et allant perpendiculairement d'une lame l'autre. Cet os est ovale, plus pais au centre , mince la circonfrence, [et muni l'extrmit oppose la tte d r une sorte de bec recourb , plus dur que le reste de l'os. Dans les calmars, c'est une lame corne et lastique, sans aucune partie calcaire. Sa forme , dans le calmar commun, est une ellipse allonge, creuse d'un sillon mdian, et dont le milieu se prolonge sur le haut en forme de pdicule. L'os de la seiche crot par de nouvelles lames qui s'appliquent contre les anciennes et les dbordent; mais dans le calmar, la lame corne, une fois forme, ne grandit plus ; il s'en forme une nouvelle, de sorte que dans les vieux individus on trouve souvent plusieurs de ces lames les unes au - dessous des autres. Dans la spirule , la coquille est contourne en spirale , considrs comme la seule reprsentation de l'os de la seiche ; mais ils semblent tre plutt analogues aux cartilages que nous venons d'indiquer dans la seiche et le calmar. M. Meckel , et aprs lui M. Carus , veulent voir dans ces diffrents cartilages des cphalopodes des vestiges de squelette. Dans l'anneau de la tte, des vestiges de crne ; dans les plaques du cou, des vestiges de vertbres; dans les disques de l'entonnoir, des vestiges de sternum ; dans les cartilages des nageoires, des vestiges de membres. I ART. 1. MOLLUSQUES mais elle est encore intrieure , et se montre seulement un peu au travers de la peau, tandis que dans l'argo- naute elle est tout--fait extrieure, et peut contenir Fanimal, qui s'en sert comme d'une nacelle. La coquille se retrouve dans la plupart des autres mollusques ; quelquefois , comme dans les aplijsies , eile est interne , rudimentaire, et propre seulement prot- ger les principaux viscres; mais le plus souvent elle est externe et destine recevoir et abriter tout ou partie de l'animal.] Ces coquilles ou demeures ambulantes varient beaucoup pour la forme et pour le nombre des pices. Les unes sont faites d'une seule pice d'une configuration diverse. Simple et non contourne, comme dans les patelles ; en spirale aplatie , comme dans les planorbes ; en spire globuleuse ou pyramidale, comme dans les hlices, les bulimes, les bulles, etc. [Souvent le dos du pied porte sa partie terminale une pice calcaire plus ou moins arrondie, qui ferme l'ouverture de la coquille lorsque l'animal est retir. Les coquilles des ptropodes ont une forme particu- lire, et parmi elles aucune n'est plus singulire que celle de la cijmbulie , qui est cartilagineuse, transpa- rente, en forme de sabot, et, hrisse de pelites pointes en sries longitudinales. Une classe presque entire de mollusques est pourvue de coquilles bivalves qui sont le plus gnralement symtriques, mais dont les valves sont quelquefois diffrentes de forme , de grandeur et de couleur.] Ces valves sont disposes de manire se mouvoir l'une sur l'autre , l'aide d'avances osseuses qui sont reues dans l'une d'elles , ou qui se reoivent rciproquement et iorment une vritable charnire. Elles sont, en outre, runies par un ligament lastique 6 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. de substance corne, qui tend continuellement les ouvrir. La charnire des coquilles offre tant de diffrences, que les naturalistes en ont tir les caractres des genres. En effet, les hutres , les placunes, les plerines, les arondeSf n'ont point de dents du tout leur charnire. Les pholades et les myes en ont une seulement l'une des valves , mais elle n'est point reue dans une fos- sette. Les solens ont la charnire ferme par une dent de chaque valve, qui fait saillie dans l'intrieur. Ces deux avances se rencontrent et se meuvent Fune sur Fautre. Les anomijes, les unios, les spondy le s, les cames j et plusieurs autres, ont une ou deux dents sur une valve seulement, et elles sont reues dans des fossettes cor- respondantes de la valve oppose. Les venus, les bu- cardes et les mactres, ont Fune et Fautre valve des dents qui se reoivent rciproquement. Enfin, les ar- ches ont une multitude de petites dents qui s'engrnent les unes dans les autres. Toutes ces conformations, ou facilitent le jeu des charnires, ou en affermissent Far- ticulation : ; enfin, elles permettent une ouverture plus ou moins grande des valves. Le ligament lastique, qui tend continuellement ouvrir les valves , n'est point toujours situ aux mmes points de la coquille. Lesmoules, par exemple, ont ce ligament un des cts des valves. Les placunes ont un petit appendice osseux qui fait saillie dans l'intrieur de chaque valve , et c'est sur cette partie qu'est reu le ligament qui les tient runies. Les pernes ont chaque valve plusieurs fossettes opposes deux a deux, qui logent autant de petits ligaments. AKT. 1. MOLLUSOIH^ f Les coquilles des acphales offrent, en o'utnv'bau- coup d'autres particularits. Les tarets Ont le corps renferm dans un tube calcaire, et sonl arms de deux petites valves mobiles qui leur servent creiteer le bois. Les trbratides oui intrieurement , 4\ine de leurs valves , deux appendices osseux qui soutiennent leur corps , et leur servent de charpente, etc. [On doit remarquer encore dans les coquilles les ca- nelures, les pointes, les crtes de leur surface, les em- preintes des muscles qui les font adhrer au corps de Fanimal , et celles des muscles qui font fermer les valves des bivalves. Ces empreintes fournissent par leur nombre, par leur aspect, leur forme et leur posi- tion, de bons caractres pour la distinction des genres et des espces. il y a des coquilles multivalves dont les diffrentes pices s'articulent entre elles , comme dans les osca- brionsyou sont simplement runies par IVn vlo ppe gnrale sur laquelle elles sont appliques, comme. dans les anatifs-, ou bien enfin sont disposes circu- lairement, comme dans les 'bdanes. Les bipliores , parmi les acphales, ont leur enve- loppe extrieure cartilagineuse, Iran s parente i, plus ou moins cylindrique et Ouverte aux deux bouts. Dans les ascidies , cette enveloppe est opaque, fibreuse , et perce de deux orifices plus ou moins rapprochs ; mm s il n'y a , dans ces deux familles, aucune partie vrita- blement calcaire, aucune coquille.] II. Des Muscles. A. Dans les Cphalopodes. Les mollusques dont la tte est garnie d'appendices 8 VI* LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. alongs sur lesquels ils marchent, qu'ils ploient et dirigent dans tous les sens, et qu'ils accrochent sur les corps l'aide des ventouses dont ils sont garnis en dessous, ont diffrens ordres de muscles. [Outre ceux des pieds et des ventouses , il y en a de propres la bourse , l'entonnoir, la tunique charnue des vis- cres. ] a. Dans le Poulpe. [ Nous commencerons par dcrire ceux du poulpe (sepia octopodia), et nous indiquerons ensuite quel- ques-unes des diffrences qui se remarquent dans d'autres espces. ] 1 Muscles des Pieds. [On peut considrer chaque pied comme un long cne, dont la base, au lieu d'tre un cercle plan , s'al- longe en bec de flte pour s'unir avec la base des pieds voisins. Les pointes de tous ces becs de fltes se ru- nissent autour de l'sophage , et s'y fixent au petit cercle de l'anneau cartilagineux qui renferme le cer- veau et les oreilles- Ils s'largissent en restant serrs l'un contre l'autre ; et entrelaant mutuellement leurs fibres en rubans croiss, ils entourent ainsi une cavit presque sphrique dans laquelle est loge la masse charnue de la bouche : parvenus autour de l'ouver- ture extrieure de la bouche, leurs masses s'cartent pour former les pieds; mais la partie distincte du pied , sur laquelle portent les ventouses , est continue de substance avec cette base en bec de flte qui s'u- nit ses pareilles pour entourer la bouche (1). (t) Cuvier. Mm. pour servir Varit, des mollusques. Paris, 1817 , p. 9 et 10. ART. I. MOLLUSQUES. 9 Lorsqu'on coupe ce pied transversalement, on voit que son axe est occup par un canal qui sert loger les nerfs et les vaisseaux ; et autour de ce canal , on distingue un espace rhombodal qui parat au pre- mier coup d."*oeil compos d'une substance homogne , mais qui Test en ralit de fibres demi-tendineuses croises ; enfin , la circonfrence de la tranche , il y a quatre segments de cercles qui sont les coupes de quatre grands muscles longitudinaux , et qui for- ment par leur rencontre des lignes qu'on peut com- parer autant de lignes blanches. Deux de ces seg- ments appartiennent des cercles plus petits , et sont situs la face qui porte les ventouses et la face oppose ; les deux autres appartiennent de plus grands cercles et sont situs aux faces latrales. Tous quatre sont fortement stris par des lames fibreuses, parallles , intercales entre les fibres musculaires , et dont les prolongements forment, en se croisant, cet espace rhombodal dont nous avons parl. Chaque grand muscle latral est recouvert de trois couches de muscles; une interne, de fibres obliques, s'ten- dant de la ligne blanche infrieure la ligne blanche suprieure; une moyenne, fibres longitudinales, qui a la mme largeur que le prcdent , et une ex- terne, fibres transverses ou plutt annulaires , puis- qu'elle embrasse toute la partie du pied qui n'a point de ventouses. C'est ce muscle qui fournit, parles deux extrmits de ses fibres , les faisceaux qui retiennent et meuvent les ventouses, et c'est sur le milieu de son trajet que viennent s'insrer les faisceaux de la couche musculaire externe de la membrane interpdale. Outre ces muscles intrinsques, les pieds en ont d'ex- 10 VI e LEON. MOUVEMENT DES AN1M. SANS VERT. trinsques. Immdiatement au-dessous de la peau , on trouve un muscle trs mince, dont les fibres sont unies par un tissu cellulaire lche, qui suit la peau dans ses diffrents contours, et qui peut tre regard comme un peaucier. Il sert froncer la peau, et donne ainsi plus de force aux muscles sur lesquels il est plac en leur servant de sangle. D'autres muscles 7 plus considra- bles, sont ceux de la membrane qui runit la base des pieds. Il y en a deux couches minces accoles Tune l'autre : l'externe prend naissance sur la ligne moyenne du dos de chaque pied , comme nous venons de le dire , et va s'insrer sur la mme ligne du pied Voi- sin ; l'interne nat des cts des mmes pieds, entre les attaches des muscles des ventouses , et va s'insrer au mme point de l'autre pied. Ces deux couchs , arrives au milieu de l'espace d'entre les deux pieds , y croisent une partie de leurs fibres. ] Cette double membrane musculeuse a quelque rapport avec celle qui runit les doigts des oiseaux palmipdes , les canards, les oies, etc. Elle forme un disque circu- laire qui rgne entre toutes les bases des pieds. Ces muscles rapprochent ou cartent les pieds l'un de l'autre , ou les runissent tous en un faisceau (1). 2 Muscles des Ventouses. [Les suoirs, ou ventouses , sont forms d'une cu- pule musculaire , dont les fibres vont de la face con- cave la face convexe. Un disque mince , fortement pliss , fibres rayonnantes, eh entoure l'orifice.] Il y a au bord de la cupule , tout contre le disque , un plan *mi^mt**m&mmi^~mm (1) Cuvier. Loc. cit., p. 11 . ART. I. MOLLUSQUES. 11 de fibres circulaires en forme de sphincter, qui rend la calotte plus convexe. Enfin, chacune des ventouses est retenue et mue sur le pied par des bandelettes muscu- leuses qui s'entrelacent les unes dans les autres , et se joignent enfin celle du muscle transverse ext- rieur du pied. Quand l'animai approche l'un ou plusieurs de ses suoirs d'une surface pour l'appliquer plus intime- ment, il le prsente applati. Lorsqu'il y est coll par Tharmonie des surfaces , il en contracte le sphincter , ce qui produit une cavit au centre de laquelle il se forme un vide. Par ce mcanisme , le suoir s'attache la surface avec une force proportionne son dia- mtre et au poids de la colonne d'eau ou d'air dont il est la base. Cette force , multiplie par le nombre des suoirs , donne celle avec laquelle tout ou partie des pieds s'attache au corps : aussi est-il plus facile de d- chirer ces pieds que de les sparer de l'objet que l'a- nimal veut retenir. 3 Muscles du Corps. Le sac ou la bourse qui forme le corps du poulpe, dpouill de sa peau extrieure prsente un tissu mus- culeux de fibres trs serres. La couche la plus ext- rieure a une direction longitudinale dans ses fibres; la couche moyenne [et la plus paisse] est transversale; [ vient ensuite une troisime couche interne , trs mince, galement fibres longitudinales ]. Elles agissent toutes de manire aplatir le sac, Falonger, le courber, le flchir en tous sens. [C'est des parois des cavits membraneuses qui ren- ferment les deux cartilages styodes du dos, que les 12 VI LEON. MOUVEMENT DES AN1M. SANS VERT. fibres de la bourse semblent plus particulirement prendre leur origine. Outre ses muscles propres , la bourse en a d 1 autres qui Punissent la tte , aux pieds , Pentonnoir et la tunique charnue des viscres. a. Un ffrand muscle nat du dos de la bourse et de son bord infrieur ( ranimai tant suppos les pieds sur le sol et la tte en bas), enveloppe le cou en laissant de ct une ouverture pour Foeii , et va s^insrer aux faces latrales des six pieds latraux et postrieurs , sous la couche externe de la membrane interpdale. On pour- rait peut-tre regarder ce muscle comme le prolon gem- ment jusqu^aux pieds d^une partie des fibres longitu- dinales externes du dos de la bourse. b. De ce mme bord infrieur, Pendroit o se ter- mine le muscle prcdent, nat de chaque ct une large bande musculaire qui se porte aux cts de Pen- tonnoir, vers son extrmit infrieure. c. Ces cts de Pentonnoir sont forms eux-mmes de deux autres piliers musculaires qui viennent de la face interne du sac et de la pointe infrieure des carti- lages stylodes, en s^unissant dans leur trajet la tunique charnue qui enveloppe le foie et Fsophage. d. Entre les deux paires de muscles prcdentes, mais plus prs de la premire que de la seconde, nat galement la face interne du dos un autre faisceau musculaire plus petit qui unit la bourse cette mme tunique dont nous venons de parler. e. Enfin , la ligne mdiane de la face ventrale interne de la bourse donne attache un muscle impair qui Punit galement cette tunique. On comprend comment ces divers faisceaux peuvent ART. . MOLLUSQUES. 13 changer dans toutes sortes de sens, par leur contrac- tion , les rapports de position de la bourse avec la tte, et par consquent avec les pieds (1). ] 4 Muscles de l'Entonnoir. [ L'entonnoir lui-mme est musculaire et compos d'une couche de fibres longitudinales et d'une couche de fibres transversales ; la premire est forme par les muscles qui viennent del pointe infrieure des carti- lages, et c'est de l'union de leurs bords que rsulte le tube. Aux muscles qui s'attachent la bourse et dont nous venons de parler, il faut en ajouter deux autres paires, dont l'une est moyenne et vient de l'anneau cartilagineux de la tte , et l'autre est latrale et nat de chaque cot de la tunique charnue derrire l'il. Ces muscles s'panouissent sur la surface de l'entonnoir, et y forment une couche externe fibres obliques. ] 5 Muscles de la Tunique intestinale. [ La tunique charnue qui enveloppe d'abord le foie et l'sophage , et plus tard l'estomac et l'intestin , est forme de deux larges bandes musculaires qui naissent de la base des pieds et de l'anneau cartilagineux de la tte. ] b. Dans la Seiche. [ Le systme musculaire de la seiche diffre en plu- sieurs points importants de celui du poulpe. La bourse n'est charnue que par devant et sur les cts ; en ar- rire , le muscle qui la forme laisse une norme solu- (1) Cuvier. Loc. cit. p. 13 et 14. 14 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. tion de continuit occupe par la capsule membra- neuse qui contient l'os , laquelle n'est recouverte ext- rieurement que par la peau. Des bords de cette solu- tion , vers le fond de la bourse, partent deux grands piliers charnus qui , aprs avoir donn un lambeau la branchie de leur ct, se bifurquent; leur partie an- trieure forme le pilier de l'entonnoir; l'autre est le pilier de la tte, et donne des expansions sur la tunique du foie. De la face postrieure de ce pilier de la tte nat transversalement la calotte charnue qui va joindre l'entonnoir, et ferme le ct de l'ouverture de a bourse comme dans le poulpe (1). Les fibres musculaires de la bourse sont trs serres et difficiles distinguer ; cependant on parvient voir qu'elles composent une couche trs paisse dfibres transverses recouvertes l'extrieur et l'intrieur d'une couche excessivement mince de fibres longitudinales. Les ailes ne font point corps avec la bourse et ne lui sont unies que par la peau et les vaisseaux; adhrant leur naissance au cartilage longitudinal dont nous avons parl , elles sont composes de deux plans de fibres transversales trs distinctes , entre lesquels pas- sent les vaisseaux. Ces deux plans de muscles sont for- tement unis l'un l'autre. Les muscles des pieds ordinaires sont semblables ceux du poulpe ; mais les ventouses sont autrement constitues : elles sont pdicules et forment un tube soutenu par un cylindre cartilagineux, et garni. son bord libre d'un bourrelet annulaire qui s'applique con- tre les corps pour empcher l'air ou l'eau de pntrer (1) Cuvier. Mm. pour servir l'an, des mollusques , in -4?i p. 4j. ART. I. MOLLUSQUES. 15 dans le. tube \ l'intrieur s'enfonce un piston form de fibres lastiques recourbes qui naissent de la face externe du cylindre cartilagineux, prs du bord voisin du pied. Au centre de ce piston s'insre un muscle conique, qui sert de tige pour l'lever et former le vide dans le cylindre. Ces ventouses sont petites, nombreuses et semes sans ordre sur les huit pieds or- dinaires ; mais elles sont plus grandes l'extrmit largie des deux longs bras tentaculaires qui prennent naissance chacun dans un creux situ entre le pied an- trieur de son ct et le pied suivant. ] c. Dans le Calmar, [Le calmar a les huit pieds, les deux longs bras, et les ventouses pdicules de la seiche. Les pieds n'ont que deux rangs de ventouses, dont le mcanisme est semblable celui de la seiche ; elles n'en diffrent que par l'anneau ou le cylindre cartilagi- neux qui a son bord dentel. Quant la texture du pied lui-mme , lorsqu'on en coupe un transversalement, on trouve peu prs les mmes parties que dans le poulpe et la seiche, mais un peu autrement disposes. L'es- pace membraneux qui entoure le canal , au lieu d'tre rhombodal, offre la figure d'un cusson chancr , et cette chancrur est due la grande paisseur que prend sur ses bords le muscle longitudinal de la face correspondante aux ventouses ; les trois autres muscles so^it moins distincts, leur coupe ne prsente plus, proprement parler, qu'une zone fibres rayonnantes. Sur les cts , on distingue cependant encore une bande mince, fibres obliques ; une autre, fibres longitudinales; puis, sur le tout, le muscle fibres 16 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. circulaires, qui donne un fort faisceau au pdicule de chaque ventouse. Les muscles des nageoires ne se composent gale- ment que de deux plans de fibres transverses , insres au cartilage longitudinal dont nous avons parl : Fn rpond la face dorsale, et l'autre la face ventrale; ils sont accols l'un l'autre d'une manire assez lche, et entre eux passent les vaisseaux. Chaque plan de fi- bres , en agissant alternativement , lve ou abaisse la nageoire. ] B. Dans les T*tropodes. [Les ptropodes nagent , comme les cphalopodes, dans la haute mer, mais ils n'ont point de pieds pour ramper ni se fixer. Leur corps oblong prsente une enveloppe tapisse de quelques fibres longitudi- nales minces, qui servent , sans doute, le raccourcir et le diriger, quand l'animal nage. Leurs organes du mouvement consistent en nageoires places comme des ailes aux deux cts de la tte et du corps. La plus grande espce, ou du moins la plus singulire, est la cymbulie. Cet animal est pourvu de deux grandes na- geoires en forme d'ailes de papillon, qui lui font don- ner sur les ctes de Provence le nom de papillon de mer. Ces nageoires offrent deux plans superposs de muscles fibres rayonnantes, qui se croisent un peu sur les bords, de manire laisser entre elles de petits intervalles en forme de lozange. C'est au moyen de ces deux plans de muscles que l'animal, rapprochant et cartant alternativement l'une de l'autre les extr- mits des nageoires , se meut avec assez de rapidit, la pointe de sa coquille en avant. ART. I. MOLLUSQUES. 17 Les nageoires des hyales et des clios ont galement cette forme d'ailes, et sont probablement composes de muscles semblables ceux de la cymbulie ; mais les individus que nous avons pu nous procurer n'taient point en tat d'tre examins sous ce point de vue d'une manire suffisante. Nous savons seulement que n'tant point lests par une coquille pesante comme celle des cymbulies, ces animaux sautillent continuellement par l'agitation prcipite de leurs nageoires.] C. Dans les Gastropodes. Les organes de la locomotion des gastropodes r- sident dans cette partie infrieure de leur corps sur laquelle ils se tranent et qu'on nomme leur pied [et dans l'enveloppe gnrale, ou le pannicule, qui dter- mine leur forme]. Le pied est une masse cbarnue for- me de fibres qui se croisent en plusieurs sens, et qui peuvent lui faire prendre toutes les figures possibles. Le plus ordinairement , elle a celle d'un ovale plus pointu par derrire ; mais par les contractions varies dont ces fibres sont susceptibles J elles l'tendent ou le contractent en tout ou en partie, de manire produire ce mouvement progressif si lent que tout le inonde connat dans la limace. [ Ce tissu du pied est comparable au muscle propre de la langue de l'iiomme. ] On aperoit trs facilement les fibres musculaires transverses du pied del limace , quand elle est ouverte parle dos. Elles viennent des bords du pied, et se ren- dent deux lignes tendineuses , moyennes et longitu- dinales. Au-dessous de ces fibres , on en rencontre d'autres dans une direction contraire , mais elles sont 2. 2 8 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANM. SANS VERT. tellement entrelaces , qu'il est difficile d'en distinguer les plans. [L'enveloppe gnrale de la limace est une tunique complte, peine plus paisse au pied que sur le dos; elle est mince sur la tte , et se divise en trois plans l'endroit de la cavit pulmonaire : un infrieur qui forme le diaphragme , un moyen et un suprieur qui embrassent la coquille. Ces trois plans se runissent pour former le bord antrieur du manteau qui re- prend toute l'paisseur du reste de l'enveloppe ; les fibres extrieures sont longitudinales, les internes sont transversales.] Dans la scylle , le piec n'est qu'un sillon longitu- dinal trac dans la longueur du ventre de ranimai. C'est l'aide de ce sillon qu'il embrasse les tiges de fucus sur lesquelles il se trains. Au reste , l'organisa- tion de ce pied est peu prs la mme que dans la limace. Dans la patelle , le plan le plus infrieur est form par des libres transversales qui, sur les bords, sont en- trelaces d'un grand nombre d'autres fibres muscu- laires. Le plan suprieur est un muscle compos de deux ranges de fibres, qui forment un angle aigu par leur rencontre sur une ligne moyenne qui rpond au long diamtre du pied ; il a aussi sur son bord quel- ques fibres circulaires. Le plan infrieur, par ses contractions , alonge l'el- lipse du pied en mme temps qu'il le rtrcit , tandis que le suprieur le raccourcit en l'largissant. Voil le mcanisme qui produit la marche. Enfin , les fibres circulaires diminuent en tous sens sa surface , la font ge bomber en dessous , et produisent par-l un vide ART. I. MOLLUSQUES. 19 qui attache avec force l'animal sur le plan qui le sup- porte. Les mollusques qui marchent sur le ventre , et dont le corps est recouvert par une ou plusieurs coquilles et qu'on nomme testacs, ont, de plus que les gastro- podes nus , des muscles destins faire rentrer leur corps dans la coquille , ou l'en faire sortir. [Dans les colimaons, par exemple, dont le pied est tout--fait comparable une langue, les fibres du dos remontent en partie dans le collier, se contournent sur son bord postrieur , et se fixent la columelle de la coquille. C'est par elles que la partie postrieure du pied est retire en dedans. Les fibres extrieures des parties latrales de l'enveloppe et celles de la tte vont se fixer au collier lui-mme , en dedans de son bourre- let charnu ; il y a, vers cette partie, des fibres transver- sales circulaires et parallles au bourrelet , dont Fac- tion, en contractant toutes les parties extrieures et les forant s'alonger, commence les faire sortir de la coquille. Le bourrelet contient aussi des fibres, et peut tre considr comme une espce de sphincter qui aide la sortie du pied et de la tte, une fois que cette sortie a t commence par les fibres dont nous venons de parler. Les muscles qui retirent le pied en dedans ont leur attache fixe la columelle, au-dessus de l'attache des muscles du dos. Ils forment deux faisceaux ; et aprs avoir pass au-devant du bord postrieur du bourrelet sous tous les viscres dans la partie antrieure de la grande cavit, celle qui n'est point toujours enferme dans la coquille , ils se divisent en un grand nombre de languettes qui pntrent les unes droite , les autres 20 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. gauche, en s'entrecroisant intimement avec les fibres propres du pied , comme une partie des muscles ex- trinsques de la langue finit par se perdre dans le muscle lingual (1). ] Dans les patelles, le pied est retenu autour de la co- quille par une range de fibres qui s'attachent circu- lairement autour de cette coquille, et vont, aprs avoir perc le manteau , s'insrer sur les bords du pied en s'entrelacant avec ses fibres circulaires. Elles laissent un espace libre pour le passage de la tte. Ce mus- cle , par ses contractions , rapproche la coquille du pied et comprime le corps ; en se relchant , il la laisse soulever par l'lasticit du corps. [Les muscles du pied des autres gastropodes sont peu prs les mmes , mais il n'est pas toujours aussi facile d'en voir les fibres. Les muscles qui retirent l'a- nimal dans sa coquille, et ceux qui l'en font sortir, va- rient galement trs peu ; mais outre leur pied , quel- ques gastropodes , qui ne se bornent pas ramper sur les fonds, mais qui nagent dans la haute mer, sont pourvus d'organes de mouvemens accessoires, ou d'es- pces de nageoires. Dans les ththys , on trouve autour de la bouche une large membrane forme de deux plans de muscles, l'un fibres rayonnantes , et l'autre fibres concentriques. Dans les aplysies , le manteau forme suprieurement deux grands lobes qui se croi- sent dans l'tat de repos , et qui , dans l'tat de mou- vement , frappent l'eau de chaque ct de l'animal. Pour cet effet, la peau est garnie en dedans d'innom- brables faisceaux de muscles qui se croisent en tous (1) Cnvior. dnat. de la limace et du colimaon, p. 3< ART, I- MOLLUSQUES. 21 sens. Dans les scylles et les glaucus , ce sont les expan- sions branchifres , tendues horizontalement de cha- que ct ; dans les gastroptres , c'est le pied avec ses bords en larges ailes, qui servent la natation, laquelle chez ces derniers se fait le dos en bas. Dans les janthine s, outre deux petites membranes latrales qui tiennent lieu de nageoires , le pied est pourvu, sa partie pos- trieure , d'un appendice vsiculeux demi-cartilagi- neux , au moyen duquel ranimai reste suspendu la surface des eaux. Dans Tordre des htropodes , la natation ne se fait plus par des organes accessoires seulement, mais par une modification mme du pied, qui , au lieu de for- mer un disque horizontal, est comprim en une lame verticale , arrondie et musculeuse, au bord de laquelle se trouve , dans les firoles et les carinaires , une dila- tation en forme de cne creux , reprsentant le disque des autres ordres, et qui sert de ventouse pour se fixer aux corps flottants. Cette nageoire est pourvue cha- cune de ses faces d'un plan de muscles fibres rayon- nantes dont la contraction alternative produit un mou- vement de droite et de gauche qui suffit pour trans- porter Fanimal, le plus souvent le dos en bas, avec une vitesse assez grande. Le corps lui-mme, along et termin par une queue plate , est envelopp de fibres musculaires nombreuses et croises qui lui impriment un mouvement propre. ] D. Dans les Acphales. La membrane contractile qui revt tout le corps des mollusques acphales est un vritable muscle qui pr- sente beaucoup de varits. Tantt, et c'est dans le plus 22 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. grand nombre , ii est ouvert par devant dans le sens des valves : telles sont les hutres, les moules, etc. Tan- tt, comme dans les coquilles dont les deux bouts res- tent toujours ouverts, telles que les solens, les myes, les pholades, etc., il est perc aux deux extrmits. Troisi- mement enfin , le manteau , enveloppant tout le corps de l'animal comme un sac , n'a d'ouverture qu' Fune de ses extrmits. C'est ce qu'on remarque dans les ascidies. Le manteau de V hutre est form de deux pices de mme forme que la coquille. Elles se collent au corps par derrire ou du ct de la charnire, et s'tendent jusqu'aux bords des valves. Leur substance est molle, demi-transparente, parcourue par un grand nombre de bandes musculeuses. Elles sont perces par le muscle qui ferme les cailles. L'extrmit libre de ce manteau est double. L'un des bords est pliss comme un falbala et festonn ; l'autre est garni de petits tentacules coni- ques et contractiles. Le manteau des autres acphales diffre par la forme gnrale que nous avons fait connatre plus haut; par les tentacules dont le bord est garni ; par les diffrents tuyaux qui en sont des prolongements ; enfin par les muscles qui le percent. L'ouverture qui sert de sortie aux excrments , et celle qui est destine l'entre de l'eau et des aliments, se prolongent quelquefois en des espces de tuyaux qui sont la continuation du manteau. C'est ce que l'on nomme trompes. Les hutres, les moules, les mulettes ou unio , les anodontes , n'ont qu'une seule de ces ouver- tures, l'anus. L'eau entre simplement par la large fente du manteau, Dans les bucardes , chacun de ces deux ART. I. MOLLUSQUES. 23 trous s'alonge de quelques lignes. Celui de la respira- tion est plus long et plus gros. Ils sont plus alongs encore et plus ingaux dans les venus, teillnes, macties et quelques autres genres. Les solens en ont aussi deux; mais dans les plwlades les deux tuyaux sont runis en une seule trompe charnue trs paisse, qu'ils traversent dans sa longueur sans se runir. Les tentacules qui , dans les acphales manteau ouvert en devant, sont placs au bord du manteau, surtout veis l'anus, sont situs x l'orifice des trompes, dans les espces tuyaux. Ils eont branchus dans la moule commune. (Mytils edulis. Linn.) Comme les valves des coquilles tendent continuelle- ment s'ouvrir par Tenet du ligament lastique plac du ct de la charnire et qui fait l'office de muscle, il fallait que l'animal qu'elles reclent et la facult de les fermer volont. Aussi , selon les genres, y a-t-il toujours un ou deux muscles destins cette fonction. Dans les hutres , il n'> en a qu'un seul situ peu prs au centre de la coquille, derrire le foie et au mi- lieu du manteau. Il s'attache l'une et l'autre valve; et, par sa contraction, il les serre Tune contre l'autre avec une force tonnante. Il en est de mme dans les pernes, les ar ondes, les spondyles. Il y a deux muscles pour fermer la coquille dans les moules, solens, venus, mac trs , bucardes, etc. lis sont toujours loigns l'un de l'autre vers les extrmits des coquilles longues, et gnralement rapprochs du bord o est la charnire, afin qu'un trs petit relchement de leur part produise une ouverture d'un plus grand arc au bord oppos. Un grand nombre de mollusques acphales ont la 24 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VEUT. facult de transporter leur demeure testace d'un lieu dans un autre, l'aide d'un appendice musculeux qu'ils font rentrer et sortir volont , et avec lequel ils s'ac- crochent et se tranent sur le sable et les rochers. On a nomm cet appendice le pied de l'animal. L? hutre , les spondyles, plusieurs peignes, les anomies> et en gnral presque toutes les coquilles inquivalves, n'ont aucun pied, et sont dpourvues de la facult de changer de lieu volont [au moins par ce moyen]. Un des pieds les plus simples est celui de Yanodonte des tangs (mytilus anatinus, Linn ). Il est plac au-de- vant du corps, vers le bord des coquilles. Sa forme est oblongue, comprime. On remarque chaque ct et extrieurement une couche de fibres venant du fond de la coquille. Il y a intrieurement d'autres fibres, dont les unes croisent les premires angle droit , et d'autres unissent les deux couches extrieures en s'y attachant circulairement. Par cette disposition, on con- oit facilement que l'animal doit pouvoir changer son gr les trois dimensions de ce pied ou de l'une de ses parties. Il parvient par son moyen placer de champ sa coquille, et il rampe alors avec son pied, comme le limaon avec le sien. On retrouve ce pied simple dans la plwlade : sa forme est presque sphrique, tronque par une surface plate. La partie que Linn a reconnue dans le solen, et qu'il a compare un gland dans son prpuce, est le pied l'aide duquel cet animal s'enfonce dans le sable et s'- lve sa surface. Le pied sort dans ces deux genres par l'ouverture de la coquille oppose celle d'o sortent les tubes. Le pied des bucardes est un peu plus compos. Il a ART. . MOLLUSQUES. 25 un appendice triangulaire qui peut se recourber, sai- sir de sa pointe la matire glutineuse qui forme les fils et la tirer en longueur. Mais c'est le pied de la moule commune (mytilus edulis) qui est le mieux organis de tous. Il ressemble une petite langue marque d'un sillon longitudinal, susceptible de s'alonger beaucoup en se rtrcissant, et de se raccourcir jusqu' avoir la forme d'un cur. Cinq muscles de chaque ct meu- vent cet organe : deux viennent des extrmits de la coquille, auprs de ceux qui servent la fermer ; les trois autres viennent de son fond et du creux des nettes. Tous entrent dans le pied et s'y entrelacent avec ses fibres propres , comme les muscles extrinsques de la langue de l'homme se joignent au lingual. La totalit de Forgane est enveloppe d'une gaine forme de fi- bres transversales et circulaires, d'une couleur pourpre obscure. Ce pied sert galement filer et ramper. Ce dernier office se remplit comme dans tous les bival- ves ; le premier se fait en saisissant par la pointe le glu- ten que fournit une glande situe sous sa base, et en le tirant en longueur dans le sillon dcrit plus haut. Nous ferons connatre ailleurs la glande qui scrte cette humeur propre former le fil. [ Dans les bipliores , parmi les acphales sans co- quilles , le manteau recouvert , comme nous Pavons dit , d'une enveloppe transparente , lastique et carti- lagineuse , est ouvert aux deux bouts; du ct de l'anus , l'ouverture est large, transverse et munie d'une valvule qui permet seulement l'entre de l'eau ; du ct de la bouche elle est tubuleuse. C'est par cette ouverture que l'eau qui a travers le corps est chasse au-dehors par l'action des bandes musculaires qui em- 26 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM, SANS VERT. brassent le manteau. Ces bandes sont dans quelques espces tout fait transverses, mais dans d'autres elles sont plus ou moins obliques et disposes parfois de telle sorte qu'il en rsulte des figures approchant de celles de certains caractres chinois. L'lasticit naturelle suffit pour rendre au corps sa forme ordi- naire, lorsque les bandes musculaires cessent d'agir. Dans les ascidies qui sont fixes aux rochers, les bandes musculaires, disposes encharpe, se croisent presque angle droit et n'ont d'autre usage que de contracter l'enveloppe de temps autre pour chasser l'eau qu'elle contient. ] ARTICLE II. ORGANES DU MOUVEMENT DES ANIMAUX ARTICULES. I. Des parties dures, [Dans un grand nombre d'animaux articuls, l'en- veloppe extrieure , tant en partie solide et formant un test, remplit quelques-unes des fonctions du sque- lette des animaux vertbrs , c'est--dire qu elle donne de la fixit la forme , qu'elle sert de point d'appui aux muscles , et qu'elle dtermine la direction de leurs mouvements par les divers modes d'articulations de ses parties. Cette analogie de fonctions a conduit plu- sieurs anatomisles modernes donner au test des animaux articuls , et particulirement celui des crustacs et des insectes , la dnomination de sque- ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 27 lette. Mais il n'est pas ncessaire de faire remarquer combien ce serait forcer Facception de ce mot, que de considrer les pices des articuls comme reprsentant les pices osseuses des vertbrs ; car ce sont deux appareils entirement diffrents , et par la forme et par la position , et par la structure et par le mode de formation. Le corps et les membres des animaux de cet em- branchement sont partags en segments ou articles plus ou moins nombreux et mobiles les uns sur les autres , ce qui leur a fait donner le nom i articuls. Les pices qui composent ces segments offrent quel- quefois des prolongements intrieurs plus ou moins compliqus , qui multiplient pour les muscles les sur- faces d^attache, ou bien augmentent leur puissance en leur servant de leviers , et remplissent en un mot le mme but que les apophyses ou les crtes des os. Nous parlerons rapidement de la disposition de cette enveloppe calcaire ou corne et des connexions principales de ses parties : quant aux varits infinies de leurs formes , elles appartiennent plus spcialement la zoologie ; et mme , pour de nombreux dtails de structure, nous sommes obligs de renvoyer aux beaux travaux qui ont particulirement avanc cette partie de la science] (1). (1) V. Audouin, Recherches sur le thorax des animaux articuls ; Mac-leay, Hor entomologie ; Kirby et Spence, Introduction toentomo- logy ; Strauss , Considrations gnrales sur l'andiomie des animaux articuls, etc.; Chabrier, Essai sur le vol des insectes. V. aussi Bur- meister , Handbuch der entomologie; Milne Edwards, Histoire nat. des crustacs , et Lacordairc , Introduction l'entomologie. 28 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. A. Test des Insectes. I. Insectes parfaits. Parmi les animaux sans vertbres , les insectes doi- vent occuper le premier rang par le grand nombre des mouvements dont ils sont susceptibles. On retrouve , en effet, dans ces petits tres, toutes les conditions n- cessaires pour produire les actions volontaires dont le jeu nous tonne dans les animaux vertbrs beaucoup plus grands. Ils runissent mme plusieurs des facul- ts dont nous trouvons dans les autres animaux peu d 1 exemples de combinaison ; car les insectes marchent, courent, sautent, nagent, et volent aussi bien que les mammifres , les oiseaux , les poissons , exercent Tune ou plusieurs de ces facults. Il est probable que les insectes doivent ce grand avantage aux articulations nombreuses dont leur corps est form. On peut, en gnral, diviser le corps des insectes en tte , tkoraXy abdomen et membres. 4 Tte. [La tte est gnralement plus petite que les deux autres parties, et ses tguments sont plus durs; elle parat former une bote d'We seule pice , perce an- trieurement de cinq ouvertures pour la bouche , les yeux et les antennes , et postrieurement d'W trou occipital ; mais les auteurs que nous avons cits la con- sidrent comme compose de cinq ou mme de sept seg- ments (1) souds ensemble , qui se reconnaissent quel- - i. m .i-i. i , | | ...... i i i . . i . , i .. i. . i i i ^ L , ., gJ + Si i I M . - ' (1) [M. Carus {Trait lmentaire d'anatomie compare) n'en admet ART. H. ANIMAUX ARTICULS. 29 quefois des traces de sutures , mais le plus souvent par le nombre seulement des appendices dont elle est pourvue. Les appendices servent la prhension des aliments et leur mastication , et, depuis M. Savigny , on les considre gnralement comme des pattes trans- formes. Nous traiterons de ces organes , comme nous l'avons fait pour les mchoires des animaux vertbrs, l'article des organes de l'alimentation. La forme de la tte des insectes est extrmement va- riable ; elle est cubique , conique, ttradrique, sph- rique, cylindrique, orbiculaire, comprime ou dpri- me, contours arrondis ou sinueux, ou dcoupe en dentelures, en lobes, en oreillettes , etc. Sa surface est lisse ou rugueuse, garnie chez les mles de tubercules ou de cornes]. L'articulation de la tte des insectes sur le thorax prsente deux sortes de dispositions principales : dans Tune , les points de contact sont solides et le mouve- ment est subordonn la configuration des parties ; dans l'autre, l'articulation est ligamenteuse; la tte et le thorax sont runis et maintenus rapprochs par des membranes. L'articulation de la tte , par le contact des parties solides, se fait de quatre manires diffrentes. Dans la conformation la plus ordinaire , la tte porte , la partie qui correspond la gorge , un ou deux tubercules lisses que reoivent des cavits corres- pondantes de la partie antrieure du corselet. C'est ce qu'on observe dans les se arabes, les lucanes, les capri- que trois": une vertbre crnienne et deux rudiments de vertbres faciales. ] 30 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. cornes, et dans le plus grand nombre des coloptres. Dans ce premier cas , la tte est mobile de devant en arrire , et la bouche se dirige en avant et en dessous. Le second mode d'articulation solide a lieu lorsque la partie postrieure de la tte est absolument arrondie, et tourne sur son axe dans une fossette correspondante de la partie antrieure du thorax [qui joue le rle de cavit cotylode] , comme on le voit dans les charan- ons, les becmares, les br entes P les rduves, etc 17 axe du mouvement est alors au centre de Farticulation , et la bouche de l'insecte se porte galement en devant et en arrire, en dessus et en dessous, droite et gauche. La troisime sorte d' articulation par surfaces solides a lieu lorsque la tte , tronque postrieurement et prsentant une surface plate , est articule tantt sur un tubercule du prothorax , tantt sur une autre sur- face aplatie et correspondante , comme dans presque tous les hymnoptres et dans le plus grand nombre des diptres, tels que les mouches, les syrphes, les asiles, les stratyomes, etc. La disposition de la quatrime sorte d'articulation solide permet la tte le seul mouvement de charnire angulaire. Nous n'en connaissons jusqu'ici d'exemples que dans quelques espces du genre attelabe , de Fa- bricius. La tte de ces insectes se termine en arrire par un tubercule arrondi , reu dans une cavit cor- respondante du thorax ; le bord infrieur de cette ca- vit est chancr, et ne permet de mouvement de la tte que dans un seul sens (1). (1) [Ces divers modes d'articulation de la tte ont t autrement diviss ART. IT. ANIMAUX ARTICULS. 31 C'est dans les insectes orthoptres , dans quelques nvroptres et dans plusieurs aptres, qu'on remarque l'articulation ligamenteuse ; la tte, dans cette disposi- tion articulaire, n'est gne que dans ses mouvements vers le dos, parce qu'elle est l presque toujours rete- nue par une avance du thorax [qui la recouvre quel- quefois entirement \ comme chez les blattes] ; mais en dessous elle est absolument libre. Les membranes, ou ligaments , s'tendent du pourtour du trou occipital celui de la partie antrieure du thorax , ce qui donne une grande tendue au mouvement. 2 Thorax. [ Le tronc ou thorax , ou ce qu'on appelait autre- fois corselet et poitrine , ouvert en avant pour recevoir la tte , et en arrire pour l'abdomen , est gnrale- ment la plus considrable des trois grandes divisions du corps de l'insecte. Sa forme est trs variable ; il est diversement sculpt, surtout sa partie ant- rieure , ou bien il est garni de crtes , d'pines ou de poils. Il se divise en trois anneaux qui correspondent aux trois segments pourvus de pattes cailleuses dans les larves ; ces anneaux portent chacun une paire de pattes , et les deux derniers portent en outre dans les insectes ails chacun une paire d'ailes, dont la seconde est souvent rudimentaire. L'anneau auquel s'articule la tte est le protliorax ou le corselet ; le second est le m- sothorax , et le troisime le mtathorax. Chacun de ces segments ou anneaux se divise en par plusieurs auteurs. Voy. pour plus de dtails Lacordaire , Intro- duction l'Entomologie, t. 1, p. 242.] 32 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. quatre parties : une infrieure, le sternum; une sup- rieure, le tergum'j et deux latrales , qui constituent les flancs : chacune de ces parties se subdivise elle-mme en plusieurs autres. Le sternum porte en dedans une apophyse verticale appele pice en Y dans la premire dition de ce livre (1), et aujourd'hui entothorax ; elle fournit des attaches aux muscles et protge le cordon mdullaire. Cette pice se retrouve dans la tte , o elle prend le nom 'entocpliale , et dans le premier anneau de Fab- domen ; c'est alors Yentogaster (2). Le tergum se divise en quatre pices nommes , diaprs leur position dans chaque anneau , prscutum , scutum, scutellum et postscutellum; la premire est sou- vent , et la quatrime presque toujours cache dans l'intrieur (3). Chacun des flancs se divise en trois pices : Vepister- num, qui tient au sternum ; Ypimre , auquel la hanche s'articule (4) , et le par aptre , qui est en rapport avec Fpisternum et avec l'aile. A ces pices essentielles, et qu'on ne rencontre cepen- dant pas toujours, parce qu'elles sont parfois tellement soudes entre elles qu'on ne peut les isoler, on doit en ajouter d'autres non constantes : telles sont le pritrme, petite pice corne , qui entoure souvent l'ouverture des stigmates thoraciques (5) ; le trocliantin , qui sert (1) Premire dit., t. 11, p. 458. (2) M. Strauss ne pense pas que les entothorax soient des pices parti- culires, et les nomme apophyses pisternales antrieure , moyenne et postrieure. (3) Toutes ces pices n'en forment qu'une pour M. Strauss , le bouclier. (4) Ces deux pices sont le premier et le second pubis de M. Strauss. (5) M. Strauss nomme ce pritrme cadre du stigmate , et le trochan- tin , rotule. ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 33 articuler ia hanche Ppinire ; les apodmes , pro- minences intrieures rsultant du prolongement de pices externes voisines ; enfin les pidmes , petites pices mobiles entre les muscles , ou la base des ailes. Les diffrences que le thorax offre dans les divers ordres d'insectes tiennent au plus ou moins de dvelop- pement et la varit de forme de chacun des anneaux thoraciques, et la runion ou la division des pices qui le composent. Datis les coloptres, les orthoptres et les hmiptres, le prothorax, plus connu sous le nom de corselet, prend un grand dveloppement et se s- pare presque du msothorax et du mtathorax. Dans les hymnoptres , les lpidoptres et les diptres, le pro- thorax est trs petit, et le msothorax et le mtathorax, intimement unis entre eux, sont trs grands. Le ster- num se dveloppe davantage dans les insectes qui font usage de leurs pieds. En gnral, ici comme partout, la grandeur et la forme des pices sont en rapport avec la fonction. Ainsi , dans les nvroptres et les hmi- ptres, o les deux paires d'ailes sont presque gales en importance, le msothorax et le mtathorax atteignent le maximum de leur dveloppement. Dans les lpido- ptres et les diptres, au contraire, o la premire paire d'ailes est l'instrument principal du vol, l'accroisse- ment du msothorax entrane la rduction des deux autres segments (1). ] (1) [M. Strauss divisant le corps d'un insecte en quatre parties , la tte, le corselet , le thorax et Vabdomen , et adoptant aussi les noms de pro- thorax et de mtathorax, il s'ensuit e substance corne : sa forme va- 48 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. rie peu; mais quelquefois elle est anne d'pin es , de piquants ou de cornes. Il n'y a plus d'autre distinction, entre le thorax et l'abdomen, que celle qui est fournie par les pattes cailleuses des trois segments qui suivent la tte. Les vraies pattes, ou pattes cailleuses, se composent des mmes parties que celles de l'insecte parfait. Le nombre et la situation des fausses pattes est trs variable. Les larves des coloptres n'ont gnralement que deux fausses pattes attaches au segment anal. Les larves des lpidoptres en ont de deux dix. Elles sont attaches au segment anal, lorsqu'il n'y en a que deux; au neuvime et au douzime ou dernier segment , lors- qu'il y en a quatre (les chenilles arpenteuses) ; au hui- time , au neuvime et au dernier segment, lorsqu'il y en a six (les chenilles demi-arpenteuses). Lorsqu'il y en a huit, elles sont attaches , ou bien aux sixime , septime , huitime et au dernier segment; ou bien aux septime, huitime , neuvime et au dernier segment ; ou bien , enfin, la paire du dernier segment manquant, aux sixime , septime, huitime et neuvime segments. Lorsqu'il y en a dix , nombre le plus ordinaire , elles sont attaches tous les segments, except aux qua- trime et cinquime , et aux dixime et onzime. Les pattes forment dans ce cas trois faisceaux spars. L'antrieur est compos par les vraies pattes , celui du milieu par celles qu'on appelle les fausses pattes intermdiaires , et le dernier , par ce qu'on nomme les fausses pattes anales. Les larves des hymnoptres qui possdent des fausses pattes anales en ont seize, quatorze ou douze, parmi lesquelles deux sont toujours attaches au seg- ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 49 ment anal, et les autres aux segments intermdiaires.] B. Test des Crustacs. [17 enveloppe des crustacs se compose lames verticales , saillantes au dedans du corps, et qui forment par leur runion deux ran- ges de cellules transversales situes l'une au-dessus de l'autre. Les ouvertures externes de ces cellules donnent insertion aux pattes , et c'est leurs parois que sont (1) [Ce nombre irait jusqu' neuf dans les dcapodes , c'est--dire qu'il y aurait un anneau ophthalmique, deux anneaux antenna ires, un anneau manribtftare , et cinq anneaux pieds mchoires , si en effet chacun de ces organes est port par un anneau , comme le pense M. Milne Edwards; mais il serait moindre, d'aprs M. Audouin , si les yeux et les antennes ne sont pas des organes assimilables aux autres appendices. : ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 51 fixs les muscles des premires articulations de ces pattes. La grandeur relative du plastron et la position des cellules apodmiques forment presque toutes les diff- rences que Ton observe dans les genres de ces ani- maux. Ainsi, le plastron du homard, de Ycrevisse , de la squille , est trs troit , et les deux ranges de cel- lules sont presque sur la mme ligne ; le plastron du poupart est elliptique et ses cellules sur deux tages ; celui de la langouste, du scyllare et du crangon , trian- gulaire, et les cellules comme celles de Fcrevisse. Dans les autres ordres , il est parfois impossible de distinguer le tborax de Tabdomen, et la peau tant sou- vent molle, n'y laisse plus apercevoir les pices qui com- posent les anneaux. Cependant , ce que Ton considre gnralement comme le thorax , est souvent , comme dans les branchipes et les apus , divis en un plus grand nombre de segments que dans tous les crustacs. ] 3. Abdomen ou Queue. [L 1 abdomen des crustacs, que Ton dsignait autre- fois sous le nom impropre de queue, est moins com- pliqu que le thorax ; les anneaux y sont gnralement complets, sans apodmes (1), et en nombre variable. Dans la plupart des crustacs , c'est un organe trs tendu , trs mobile , et pourvu de muscles trs forts, dont ils se servent avec beaucoup davantage tant pour sauter que pour nager. Plusieurs de ces anneaux portent de fausses pattes natatoires et quelquefois branchifres ; le dernier (l)[On trouve cependant quelquefois un petit repli interne du bord antrieur qui en tient lieu.] 52 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. anneau est trs souvent garni d'appendices larges qui forment une puissante nageoire , et mritent seuls le nom, de queue. Les dcapodes brachinres ont l'abdomen court , aplati ., et se reployant soi s le corps dans un enfonce- ment plac entre les pattes et creus dans le plastron ventral. Il est ordinairement, dans les mles, triangu- laire et garni de deux ou quatre appendices. Dans les femelles , il est largi , bomb , et arm de quatre paires de doubles filets velus destins enlacer les ufs. ] Les pagures ou bernarut-l'liermite ont un abdomen mou, sans parties solides, qu'ils ont Fhabitude d'intro- duire dans une coquille j de ou dans la cavit fortuite de quelque pierre. C'est dans les crevi^es proprement dites que la queue mrite une desc, ption particulire. Elle est forme de six segments principaux et termine par cinq lames; les segments varient un peu entre eux pour la forme , ils sont convexes en dessus et se re- couvrent les uns les autres comme des tuiles. En des- sous, ils sont plus troits et runis par une membrane lche qui leur permet un grand mouvement ; ils portent l, dans l'angle de runion de leur por- tion infrieure avec la dorsale, des espces de na- geoires crustaces , bordes de cils et formes de plu- sieurs articulations : on les nomme fausses pattes ou pattes natatoires. Elles se meuvent de devant en arrire et un peu de dehors en dedans, l'aide de petits mus- cles contenus dans ^intrieur de chaque article, mais qui ne diffrent pas assez de ceux des vraies pattes pour les dcrire en particulier. ART. II. ANIMAUX ARTICULS. ' 3 W 53 Les cinq lames qui terminent l'abdomen sont deux paires et une impaire. Celle du milieu est articule di- rectement avec le sixime segment [et doit tre compte comme un septime segment sous lequel se trouve l'ouverture de l'anus; comme ce segment est coupe derrire l'anus transversalement en deux par une su- ture , on pourrait peut-tre en admettre un huitime qui formerait seul la queue proprement dite , les lames latrales pouvant tre regardes comme des fausses pattes plus natatoires encore que celles des autres segments. ] Les deux lames latrales sont supportes par une pice commune [analogue au premier article de chaque fausse patte] et qui s'articule vec le sixime segment. La lame la plus interne est simple et cilie seulement comme celle du milieu S( 1 extrmit; mais l'ex- terne est comme articule ve. s son tiers infrieur, ou plutt forme de deux pices dont la premire recouvre par son extrmit, qui est dentele, la petite qui la suit, dont le bord est garni ie cils trs serrs. [Cette disposition de l'abc? mien de l'crevisse est peu prs celle de tous les dcapodes macroures ; seule- ment la suture transversale du septime segment est moins visible. Le nombre des segments de l'abdomen dans les ento- mostracs est gnralement plus grand que dans les autres crustacs, et parmi les premiers le timide mrite une mention particulire. Son test est compos d'un grand bouclier corn form de deux pices ; l'ant- rieure , semi-lunaire, est la plus grande ; elle porte en dessus des petits yeux lisses rapprochs et deux yeux composs plus carts, et en dessous deux petites an- 54 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. tennes et six paires de pattes; la postrieure est tra- pzodale ; elle a ses bords latraux garnis de dente- lures et d'pines mobiles , et sa face infrieure offre cinq paires de pattes nageoires branchiales; le bord postrieur de cette pice est chancr pour donner attache un .long stylet qui termine le corps et qu'on peut considrer comme une queue, l'anus tant perc sa racine. ] 4. Membres. Les appendices des crustacs varient pour le nombre et la forme ; tantt ils tiennent lieu de palpes , de m- choires, de nageoires, de branchies, etc. [Ils appar- tiennent l'arceau infrieur des anneaux du corps, et on en compte depuis quatre ou cinq paires jusqu' soixante; mais le nombre le plus gnral dans les dcapodes est celui de vingt paires, en y comprenant, comme le fait M. Milne Edwards, les yeux et les antennes pour trois paires. Les autres sont rparties ainsi qu'il suit : une pour les mandibules, deux pour les mchoires, trois pour les pieds mchoires, cinq pour les pattes ambulatoires, et six pour les fausses pattes (1). Un membre complet prsente trois parties, la tige , partie essentielle, le palpe et le fouet, appendices ex- ternes del tige; mais chacune de ces parties se trouve tantt dveloppe et tantt rduite rien. Les dix pattes ambulatoires des dcapodes bra- chiures n'ont ni palpe ni fouet; mais dans les ma- il) [Suivant M. Savigny , le nombre de membres pouvant servir la locomotion et dpendants du thorax ne dpasserait jamais huit paires. Celles qui existent en moins sont transformes en pieds mchoires, et ervent la prhension des aliments. ] ART. II. ANIMAUX ARTICULES. 55 croures elles sont souvent garnies du fouel et quelque- fois aussi du palpe. La premire paire ambulatoire des dcapodes bra- chiures et macroures est ordinairement ulus grosse , et ses deux derniers articles .sont disposs de manire former ce que Ton appelle la serre ou pince ; cette pince existe aussi sur une ou deux des paires de pattes suivantes. Toutes ces pattes sont formes de six articulations , comme celles de Fcrevisse que nous allons dcrire. ] La hanche tient au thorax ; elle n'est mobile que de devant en arrire; elle supporte Tune des divisions des branchies, ainsi que la seconde pice de la patte qui est le trochanter. Celui-ci est trs aplati, court, presque carr, lisse et un peu courbe. Le plan de son articula- tion est parallle la longueur de la pice; et comme les deux muscles qui la meuvent s'insrent aux deux points les plus loign", le trochanter se trouve situ horizontalement ; il se meut en charnire sur la hanche; son mouvement est combin; il se porte de devant en arrire et de dehors en dedans. Son mouvement sur la cuisse est trs born, il se fait seulement de bas en haut et produit rapplicatiou contre le thorax. La troisime articulation, qui est la cuisse ^ est au? si aplatie, surtout son extrmit trochantrieone. Elle est un peu courbe , dans le sens du trochanter, ce qui correspond la convexit que forme le corselet. A son extrmit tibiale, elle devient plus paisse, pbis angu- laire et pineuse ; elle se meut trs peu sur le trochanter. [La quatrime articulation, la jambe , est courte, grosse, angulaire, et se meut sur la cuisse et la pice suivante angle trs prononc.] Le tarse ou la pince est 5t) VI e LEON. MOUVEMENT UES AN1M. SANS VERT. la cinquime articulation, la plus grosse de toutes; elle se termine du ct externe par une avance pointue et pineuse , et reoit au ct interne une sixime pice mobile et opposable, qui est le doigt, le pouce ou le mtatarse. Le mouvement de la pince sur la jambe se fait de dehors en dedans. Les deux paires de pattes qui suivent la premire ressemblent en petit aux serres, avec cette diffrence que la pince n^est pas plus grosse que la jambe [et que le trochanter se divise en trois pices , dont l'in- termdiaire est trs courte; division, au reste, dj indique dans la premire paire par des sillons ou des restes de sutures. ] Les deux dernires paires de pattes diffrent des trois autres en ce qu'elles ne se terminent pas par une serre, mais par un seul ongle mobile. Quant au reste, elles sont en tout semblables la troisime et la quatrime paire [si ce n'est que la pice moyenne du trochanter est en partie soude avec la plus externe. La disposition prcdente est celle des macroures homards et de la plupart des brachiures; mais dans les macroures salicoques , les pinces sont quelquefois grles. Dans le homard, la seconde paire de pieds n'a pas le trochanter divis en trois parties, mais en deux; division qui se retrouve dans plusieurs autres espces. Quelquefois aussi les grandes pinces sont au nombre des pattes que l'on dsigne sous le nom de pieds m- choires. Cela a lieu dans les squilles , par exemple , o les articulations sont galement au nombre de six , et o la dernire qui porte six dents acres est aussi longue que celle qui la prcde. ART, 11. ANIMAUX ARTICULES. 57 Les pattes abdominales servent souvent la nata- tion; elles sont alors aplaties, et se composent d'un moins grand nombre d'articulations. Quelquefois aussi elles sont, comme dans les crivisses, petites et termi- nes , chez la femelle , par des filets qui servent re- tenir les ufs sous l'abdomen. Toutes ces articulations sont jointes ensemble par des membranes lastiques, et se meuvent sur deux points de leur circonfrence comme sur des pivots, mais dans des directions diffrentes. La hanche du homard, par exemple , est munie d'un condyle et d'une facette glnode pour son articulation avec le thorax , et de deux condyles pour son articulation avec le tro- chanter. L'articulation de celui-ci avec la cuisse se fait par le contact de toute sa circonfrence. La cuisse est creuse, pour son articulation avec la jambe, de deux profondes cavits glnodes , et celle-ci a , par consquent, deux condyles. L'articulation de la jambe avec la pince ou le tarse est la plus complique; elle ressemble beaucoup celle du rayon pineux de la nageoire pectorale de certains poissons , et se compose de chaque ct de deux sillons demi-circulaires, l'un creux, et l'autre en relief, qui correspondent des sillons semblables de la pince. La pince a , en outre, deux facettes gloodes pour son articulation avec le doigt. Dans le tourteau (cancer pagurus L.), l'articulation de la jambe avec la pince se fait par deux gonds : les bro- ches de ces gonds appartiennent la jambe et la douille la pince. Le doigt porte en arrire deux condyles et deux artes condylodiennes en quart de cercle , qui 58 VI* LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. s'engrnent dans les cavits glnodes et dans les sil- lons galement en quart de cercle de la pince. On peut dire , en gnral , que toutes ces articula- tions sont extrmement compliques , difficiles dcrire et presque impossibles rendre par le dessin]. C. Test des Arachnides. [Dans les araignes, la tte est confondue avec le thorax comme dans beaucoup de crustacs : elle ne porte point d'antennes proprement dites; mais la place que celles-ci devraient occuper , on trouve des serres didactyles ou monodactyles termines par un crochet venimeux. Le thorax est compos, en dessus, d'un seul article corn , mais offrant cependant toujours quelque d- pression ou quelque rtrcissement qui indique la portion cphalique. En dessous, la plaque sternale parat tre aussi d'une seule pice , mais elle donne attache cinq ou six paires d'appendices. L'abdomen, suspendu au thorax par un pdicule court, est ordinairement mou et sans article ; ce qui semble prouver que la subdivision en segments n'est pas une condition essentielle de l'organisation de toutes les parties du corps des articuls. Les pattes sont composes de sept articles de pro- portions trs diverses. Le premier article, ou la han- che, est gros et court ; le deuxime, le trochanter, n'a pas plus de longueur que d'paisseur ; le troisime , la cuisse, est trs long; le quatrime, qu'on pourrait appeler \arotule , trs court; le cinquime, ou la jambe, est long, mais moins que le troisime; le sixime, ou le tarse , est trs long et grle; le septime, enfin , ou ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 59 le doigt , est grle , court , et se termine par deux ou trois petits crochets. Dans les scorpions, tout le corps est revtu cTun derme solide et corn. Le thorax et la tte sont ru- nis en une seule pice ; mais le sternum se compose de plusieurs pices et se termine par deux appendices mobiles en forme de peignes. L'abdomen a les six premiers anneaux larges, apla- tis, et composs de deux arceaux ; les six derniers sont plus troits , et forment ce que Ton nomme la queue de ces petits animaux; le pnultime est plus long que les quatre autres, et le dernier est arm d'un aiguillon son extrmit. La bouche est encore plus simple que dans les arai- gnes ; les palpes sont trs grands, et portent une forte serre qui les fait ressembler aux pinces des crevisses. Leurs hanches forment des mchoires. Les pattes, au nombre de huit , se composent de sept articles gnra- lement courts; ceux qui reprsentent la cuisse et la jambe sont un peu plus longs et plus aplatis ; le dernier est arm de deux crochets (1). ] D. Test des Myriapodes. [Le test des myriapodes est corn et plus uniform- (1) [La runion de la tte au thorax, et la composition plus simple de la bouche des arachnides et des limules , a fait penser M. Savigny et M. Strauss que ces animaux manquent de tte, et que le cerveau et les organes des sens se sont retirs dans le thorax; mais il nous semblerait plus juste d'en conclure que Ton a donn trop d'importance aux subdivi- sions du corps, car les yeux nous paraissent, pour indiquer la prsence de la tte, des caractres au moins aussi bons que peuvent l'tre les m- choires; d'ailleurs, dans un grand nombre de crustacs o l'existence de la tte n'est pas douteuse, nous l'avons dj vue intimement unie au thorax.] GO VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. ment divis que celui des antres articuls. Il prsente chez les hdes une suite d'anneaux cylindriques imbri- qus, plus vass de l'arrire que de Pavant, o leur bord se replie en dedans angle droit , de manire former une sorte de diaphragme incomplet analogue ce que nous avons nomm apodme dans les crustacs. Chacun de ces anneaux est form de deux pices trs ingales , soudes ensemble : une troite, qui reprsente le demi-anneau ventral de Fabdomen des insectes , et qui ne comprend dans certaines espces qu'environ un douzime de la circonfrence totale, et une trs grande qui reprsente le demi -anneau tergal. Chaque cylindre porte deux paires de pattes ; mais un sillon, qui semble un reste de suture, pourrait faire croire que deux anneaux se sont runis pour n'en for- mer qu'un seul. A la vrit , dans ce cas, chaque an- neau ne porterait qu'une paire de stigmates , tandis que dans les insectes il en porte deux. Chez ces animaux, il n'y a point de distinction entre le thorax et Fabdomen ; la tte elle-mme est peu dis- tincte. Les pattes ont sept articles , presque gaux en lon- gueur, Fexception du premier qui est court et gros , et du dernier qui ne se compose que d'un crochet aigu. Le premier , ou la hanche d'un ct , touche celle de l'autre , cause de l'troitesse de l'arceau ventral. Dans les scolopendres, le test est un peu moins so- lide; mais il se compose galement de segments sem- blables entre eux dans toute la longueur du corps, sans distinction de thorax et d'abdomen. La tte elle- mme ne parait tre forme en dessus que d'une pice ART. II. ANIMAUX ARTICULAS. fit ovale qui porte les yeux et les antennes. Les serments sont dprims , composs de deux arceaux runis par une membrane au milieu de laquelle s'insrent les pattes par l'intermdiaire de petites pices assez difficiles caractriser. L'arceau infrieur, plus troit et plus plat que le suprieur, est d'une seule pice ; mais deux sillons, qui rgnent sur sa longueur, sem- blent annoncer qu'il a t de trois pices, une m- diane et deux latrales, ou un sternum et deux pister- num. L'arceau suprieur est videmment compos de trois pices soudes , une moyenne un peu plus troite et deux latrales , ou un tergum et deux pimres ; et si, comme il arrive souvent, les pices moyennes sont la runion de deux autres pices , il s'ensui- vrait que chaque segment d'une scolopendre serait compos de huit pices , deux ter gales , deux ster- naies , deux latrales suprieures et deux latrales in- frieures (1). Les pattes ont le mme nombre d'anneaux que celles des iules. La hanche est courte; les quatre autres articles sui- vants sont peu prs gaux en longueur, mais dimi- nuant chacun de grosseur ; le sixime est trs petit et porte un ongle crochu qui forme le septime. Les pattes du dernier article sont plus longues et ont une articulation de moins.] (1) [ M. Milne Edwards est dj arriv au mme rsultat pour les crus- tacs : on pourrait donc, en raison de la simplicit de leur composition , prendre les segments de scolopendres pour le type de tout segment d'articul, dans lequel il n'y a point eu d'avortement , de fusion ou de dveloppement insolite de parties. ] 62 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. E. Enveloppe des Annlides. [Le corps des annlides est mou et divis en segments ou plis transversaux , sans aucune trace de subdivisions. Le nombre en est extrmement variable : chez les uns, il n'est que de vingt trente; chez les autres, il est de plus de cinq cents. La tte porte quelquefois des pro- longements en nombre pair ou impair, que Ton nomme tentacules. Elle se compose de un cinq segments, selon quelques auteurs. Dans le plus grand nombre, il est impossible de distinguer un ihorax et un abdo- men; mais dans les serpules et les amphitrites les seg- ments qui suivent la tte sont plus renfls, ils portent des appendices plus complets et constituent une sorte de thorax ; les segments suivants , en nombre consid- rable, sont d'un diamtre plus petit et portent des appendices moins complets ou moins dvelopps : on pourrait nommer cette partie l'abdomen. Les pieds varient beaucoup par la forme. On distingue dans chaque pied : un tubercule ourame; ls soies, qui composent un faisceau pour chaque rame; et les cirrlies ou filaments charnus , situs soit au bord suprieur, soit au bord infrieur de la rame. La rame est simple ou double. Dans ce dernier cas , les deux rames places au-dessus Tune de l'autre se distinguent en rame dorsale et rame ventrale. Les soies sont flexibles ou pineuses ; les pineuses sont droites ou crochues , ou denteles, ou barbeles ou en flche, etc. D'aprs M. de Blainville, le pied ou l'appendice des nrides se compose de trois parties, une suprieure, servant la respiration, une moyenne, servant de tentacule ou d'organe des sens , et une infrieure , ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 63 servant la locomotion. Ce serait l , suivant lui, le type de tout appendice des articuls. Il est certain que dans les crustacs les pattes se trouvent souvent avoir ces trois parties , car elles portent les bran- chies et sont en outre garnies d^un fouet qui pa- rat tre un tentacule ; mais dans la nombreuse classe des insectes , dans les arachnides et dans les myria- podes , les appendices ne sont que des organes de mou- vement. Dans les amphinome s, chaque anneau a sur le dos une paire de branchies, et de chaque ct deux ranges de rames soyeuses, garnies d 1 un cirrhe, la suprieure, son bord dorsal, et l'infrieure , son bord ventral; en sorte que, si Ton prend ces singuliers organes pour des pieds, il y aurait ici de chaque ct et pour chaque article deux pieds absolument semblables , situs Fun au-dessus de Pautre. Dans les aphrodites, on trouve entre les branchies , les soies et les cirrhes , des cailles membraneuses qui recouvrent le dos en s^imbriquant (1). Dans les tubicoles, la partie suprieure du corps est largie et garnie de soies raides; les branchies forment de chaque ct de la tte un panache en forme d^ven- tail , et dans quelques-uns (les serpules) un des deux filaments charnus, situ droite ou gauche du pa- nache, se dilate son extrmit, de manire former un disque qui sert d^opercule au tube dans lequel ra- nimai est log. (1) [ M. Saviguy les a nommes lytres ; M. de Blainville les considre comme des cirrhes squammeux, et MM. Audoain et Edwards comme la paire suprieure des appendices branchiaux.] 64 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. Dans les abr anches , quelques-uns, comme les lom- brics, portent aussi de chaque ct deux ranges de soies courtes. La tte ne se distingue que par un simole tuberculeque porte le premier anneau. Enfin, dans les sangsues , il n'y a plus de soies, et la progression se fait par un mcanisme que nous expo- serons plus bas en dcrivant ses muscles.] II. Des Muscles. A. Muscles des Insectes. I. Insectes parfaits. [Les muscles des insectes ont une consistance moins grande que ceux des vertbrs, et secomposent defilels parallles, souvent indpendants les uns des autres, et quelquefois aussi runis par faisceaux (1)]. A Muscles de la tte. Les muscles qui meuvent la tte sont situs dans Fin- trieur du thorax. Nous nous bornerons faire con- natre ici ceux qui se trouvent le plus gnralement. Les releveurs ou extenseurs de la tte sont ordinai- rement situs dans la partie suprieure du prothorax , et les abaisseurs infrieurement. Immdiatement au- dessous de la partie moyenne dorsale du prothorax, on trouve une paire de muscles qui s'attachent la partie antrieure de Fcusson, quand cette partie existe, ou la partie suprieure de la poitrine : ces muscles s'insrent la partie postrieure et suprieure de la (1) [M. Strauss a dcrit une disposition toute particulire, de la fibre musculaire des insectes, qu'il a observe au microscope et qu'il re- prsente avec un grossissement de 800. ( Anat. du hanneton , pi. 2 , fig. 23 et 24.) ] ART, II. ANIMAUX ARTICULAS. 65 tte, au bord du trou occipital ; ils tirent la tte en ar- rire et la relvent quand elle est baisse. Sur les parties latrales de cette premire paire , on en trouve une autre beaucoup plus grle , qui , sHns- rant aussi sur le bord du trou occipital, mais plus ext- rieurement, se dirige obliquement vers les parties la- trales et postrieures du prothorax o elle s^attache* Ces muscles font tourner la tte de ct lorsqu'ils agissent sparment ; ils la redressent et portent la bouche dans la ligne moyenne, lorsqu'ils se contrac- tent ensemble. On devine aisment que dans les insectes dont Tarticulation de la tte se fait en genou, ces mus- cles rotateurs sont plus forts et plus prononcs. Les flchisseurs de la tte sont au nombre de quatre, deux de chaque ct. La premire paire s^ttache dans la partie interne et infrieure de la poitrine, sur Tapo- physe appele entosternale, qui , dans les coloptres, est de figure carre avec les quatre angles termins par des branches solides. Ces muscles se portent directe- ment la partie infrieure du trou occipital. D'aprs leur position, ils doivent porter directement la tte en arrire. La seconde paire, beaucoup plus courte, vient de la partie infrieure latrale du prothorax, et se porte sur les cts des prcdents aux usages desquels elle parti- cipe, quand les deux muscles agissent ensemble; mais quand Fun d'eux se contracte sparment, if flchit la tte de son ct (1). (1) [M. Strauss compte dans t le hanneton sept muscles de Ja tte: l'l- vateur, l'abaisseur, le rotateur, le flchisseur latral, le rtractetrde la jugulaire, l'lvateur oblique de la jugulaire, et l'lvateur droit de la jugulaire. ] 2. (>6 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VEBT, 2 Muscles du Thorax. [ Les anneaux qui composent le tronc tant peu mo- biles , n'ont que peu ou point de muscles moteurs propres. Dans les coloptres, cependant, o le cor- selet , ou prothorax , est tout--fait spar du reste du tronc, M. Strauss compte quatre paires de muscles, se portant du thorax sur le prothorax et le mettant en mouvement, savoir : le rtracteur suprieur, le r- tracteur infrieur, X! lvateur, et le rotateur. Les deux autres anneaux du thorax sont gnrale- ment unis entre eux de manire ne pouvoir exercer aucun mouvement l'un sur l'autre; mais cette partie est susceptible dcompression et de dilatation, et Ton trouve dans son intrieur des muscles trs forts au nombre de quatre de chaque ct, qui rapprochent la partie dor- sale de la ventrale , et qui contribuent au mouvement gnral des ailes, fixs qu'ils sont l'cusson du m- sothorax et aux pidmes d'articulations; peut-tre contribuent-ils aussi la respiration]. Leur couleur et leur texture diffrent de celles des autres muscles, car ils sont d'un jaune rougetre et d'un tissu fort lche. 3 Muscles de l'Abdomen. Les mouvemens de l'abdomen sont de deux sortes ? l'un tota^, et l'autre partiel. Le mouvement total de l'abdomen n'est bien marqu que dans les insectes chez lesquels il est pdicule : il y a alors une vritable articulation , une espce de char- nire , rendue solide par des ligaments lastiques qui ont beaucoup de force. Des muscles attachs dans l'in- trieur de la poitrine [ semblables ceux du reste de ART. II. ANIMAUX ARTICULAS. 67 l'abdomen , mais plus distincts] , dterminent rtendue de son mouvement. Quant aux insectes dont l'abdomen est sessile, les muscles qui meuvent la premire pice sont les mmes que ceux qui agissent d'un anneau sur un autre. Le mouvement partiel des anneaux est produit par des muscles trs simples. Ce sont des fibres musculaires qui s'tendent de tout le bord antrieur d'un anneau au bord postrieur de celui qui prcde. Si les fibres du ct du dos se contractent, par exemple, l'abdomen, devenant plus court en dessus , se recourbe vers le dos. Si ce sont les fibres du ct du ventre ou les latrales qui seraccourcisSent, l'abdomen se flchit sousle ventre ou se porte de l'un ou de l'autre ct. L'tendue du mouvement est ensuite subordonne au nombre et Fespce d'articulation des anneaux. 4 Muscles des Pattes. Le mouvement de chaque article, ne se faisant que dans un seul plan , n'est opr que par deux muscles qui sont envelopps dans Farticle prcdent , un exten- seur et un flchisseur. Dans les coloptres, les hanches se meuvent par une espce de rotation sur leur axe longitudinal , lequel, comme nous l'avons dit, est plac en travers, et fait avec l'axe ou ligne moyenne du corps un angle plus ou moins approchant de 90. La cuisse (4), tant attache l'extrmit interne de la hanche , est d'autant plus carte de la cuisse oppose , qu'elle est plus flchie sur sa propre hanche. On sent que la position du plan (1) [ 11 faut entendre ici par ce mot le trochanter et le fmur runis. ] 68 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. dans lequel cette flexion se fait dpend de la situation de la hanche. Lorsque celle-ci est tourne en avant, le plan est vertical ; lorsqu'elle est tourne en arrire , il devient toujours plus oblique, et mme horizontal dans les espces qui nagent. C'est donc du mouvement peu sensible de la hanche que dpendent les mouve- ments les plus remarquables de la patte. Les muscles de chaque paire de hanches et de cuisses sont placs dans la partie du thorax qui est au-dessus , et , pour les bien voir, il faut couper le corps de l'insecte par tranches verticales. Au-dessus de la dernire paire, dans la poitrine, est une pice cailleuse en forme d'Y (l'entothorax) ; sa tige donne attache au muscle qui fait tourner la hanche en arrire, en s'insrant son bord postrieur. Celui qui la fait tourner en avant est attach au dos et s'insre par un tendon mince son bord antrieur. Le muscle qui tend la cuisse en la rapprochant de l'autre est trs considrable, et s'attache toute la branche de Fentothorax pour s'insrer au bord interne du trochanter. Son antagoniste est log dans l'pais- seur mme de la hanche. Quant aux deux paires de cuisses antrieures , les muscles qui les tendent sont attachs aux parties dor- sales qui leur rpondent, et non des pices intrieures particulires ; mais ceux qui les flchissent sont tou- jours situs dans Tpaisseur mme des hanches. Les muscles qui font tourner celles-ci sont aussi attachs aux parois du prothorax , savoir : celui qui les porte en arrire la partie dorsale , et celui qui les porte en avant la partie latrale. Dans les dytisques dont la hanche de derrire est , comme nous l'avons ART. 11. ANIMAUX ARTICULS. 69 vu , soude et immobile, ces muscles semblent se por- ter au trochanter qui en a ainsi quatre, deux extenseurs et deux flchisseurs. Les autres ordres d 1 insectes sont peu prs confor- ms de la mme manire que les coloptres. [ Le mouvement particulier du fmur sur le tro- chanter tant trs born, le flchisseur et l'extenseur de cette pice sont peu dvelopps. ] Les muscles de la jambe sont situs dans l'intrieur du fmur ; l'extenseur est court et grle , attach son bord externe (le fmur suppos tendu dans la longueur du corps) ; le flchisseur est beaucoup plus fort et plus long , il est situ du ct interne et dans toute la partie suprieure. Il y a de mme deux muscles pour chacun des ar- ticles du tarse, l'un sur la face suprieure ou dorsale : c'est un extenseur, il est petit; Tautre sur la face inf- rieure, plus marqu et agissant comme flchisseur (1). [Dans les insectes marcheurs , sauteurs ou fouisseurs, les muscles des pattes sont plus puissants que dans ceux qui volent beaucoup et se servent peu de leurs pattes. Dans le taupe -grillon , par exemple, qui se creuse des chemins souterrans, le prolhorax loge de grosses (t) [Ces muscles extenseurs et flchisseurs se partagent souvent en plu- sieurs faisceaux. Ainsi M. Strauss compte dans le hanneton quatre fl- chisseurs de la hanche de la premire paire de pattes, et trois de la hanche des deux dernires paires; les extenseurs de celles-ci sont gale- ment doubles. Suivant ce mme entomologiste, la premire phalange seule du tarse reoit (dans le hanneton) un extenseur qui nat sur la face infrieure de la jambe; lVxtension des autres phalanges aurait lieu passivement. Le flchisseur du tarse nat sur toute la longueur des faces interne et externe de la jambe, et son tendon traverse la face plan- taire des quatre premires phalanges et se fixe une petite pice de 1 l'intrieur de la dernire en flchissant toutes les phalanges la fois. La dernire phalange cependant renferme un extenseur et un flchisseur des crochets.] 70 VI d LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. masses musculaires qui font mouvoirtla cuisse. Dans les sauterelles , c'est le fmur qui est fourni de muscles volumineux. ] 5 Muscles des Ailes. Les muscles qui meuvent les ailes sont de deux sortes : les uns, petits et courts, qui sont destins les tendre ou les plier en mme temps qu'ils les loi- gnent ou les rapprochent de Taxe du corps, et d'autres, un peu plus longs , propres produire le mouvement d'lvation et d'abaissement par lequel l'air, frapp 7 fait prouver l'insecte la rsistance qui dtermine la nature de son mouvement dans l'espace. [Ces derniers agissent soit immdiatement sur l'aile comme extenseurs ou flchisseurs , ou, mieux, comme lvateurs ou abaisseurs; soit mdiatement en faisant mouvoir les pices sur lesquelles les ailes s'articulent. Quelques-uns de ceux-ci paraissent tre les analogues des muscles longitudinaux suprieurs des anneaux de l'abdomen , ce sont les prtracteurs et les rtracteurs des pices dorsales du thorax. Dans les coloptres, les premires ailes, ou lytres, ne servent que peu ou point au vol, et les muscles qui les meuvent sont peu nombreux. On compte dans le hanneton (1) trois muscles directs : un extenseur, qui est en mme temps flchisseur de la hanche moyenne; un flchisseur , et un adducteur] et deux muscles indi- rects, le rtracteur et Yabaisseur de l'cusson ; ce der- nier est un de ces muscles qui se dirigent presque verticalement de bas en haut, que nous avons indi- qus aux muscles du thorax (2). (I) Strauss. Loc. cit. p. 162. () M. Chabricr les appelle sterno-dorsaux. AKT. II. ANIMAUX ARTICULS. 71 Les muscles des secondes paires d'ailes sont plus nombreux. Ils sont, dans le hanneton (1), au nombre de treize: cinq directs , c'est--dire, qui agissent im- mdiatement sur l'aile comme releveurs et abaisseurs , et huit indirects , c'est--dire, qui font avancer, recu- ler, tourner ou abaisser les pices qui peuvent agir sur les mouvements de l'aile (2). 2. Muscles des Larves d'insectes. [Nous avons parl, en gnral , des organes ext- rieurs du mouvement des larves]. Nous croyons utile de dcrire en particulier les muscles de quelques-unes. Ainsi , nous ferons connatre successivement ceux des chenilles ; de la larve d'un scarab qui vit sous terre ; d'un hydrophile qui nage ; et d'un capricorne qui vit dans les sinuosits du bois. a. Muscles des Chenilles, La couche la plus profonde des muscles de la che- nille est forme de quatre ranges principales. Deux rpondent au dos, et deux au ventre. Leur direction est longitudinale. Ceux du dos sont spars entre eux par le vaisseau longitudinal , et ceux du ventre par les traches. lis commencent sur l'union du premier anneau avec le second, par deux faisceaux de fibres un peu spares entre elles , qui s'insrent une espce de ligne tendi- (1) Strauss. Loc. cit. , p. 165. (2) [M. Chabrier a dcrit, outre les organes du vol des hannetons, ceux de la libellule (grande aeshne), du bourdon, etde plusieurs autres insectes; niais malheureusement sa nomenclature diffre de celle de M. Strauss, ce qui rend les rapprochements trs difficiles. Voyez son ouvrage dj cit.] 72 VI e LEON. MOUVEMENT DES AN1M, SANS VERT. neuse produite par l'union du second anneau avec le troisime. Il en est de mme entre tous les anneaux du corps. Sur le troisime, les fibres des deux faisceaux, quoique distinctes encore, sont beaucoup plus grosses. Sur le quatrime , il n'y a plus que le faisceau interne dont les fibres soient spares. La fibre se continue , sans intersection apparente, sur tous les autres an- neaux. Elle diminue d'paisseur vers les derniers , et forme de nouveau plusieurs faisceaux , d'abord trois , puis quatre, enfin cinq ou six. Ces muscles, par leur contraction, raccourcissent le corps lorqu'ils agissent avec ceux du ventre ; ils le re- courbent en dessus lorsqu'ils agissent sans eux. Les muscles longitudinaux du ventre sont spars entre eux par le cordon mdullaire, et d'avec ceux du dos , par les traches. Ils ont absolument la mme direction que ceux du dos. Ils commencent aussi sur l'union du premier avec le second anneau par des fais- ceaux nombreux qui se runissent sur le troisime, o ils ne semblent plus former qu'une seule masse. Les fibres se sparent ensuite plus bas ou plus haut, selon les espces, et forment quatre cinq cordons charnus, qui se terminent vers la dernire paire de pattes fausses. Ces muscles sont auxiliaires des dorsaux dans le rac- courcissement du corps. Ils leur sont opposs lorsqu'ils agissent sparment 5 car alors ils recourbent le corps en dessous. Entre les muscles longs du dos et la peau, on en trouve de courts, mais dont la direction est oblique. Les uns sont tendus de dehors en dedans , vers la ligne dorsale, entre les intersections annulaires. ART. lit ANIMAUX ARTICULS. 73 Les autres occupent aussi le mme intervalle , mais sont opposs en direction ; de sorte qu'ils forment avec eux une espce de V en se portant de dedans en dehors. Ces deux ordres de muscles obliques n'ont pas par- tout la mme quantit de fibres. Celles qui sont places dans les premiers anneaux sont plus troites et plus longues. Celles du quatrime, cinquime et sixime sont beaucoup plus courtes. Elles deviennent ensuite, dans quelques espces, beaucoup plus longues et plus nombreuses. Dans d'autres, au contraire, elles conti- nuent d'tre larges et courtes. Ces fibres agissent isolment sur chaque anneau , qu'elles raccourcissent par leurs contractions simulta- nes ; mais comme elles ne s'tendent pas sur toute la longueur de l'anneau , les parties qui correspondent aux plis , et sur lesquelles les muscles obliques ne pas- sent plus, s'alongent quand, par l'action de ces der- niers , l'anneau diminue de diamtre ; ce qui facilite la progression. Sous les muscles longs du ventre, il y en a une se- conde couche dont les fibres sont obliques. Ils ont beaucoup de rapport avec ceux du dos. On peut aussi, d'aprs leurs directions, les distinguer en deux ordres. Les uns sont plus rapprochs de la ligne moyenne ventrale, dans laquelle est tendu le cordon noueux des nerfs. Ils se portent, en montant de dedans en dehors, dans les intervalles de chacun des anneaux. Les autres ne sont point aussi obliques, l'exception des trois premires paires suprieures ; de manire que ces muscles forment avec les prcdents une espce d'A figur ainsi. 74 VI e LEON. MOUVEMENT DES AN1M. SANS VERT. Les muscles obliques de dedans en dehors , ou les plus internes, ont beaucoup de fibres. Ils sont ordinai- rement composs de trois ou quatre faisceaux distincts. Ceux qui remontent de dehors en dedans, ou les plus externes , ont moins de fibres , et jamais plus de deux faisceaux. Ces muscles doivent agir peu prs comme les obli- ques du dos ; mais aussi ils doivent tendre immdia- tement la peau des pattes sur lesquelles ils sont situs. Outre les muscles longitudinaux et obliques du dos et du ventre, il en est de latraux, c'est--dire qui sont situs au-dessous et au-dessus des stigmates ou boutonnires, qui doivent tre dcrits part. Ils sont de trois ordres. Il en est de droits, de transverses et d'o- bliques. Les muscles droits latraux sont placs entre chacun des anneaux, au-dessus des stigmates. Ils sont tous si- tus longitudinalement au-dessus les uns des autres. Leurs points d'attache sont recouverts par les muscles trans verses. Ils doivent recourber le corps sur les cts lorsqu'ils agissent sparment, et lorsqu'ils se contrac- tent de concert avec le long du dos et du ventre, rac- courcir le corps, et aider ainsi la progression. Les muscles transverses latraux sont de deux sortes. Les uns, un peu plus longs que les autres, naissent sur les intervalles laisss libres par rattache des droits la- traux, et s'insrent la terminaison des obliques ex- ternes du ventre. Ils forment un peu l'ventail dans la disposition de leurs fibres. Les autres ont les faisceaux de fibres parallles ; ils sont un peu plus courts, et sont tendus dans chacun des anneaux entre les muscles droits latraux et les obliques du ventre. Ces muscles ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 75 doivent diminuer le diamtre de chaque anneau, et par consquent Talon ger dans chacun de ses plis ; ce qui est une des conditions de la progression. Les muscles obliques latraux sont situs de l'un et de l'autre ct des droits. Ils se portent , en montant obliquement de bas en haut, sous l'insertion de chacun de ces mmes muscles droits latraux , dont ils aident le mouvement lorsqu'ils agissent ensemble. Tels sont les muscles du corps en gnral ; mais les vraies et les fausses pattes , ainsi que la tte , ont des muscles propres qu'il faut dcrire sparment. Les muscles des pattes vraies ou cailleuses sont si- tus dans l'intrieur des trois articulations qui les for- ment. On peut les distinguer en ceux qui meuvent ces articulations et en ceux qui agissent sur l'ongle qui les termine. Les muscles de la premire pice ou article sont au nombre de cinq ou six faisceaux attachs au rebord suprieur, et s'insrent aussi au rebord suprieur de l'article suivant. Ceux du second article sont peu prs en nombre gal, et s^nsrent au rebord suprieur du troisime. Les muscles de l'ongle se terminent par deux ten- dons ; mais ils sont forms de plusieurs faisceaux qui s'attachent, les uns sur le second et le troisime article, par deux plans distincts ; les autres , sur une ligne qui correspond la convexit de l'ongle ; et enfin, les der- niers, sur celle qui rpond sa concavit, Ces deux tendons s'insrent h deux tubercules de l'extrmit su- prieure de l'ongle , du ct de sa concavit et de sa pointe : ils servent le flchir Il est probable qu'il se redresse par l'lasticit de son articulation. 76 VI e LEON. MOUVEMENT DES AMM. SANS VERT. Les muscles des pattes membraneuses ou fausses sont au nombre de deux pour chacune. Leur direction, par rapport au corps, est peu prs transversale. Ils s'- tendent, du centre de la patte o ils s'insrent , jus- qu'au-del du stigmate du ct du dos , o ils s'atta- chent par des bandelettes latrales et plus ou moins obliques. L'un de ces muscles est situ au-devant de l'autre, qu'il recouvre en partie. Leur usage est de retirer le centre de la patte en dedans, et de faire rentrer dans l'intrieur les crochets dont son limbe est arm. Il est probable que les muscles obliques du ventre produisent l'effet contraire par leurs contractions. Quant aux muscles de la tte, nous ne ferons con- natre ici que ceux qui produisent son mouvement total. Nous renvoyons les autres aux diverses fonctions aux- quelles ils sont destins. Les muscles qui agissent sur la tte la flchissent en dessus, en dessous et sur les cts. Les flchisseurs en dessus sont en grand nombre : ils s'attachent sur le second et sur le premier anneau, et ils s'insrent divers points de l'occiput: les uns plus prs de la ligne moyenne; les autres plus latralement. Ils forment, en gnral, deux faisceaux. Le plus interne est le moins volumineux. Les flchisseurs latraux sont trs obliques. Ils prennent naissance de la partie infrieure ou ventrale du corps, et se portent sur les parties latrales de l'oc- ciput. Les flchisseurs en dessous paraissent tre la conti- nuit des muscles droits du ventre. Ils sont forms de huit ou neuf faisceaux. ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 77 b. Mtiscles de la larve d'un S carabe. Le corps des larves des scarabs est arqu , convexe du ct qui rpond au dos, concave du ct des pattes. Le dos et le ventre sont spars par un rebord mem- braneux, pliss, situ au-dessous des stigmates. Ces larves n'ont que six pattes articules, il n'y en a point de membraneuses. Quand on ouvre la larve dans la longueur du corps, soit par le dos, soit par le ventre, on distingue trois couches de muscles profonds : les latrales, les dorsales et les ventrales. La couche des muscles du dos est forme de deux sries de fibres assez distinctes. L'une externe, occu- pant les intervalles des dix premiers anneaux ; c'est-- dire de ceux qui sont garnis de stigmates. Les muscles qui la forment sont troits et dans une direction longi- tudinale. La seconde srie est produite par des fibres un peu obliques tendues dans le mme espace, mais plus vers la ligne moyenne. Ces muscles sont plus larges et plus forts du ct de la tte; plus troits et moins fibreux vers la queue , ils se terminent entre le onzime et le dixime anneau, par un filet charnu trs troit. L'usage de ces muscles doit tre de raccourcir la portion dorsale de chacun des anneaux; mouvement qui diminue la convexit de cette partie et sert ainsi la progression. Entre le neuvime et le dixime anneau, il y a, vers la ligne moyenne , deux petits muscles un peu obli- ques ; mais entre le douzime et le dernier, on n'aper- oit plus qu'une srie de petits muscles courts qui 78 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. occupent toute la convexit que dcrit la courbe. Ces muscles agissent manifestement comme les prcdents, et sont leurs* accessoires. Quand on a enlev la premire couche des muscles du dos, on rencontre au-dessous des fibres toutes sem- blables, mais opposes en direction. Enfin, cette mme couche dorsale, on aperoit des lignes de fibres musculaires trs courtes au-dessus du plein que forment infrieurement le neuvime et le dixime anneau. Ces petits muscles servent trs pro- bablement , mais d^une manire moins sensible , aux mmes usages que tous les prcdents. La couche des muscles du ventre a beaucoup d'a- nalogie avec celle du dos. Comme eux, ils forment des plans opposs en direction , les plus profonds se por- tant du ct interne, et ceux qui sont les plus proches de la peau se dirigeant en montant du ct externe , ce qui produit dans la ligne moyenne ventrale une petite figure trs rgulirement rhombodale au milieu de chaque anneau. L'action de ces muscles est oppose celles des muscles du dos. Sur le dernier segment et vers la partie qui corres- pond l'anus , on remarque un trousseau de fibres transversales qui doivent, par leur contraction, servir de sphincter. La couche latrale des muscles est forme de trois ordres de fibres bien distinctes par leur direction. Ils reprsentent une sorte de lacet pass dans des mailles. Tous ces muscles sont situs derrire les stigmates , et s'insrent aux plis, qui sparent le ventre d 1 avec le dos, de Tun et de l'autre ct. ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 70 Le premier ordre est absolument transversal ; il s*- tend sur l'union de chaque anneau avec le suivant, dans l'espace compris entre les muscles ventraux et les dorsaux. Il doit manifestement , par ses contractions , diminuer le diamtre du corps, et par consquent re- tendre sur sa longueur. Ces muscles sont en gnral trs troits. Le second ordre est form par des fibres obliques qui se portent en montant de dehors en dedans, vers la ligne moyenne ventrale de Puni on d'un anneau infrieur sur l'union du prcdent. Ces muscles sont larges et trs forts. Ils servent former le pli de sparation entre le dos et le ventre. Le troisime ordre est moins oblique que le prc- dent dont il parat Faccessoire. Chacun des muscles qui le composent vient du milieu d'un anneau et va s'insrer sous la tte, ou Finsertion des prcdents, c'est--dire, du ct du ventre. Il faut remarquer que les deux derniers anneaux n'ont point de ces muscles latraux. Les muscles de la tte sont trs forts. Les flchis- seurs sont attachs sur les muscles ventraux, au-dessus de Funion du second anneau avec le troisime. Ils sont forms de trois faisceaux principaux, qui s'in- srent, en se rapprochant les uns des autres, sur la partie postrieure et infrieure de la tte la base de la ganache. Les muscles extenseurs ou releveurs de la tte sont aussi forms de trois faisceaux , mais plus longs et plus forts. Ils s'attachent sur la rgion latrale en plongeant sous les muscles transverses et obliques, de- puis le sixime anneau o s'attache l'un d'eux, et le $0 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. cinquime et le quatrime qui en reoivent chacun un autre ; ils s'insrent aux parties latrales postrieures de la tte. c. Muscles de la larve d'un Hydrophile, Les larves d'hydrophiles sont aonges. Leur corps est un peu aplati , tous les anneaux en sont distincts. Non seulement elles marchent assez vite, mais encore elles nagent avec beaucoup de vlocit, par les diverses inclinaisons qu'elles donnent subitement et successive- ment leur corps. Ces larves, ouvertes dans leur longueur, offrent aussi quatre ordres de muscles : ceux du ventre , du dos et des cts. Les muscles du ventre ont beaucoup de rapport avec ceux des chenilles; ils sont forms de deux cou- ches distinctes. La plus profonde , ou celle qui se trouve la premire quand le ventre est vu ouvert par le dos, est forme de fibres longitudinales avec des in- tersections qui correspondent chaque anneau ; la se- conde couche, ou celle qui se trouve la plus voisine de la peau, est entirement recouverte par la prcdente. Elle est compose de fibres obliques qui s 1 entrecroisent en forme d^, et qui sont tendues dans la longueur de chaque anneau. Les muscles du dos sontalongs, tendus de la tte la queue, et forment de chaque ct deux cordons de fibres qui paraissent torses sur elles-mmes comme des cordes : ils sont un peu plus larges du ct de la tte. Toutes leurs fibres s'insrent en partie au rebord in- frieur d'un anneau antrieur * et au rebord suprieur de l'anneau qui suit. ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 81 Au-dessous de ces muscles longs, il eu est d 1 oblkrues qui se croisent en X , et qui s^tendent de la partie moyenne dW anneau au rebord antrieur dcl 1 anneau qui suit. Les muscles latraux profonds ont une direction transverse, ils sont nombreux. Chaque anneau en porte trois ou quatre , dont la direction respective est telle, qu'ils ressemblent des N ou des M couchs sur le ct , g ^ . Au-dessous des transverses latraux , il en est de longitudinaux un peu obliques qui forment un plan assez large qui se confond avec les obliques du ventre , mais ce plan n^st point interrompu dans sa longueur; de manire que ses fibres dterminent les grands mouvements du corps comme les longs du dos et du ventre. Les muscles des pattes sont les mmes que ceux q^on retrouve dans les insectes parfaits. La tte n'a point ici de muscles particuliers. Les longs du dos, s'insrant l'occiput, deviennent des ex- tenseurs. La premire paire des transverses latraux , s'attachait au-dessous de la tte, produit la flexion la- trale. Les muscles longs obliques, se terminant la partie infrieure & de la tte, deviennent de vritables fl- chisseurs. d. Muscles de la larve d'un Capricorne. On retrouve dans la larve du capricorne les mmes muscles que dans celles des scarabes ; mais comme la forme du corps de ces deux sortes de larves diffre beaucoup , il s^ensuit quelques variations dans les formes et dtendue des organes musculaires. 2, 6 82 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. La tte des larves de la famille des capricornes -entre en grande partie dans l'intrieur de la peau , la volont de l'animal. Des muscles trs forts , mais qui sont les mmes que ceux que nous avons dcrits dans le scarabe, sont destins cette fonction. Comme la tte , qui est trs large , rentre dans le corps , l'ex- trmit qui* la reoit est un peu plus grosse , et les muscles qui meuvent les anneaux ont beaucoup plus d'tendue. Les tubercules charnus, aplatis, qui rgnent le long du dos et du ventre , sont les espces de pieds dont cette larve se sert pour avancer son corps. Ils se meu- vent par les contractions alternatives des muscles qui leur correspondent. Ainsi cette larve marche gale- ment sur le dos et sur le ventre. B. Muscles des C?'ustacs. Le systme musculaire des crustacs se borne aux mouvements des pattes, del queue et des fausses pattes ; car, dans cet ordre, il n'y a point de muscles pour mouvoir la tte sur le corselet , puisque ces deux pices sont soudes ensemble. Les antennes , les mandibules et les palpes ont la vrit des muscles particuliers , mais nous ne les ferons connatre qu'en traitant des di- vers organes auxquels ils appartiennent. Nous allons dcrire, comme exemple des muscles des pattes , ceux de l'crevisse. 1 Muscles des Pattes* Chacune des articulations des pattes a deux muscles : un extenseur, et un flchisseur. L'extenseur de la hanche est situ dans l'intrieur ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 88 du corselet , sur la pice corne (l'apodme) qui soutient les branchies, un peu en devant de la hanche qu'il tire en avant. Le flchisseur de la hanche est aussi attach sur la pice corne qui soutient les branchies; mais il est plac en arrire, et produit le mouvement contraire du prcdent. L'extenseur du trochanter est plus fort que le fi-* chisseur ; il est attach dans Fintrieur de la hanche , sa portion antrieure , et s'insre Fminence su- prieure de Farticulation du trochanter. Il est plutt abaisseur. Le flchisseur du trochanter, ou mieux le releveur, est plus court queleprcdent. 11 occupe la partie pos- trieure interne du trochanter, et s'insre Fmi- nence infrieure de Farticulation. L'extenseur de la cuisse est situ dans Fintrieur du trochanter, dont il occupe toute la largeur. Il s'insre au bord externe de Farticulation de la cuisse. Le flchisseur de la cuisse est moins fort que son extenseur. Il est couch sous lui , et s'insre au bord interne de l'articulation. L'extenseur de la jambe s'attache intrieurement tout le bord suprieur de la cuisse , et s'insre F- minence la plus leve de Farticulation de la jambe. Le flchisseur de la jambe est attach aussi dans l'intrieur de la cuisse, mais son bord infrieur; et il s'insre Fminence la plus basse de l'articula- tion. L'extenseur de la serre et son flchisseur occupent et partagent l'intrieur de la jambe. Leur place dtermine leurs fonctions. 8i VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. L'extenseur du pouce est un trs petit muscle qui occupe la partie suprieure de la pince. Le flchisseur du pouce s'attache tout le reste del pince. Il a un fort tendon osseux intermdiaire plat et oblong. Il est trs volumineux. 2 Muscles de l'Abdomen ou de la Queue. Les muscles qui meuvent la queue [ou plutt l'ab- domen] , ont une conformation si singulire, que nous croyons utile d'en faire une espce de description mo- nographique. Les muscles de la queue , dans Ycrevisse , forment deux masses distingues Fune de Pautre par le canal intestinal. La masse dorsale est plus mince et moins compose. On y remarque trois sortes de fibres. Les premires forment un muscle qui s'attache dans la partie dorsale du corselet vers son quart postrieur. Il se dirige ensuite obliquement de devant en arrire, et de dedans en dehors ve'rs les parties latrales du premier segment de la queue o il s'insre. Lorsque le muscle d'un ct agit sparment , il porte la queue droite ou gauche. Lorsque tous deux agissent en- semble, ils doivent la redresser quand elle est flchie et la maintenir droite. La seconde et la troisime srie de fibres muscu- laires s'tendent sur toute la longueur du dos en deux lignes parallles trs contigus. Elles viennent des parties latrales et suprieures de la cloison du corse- let sur laquelle s'appliquent les branchies; elles s'atta- chent l par diverses digitations. Arrives sur le pre- mier anneau de la queue, on remarque la surface une petite intersection , et l'on voit qu'un petit trous- AttT. II. ANIMAUX ARTICULS. &5 seau de fibres se contourne pour s'insrer ce prem ici- anneau, et ainsi de suite pour chacun de ceux qui sui- vent. Cette disposition donne ia bande interne une apparence de corde tordue. La portion externe de la masse dorsale est forme de fibres distinctes et longitudinales. Ces trois ordres de muscles ont beaucoup de rapport avec les muscles droits du dos des chenilles. La masse ventrale des muscles de la queue est beau- coup plus paisse et plus complique que celle du dos. Pour se faire une ide prcise de sa composition, nous la dcrirons comme vue sous trois faces : d'abord par le dos, ceux dont nous venons de parler tant enlevs, ainsi que le canal intestinal ; ensuite vue par-dessous , c'est--dire , les cailles qui recouvrent la queue en dessous tant enleves ainsi que les nerfs; enfin vue par le ct interne, c'est--dire, le muscle coup dans la ligne moyenne longitudinale , afin d'en apercevoir la structure interne. Le muscle ventral de la queue , vu par le dos , prend naissance dans l'intrieur du thorax, au-dessus de la partie osseuse grillage (les apodmes) qui renferme les muscles des hanches. Ce muscle est alors partag en droit et gauche; chacun d'eux est form de trois larges digitations. Arrivs sur le premier segment de l'abdo- men, ses fibres longitudinales plongent sous d'autres qui sont contournes et qui les embrassent. Le reste du muscle, sur toute la longueur de la queue, est ainsi form de deux sries de fibres convexes et courbes parallle- ment les unes ct des autres , spares de droite gauche par une gouttire dans laquelle est log le ca- nal intestinal, 85 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. Le muscle ventral de la queue, vu par-dessous, pr- sente trois ordres de fibres bien marqus. La premire srie est produite par la face infrieure des digitations qui s'insrent sur les grillages osseux du thorax. La se- conde srie est forme de fibres obliques qui sont la con- tinuation des premires , et qui s'tendent de la ligne moyenne dans laquelle est situ le cordon mdullaire des nerfs, jusque sur les parties latrales des anneaux, dans l'angle qui rsulte de la runion de la portion dorsale avec la ventrale. Il y a deux forts trousseaux de fibres pour chacun des angles des anneaux , depuis le premier jusqu'au sixime. Enfin , la troisime srie est produite par des trousseaux impairs de fibres trans- verses qui dcrivent des arcs dont la convexit est in- frieure. Ces cerceaux musculeux aplatis correspon- dent l'intersection de chacun des anneaux , et parais- sent former autant de poulies drivatives pour les fibres obliques dont nous venons de parler. Enfin, le muscle ventral de la queue coup longitu- dinalement dans sa partie moyenne ressemble une corde dont les spires seraient peu obliques. Les fibres qui correspondent aux trousseaux transverses sont dis- tinctes et plus troites. De cette singulire complication , il rsulte que ce muscle, isol de toutes ses adhrences, ressemble une tresse trs serre dont chacun des fils , au lieu d'agir dans la direction longitudinale, se meut obliquement dans le canal form par les fibres voisines. [Les muscles de l'abdomen du homard sont sem- blables ceux de r'crevisse('l); mais ceux de la squille- (1) \V . la description qu'en ont donne MM. Audouin et Milne Edwards. Faune franaise. ] ART. 11. ANIMAUX. ARTICULES. 87 mante sont plus simples. Ils occupent la face dor- sale, au-dessus du cordon nerveux. Tout--fait sur les cts se trouvent les muscles des pattes et les d- presseurs de l'abdomen. De chaque ct de la ligne mdiane suprieure on voit un muscle longitudinal, ou plutt une srie de muscles longitudinaux deux plans , dont les libres s'insrent la face postrieure du repli a ntrieur de Faiv dorsal, et vont se fixer la face antrieure du repli de Tare suivant. Ce muscle se divise en plusieurs fais- ceaux; et comme il est moins large sa partie post- rieure qu' l'antrieure , les faisceaux externes sont un peu obliques et dirigs de dehors en dedans. La couche la plus interne des muscles des flancs est la plus paisse, et se compose din muscle tte pos- trieure simple et tte antrieure double. L'une des ttes antrieures remonte jusqu'au-del de l'insertion des faisceaux externes du muscle longitudinal en dcri- vant une courbe^ comme certaines portions du scalne des vertbrs. La couche plus externe se compose de trois faisceaux plus rapprochs leur attache antrieure qu' leur attache postrieure , de sorte qu'ils vont en divergeant d'avant en arrire et un peu de haut en bas, dans un sens oppos aux faisceaux du muscle prcdent. Tous ces muscles sont extenseurs de Fabdomen ; et comme il n'en existe pas de flchisseurs , la flexion a probable- ment lieu par l'lasticit de la peau membraneuse qui joint les arceaux infrieurs de Fabdomen. ] C. Mmcles des Arachnides, [ Les muscles du corps des arachnides toni peu q rn~ t 88 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. breux ; le thorax et la tte tant d'une seule pice n'ont point de muscles pour les mouvoir l'un sur l'autre. M. Meckel a trouv six paires de muscles verticaux dans le thorax des scorpions , servant sans doute la respiration. Les autres masses musculaires qui occu- pent une grande partie du thorax sont destines mou- voir les premiers articles des pieds. L'abdomen est pourvu de muscles longitudinaux qui s'tendent du bord antrieur de chaque anneau celui de l'anneau suivant, et se divisent en faisceaux suprieurs, infrieurs et latraux. Dans les araignes, M. Meckel dcrit ga- lement quatre muscles du thorax situs entre ls fais- eaur musculaires des hanches , analogues ceux des scorpions, et autour de l'abdomen une membrane musculaire mince , forme de fibres transverses. ] D. Muscles des Myriapodes. [Lorsqu'on enlve la partie corne de l'anneau d'une scolopendre, on trouve des muscles dont la direction varie. Les uns sont obliques, les autres longitudinaux, d'autres verticaux, d'autres transverses. De l'angle postrieur externe de chaque arceau su- prieur nait un muscle mince dont les fibres se portent en haut et en arrire en divergeant; ces muscles peu- vent se distinguer en grands et en petits. Les premiers Laissent de deux en deux anneaux, et, s'panouissant sur le ct du corps , viennent s'insrer le long de la ligne' mdiane de l'arceau suivant : les petits naissent de l'anneau intermdiaire entre les grands ; ils ont une direction semblable ; mais leur trajet est plus court, et ils sont uiiliciles distinguer. La fonction de ces muscles est videmment de courber le corps en arc de leur ct. ART. II. ANIMAOX ARTICULS. 89 Dans chaque flanc un muscle fibres peu prs verti- cales descend sMnsrer aux petites pices cornes de la base des pattes (les pimres) , et sert peut-tre la res- piration en dprimantle corps. Un faisceau bien distinct de ce muscle va se fixer par un tendon fapophyse infrieure de la hanche , de sorte qu^il sert par sa po- sition de puissant flchisseur. Les muscles longitudi- naux sont au-dessous des obliques : ils sont forts, et naissent de la partie antrieure d^un anneau pour se terminer la partie postrieure de l'anneau suivant. Mais, au milieu de leur trajet, les diffrents trousseaux dont ils se composent livrent passage aux trousseaux ns du second anneau, de sorte que par cette disposi- tion le milieu de ces muscles correspond toujours au point commun o Fun d T eux se termine , et o un autre commence. En dessous on trouve galement chaque angle pos- trieur d^un arceau un muscle oblique, mais dont les fibres ^arrivent pas jusqu' la ligne mdiane inf- rieure, et de chaque ct un muscle longitudinal, mais moins fort que celui du dos, et qui de plus ne va que du bord antrieur d'un anneau au bord antrieur du suivant. Enfin les muscles des pattes sont tout--fait transversaux, et se portent sans raph d'une patte Tautre , de sorte que leur contraction doit ncessaire- ment mouvoir ensemble les pattes de la mme paire. ] E. Muscles des Annlides. Les vers sang rouge ne sont pas pourvus dWganes du mouvement aussi parfaits que les chenilles. Privs de pattes cailleuses et membraneuses, quelques-uns se tranent ou rampent sur le corps Paide de poils ou 90 VI e LEON. MOUVEMENT DES ANIM. SANS VERT. de soies raides , dont ils sont recouverts en tout ou en partie. Tels sont les aphrodites, les ampliinomes, les n- rides, les lombrics, etc. Deux ordres de muscles servent leur mouvement. Les uns s'tendent dans toute la longueur de leur corps, et forment quatre faisceaux principaux, dont deux appartiennent au ventre et deux au dos. Ces quatre muscles constituent , pour ainsi dire, la masse du corps. On les trouve immdiatement au-dessous de la peau. Leurs fibres sont parallles ; mais leur lon- gueur n'excde pas celle des anneaux. Ils sont inter- rompus dans les plis de chacun d'eux par des espces d'intersections que produit un tissu cellulaire serr. C'est l'intrieur qu'on reconnat plus manifestement l'organisation de ces muscles. On voit qu'ils sont spa- rs entre eux par une ligne longitudinale et envelop- ps dans des espces de poches d'un tissu cellulaire trs serr qui rpondent chaque anneau du corps. Ces quatre muscles produisent les grands mouvements. Quand ceux du dos se contractent en tout ou en partie, par exemple, ils relvent la portion du corps laquelle ils appartiennent. Le mme effet, mais en sens con- traire, est produit par Faction contractile des muscles du ventre. Le second ordre des muscles des annlides est sp- cialement destin au mouvement des pines ou soies raides. Leur nombre gale celui des faisceaux depoils. Ainsi les faire connatre pour Fun d'eux , c'est la mme chose que si on les dcrivait pour tous. Les soies , les poils, les pines, les tubercules, etc., qui font plus ou moins de saillie la surface du corps de ces animaux sont manifestement mobiles. lis ren- ART. II. ANIMAUX ARTICULS. 91 trent et sortent volont. Les muscles qui produisent ces mouvements ne sont visibles que lorsque l'animal est ouvert, qu'il est priv de son canal intestinal, et que sa peau est retourne. Alors on remarque que chaque faisceau de poils est reu dans la concavit d'un cne charnu, dont la base est attache aux muscles longitu- dinaux, et dont le sommet se fixe l'extrmit interne des poils. Toutes les fibres qui forment ce cne sont longitudinales, mais enveloppes par un tissu cellu- laire serr. Par leur contraction, elles tirent les poils au-dehors et dans le sens qu'elles dterminent. Cette premire sorte de muscles, qui appartient chacun des faisceaux de poils, pourrait tre nomme les mus- cles protracteurs des pines. Le mouvement par lequel les pines sorties peuvent rentrer dans l'intrieur est produit par une autre sorte de muscles, qu'on pourrait appeler rtracteurs. Us ont beaucoup moins de fibres que les premiers : aussi leur action doit-elle tre faible. Ils sont couchs sur la face interne des muscles longs, peu de distance des trous dont ceux-ci sont percs pour laisser passer les poils ; et ils s'insrent au faisceau mme des pines, peu prs la hauteur o celles-ci doivent entrer intrieu- rement. On conoit que, lorsque les muscles protrac- teurs se contractent, ils poussent au-dehors le rtrac- teur, qui, lorsque celui-ci se contracte son tour, tend reprendre le paralllisme de ses fibres, et tire ainsi les pines en dedans. C'est l'aide de ces muscles et des pines qu'ils meuvent que ces vers rampent et changent lentement de lieu. Une autre famille d'annlides , dpourvue d'pines 9^ VI LEON. MOUVEMENT DES ANIfo. SANS VERT. et de soies, n^a pas la mme organisation musculaire : aussi sa manire de ramper diffre-t-elle beaucoup de celle des premiers. Elles se tranent faide es deux extrmits de leur corps, quelles appliquent alternativement sur le plan quelles veulent parcourir. Une organisation particu- lire les rend propres ce genre de progression. Les unes, comme les sangsues, ont la tte et la queue termines par une espce de disque charnu contractile qui ressemble un peu ceux des poulpes. L'organisa- tion de ces deux disques, qui font l 1 ofnce de ventouses ou de suoirs , n'est pas facile dterminer ; car, lorsque la peau qui les recouvre est enleve, on n'y voit que des fibres trs dlies entrelaces diverse- ment. Quoique cet ordre de vers suoirs soit trs con- tractile, on a cependant beaucoup de peine recon- natre les muscles qui meuvent leur corps. En effet, toute leur peau peut tre regarde comme un muscle ou une espce de sac charnu , fibres circulaires et longitudinales, qui renferme les vaisseaux, les viscres et les glandes. Cette peau musculeuse est paisse et recouverte intrieurement par un tissu cellulaire trs serr et trs solide (1). Lorsque l'animal veut changer de lieu , le corps ap- (1) [M. Dlie Chiajc compte trois couches de muscles trs minces situs sous la peau. La plus externe est compose de fibres obliques disposes de telle sorte, que celles de droite s'eulrecroiscnt avec celles de gauche pour former un rseau. La seconde couche se compose de fibres lon- gitudinales qui divergent v les cureuils , les sarigues, etc.} autrement sa pesanteur l'emporte, et, mme tant assis, l'animal est oblig d'appuyer les pieds de devant, comme font les chiens, les chats, etc. Quelques quadrupdes s'aident de leur queue comme d'un troisime pied pour largir la base de leur corps. Lorsqu'elle est robuste, ils peuvent se tenir ainsi pendant quelque temps. C'est ce qu'on voit dans les kanguroos et les gerboises. B. Station sur deux pieds corps non vertical. Les oiseaux* dont les extrmits antrieures forment 112 VII e LEON. DS MOUVEMENS. les ailes , ne pouvaient les employer ni se soutenir, ni saisir les objets ; il fallait donc qu'en se tenant sur leurs pieds de derrire ils pussent nanmoins porter le bec terre; il fallait aussi, cause du vol, que le centre de gravit de leur corps ft peu prs sous les paules, pour pouvoir tre soutenus parles ailes. Ainsi leur corps devait tre plus pesant par-devant. Ces deux conditions sont les causes de toutes les particularits que Ton observe dans les proportions de leur sque- lette. D'abord, pour que, dans la station, ce mme centre vnt tre soutenu par les pieds, il a fallu que ceux-ci se portassent en avant : de l la grande flexion de la cuisse, et celle du tarse sur la jambe. La longueur des doigts antrieurs contribue aussi tendre par-devant la surface sur laquelle peut tomber la ligne de gravit ; et, en gnral, la longueur de ces doigts est telle, que l'oiseau peut trs aisment se tenir sur un seul pied, sans que ses vacillations puissent porter cette ligne en dehors d'une si large base. Les oiseaux dans lesquels les pieds sont trop en ar- rire du corps, comme les grbes et les pingouins, sont obligs de se tenir presque verticalement. La longueur et la flexibilit du cou servent encore beaucoup faire varier la position du centre de gra- vit, selon que l'quilibre l'exige. Dans la station, les oiseaux portent la tte releve, ou ils la reculent mme vers le dos, et la placent sous Faile pour dormir, afin qu'elle charge d'autant le point qui rpond au-dessus des pieds. [D'un autre ct, la queue, dont le volume est quelquefois considrable, comme dans le paon, doit servir de contrepoids la partie antrieure du corps.] ART. I. DE LA STATION. 113 Nous avons dj vu, au commencement de cette le- on, le moyen mcanique Faide duquel les oiseaux longs pieds tiennent leur jambe tendue sur le tarse , sans avoir besoin d'imprimer leurs muscles une con- traction volontaire. Borelli avait indiqu, il y a long- temps, celui par lequel les oiseaux qui se perchent serrent les branches sans avoir besoin d'une attention constante, et mme en dormant. Il consiste en ce que les tendons des flchisseurs des doigts passent sur l'ar- ticulation du talon , et mme qu'il se joint eux un muscle qui vient de la rgion du pubis et qui passe sur l'articulation du genou (1). Lorsque ces deux arti- culations se flchissent, elles tirent ncessairement sur ces tendons et elles font flchir les doigts : aussi ne peut-on ployer le genou et le talon d'un oiseau, mme mort, sans lui faire flchir les doigts. Le simple poids de son corps, en affaissant ses cuisses et ses jambes, doit donc lui faire serrer mcaniquement les branches sur lesquelles il se perche. Nous ne voyons pas que les objections qu'on a faites contre cette explication soient valables, ni que les hypothses qu'on lui a substitues soient admissibles. C. Station sur quatre pieds. Nous avons vu ci-dessus quelles sont les causes qui empchent les quadrupdes [et particulirement les mammifres] de se tenir debout. Ces causes deviennent d'autant plus fortes que les animaux sont plus parfai- tement quadrupdes , c'est--dire qu'ils peu* ent moins quitter la station sur quatre pieds ; et elles sont accom- (I) Voyez t. i, p. i&8. 2. 8 114 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. pagnes de moyens particuliers propres favoriser cette dernire sorte de station. La station sur quatre pieds fournit l'animal une base trs considrable sur laquelle il est soutenu : mais cause de la pesanteur du cou et de la tte, le centre de gravit est plus voisin des jambes de devant que de celles de derrire ; en sorte que l'extrmit antrieure, qui n'a point de support donner au corps dans l'homme, en soutient presque toute la charge ici. Elle a reu en consquence des extenseurs beaucoup plus puissants, surtout ceux du coude, comme nous l'avons vu en les dcrivant. L'omoplate est fortement abaisse, et par consquent le tronc soutenu entre les paules par un muscle grand dentel plus tendu que dans l'homme; en un mot, tout ce que l'extrmit post- rieure parat avoir perdu en force musculaire semble tre pass l'antrieure. La tte se trouvant hors de la verticale et projete en avant sur un cou souvent trs long, il a fallu beau- coup plus de moyens pour la soutenir. Ils consistent dans l'paisseur des muscles cervicaux et l'tendue de leurs attaches , et dans la force du ligament cervical. Ces deux circonstances d'organisation ne se trouvent pas dans l'homme, dont la tte se soutient par sa pro- pre position. L'une et l'autre existent dans un degr d'autant plus fort que la tte est plus lourde ou qu'elle supporte des cornes plus grandes ; mais lorsqu'elle doit soulever encore des fardeaux trangers , comme dans la taupe, les muscles se renforcent tonnamment, et le ligament cervical s'ossifie (1 ). (1) [Ce n'est pas, proprement parler, le ligament cervical qni s'osaiie ; ART. I. DE LA STATION. 115 Le corps pse entre les quatre jambes et tend courber Fpine vers le bas par son poids. Ce sont les muscles du bas-ventre, et surtout les muscles droits, qui empchent cette courbure, par leur tendance en produire une contraire et faire voter Fpine. Les extenseurs de Fpine ne servent point cela ; car leur action seconderait au contraire celle du poids du tronc. Ces muscles de Fabdomen contribuent surtout avec force voter la colonne vertbrale dans les esp- ces revtues d'caills ou d'pines, et qui ont Fhabitude de se rouler en boule lorsqu'elles aperoivent du dan- ger, comme le hrisson , les tatous, les pangolins. Ces muscles sont plus forts dans ces espces que dans toutes les autres, Le pangolin longue queue ou pliatagin a deux productions tendineuses et mme presque ossi- fies, qui s'tendent depuis le cartilage xyphode jusque prs du bassin. Les jambes des mammifres se flchissent en avant et en arrire , dans des plans peu prs parallles Fpine , et peu loigns du plan moyen du corps dans lequel agit la pesanteur. Les quadrupdes ovipares, au contraire , ont leurs cuisses diriges en dehors , et les inflexions de leurs pattes se font dans des plans per- pendiculaires Fpine : par l , le poids du corps agit par un levier beaucoup plus long pour empcher le redressement du genou. Aussi ces animaux gardent-ils toujours les genoux plies , et leur ventre trane terre entre leurs jambes. C'est de l que leur est venu le nom de reptiles. mais on trouve derrire la tte un os particulier , situ entre le trapse et le splenius, et qui donne attache leurs fibres. Voyez 1. 1 , p. 334.] 116 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. D. Station sur un plus grand nombre de pieds, [ La station de beaucoup d'animaux articuls , sur six , huit , dix , ou mme un plus grand nombre de pieds , fournit leur corps une'base plus considrable qu'aux prcdents. Les six pattes des insectes sont la vrit insres en avant du centre de gravit , mais leurs pattes post- rieures se dirigent toujours fortement en arrire pour tendre leur base. De plus, ils ont les tarses arms de crochets qui servent fixer les pieds et les empchent de glisser. Dans les arachnides , les huit pattes sont disposes en rayons autour du thorax , et offrent au corps ? par leur prolongement excessif, une base trs tendue. 11 en est de mme de la plupart des crustacs dca- podes , dont la station est plus facile encore que celle des arachnides , puisqu'ils n'ont point comme celles- ci un abdomen pesant derrire le thorax , et que d'ail- leurs cet abdomen ou queue est organis pour leur servir de point d'appui. Enfin, les myriapodes sont, de tous les animaux, ceux dont la station est la plus assure. Tous leurs seg- ments portent une ou deux paires de pattes diversement diriges suivant la rgion du corps laquelle elles appar- tiennent. Celles de la partie antrieure du corps sont diriges en avant ; celles de la partie moyenne se portent en dehors, et celles de la partie postrieure en arrire.] ART. II. DE LA MARCHE. 117 ARTICLE IL DE LA MARCHE. Tous les mouvements progressifs par lesquels Thomme et les animaux transportent leur corps entier d'un lieu un autre exigent qu\ine vitesse dtermine soit imprime , dans une certaine direction , aux centres de gravit de ces corps. Pour cet effet , il faut qu'il y ait un dploiement d'un certain nombre d'articula- tions plus ou moins flchies , dont la position soit telle que leur dploiement soit libre du ct du centre de gravit , et gn du ct oppos , en sorte que la plus grande partie du mouvement ait lieu dans le premier de ces sens. On peut comparer le corps animal qui veut se mou- voir en entier un ressort deux branches , dont Pune des deux est appuye contre un obstacle rsis- tant. Si ces branches , aprs avoir t rapproches par une force extrieure , sont rendues leur libert pri- mitive , leur lasticit tendra les carter galement , jusqu' ce qu'elles soient revenues faire l'une avec l'autre l'angle qu'elles faisaient avant la compression ; mais la branche appuye contre l'obstacle ne pouvant le forcer, le mouvement se fera en entier dans le sens oppos , et le centre de gravit du ressort s'cartera de cet obstacle avec une vitesse plus ou moins grande. C'est l l'image la plus simple et la plus vraie qu'on puisse se faire des mouvements progressifs des animaux. Les muscles flchisseurs de la partie qu'ils emploient dans chaque sorte de mouvement reprsentent la force 118 TU 6 LEON. DES MOUVEMENTS. trangre qui comprime le ressort. Les muscles exten* seurs reprsentent l'lasticit qui tend en carter les branches; et la rsistance du sol, ou celle du fluide dans lequel ils se meuvent , reprsente l'obstacle. La marche est un mouvement sur un sol fixe, dans lequel le centre de gravit est mu alternativement par une partie des extrmits , et soutenu par l'autre partie , sans que le corps soit jamais entirement suspendu au- dessus du sol. On la distingue ainsi du saut, qui est un lancement de tout le corps en Fair, et de la course , qui est une suite de sauts bas. A. Marche sur deux pieds. Les animaux qui se tiennent debout sur deux pieds , savoir, l'homme et les oiseaux , marchent aussi sur deux pieds ; mais plusieurs quadrupdes , dans lesquels la station sur deux pieds est trs difficile, peuvent cependant marcher ainsi pendant plus ou moins de temps avec assez de facilit , parce qu'en gnral la marche est moins pnible que la station , les mmes muscles n 7 y tant pas dans une contraction aussi con- stante ; et parce qu'il est plus facile de corriger les vacil- lations par d'autres vacillations contraires et alterna- tives , ce qui est ais en marchant , que de les empcher tout--fait. Lorsque l'homme veut marcher sur un terrain uni , il porte d'abord un de ses pieds en avant ; alors son corps est galement appuy sur les deux jambes. Sangle que celle qui, est la plus avance fait avec le tarse est obtus ; celui de l'autre est aigu. 11 tend en- suite le talon de celle-ci. Le bout du pied ne pouvant repousser le soi , il faut que le talon et tout le reste de ART. II. DE LA MACHE. 119 Ja jambe soient levs ; car autrement le talon ne pour- rait s'tendre. Par l , le bassin et le tronc sont ports en haut , en avant et un peu de ct , en tournant au- tour du point fixe que leur fournit le ped immobile , et par un rayon , qui est la jambe qui appartient ce pied, laquelle vient faire avec lui un angle toujours plus petit ; alors la jambe qui a donn cette impulsion est aussi porte eh avant \ pour y appuyer son pied sur le sol ; et Vautre jambe , qui vient ainsi faire un angle aigu avec le pied , tend son tour son talon , et fait de mme tourner le bassin et le tronc sur la premire jambe. On voit que, par ces mouvements , le centre de gra- vit du corps est port en avant chaque pas , mais qu'en mme temps il se porte alternativement droite et gauche pour tre soutenu par les deux jambes , chacune leur tour. On voit aussi que chaque jambe, immdiatement aprs avoir tendu son talon , se flchit et s'lve pour se porter en avant ; s'tend pour appuyer son pied sur le sol; tourne sur ce pied comme sur un point fixe pour recevoir le poids du corps ; puis tend de nouveau son talon pour reporter ce poids sur l'autre jambe. Chaque jambe portant son tour le corps , comme dans une station qui se ferait sur un seul pied , les ex- tenseurs de la cuisse et du genou agissent alors pour empcher ces articulations de s'affaisser. Les flchis- seurs de ces mmes articulations agissent l'instant d'aprs, lorsque cette jambe, aprs avoir pouss le corps sur l'autre , doit tre releve pour se porter en avant. Les trois articulations principales de chaque jambe sont diriges en sens contraire , afin que , dans 120 VII e LEON. DES MOUVEMENTS/ leur flexion, le pied se trouve lev immdiatement au-dessus de la place qu'il occupait dans leur exten- sion. Sans cela , elles Sauraient pu se flchir sans jeter le pied en avant ou en arrire. Ce mouvement d'ondulation du corps ne pouvant se faire d'une manire parfaitement gale des deux cts, est ce qui empche l'homme de marcher en ligne droite, et mme de conserver une direction constante , s'il ne fait pas une grande attention pour corriger ses carts. Voil pourquoi un homme ne peut marcher droit les yeux ferms. Lorsque Ton marche sur un plan inclin descendant, ou lorsqu'on descend un escalier, la jambe avance est plus basse que celle qui est reste en arrire ; et le corps tomberait sur la premire avec une vitesse dan- gereuse et fatigante , si on n'avait soin de le retenir au moyen des extenseurs de la hanche , qui ne le laissent descendre que par degrs. Voil pourquoi la descente fatigue les reins. Lorsque Ton marche sur un plan inclin ascendant, ou lorsqu'on monte un escalier, il faut chaque pas , non-seulement transporter horizontalement le corps, comme dans la marche sur un terrain plat , mais le soulever contre son propre poids, au moyen des exten- seurs du genou de la jambe avance , et de ceux du talon de la jambe reste en arrire : voil pourquoi on se fatigue les genoux et les mollets en montant. On a de l'avantage pencher alors le corps en avant , parce qu'on raccourcit d'autant le levier par lequel son poids agit sur le genou. Lorsque l'on marche trs grands pas , on prouve une fatigue analogue celle que produit Faction de ART. II. DE LA MARCHE. 121 monter, parce que les jambes s'cartant beaucoup , le corps est plus bas l'instant de leur cartement , et qu'il faut qu'il soit soulev proportion , en tournant alternativement sur chacune d'elles. L'homme ne balance gure ses bras pour s'aider dans sa marche que lorsqu'il est sur un chemin trs troit dont il ne peut s'carter : alors il emploie tous les moyens possibles pour corriger ses vacillations. Mais les singes, lorsqu'ils veulent marcher, en ont toujours besoin ; et ce sont ceux qui les ont le plus longs qui s'en servent avec le plus d'avantage , comme le gibbon, [Cependant, dans la marche ordinaire de l'homme, les bras oprent, lorsqu'ils sont pendants , des mouve- ments alternatifs peu tendus qui corrigent les vacil- lations du corps. Chaque bras est port en avant , en mme temps que la jambe du ct oppos ; il arrive mme un peu avant elle ; ce qui tablit quelque analo- gie entre la marche de l'homme et celle des quadru- pdes. Il y a mme certaines personnes qui , comme quelques-uns de ces derniers , marchent l'amble , c'est- -dire qu'elles avancent ensemble les deux membres d'un mme ct.] B. Marche sur quatre pieds. Lorsqu'un quadrupde veut marcher, aprs avoir lgrement flchi les articulations de ses pieds de der- rire , il les tend pour porter son corps en avant. La partie du poitrail tant pousse en avant par ce mou- vement , auquel contribuent surtout les extenseurs du genou et du talon , les pieds de devant se trouvent in- clins en arrire ; et l'animal finirait par tomber, s'il 122 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. ne les portait l'instant mme en avant pour se sou- tenir. Alors il retire le tronc sur les pieds de devant ainsi fixs, et l'impulsion des pieds de derrire recom- mence. Mais il faut bien remarquer que ces mouvements ne se font pas la fois par les deux pieds de chaque paire , lorsque l'animal ne fait que marcher ; car alors Fanimal serait ncessairement suspendu en entier pendant un instant au-dessus du sol ; et ce ne serait plus une mar- che, mais une suite de sauts, qui porte en particulier le nom de galop forc , et dont nous parlerons plus bas. Deux pieds seulement contribuent la formation de chaque pas, un de devant et un de derrire : mais tantt ce sont ceux du mme ct, tantt ceux des cts opposs. Ce dernier cas est celui de la marche que les cuyers nomment le pas dans les chevaux. Le pied de devant droit se porte en avant pour soutenir le corps qui y est pouss par l'extension du pied de derrire gauche : en mme temps , celui-ci se flchit pour se porter en avant. Pendant qu'ils sont en Fair, le pied de derrire droit commence s'tendre ; et au moment o ils se posent, le pied de devant gauche se porte en avant pour soutenir l'impulsion du pied droit , qui lui-mme se porte aussi en avant. Le corps se trouve ainsi port alternativement sur deux pieds placs en diagonale. Lorsque le pied de devant droit part pour soutenir le corps pouss en avant par le pied de derrire droit , cette marche se nomme Y amble. Le corps tant port alternativement sur deux pieds de mme ct , est oblig de se balancer droite et gauche pour ne pas tomber ; et c'est ce balancement qui rend cette allure ART. II. DE LA MARCHE. 123 douce et agrable. pour les femmes et les personnes faibles. [Cette marche est celle de la giraje , qui, malgr ses hautes jambes \ le peu de longueur de son corps n'aurait permis que de trs petits pas. Mais lorsque les pieds de devant sont plus longs et par trop disproportionns, et surtout lorsque le train de derrire est faible et mal articul, comme nous l'avons vu dans la description de celui du paresseux , l 1 animal ne peut que se traner au moyen des pieds de devant, en les tendant en avant, et les flchissant en- suite pour attirer le corps aprs eux, les pieds de-der- rire ne Faidant que faiblement par leur impulsion. C'est l ce qui rend la marche des paresseux si p- nible. [L? orang-outang est organis pour vivre sur les arbres plus que sur le sol. Il ne marche pas deux pieds, comme on le croit gnralement ; mais cependant son corps trapu, l'extrme brivet de ses membres abdominaux jointe l'extrme longueur de ses mem- bres antrieurs , font que sa marche est presque verticale, quoiqu'elle ait lieu quatre pieds. Dans ce mouvement , l'animal appuie sur le bord externe des pieds , qui sont fortement renverss , et en mme temps, non pas sur la paume de la main ou sur la pulpe des doigts, comme beaucoup de singes, mais sur le poing ferm, et sur la face dorsale des premires phalanges.] Les animaux qui ont les pieds de devant trs courts proportion de ceux de derrire ne pourraient soute- nir assez efficacement leur corps , et tomberaient sur le nez chaque impulsion de ceux-ci , s'ils n'avaient la prcaution de se cabrer, c'est--dire, d'lever le train de devant en entier avant de le pousser en avant 124 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. par le moyen des pieds de derrire : aussi ne marchent- ils point , proprement parler ; ils ne font que sauter. C'est le cas de la plupart des rongeurs , comme les livres , les rats , et surtout les gerboises. Ce n'est que lorsqu'ils montent que ces animaux peuvent marcher rellement. Lorsqu'ils veulent aller lentement en plaine, ils sont rduits se mouvoir sur leurs pieds de devant, et traner simplement ceux de derrire. Cela se voit dans les lapins , et encore mieux dans les grenouilles. [ Dans le kanguroo , non-seulement il y a une dis- proportion trs grande entre les pieds de devant et ceux de derrire ; mais l'animal s'aide dans la marche de l'norme et puissante queue que l'on a souvent com- pare , chez lui, un cinquime membre. L'animal tant pench en avant et reposant sur ses quatre pattes , courbe sa queue en S, en ramenant le ventre de la seconde courbure entre les jambes de derrire. Dans cette position , le tiers infrieur de la queue repose sur le sol : l'animal s'y appuie , soulve ses pattes de der- rire, puis, droulant la premire courbure de la queue, il pousse en avant le tronc et le train de derrire. Alors il projette ses pattes antrieures aussi loin qu'il peut, ramne sa queue entre ses jambes , et se retrouve dans la position d'o nous l'avons fait partir. Chaque pas se fait donc en trois temps : 4 Rapprochement de la queue entre les jambes de derrire ; 2 Transport en avant des pattes de derrire, le corps tant durant ce temps appuy sur les pattes de devant et sur la queue ; 3 Projection en avant des pattes antrieures. On voit que ce mode de progression a quelque ressemblance avec celui de ces hommes infirmes que l'on dsigne sous le nom de culs-de-jatte. Mais dans ceux-ci , ce ART. II. DE LA MARCHE. 1^5 qui reste des membres postrieurs et le bassin , lors- qu'ils sont ports en avant , viennent se placer entre les deux membres antrieurs , tandis que , dans le kan- guroo, ceux-ci sont au contraire au milieu et embras- ss de chaque ct par les postrieurs. Cela explique pourquoi le cul-de-jatte peut marcher par un simple dplacement en avant du centre de gravit, tandis que le kanguroo a besoin pour le mme mouvement du secours de sa queue , la surface de ses pattes de devant rapproches ne lui offrant pas une base assez large. Lorsque les pieds de derrire sont trs carts , leur impulsion devient plus latrale ; il en rsulte que le tronc est pouss chaque pas alternativement sur les cts , et que la dmarche en devient tortueuse. C'est ce qui se remarque dans les animaux nageurs, dont le genre de vie exigeait cet cartement des pieds de der- rire. Tels sont les loutres , les castors , les tortues, etc. C. Marche sur un plus grand nombre de pieds. [La marche des insectes hexapodes est quelquefois rgulire ; alors ils meuvent leurs pattes toujours dans le mme ordre ; mais elle est le plus souvent irrgulire. Dans ce dernier cas, ils meuvent indistinctement deux, trois et mme quelquefois , quatre pattes la fois , de telle sorte qu'un de leurs pas n'est jamais semblable celui qui prcde ou celui qui suit. La marche rgulire de ces animaux se fait de deux manires : dans la premire ils meuvent les pattes ant- rieures et postrieures dans le mme ordre que celles des quadrupdes qui trottent , c'est--dire qu'ils avan- cent ensemble la gauche de devant et la droite de der- rire , puis la droite de devant et la gauche de derrire , 126 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. et enfin les pattes intermdiaires, tantt la fois, et tantt Tune aprs F autre. Dans leur seconde marche rgulire , les insectes lvent ensemble les pattes ant- rieure et postrieure gauches , ainsi que l'intermdiaire du ct droit , puis les pattes antrieure et postrieure droites et rintermdiaire gauche. Le pas de la premire de ces marches rgulires se compose de trois ou mme de quatre temps ; celui de la seconde ne se compose que de deux temps. Dans celle-ci , qui est la plus grave , et qui appartient au gotrupe stercoraire , au lucane cerf-volant , et probablement tous les gros in- sectes , les pattes d'une mme paire sont toujours leves alternativement , et le corps est toujours port sur trois points disposs ainsi ) , puis ensuite en sens con- traire ' Les articuls octopodes, ou les aranides, ont gale- ment (1) une marche rgulire; ils lvent quatre pieds la fois , mais jamais par paires , de sorte qu'entre deux pattes en mouvement, il y en a tou- jours une troisime sur laquelle l'animal s'appuie; ainsi ce sont les l re et 3 e pattes droites avec les 2 e et 4 gauches qui se meuvent ensemble, puis les V e et 3 e gauches avec les T et 4 e droites. Le corps est par consquent toujours port sur quatre meds situs aux extrmits de deux diagonales parallles , et un pas se fait en deux temps. Les crustacs dcapodes se servant rarement de leur pattes antrieures ou pinces pour marcher, on doit supposer que leur marche est semblable celle des (l) Millier. Dissertatio inauguralis pkysiologica sistens commentarios de phoronomia animalium. Bonn , 1822. ART. III. DE L'ACTION DE SAISIR. 127 aranides ; on sait (Tailleurs que la position des pattes d'une partie de ces crustacs ( les crabes ) les force, marcher de ct , et qu'ils ne peuvent se mouvoir que lentement en avant. Suivant M. Muller, les cloportes, qui ont quatorze pattes , font un pas en quatre temps : au premier temps , les \ r et 5 pattes gauches se meuvent avec les 3 e et 7 droites ; au second temps , les \ rc et 5 e droites avec les 3 e et 7 e gauches ; au troisime temps , les 2 et 6 gauches avec la 4 e droite ; et enfin , au quatrime temps , les 2 e et 6 droites avec la 4 e gauche. Ce serait galement ainsi que marcheraient les scolopendres et tous les myriapodes ; il y aurait toujours d'un mme ct trois pattes en repos entre deux pattes en mouvement; mais, d'aprs nos observations, nous ne pensons pas que la marche des cloportes et des scolo- pendres soit aussi rgulire ; il nous a sembl que sou- vent deux et mme trois paires de pattes successives se levaient la fois.] ARTICLE III. DE INACTION DE SAISIR, ET DE CELLE DE GRIMPER. L'homme et un certain nombre d'animaux peuvent empoigner les objets , en les entourant et en les serrant de leurs doigts; il faut pour cet effet des doigts spars, libres, flexibles, et d'une certaine longueur. L'homme n'en a de tels qu' la main ; mais les singes et beaucoup d'autres animaux en ont aux mains et aux pieds. Il n'y a que l'homme , les singes et les makis , qui aient les pouces spars , et qui puissent les opposer 128 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. aux autres doigts, en formant une espce de tenaille; aussi n'y a-t-il qu'eux qui puissent tenir d'une seule main des objets mobiles. Nous verrons, dans un autre chapitre, la grande diffrence qui existe cependant entre la main des singes et celle de l'homme, et l'avantage qu' cette dernire pour toutes les oprations dlicates qui exigent qu'on saisisse ou qu'on pince de trs petits corps. Les autres animaux, qui ont les doigts assez grles et assez mobiles pour porter ainsi les objets, sont obligs de les tenir deux mains ; c'est ce que font les cureuils, les rats, les sarigues, etc. ; d'autres qui ont les doigts plus courts, et qui, d'ailleurs, sont obligs de s'appuyer sur leurs pieds de devant, comme les chiens et les chats , ne peuvent retenir les corps qu!en les fixant contre le sol avec leurs pattes. Enfin ceux qui ont les doigts runis et rapprochs sous la peau, ou envelopps de sabots de corne , ne peuvent exercer aucune prhension. Nous avons dj vu que la perfection de la prhen- sion est toujours accompagne de celle de la facult de tourner la main sur l'avant-bras; et que dans les ani- maux qui en sont pourvus , les os de l'paule y sont disposs de manire empcher le dplacement de l'o- moplate en avant. Cette facult de saisir et d'empoigner fermement est trs utile aux animaux dans l'espce de mouvement progressif que l'on nomme grimper. Ce mouvement consiste se suspendre en serrant fortement les inga- lits des branches ou toute autre chose susceptible d'tre empoigne ou accroche, et de s'lever ainsi par des efforts successifs contre la direction de la pesan- teur. ART. III. DE L'ACTION DE SAISIR. 129 L'homme est un assez mauvais grimpeur, parce qu'il ne peut empoigner qu'avec ses mains ; ses pieds ne peuvent que s'appuyer, ce qui leur donne beaucoup moins de solidit pour lever le corps par le dploie- ment des talons et des genoux. Il est oblig d'employer principalement ses bras, en les portant en avant, et en tirant ensuite son corps sur eux aprs qu'il a fix ses mains. Les quadrumanes sont les grimpeurs par excellence : ils peuvent galement bien saisir avec leurs quatre extrmits ; et la position de leur extrmit de derrire, dont la plante regarde en dedans au lieu d'tre dirige en dessous, les favorise encore. Les autres animaux, qui grimpent continuellement, comme les sarigues, les phalangers, les fourmiliers et les paresseux, ont aussi cette disposition. Les deux pre- miers genres ont le pouce presque tout--fait dirig en arrire, et formant une sorte de talon trs puissant. Dans les paresseux et les fourmiliers , il y a au talon une protubrance considrable qui remplit, jusqu' un certain point, le mme effet. [Dans quelques genres, tels que les orangs , les gibbons , les semnopuliques , on trouve une disposition qui les rend minemment . propres grimper. Les phalanges de leurs mains et de leurs pieds sont arques, ce qui leur permet d'embrasser trs troitement les branches des arbres.] Plusieurs quadrumanes , les sarigues , les phalan- gers , les fourmiliers , et quelques rongeurs , ont , pour ainsi dire, un cinquime membre, qui .les aide grimper. C'est leur queue, au moyen de laquelle ils peuvent se suspendre et saisir les corps aussi fortement 2. 9 130 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. qu'avec une main. Les muscles qui produisent ce mou- vement ne diffrent de ceux des autres queues que par une force plus grande. Le genre des chats grimpe en enfonant ses griffes aigus, tranchantes et crochues dans les corps. Nous avons dj vu comment ces ongles sont retenus en ar- rire et entre les doigts, la pointe tourne vers le ciel, par le moyen de deux ligaments lastiques, indpen- dants de la volont de l'animal. Lorsqu'il veut s'en servir, il fait agir le flchisseur profond des doigls, qui fait tourner la dernire phalange sur la pnultime, et dirige la pointe de l'ongle en dessous. C'est aussi par ce moyen que les chats saisissent les objets mobiles , et qu'ils dchirent leur proie. Les paresseux ont une disposition contraire dans les ligaments. Leurs ongles sont naturellement reploys sous les doigts, et l'animal est oblig de les tendre par le moyen des muscles extenseurs, lorsqu'il veut s'en servir. Au reste, ces doigts sont fort peu commodes cet animal, n'tant composs que de deux phalanges, dont une trs courte , et l'autre entirement revtue par l'ongle, et les os mtacarpiens tant souds en- semble et immobiles. Les oiseaux grimpeurs se retiennent aussi par le moyen de leurs ongles aux ingalits de l'corce ; ce sont principalement les ongles de derrire qui servent les soutenir et empcher les culbutes. Quelques genres, comme les grimper eaux et les sittelles , n'ont qu'un seul doigt dirig en arrire, mais il est trs fort: la plupart en ont deux , pour tre mieux soutenus. Le genre des pics et celui des grimpe reaux ont encore un autre arc-boutant, qui est leur queue, dont les pennes ART. III. DE L'ACTION DE SAISIR. 131 sont trs raides , et se fixent avec force contre les sur- faces sur lesquelles ces oiseaux grimpent. Les oiseaux ne peuvent exercer la prhension que par le moyen de leurs pieds ; et comme ils en ont be- soin pour se soutenir, il n'y a qu'un petit nombre de genres qui les emploient cet usage , except toutefois en volant , parce qu'alors leurs pieds sont libres ; et quelques espces en nageant d'un seul pied, comme les plicans et les cormorans. Les espces qui se servent le plus souvent d'un de leurs pieds pour porter la bouche , pendant qu'elles sont debout sur l'autre, sont les perroquets et les chouettes; d'une part, cause de la disposition com- mode de leurs doigs, et de l'autre, cause de la pesan- teur de leur tte, qui leur causerait des chutes fr- quentes, s'ils voulaient toujours la porter en avant pour becqueter. Les espces d'oiseaux de rivages qui , par la nature de leurs articulations, n'ont pas besoin de grands efforts pour les tenir tendues, ont l'habitude de rester sur un seul pied , en tenant de l'autre une pierre ou quelque autre corps pesant pour se donner plus d'aplomb. Le camlon, parmi les reptiles, semble tre aussi avantag qi^e les quadrumanes parmi les mammifres, relativement la facult de grimper, cause de ses mains en tenaille et de sa queue prenante. [Les geckos ont des ongles aigus et rtractiles, qui leur permettent de s'accrocher aux branches comme les chats, et leurs doigts, largis sur tout ou partie de leur longueur , et garnis en dessous de replis trs r- guliers de la peau , leur servent si bien grimper et 3*2 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. adhrer aux corps , que Ton en voit marcher sous des plafonds.] ARTICLE IV. DU SAUT. Le saut est un mouvement qui lve le corps tout entier au-dessus du sol, et par lequel il est comme jet en l'air, et demeure sans aucun appui, pendant un instant, dont la longueur dpend de la force de la pro- jection. Le saut se fait par un dploiement subit des articu- lations infrieures jusqu' la dernire inclusivement , qui avaient t ployes auparavant plus que de cou- tume. Ce dploiement imprime aux os qui les compo- sent des mouvements violents de rotation, dont l'im- pulsion se communique au centre de gravit du corps, et le lance avec une vitesse dtermine, plus ou moins directement oppose la pesanteur. Le corps sautant doit tre considr comme un pro- jectile qui perd par degrs la vitesse qu'il a acquise pour monter, parce que la pesanteur lui imprime chaque instant une vitesse contraire. Ainsi sa vitesse de dpart tant donne, on peut dterminer le chemin qu'il dcrira dans Pair , l'instant et le lieu de sa chute. La vitesse du dpart, et par consquent l'tendue du saut, dpend de la longueur proportionnelle des os et de la force des muscles. Aussi les animaux qui sau- tent le mieux sont-ils ceux qui ont les cuisses et les jambes de derrire les plus longues et les plus paisses, ART. IV. DU SAUT. 133 comme les kanguroos, les gerboises , les grenouilles, les altises, les sauterelles, les puces, etc. L'espace que les petits animaux franchissent d'un seul saut est plus considrable, proportion, que celui que franchissent les grands animaux , parce que, lors- que les forces sont proportionnelles aux masses $ elles leur impriment des vitesses gales , et les espaces par- courus dpendant uniquement des vitesses, ils doivent tre peu prs les mmes pour les petits animaux que pour les grands. La direction du saut dpend de la position du centre de gravit par rapport au membre dont il reoit l'im- pulsion : c'est pourquoi l'homme et les oiseaux sont les seuls qui puissent sauter verticalement , parce qu'ils sont les seuls o le tronc soit verticalement au-dessus du membre qui produit le saut ; cependant ils peuvent aussi sauter en avant, en ( onnant plus de force la rotation de la cuisse qu' celle de la jambe, ou mme en arrire, en faisant le contraire. Les quadrupdes et les insectes ne peuvent sauter qu'en avant. Les araignes, qui ont de chaque ct plusieurs longues pattes , sautent de ct comme en avant. La course est une suite de sauts bas faits alternative- ment sur chaque jambe. Elle ne diffre de la marche que parce que le corps est lanc chaque pas, et que le pied postrieur est lev avant que l'antrieur soit pos. Elle est plus rapide que la marche mme grands pas , parce que la vitesse acquise se conserve et s'augmente chaque lan, par la nouvelle vitesse qui vient s'y ajouter : aussi ne peut-on s'arrter subitement en courant, tandis qu'en marchant on peut s'arrter 134 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. chaque pas. C'est cette vitesse acquise par la course qui favorise les sauts en avant, en ajoutant celle que le saut lui-mme peut donner dans ce sens, mais elle nuirait un saut vertical ; elle l'empcherait mme en- tirement. Le coureur penche son corps en avant , afin que son centre de gravit soit dans la position nces- saire pour tre pouss dans ce sens par la jambe pos- trieure; il est oblig aussi de porter Fautre jambe ra- pidement en avant pour empcher la chute. Le moindre obstacle qui arrte cette jambe , et l'empche d'arriver assez tt pour soutenir le corps , fait tomber le cou- reur : les retards de ce genre tant beaucoup plus dan- gereux dans la course que dans la marche, cause de la plus grande vitesse, les chutes y sont plus fr- quentes. L'homme ne varie sa manire de courir qu'en fai- sant ses pas plus ou moins longs, ou plus ou moins ra- pides; mais les quadrupdes les varient encore par l'ordre selon lequel ils lvent chacun de leurs pieds ou le ramnent terre. Le trot est une course dans laquelle les pieds opposs en diagonales partent la fois, et tombent la fois, chaque paire alternativement , de manire cependant qu'il j a un instant trs court o ils sont tous les quatre en l'air. Cela produit une allure gale , dont les pas se font entendre en deux temps. Le galop est une course dans laquelle l'animal sou- lve, chaque pas, son train de devant, et l'lanc par le dploiement de celui de derrire. Lorsque les deux pieds de devant tombent la fois, et ensuite les deux pieds de derrire aussi la fois, c'est le galop forc, qui est l'espce de course la plus rapide que le cheval puisse ART. IV. DU SAUT. 135 excuter, et la seule qu'aient les chiens, les livres, etc. Dans cette sorte de course , les pas du cheval se font aussi entendre en deux temps. Le galop ordinaire est lorsque les deux pieds de devant sont ingalement avancs et tombent Fun aprs Fautre. On le divise en galop trois et quatre temps \ parce que les pieds de derrire peuvent aussi ne retomber que Fun aprs Fau- tre. Au reste tous ces objets ont t suffisamment dve- lopps par les cuyers et les hippotomistes. [Le plus souvent dans le galop les pieds de derrire viennent se placer trs prs de la trace ou mme toui- -fait dans la trace des pieds de devant. Il n'en est pas ainsi pour la girafe ; son corps est si court , par rapport la hauteur de ses jambes, que son galop serait extr- mement raccourci , si elle n'avait un moven de Fallon- ger ; elle carte dans cette sorte de course ses pieds de derrire et les porte fort en avant de ceux- de devant, de sorte qu'il arrive un moment o les jambes de cet animal sont croises en X. Les 'phoques offrent , lorsqu'ils sont terre , l'exem- ple d'une progression difficile qualifier. Ce n'est point une marche, puisque leurs membres sont alors presque passifs, c'est plutt une suite de bonds oprs par l'extrmit postrieure du tronc. L'animal, couch sur le ventre , lve sa tte et sa poitrine par Faction des muscles du dos ; puis il fait , l'aide des muscles des lombes, du bassin et de la cuisse, un effort violent qui le lance quelque peu en avant, et comme il rpte ce mouvement avec*promptitude, il parvient fuir en- core avec assez de vitesse (1). ] (1) [ V. Duvernoy, Rech. sur les org. du niouv, du phoque commun Mem. du Mus., t. IX, p. 181. 1 A 136 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. 11 y a plusieurs genres d'animaux qui sautent au moyen d'organes diffrents des pieds, mais toujours par un dploiement subit de plusieurs articulations successives. Les serpents sautent en ployant leur corps en plu- sieurs ondulations qu'ils dtendent toutes la fois, ou successivement, selon qu'ils veulent se donner plus ou moins de vitesse. Ils peuvent tre aids par les cailles de leur ventre, qui se redressent, et ensuite se reportent contre le corps ; mais il n'y a que quelques genres qui puissent employer ce moyen. Certains poissons sautent aussi au-dessus des cata- ractes, en ployant leur corps fortement et en le dban- dant ensuite. Les crevisses longue queue , surtout les salicoques, sautent en dployant leur queue qu'elles avaient re- courbe sous le corps. La larve de mouche, appele vulgairement ver du fromage, se contourne en cercle, se contracte le plus qu'elle peut; puis se dbandant subitement, elle est lance une distance assez considrable. Les podures ont une queue forme de deux articula- tions, qu'elles reploient sous leur abdomen, et qui leur fait faire des sauts trs considrables en se dtendant. Dans le taupin, le corselet prsente une particularit de conformation qui produit le saut, quand cet animal est renvers sur le dos. Ce sont d'abord deux pointes postrieures et latrales qui s'opposent au trop grand renversement du corselet sur la poitrine, et ensuite en- dessous une pointe unique, recourbe, que l'animal fait entrer avec ressort dans une fossette de la poitrine. AllT. V. DE LA NATATION, 137 ARTICLE V. DE LA NATATION. Le saut ordinaire a lieu sur un sol fixe, qui rsiste par sa masse et son peu de flexibilit. Si ce sol cdait jusqu' un certain point, en vertu de ce qu'il serait mou ou lastique, le saut pourrait avoir lieu cependant; mais le mouvement en arrire que le sol aurait reu serait autant de diminu sur la vitesse du saut, qui est produite par la rsistance du sol, et qui est par cons- quent doutant plus grande que cette rsistance est plus complte; car pour suivre l'exemple que nous avons pris d'abord d'un ressort deux branches, qui se d- bande, il est clair que si l'une des extrmits n'prou- vait pas plus de rsistance que l'autre, le milieu du ressort ne changerait point de place : mais pour peu qu'il y ait de diffrence* il faut qu'il y ait un mouve- ment vers l'opposite du corps rsistant. La natation et le vol sont des sauts qui ont lieu dans des fluides, et qui sont produite par la rsistance de ces fluides admettre le mouvement que les animaux qui nagent ou qui volent leur impriment par l'impul- sion de certaines surfaces qu'ils meuvent avec beaucoup de vitesses - Cette v;tesse a besoin d'tre d'autant plus grande que le milieu est plus rare , et il faut que les muscles qui la produisent aient une force bien suprieure celle qui est exige pour le simple saut sur un milieu solide ; mais il y a encore une condition de plus pour les mouvements qui ont lieu dans des fluides. Comme 138 VII 6 LEON. DES MOUVEMENTS. ranimai est entirement entour par ces milieux, il trouverait une rsistance gaie de toutes parts , et la vitesse qu'il aurait acquise, en frappant le fluide en arrire, serait bientt perdue par celui qu'il serait oblig de dplacer en avant, s'il ne pouvait diminuer considrablement sa surface immdiatement aprs s'en tre servi pour donner le coup. La natation et le vol ont t attribus des animaux de classes trs diffrentes; il y en a mme qui ru- nissent ces deux espces de mouvement ; mais cepen- dant l'une se trouve excute de la manire la plus parfaite par la classe des poissons, et l'autre par celle des oiseaux. Nous considrerons d'abord les moyens que ces deux classes y emploient, et nous les com- parerons ensuite ceux des espces des autres classes. Les poissons eux-mmes ne nagent pas tous bien , comme tous les oiseaux ne volent pas. Ceux qui na- gent le mieux sont ceux qui ont le corps un peu along et mdiocrement comprim. La natation peut se faire dans un plan horizontal ou dans des directions plus ou moins inclines. Voyons d'abord celle qui a lieff dans un plan horizontal. Le poisson suppos en quilibre avec Teau (et il a des moyens de s'y mettre que nous indiquerons), lorsqu'il veut se porter en avant, ploie sa queue en deux sens diffrents, comme en S, par le moyen des n^scles la- traux, si forts et si compliqus, que nous avons d- crits. Il tend ses nageoires du dos, de Tanus et de la queue, le plus qu'il peut , pour augmenter d'autant la surface de sa queue. Alors il la dploie avec une grande vitesse, et selon que nous l'avons expos ci-dessus, la rsistance du fluide, c'est--dire la diffrence de la vi- ART. V. DE LA NATATION. 13& tesse qu'il admet d'avec celle que l'effort du poisson tendait lui imprimer, tient lieu, pour ainsi dire, d'un appui solide , qui force la machine entire du poisson se porter en avant avec le reste de cette vitesse. L'eau qui est au-devant du poisson rsiste moins son mouvement en avant, d'abord parce que la vitesse avec laquelle il avance est beaucoup moindre que celle avec laquelle il tendait tendre sa queue; ensuite parce que sa queue est revenue la ligne droite , et qu'il ne prsente plus au fluide que la largeur peu con- sidrable de son corps. Comme il faut qu'il reploie sa queue pour frapper un second coup, ce mouvement se faisant en sens con- traire de l'extension, produirait de la part du fluide une rsistance gale en sens contraire, qui anantirait le mouvement, si les surfaces taient restes les mmes; mais alors les nageoires du dos et de l'anus sont cou- ches contre le corps. Celle de la queue est serre et rtrcie : d'ailleurs ce ploiement se fait avec beaucoup plus de lenteur que le dveloppement, qui est subit et violent. C'est aprs avoir pass par la ligne droite que la queue se reploie une seconde fois. Elle se flchit alors prcisment en sens contraire ; et l'impulsion qui en rsulte ayant une obliquit gale, mais oppose celle qui a rsult du premier coup , la direction du corps reste droite. [Quelques poissons, comme les coffres , ont le corps cuirass d'caills solides qui ne leur permettent aucun mouvement de la colonne vertbrale; ils ne peuvent que frapper l'eau droite^ta gauche avec leur na- geoire caudale, et ils sont ainsi dans la mme condition qu'un bateau dont lanuWest place l'arrire.] 140 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. (Test en frappant plus fort dans un sens que dans Fautre que le poisson se dirige droite ou gauche, , et qu'il tourne horizontalement. Quant ses mouvements en haut et en bas , ils pa- raissent dpendre, dans la plupart des poissons, de leur vessie natatoire. Nous dcrirons la forme, les con- nexions et la structure intime de cet organe important, lorsque nous traiterons des scrtions. Ici, o nous ne considrons que son usage dans le mouvement pro- gressif, il nous suffit de dire que c'est une vessie plus ou moins grande , tantt simple , tantt double , mais dont alors les deux parties communiquent ensemble par un canal troit, et qui est situe dans l'abdomen des poissons, tout contre l'pine du dos. Il y a le plus sou- vent un conduit qui mne de cette vessie dans l'so- phage ou dans l'estomac ; mais il parat que ce conduit ne laisse passer Pair contenu dans la vessie qu'autant que ranimai y consent. Cet air est produit, du moins je crois pouvoir le prouver dans le chapitre dj an- nonc, par le moyen de certains organes qui le spa- rent de la masse du sang, et dans un poisson bien por- tant il tient toujours la vessie distendue. Lorsque Ton crve la vessie natatoire, le poisson ne peut plus s^lever dans l'eau, et il se tient toujours cou- ch sur le dos. Il en rsulte que cette vessie donne au dos la lgret convenable pour qu'il demeure en haut, et que dans son tat de plus grande extension elle rend le corps entier du poisson assez lger pour s'lever dans l'eau. Il y a mme des poissons dans lesquels la chaleur la dilate tellement que , lorsqu'ils sont rests quelque temps la surface de feau un soleil ardent, AR. V. DE LA NATATION. 141 ils ne peuvent plus la comprimer assez pour redescen- dre. Mais, dans l'tat ordinaire, le poisson la com- prime prcisment au degr qu'il faut pour tre en quilibre avec Feau, lorsqu'il veut demeurer dans un plan horizontal; il la comprime encore davantage, lorsqu'il veut s'enfoncer. Cette compression a lieu au moyen des muscles la- traux du corps , qui tendent rtrcir cette vessie en Falongeant. Alors, sous une surface gale, elle ren- ferme moins de capacit, puisqu'elle s'loigne davan- tage de la forme sphrique. Les poissons qui n'ont point de vessie natatoire ont beaucoup moins de moyens de changer leur hauteur dans l'eau. La plupart restent au fond , moins que la disposition de leur corps ne leur permette de frapper Feau de haut en bas avec beaucoup de force : c'est ce que font les raies avec leurs vastes nageoires pectorales, qui portent avec raison le nom d'ailes , puisque le moyen que ces poissons emploient pour s'lever est absolument le mme que celui des oiseaux. Les pleuronectes frappent l'eau de haut en bas avec les cts de leur corps, parce qu'ils ne nagent pas comme les autres poissons le dos en haut et le ventre en bas, mais dans une position trs oblique, laquelle ils sont aussi forcs par la position de leurs yeux, qui sont tous les deux du mme ct. Ces raies et ces pleuronectes, ne pouvant commod- ment frapper l'eau droite et gauche, sont obligs, pour conserver au total une direction horizontale, de faire une suite de sauts , c'est--dire de frapper plus fortement avec leur queue vers le bas ; ce qui les lve 142 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. un peu : et ce mouvement , en se combinant avec la pesanteur , les ramne par une courbe prs de la ligne horizontale, d'o ils repartent par un nouveau saut, comme nous l'expliquerons plus au long en parlant du vol des oiseaux. (Test aussi le mme moyen qu'emploient les ctacs, dont le corps est d'ailleurs aussi parfaitement organis pour la natation que celui des poissons, dont ils diff- rent cependant en ce point, que les principaux efforts de leur queue sont dirigs dans le sens vertical. La vessie natatoire est supple chez eux par les poumons, qu'ils peuvent comprimer et relcher au moyen des muscles intercostaux et du diaphragme. Les nageoires pectorales et ventrales ne paraissent pas tre d'un grand usage dans le mouvement pro- gressif des poissons; mais ils s'en servent pour se tenir en quilibre et en repos , en les tendant chaque fois qu'il faut corriger une vacillation. Ils les emploient aussi pour les lgres inflexions de leur mouvement progressif, et pour s'empcher de tomber sur le ct en nageant. Cependant ceux qui les ont trs grandes en font sans doute un usage plus efficace : mais on n'a point d'observations assez exactes sur cet objet. Il y a plusieurs classes d'animaux qui nagent la manire des poissons, c'est--dire par les inflexions de leur corps. Tels sont les serpents, divers mollusques, et les larves d'insectes corps along et saris nageoires, comme celles des dytisques , des hydrophiles, des ph- mres, des tipules aquatiques, des cousins, etc. Mais les mammifres, les oiseaux aquatiques, les quadrupdes ovipares et les crustacs, nagent au ART. V. DE LA NATATION. 143 moyen de leurs pieds, qui sont pour eux ce que les rames sont pour un bateau. La rame, dans son tat tranquille, fait avec le bateau deux angles, un en avant et un en arrire, qui peuvent tre gaux ou diffrents. Le batelier meut cette rame de manire rendre l'angle qu'elle fait en avant plus ouvert, et celui qu'elle fait en arrire plus aigu. Si l'eau ne rsistait point, le bateau ne changerait pas de place ; mais sa rsistance arrtant le mouvement de la rame, l'angle en question s 1 ouvre par le mouvement que le bateau prend en avant. Cette impulsion une fois donne, le batelier retire sa rame ou lui fait tour- ner son tranchant, pour qu'elle n'arrte point le mou- vement, et il recommence les mmes oprations pour donner une seconde impulsion. Le corps des oiseaux d^eau est naturellement plus lger que Peau, cause de leurs plumes grasses et im- permables l'humidit, et cause de la grande quan- tit d'air contenue dans les cellules de leur abdomen. Ils sont donc absolument dans le cas du bateau, et n'ont besoin d'employer leurs pieds que pour se mou- voir en avant. Ces pieds sont trs en arrire, parce que leur effort est plus direct, et qu'ils n'ont pas besoin de soutenir le devant du corps que l'eau soutient suffisam- ment. Les cuisses et les jambes en sont courtes, pour laisser moins d'effet la rsistance de l'eau sur les mus- cles. Le tarse en est comprim pour fendre l'eau ; et les doigts sont trs dilats, ou mme runis par une membrane, pour former une rame plus large et frap- per Feau par une plus grande surface : mais lorsque l'oiseau reploie son pied pour donner un nouveau 144 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. coup, il serre les doigts les uns contre les autres pour diminuer la rsistance. Lorsque ces oiseaux veulent plonger, ils sont obligs de comprimer fortement leur poitrine pour chasser Pair quelle peut contenir, d'alonger le cou pour faire pencher leur corps en avant , et de frapper avec leurs pattes en haut , pour recevoir de Peau une impulsion vers le bas. Quelques oiseaux dVau, notamment le cygne , pren- nent le vent avec leurs ailes en nageant, et s 1 en servent comme de voiles. Les quadrupdes qui nagent le mieux sont ceux qui ont les intervalles des doigts garnis de membranes, comme la loutre , le castor, etc. ; mais les autres peu- vent aussi nager plus ou moins facilement , en se ser- vant de leurs quatre pieds : ceux de derrire servent lancer le corps en avant , et ceux de devant soutenir sa partie antrieure , qui est la plus lourde. L^homme est de tous les mammifres celui qui a le plus besoin de se servir de ses mains , cause de la pesanteur de sa tte. Il est mme peu prs le seul qui ne sache pas nager naturellement. Les phoques et les morses, dont le corps approche le plus de celui des ctacs et des p< issons pour la forme , sont aussi de tous les mamm fres ceux qui nagent le mieux ; et ils sont nomms juste titre am- phibies. '[ Plusieurs mollusques nagent en fr; ppant Peau de leurs nageoires , soit de haut en bas comme les ptro- podes , soit de droite gauche comme les htropodes. Un autre genre de natation a lieu chez quel- ques cphalopodes, et notamment chez ^argonaute. ART. V. DE LA NATATION. 145 L'entonnoir de cet animal est trs grand , environn de muscles vigoureux ; aprs y avoir laiss pntrer Peau de la mer, l'argonaute le comprime fortement et en fait sortir cette eau avec violence. La coquille dans laquelle il est plac , comme dans une nacelle , est ainsi pousse en sens contraire avec une vitesse assez grande. Les tentacules ne servent alors qu' diriger la coquille; mais on dit que lorsque la mer est calme, F argonaute vogue sur sa surface en employant six de ses tenta- cules en guise de rames , tandis que les deux autres , garnis leur extrmit d'une large membrane, font l'office de voiles ; cependant il est vraisemblable que le plus souvent ces bras membranes servent l'animal comme de gouvernail lorsqu'il nage au moyen de son entonnoir, et que ses bras ordinaires sont dans ce cas des balanciers qui maintiennent l'quilibre de la co- quille. Il est probable que c'est le mme mode de progres- sion qu'emploient tous les cphalopodes dont l'enton- noir est trs grand. On observe une manire de nager analogue celle-ci chez les mollusques coquilles bivalves non fixes. Lorsque ces animaux veulent changer de place, ils ouvrent leur coquille, puis eu referment subitement les valves et le jet de l'eau con- tenu dans la coquille les pousse en arrire. ] 2. 10 146 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. ARTICLE VI. DU VOL. Lorsqu'un oiseau veut voler, il commence par s'lan- cer clans Fair, soit en sautant de terre , soit en se pr- cipitant de quelque hauteur. Pendant ce temps-l , il lve Fhumrus , et avec lui toute Faile , encore ploye; il la dploie ensuite dans un sens horizontal , en ten- dant Favant-bras et la main : Faile ayant acquis ainsi toute Ftendue de surface dont elle est susceptible , l'oiseau Fabaisse subitement , c'est--dire qu'il lui fait faire, avec le plan vertical de son corps, un angle plus ouvert par en haut, et plus aigu par en bas. La rsis- tance de Fair admettre ce mouvement qui lui est subi- tement imprim reporte une partie de Feffort vers le corps de Foiseau , qui est mis en mouvement de la mme manire que dans tous les autres sauts. Une fois Fimpulsion donne, Foiseau serre Faile, en reployant les articulations , et il la relve pour donner ensuite un second coup. La vitesse que Foiseau acquiert ainsi pour monter est graduellement diminue par l'effet de la pesanteur, comme celle de tout autre projectile , et il arrive un instant o cette vitesse est nulle , et ou Foiseau ne tend ni monter ni descendre. S^il prend prcisment cet instant pour donner un nouveau coup d'aile, il ac- querra une nouvelle vitesse ascendante, qui le portera aussi loin que la premire , et en continuant ainsi il montera d'une manire uniforme. S'il donne le second coup d'aile avant d'arriver au ART. VI. DU VOL. 147 point o la vitesse acquise par le premier est anantie , il ajoutera la nouvelle vitesse celle qu'il avait encore, et en continuant ainsi il montera d r un mouvement acclr. S'il ne vibre pas l'instant o sa vitesse ascendante est anantie, il commencera redescendre avec une vitesse acclre. S'il se laissait retomber jusqu' la hauteur du point de dpart, il ne pourrait remonter aussi haut que la premire fois , moins d'une vibra- tion d'ailes beaucoup plus forte; mais en saisissant dans sa chute un point tel , que la vitesse acquise pour descendre et le moindre espace qu'il y a redescendre se compensent rciproquement , il pourra , par une suite de vibrations gales, se maintenir toujours la mme hauteur. S'il veut descendre , il n'a qu' rpter moins sou- vent ses vibrations , ou mme les supprimer tout--fait. Dans ce dernier cas , il tombe avec toute l'acclration des corps graves : c'est ce qu'on nomme fondre ou des- cente foudroyante . L'oiseau qui descend ainsi peut retarder subitement sa chute en tendant ses ailes , cause de la rsistance de l'air qui augmente comme le carr de la vitesse ; et il peut, en y ajoutant quelques vibrations, se mettre de nouveau en tat de s'lever. C'est ce qu'on nomme une ressource. Nous avons jusqu'ici considr le vol comme simple- ment vertical , sans avoir gard ses autres directions. Il ne peut tre tel que dans les oiseaux dont les ailes sont entirement horizontales, et il est probable qu'elles le sont dans les alouettes , les cailles et les autres oiseaux que nous voyons s'lever verticalement j mais dans la 148 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. plupart des autres, l'aile est toujours plus ou moins incline , et regarde en arrire. La cause en est surtout dans la longueur des pennes , qui prsentent plus d'a- vantage la rsistance de Pair qui agit sur leur extr- mit , et qui en sont plus leves cause que leur point fixe est leur racine. Il parat cependant que cette in- clinaison peut varier jusqu' un certain point par la volont de l'oiseau. Quoi qu'il en soit, on doit considrer les mouve- ments obliques comme composs d'un mouvement ver- tical sur lequel seul peut agir la pesanteur, et d'un mou- vement horizontal qu elle ne peut altrer. Ainsi , lorsque l'oiseau veut voler horizontalement en avant il faut qu'il s'lve par une direction oblique , et qu'il donne son second coup d'aile lorsqu'il est prs de retomber la hauteur dont il est parti. Il ne volera point dans une ligne droite ; mais il dcrira une suite de courbes d'autant plus surbaisses , que son mouve- ment horizontal l'emportera davantage sur le vertical. S'il veut monter obliquement , il faudra qu'il vibre plus tt ; s'il veut descendre obliquement, il vibrera plus tard ; mais ces deux mouvements se feront galement par une suite de courbes. Il parat qu'il y a des oiseaux qui ne sont pas matres de diminuer autant qu'ils veulent l'obliquit de leurs ailes, et dans lesquels le mouvement horizontal est toujours trs considrable. Si ce mouvement vient en- core tre favoris par le vent, ces sortes d'oiseaux ne pourront monter que par une ligne trs incline. C'est pourquoi les oiseaux de proie , appels nobles par les fauconniers, sont obligs de voler contre le vent, lors- qu'ils veulent s'lever perpendiculaireroeni ; autrement ART. VI. DU VOL. 140 ils seraient emports de grandes distances. Ces oi- seaux ont un mouvement horizontal plus grand pro- portion, parce que les pennes antrieures de leurs ailes sont fort longues , et que les extrmits en sont serres les unes contre les autres. Dans les oiseaux ignobles , au contraire, les pennes du bout de l'aile ont leurs extrmits cartes et laissant passer l'air entre elles : ce qui lui donne moins de prise pour rendre l'aile oblique. Les inflexions du vol , droite ou gauche, se font principalement par l'ingalit des vibrations des ailes; Pour tourner droite, l'aile gauche vibre plus souvent ou avec plus de force ; le ct gauche est alors mu plus vite, et il faut bien que le corps tourne : l'aile droite fait de mme tourner gauche. Plus le vol est rapide en avant , plus il est difficile une aile de surpasser l'autre en vitesse, et moins les inflexions sont brusques. Voila pourquoi les oiseaux vol rapide ne tournent que par de grands circuits. La queue, en s'talant, contribue soutenir la partie postrieure du corps ; en s'abaissant lorsque 'oiseau a acquis une vitesse en avant, elle produit un retarde- ment qui fait relever la partie postrieure du corps, et abaisse l'antrieure. Elle produit un effet contraire en se relevant. Certains oiseaux l'inclinent de ct, pour s'en aider comme d'un gouvernail, lorsqu'ils veulent changer leur direction horizontale. Le premier lan que l'oiseau se donne est produit par un saut ordinaire des pieds. Ceux qui ont les pieds trs courts et les ailes trs longues, comme les marti- nets, les fous, etc., ne peuvent sauter assez haut pour avoir l'espace ncessaire au dveloppement de ces 150 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. ailes : aussi , lorsqu'ils sont terre , ils ne prennent leur vol qu'avec beaucoup de peine. Il est peine besoin de dire que la rsistance de l'air est d'autant plus grande que la masse frappe la fois est plus considrable , et que c'est pour cela que les oiseaux ailes courtes sont obligs d'en rpter si souvent les vibrations , qu'ils se fatiguent vite et ne peuvent voler Ion g- temps. Tels sont les mouvements qui constituent le vol ds oiseaux. Voyons comment ces tres ont t rendus capables de les excuter. Leur tronc est un ovale plus large par devant , plus troit par derrire ; leur pine est peu prs inflexible et plus courte proportion que dans les mammifres : ce qui fatigue moins les muscles de l'pine, et rend plus facile le changement de position du centre de gra- vit, qui devait tre suspendu entre les ailes dans le vol et sur les pieds dans la station. Leur tte est gnrale- ment petite, et le bec acr en pointe, forme commode pour fendre l'air. Leur cou est plus long, beaucoup plus flexible que celui des mammifres, pour suppler au dfaut des bras et l'inflexibilit du tronc, et pour changer, suivant le besoin, la position du centre de gravit, eu portant la tte en avant ou en la retirant en arrire. Il fallait que ce centre de gravit fut constamment dans la partie infrieure du corps ; autrement l'oiseau n'aurait pu s'empcher de tomber sur le dos. C'est ce que produisent la grandeur des muscles pectoraux abaisseurs de l'aile , et la position des releveurs , qui sont situs sous le thorax et non dessus, comme dans les quadrupdes. ART. VI. DU VOL. 15| La lgret du corps des oiseaux leur donne aussi plus de facilit pour s'lever. Elle est produite par les vides de leurs os, qui les allgent sans les affaiblir ; un cylindre creux tant plus robuste qu'un plein de mme poids et de mme longueur, et encore mieux par les grandes cellules ariennes qui occupent plusieurs par- ties de leur corps , et qui sont toutes en communica- tion avec le poumon. L'air que les oiseaux respirent les gonfle de toutes parts, surtout cause de la dila- tation qu'il reoit par la grande chaleur de leur corps. Nous dcrirons toutes ces cellules en traitant des or- ganes de la respiration. Enfin, le tissu des plumes, et surtout celui des pennes, et leur fermet lastique , contribuent puissamment au vol par la lgret et la grande tendue qu'elles donnent aux ailes, Nous les dcrirons en dtail, en traitant des tguments de ces animaux. Mais ce ne sont pas seule- ment leurs plumes qui servent agrandir l'aile; l'angle compris entre l'humrus et l'avant-bras, et celui qui est entre l'humrus et le tronc, sont garnis d'une expan- sion de la peau, qui est tendue par des muscles parti- culiers que nous dcrirons en traitant du pannicule charnu. Il y a des oiseaux qui ne volent point du tout : ce sont les autruches et les casoars , parmi les terrestres , et les pingoins et les manchots , parmi les aquatiques. Leurs ailes sont si petites qu'elles paraissent n'tre l que pour ne pas faire d'exception trop marque aux rgles de ressemblance des classes. En revanche, il y a des mammifres qui volent assez bien , quoique sans avoir d'ailes. Ce sont les chauves- souris; leurs bras, leurs avant-bras, et surtout leurs 152 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. quatre doigts, sont excessivement alongs, et intercep- tent un grand espace, qui est rempli par une mem- brane fine, qui s'tend encore jusqu'aux pattes, et des deux cts de la queue. Elle forme une surface assez tendue et assez ferme pour lever dans l'air l'animal auquel elle appartient. Les chauves-souris ont d'ailleurs des muscles pectoraux trs puissants, un corps court, troit et grle en arrire , de manire que le centre de gravit est sous les ailes ; mais cette disposition de leur corps, qui les rend propres au vol, fait aussi qu'elles ne peuvent que ramper, parce que leurs jambes de der- rire ne peuvent pas les soutenir seules. D'autres mammifres, savoir, les gatopilliqiies, les polatouches ou cureuils volants , et les phalangers vo- lants, ont des membranes entre les pattes, mais sans alongement des doigts ; elles ne peuvent servir les lever, mais elles les soutiennent assez bien en Pair pendant quelque temps, et les mettent mme de faire de trs grands sauts en descendant, auxquels on ne peut point donner le nom de vol. Le dragon est un petit lzard des Indes orientales , qui se soutient aussi en l'air pendant quelques instants, au moyen d'une membrane soutenue comme un ven- tail [par le prolongement en ligne droite de leurs six premires fausses ctes]. Les ailes des poissons volants sont assez analogues, pour la structure, celles du dragon ; mais elles sont formes par l'extension des nageoires pectorales ou de quelques rayons situs au-dessous de ces nageoires. Elles ne fournissent pas non plus un vol continu. [La thorie du vol des oiseaux pourrait s'appliquer celui de ces animaux, en supposant que lors de Tl- Aftf. VI i DU VOL. 153 vation de leurs nageoires ils en rapprochent les rayons et les cartent au moment de leur abaissement, et elle s'appliquerait galement aux insectes qui ont les ailes plisses en ventail , mais non plus ceux en grand nombre dont les ailes sont d^ne seule pice, et con- servent toujours la mme tendue (1)]. (1) [ Les grandes diversits que prsente l'appareil du vol dans les insectes , et celles que l'on observe galement dans l'exercice de cette fonction parmi les oiseaux, font qu'on ne saurait appliquer tous les cas la thorie du vol telle qu'elle est expose plus haut; il est certain , par exemple, que beaucoup d'oiseaux ne reploient pas l'aile chaque coup, et dans ce cas c'est principalement la diffrence de la vitesse des chocs d'abaissement et d'lvation des ailes que le vol est d : ce qui s'explique facilement par la grande prdominance des muscles abaisseurs sur les lvateurs. Il serait aussi intressant de constater si , comme M. Prvost , chef du laboratoire de zoologie au Musum, assure l'avoir observ dans les grands oiseaux, les pennes des ailes seraient doues d'un mouvement particulier par lequel elles prsenteraient leur tranchant la rsistance de l'air , dans l'lvation de l'aile, et reprendraient l'horizontale dans l'abaisse- ment , de sorte que le jeu de ces organes pourrait tre compar celui des feuilles d'une jalousie, et qu'il y aurait un moment o tant au-dessous de ces animaux, on pourrait apercevoir la lumire entre leurs pennes. Quant aux insectes, il faut que dans ces animaux le mouvement qui lve Faile soit beaucoup moins rapide que celui qui l'abaisse, et que le vol rsulte de la diffrence qui existe entre la vitesse des chocs qui frappent l'air de haut en bas , et de ceux qui le frappent de bas en haut. Selon la thorie qu'a expose M. Strauss, le mouvement qui lve l'aile aussi bien que celui qui l'abaisse profiterait au vol. Cela viendrait de ce que les ailes , plus flexibles leur partie postrieure, l o les nervures sont moins fortes, se courbent en-dessus quand l'insecte abaisse l'aile, et en-dessous quand il la soulve; et la rsistance de l'air, dans ces deux cas , agissant obliquement , aurait pour rsultat une impulsion oblique en avant et en haut. Cette thorie s'appliquerait aussi certains oiseaux qui ne reploient pas l'aile, en supposant que leurs pennes, lastiques, et attaches au bord externe de l'aile, se prtent, comme la partie postrieure de l'aile des insectes , ces inflexions en-dessus et en-dessous. M. Chabrier a aussi expos une thorie , qui lui est propre , sur le vol des oiseaux et des insectes, dans son Essai sur le vol des insec- tes^ etc., 4*. 182 3, et Mmoire sur les mouvements progressif s de l'homme et des animaux, 1828. ] 154 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. ARTICLE VIL DE LA REPTATION. [La reptation est un mode de progression propre aux animaux dpourvus de pieds, et dans lequel le corps glisse sur le sol. De tous les animaux dous de cette sorte de mouvement, les serpents sont ceux o il est le plus remarquable et le plus tendu. Cette pro- gression se fait chez eux de deux manires. La pre- mire, celle qui constitue la marche lente ou le pas de ces animaux, si Ton peut s'exprimer ainsi, s'opre au moyen des courbes alternes horizontales que leur per- mettent la flexibilit de leur colonne vertbrale et les nombreux faisceaux musculaires auxquels elle donne attache. La moiti antrieure du corps tant ploye et appuye sur le sol, la partie postrieure, ploye en sens contraire, est ramene tout prs de la premire ; puis cette partie postrieure demeurant fixe son tour, l'antrieure dtend les arcs qu'elle avait forms, et la tte est porte en avant. La seconde manire de ramper , celle que Ton peut appeler la course de ces animaux, s'opre au moyen du mouvement des ctes et des cailles ventrales ; celles-ci, en effet, reoivent leurs angles des muscles particu- liers , au moyen desquels elles peuvent se redresser et comme se cramponner la surface du sol. Ces plaques sont portes en avant parles ctes que meuvent , comme nous l'avons vu, un sacro-lombaire trs fort et des in- tercostaux nombreux. Tout cet appareil , lorsqu'il est mis en jeu, imprime tout le corps un mouvement ART. Vif. DE LA REPTATION. 155 rapide et continu, qui ne se compose plus alors que d'ondes lgres et multiplies. La premire de ces marches doit servir principale- ment gravir les rochers, et la seconde se mouvoir sur le sol, entre les tiges des plantes , et grimper aux arbres. On conoit qu'en combinant ces deux sortes de mouvement, le serpent puisse acclrer sa marche; et c'est surtout alors qu'on observe chez lui cette progres- sion ondoyante , sinueuse , dont l'image s'exprime par le mot serpenter <; que l'on applique par comparaison au cours d'un ruisseau, au trac d'une alle, etc. On conoit galement qu'en dtendant subitement tout ou partie des arcs qu'il a forms, il puisse s'lancer sur sa proie ou fuir un ennemi. Ceux des serpents qui, comme les orvets, n'ont point de plaques ventrales, rampent gnralement avec moins de vitesse , parce qu'ils ne peuvent pas se cramponner sur le sol avec autant de force que les autres. C'est la premire manire de ramper qu'emploient de prfrence les vers de terre ou les lombrics , et en gnral toutes les annlides et les larves sans pieds. Leur corps, compos d'anneaux extensibles et rtracties, avance toujours en deux temps. La moiti postrieure tant appuye sur le sol > et quelquefois mme cram- ponne, comme chez les lombrics, au moyen des soies latrales dont chacun de leurs articles est pourvu, la moiti antrieure s'tend, se porte en avant, et se cram- ponne son tour pour faire avancer la partie post- rieure. Quoique les chenilles soient pourvues de pieds, leur progression se fait galement par le mouvement du corps et non par celui des pieds , qui sont courts et ne 156 VII e LEON. DES MOUVEMENTS. servent que de crampons; c'est par consquent encore par une sorte de reptation , mais ondes verticales. La premire paire de pattes tant fixe , la seconde est porte auprs d'elle par la contraction des muscles in- ter-annulaires ; puis la troisime, la quatrime, et suc- cessivement jusque la dernire. Mais l'insecte n'attend pas que cette dernire soit avance pour recommencer la partie antrieure la mme srie d'actions. Aussitt que les deux ou trois premires paires de pattes sont fixes, il avance de nouveau la tte et la premire paire de pattes , et recommence une nouvelle onde qui suit la premire peu de distance , et qui parcourt comme celle-ci , et comme le feront toutes les suivantes, toute la longueur du corps. Ce mode de progression n'est y pour ainsi dire, qu'exagr dans les chenilles nommes arpenteuses ou gomtres ; leur marche se compose d'une onde unique. N'ayant point de pieds la partie moyenne de l'abdomen, elles rapprochent leurs pattes postrieures des antrieures, en courbant leur corps en arc ou en boucle ; puis, elles se cramponnent sur les pattes postrieures , redressent et raidissent leur corps, et portent ainsi leur tte en avant. Cette facult de se raidir, fixes par leurs pattes de derrire aux rameaux des branches des vgtaux sur lesquelles elles vivent , est si grande, qu'on les prend souvent pour une tige dpouille de ses feuilles. Les annlides ventouses, telles que les sangsues,' ne rampent pas proprement parler, lorsqu'elles ne font pas usage de leur facult de nager. Leur marche est analogue a celle des chenilles arpenteuses, puisque leurs ventouses tant rapproches et leur corps ploy en anse , elles dtachent une de leurs ventouses et la ART. VU. DE LA REPTATION. 157 portent' en avant; puis, aprs l'avoir fixe, elles d- tachent l'autre son tour, qu'elles portent de nouveau et fixent prs de ia premire. Les mollusques gastropodes rampent sur cet or- gane en forme de disque qu'on appelle leur pied, et dont la surface infrieure est toujours lubrfie par une humeur gluante qui facilite le glissement de l'ani- mal , glissement produit par les contractions , les in- flexions, les prolongements ou relchements des di- verses parties de cet organe. Plusieurs gastropodes nus , les olides par exem- ple, nagent aussi au moyen de ce pied ; mais on pour- rait tout aussi bien dire qu'ils rampent au milieu des eaux , car c'est un mouvement ondulatoire du pied , tout fait semblable celui des prcdents , qui sem- ble les faire plutt glisser dans l'eau que nager. ] Du reste, en dcrivant les muscles et les autres or- ganes du mouvement des animaux sans vertbres, nous en avons assez expliqu l'emploi pour que nous n'ayons pas besoin d'y revenir ici. 158 VIII e LEON. OSTEOLOGIE DE LA TTE. HUITIEME LEON. DE LA TTE , CONSIDRE COMME RCEPTACLE DES PRINCIPAUX ORGANES DES SENS. En traitant des organes du mouvement , nous n'a- vons parl de la tte que relativement sa masse , aux mouvements dont elle est susceptible , et aux muscles qui agissent sur elle. Si nous nous en tenions l, nous n'en aurions qu'une connaissance trs incomplte. L'histoire de ses os fait la principale partie de l'osto- logie compare, parce qu'ils sont les plus variables et les plus compliqus de tout le squelette : d'ailleurs, ils sont importants connatre cause du grand nombre de parties essentielles auxquelles ils servent de soutien ou d'enveloppe. Le cerveau , les principaux nerfs, les organes de la vue, de l'oue, de l'odorat et du got, ceux de la manducation et de la dglutition , une par- tie de ceux de la respiration et de la voix, sont renfer- ms dans la tte,* ou du moins sont attachs quelquiun de ses os, ou en traversent les trous et les canaux. C'est donc ici que nous devons la dcrire , la fin du trait des organes des mouvements , afin de comp lter l'os- tologie , et au commencement de celui des organes des sensations, pour que nous connaissions d'avance le lieu assign chacun d'eux. ART. I. PROPORT. BU CRANE ET DE LA FACE. 159 ARTICLE PREMIER. DU CRANE EN GENERAL, ET DE SES PROPORTIONS AVEC LA FACE. La tte est forme de deux parties principales : le crne, qui est une boite osseuse contenant le cerveau , et la face, agrgation de plusieurs os formant des cavits assez compliques dans lesquelles sont renfer- ms les organes de l vue , de Fodorat et du got. Ceux de Fouie sont contenus dans les parois latrales du crne. Les deux organes qui occupent la plus grande par- tie de la face sont ceux de Fodorat et du got. Plus les organes de ces deux sens sont dvelopps , plus la face acquiert de volume , plus sa proportion avec le crne est son avantage. Au contraire, plus le cerveau gran- dit , plus le crne qui le contient augmente en capa- cit ; plus il devient considrable en comparaison de la face. Ainsi un grand crne et une petite face indiquent un grand cerveau, un odorat et un got peu dvelop- ps ; un petit crne et une grande face indiquent les proportions contraires , un cerveau peu volumineux , et des organes du got et de Fodorat trs parfaits. Or, la nature de chaque animal dpend en grande partie de Fnergie relative de chacune de ses fonc- tions 5 il est, pour ainsi dire , entran et matris par celles de ses sensations qui sont les plus fortes. Nous en voyons tous les jours des exemples parmi nous, quoi- que les difirences qui peuvent exister cet gard d'un 160 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. homme un autre soient beaucoup moindres que celles que Ton peut remarquer entre des espces diffrentes d'animaux. Nous verrons de plus, dans la suite, que le cerveau, centre commun de tous les nerfs, est aussi le lieu auquel aboutissent toutes les perceptions , et l'in- strument au moyen duquel notre esprit combine ces perceptions , les compare , en tire des rsultats , en un mot, rflchit et pense. Nous verrons galement que les animaux partici- pent d'autant plus cette dernire facult, ou du moins paraissent en approcher d'autant plus prs , que la masse de substance mdullaire qui forme leur cerveau surpasse davantage celle qui constitue le reste de leur systme nerveux ; c'est--dire que l'organe central ds sensations l'emporte davantage sur leurs organes ext- rieurs. La proportion respective du crne et de la face in- diquant immdiatement celle du cerveau , avec deux des principaux organes extrieurs , est donc aussi un indice du plus ou moins de perfection des facults in- trieures compares avec les extrieures. Mais il y a une considration de plus qui ajoute son importance comme indice : c'est que les deux sens en question sont ceux qui agissent sur les animaux avec le plus de force ; ceux qui les matrisent le plus puissamment , cause de l'nergie que deux des besoins les plus pres- sants, la faim et l'amour, communiquent leurs im- pressions. Les actions auxquelles ces besoins dtermi- nent sont aussi celles dans lesquelles il entre le plus d'aveugle fureur , le plus de brutalit , s'il est per- mis de s'exprimer ainsi , lorsqu'il ne s'agit pas de l'homme. ART. I. PROPORT. DU CRANE ET DE LA FACE. 18* Il n^est pas tonnant, d'aprs cela, que la forme de la tte et les proportions des deux parties qui la com- posent soient des indices des facults des animaux, de leur instinct , de leur docilit , en un mot , de tout leur tre sensible; et c'est l ce qui rend l'tude de ces pro- portions si importantes pour le naturaliste. Nous verrons bientt que l'homme est celui de tous les animaux qui a le crne le plus grand et la face la plus petite ; et que les animaux s 1 loignent d'autant plus de ces proportions , qu'ils deviennent plus stu- pides ou plus froces. Parmi les diffrents moyens que Ton a employs pour exprimer commodment les proportions de ces parties , un des plus simples , mais qui n'est pas tou- jours suffisant, c'est la ligne faciale de Camper, et l'angle qu'elle fait avec la base du crne. La ligne fa- ciale est cense passer par le bord des dents incisives suprieures et par le point le plus saillant du front; La ligne de la base du crne est celle qui coupe longi- tudinalement en deux un plan passant par les trous auditifs externes et par le bord infrieur de l'ouver- ture antrieure des narines. Il est clair que plus le crne augmente en volume , plus le front doit saillir en avant; plus la ligne faciale doit faire un grand angle avec celle de la base du crne. Au contraire , mesure que le crne diminue, cette ligne doit s'incli- ner davantage en arrire.. Nous allons voir, par le ta- bleau des diffrentes ouvertures de l'angle facial, que l'homme est celui qui Fa le plus ouvert , et qu'il de- vient toujours plus aigu dans les mammifres qui s',- lignent defhomme, dans les oiseaux, les reptiles et les poissons. Le vulgaire mme est habitu attribuer 2. 11 162 VIII e LEON. OSTGLOOIE DE LA TTE. de la stupidit aux animaux qui ont le museau trs along, comme les grues et les bcasses, qui ont mme fait proverbe : et lorsque quelque circonstance vient relever la ligne faciale, sans augmenter la ca- pacit du crne, comme cela a lieu, par exemple, dans Flphant et dans la chouette , cause de la grande paisseur du diplo de leurs os du front , nous trou- vons ces sortes d'animaux un air particulier d'intel- ligence , et nous sommes ports leur attribuer des qualits qu'ils n'ont pas rellement. On sait que la chouette tait l'emblme de la sagesse, et que l'l- phant porte aux Indes un nom qui indique qu'il a la raison en partage. Les anciens paraissent avoir senti ces rapports : non seulement ils ont trs bien remarqu que la ligne fa- ciale releve tait un signe d'une nature plus gn- reuse et un des caractres de la beaut ; mais ils l'ont avance outre nature, et l'ont fait s'incliner un peu en avant , dans les figures auxquelles ils voulaient donner un air plus qu'humain ; dans les statues des dieux , et dans celles des hros , ou des hommes qu'ils voulaient faire participer la divinit. Il semble qu'ils aient voulu placer l'homme entre ces sortes d'tres plus par- faits et les brutes , et qu'ils aient voulu indiquer par Cette inclinaison en sens contraire que ces dieux et ces hros taient encore plus loigns que l'homme des formes et de la nature des brutes. A. Dans l'homme et les mammifres. Cet angle tant dtermin de la manire que j'ai indique plus haut , et qui est celle de Camper , on trouve que les ttes europennes Font ordinairement ART. I. PROPORT. DU CRANE ET DE LA FACE. 163 de 80, celles de mongoles, de 75 , et celles de ngres, de 70, avec des variations de quelques degrs, relatives l'ge et aux individus. Par exemple, les enfants ont la face plus courte, cause que leurs dents de derrire ne sont pas dveloppes : cela rend leur ligne faciale plus droite , et c'est une des causes qui fait que leur visage est constamment agrable, et qu'il enlaidit presque toujours avec l'ge. Les anciens ont donn jusqu' 90 l'angle facial de leurs figures d'hommes, lorsqu'ils voulaient leur imprimer un caractre au- guste; et ils sont alls jusqu' prs de 100 dans leurs figures de divinit. C'est ce qui leur rend les yeux plus enfoncs, et les branches de la mchoire infrieure plus courtes que dans la nature. V orang-outang a cet angle de 65 [dans le jeune ge; quand il est adulte, c'est--dire, quand il est devenu l'animal long-temps connu sous le nom de pongo de Batavia , l'angle est de 40 ; il est de 67 dans le chim- pans jeune] ; les sapajous et les guenons l'ont d'environ 60 ; les magots et les macaques d'environ 45 ; enfin les cynocphales , qui sont les plus mchants et les plus froces de tous les singes , de 30 seulement. Dans les espces qui ont l'oreille trs releve , et la fosse guttu- rale trs profonde, comme Yalouatte, la petitesse de cet angle n'indique point un alongement proportionnel du museau. Il faudrait, pour bien rendre cette cir- constance , que la ligne de la base du crne ft tire paralllement au plancher des narines. Au reste, mme avec cette modification, l'angle facial n'est important que dans l'espce humaine et parmi les quadrumanes , parce qu'ils n'ont que de trs petits sinus frontaux qui ne relvent point la ligne 164 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. iaciale (Tune quantit sensible, et parce que le nez reste au-dessous de cette ligne; [encore faut-il s'abs- tenir de conclusions trop absolues, et Blumenbach observe avec raison que la largeur du front importe autant que sa direction verticale. Il donne une tte de race caucasique, o l'angle facial est le mme que sur une tte de race thiopique ; la largeur du front , au contraire, est fort diffrente. ] Mais , parmi les mammifres , il y en a , comme les carnassiers , les cochons , quelques ruminants , et sur- tout l'lphant , dont les sinus frontaux gonflent telle- ment le crne , qu'ils relvent la ligne faciale beaucoup au-del de ce qu'exigerait la proportion du cerveau. Dans d'autres , comme le morse et la plupart des ron- geurs , le nez occupe un si grand espace , que le crne est inclin en arrire , et n'a aucune de ses parois libre en devant; de faon qu'on ne saurait mme par o faire passer la ligne faciale. Enfin, plusieurs ctacs ont le crne relev en pyramide, au-dessus d'une face trs prolonge , mais applatie horizontalement ; en sorte que l'inclinaison de leur ligne faciale serait plus forte qu'il ne faudrait pour tre relative la capacit relle de leur face. Voici cependant un tableau des grandeurs de l'angle facial dans un certain nombre d'animaux, en tirant une ligne parallle au plancher des narines , et une autre qui passe par le bord antrieur des alvoles , et touche la convexit du crne , soit que le point de contact soit cach par la face , ou dcouvert au-dessus d'elle : Europen enfant . 90* Europen adulte. V V . . . v . . . ; 85 ART. I. PK0P0RT. DU CKANE ET DE LA FACE. 165 Europen dcrpit 75 Ngre adulte 70 Femme boschismanne 71 Orang-outang jeune. 67 Orang-outang adulte 40 Chimpans jeune 67 Gibbon cendr jeune 66 Gibbon cendr adulte 60 Gibbon syndactyle adulte 49 Sapajou 65 Guenon talapoin 57 Magot 52 Jeune mandrill 42 Mandrill adulte 35 Saimiri 66 Hurleur roux 47 Maki rouge 34 Lori paresseux 43 Roussette brune 28 Phyllostome vampire 30 Hrisson 25 Ours brun des Alpes 32 Coati 28 Loutre commune : . 27 Putois 34 Chien doguin 35 Chien mtin, la tangente prise la surface externe du crne ..... 41 la surface interne . 30 Renard 24 Loup , la surface externe 34 la surface interne 24 166 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. Hyne , la surface externe 40 la surface interne 25 Lionne la surface interne 20 Lopard , la surface interne .... 28 ( On ne peut mener de tangente sa surface ex- terne, cause de la convexit du nez). Phoque commun 32 Sarigue , la surface externe .... 21 la surface interne 12 Kanguroo gant 23 Livre 30 Marmotte 25 Porc-pic 23 ( Les trois derniers , ainsi que les suivants , sont mesurs par la surface interne, parce qu'on ne peut mener de tangente l'externe. ) Aye-aye A4 Unau 30 Pangolin 39 Babi-roussa 29 Cheval 23 Blier 30 Dauphin 25 Echidn 20 Ornithorhinque \k Dans l'homme, la hauteur de la face, sans la m- choire infrieure , est peu prs gale celle du front. Sa largeur aux pommettes est sa hauteur comme 3 2. Le diamtre antro-postrieur du crne est au plus ART. I. PROPORT. DU CRANE ET DE LA FACE. 167 grand diamtre transverse derrire les tempes , comme 5 4. La profondeur de la face sur la base du crne est peu prs gale sa hauteur. [ Ces rapports de situation entre le crne et la face ne peuvent tre tablis avec prcision que dans l'homme, cause de Talon gement en sens inverse de ces deux parties de la tte dans les autres animaux; de sorte que la face devient antrieure et le crne postrieur. Nous parlerons plus bas de l'ingalit des deux diamtres du crne, l'occasion d'une des coupes de cette cavit. ] Mais on peut dcouvrir des rapports plus importants que ceux de l'angle facial , en considrant le crne et la face dans une coupe verticale et longitudinale de la tte. Relativement leur proportion respective , le crne occupe dans cette coupe une aire tantt plus grande, tantt moindre , tantt peu prs gale celle qu'oc- cupe la face. Dans l'Europen , l'aire de la coupe du crne est peu prs quadruple de celle de la face , en n'y com- prenant point la mchoire infrieure. Dans le ngre, le crne restant le mme, Faire de la coupe de la face augmente d'environ un cinquime : elle n'augmente que d'un dixime dans le calmouque. La proportion est encore un peu moindre dans l'o- rang-outang [jeune, dans le chimpans et dans le samiri, dont l'aire de la coupe du crne est peu prs triple de celle de la face.] Dans les sapajous, l'aire de la face est presque moiti , et dans les makis les deux tiers de celle du crne : elle lui est presque gale dans les gibbons, les guenons, les macaques, les mandrills, et dans la plupart des carnivores , except les phoqum et les varits de 163 VIII e LEON. OSTOLQGIE DE LA TTE. chiens museau court , comme le doguin , qui ont la face un peu moindre proportion du crne ; except encore les vraies chauves -souris , dont la proportion du crne est assez grande , Faire de sa coupe tant double de celle de la face. Dans le galopithque , Faire de la coupe du crne n'est pas beaucoup plus grande que la face. Dans le hrisson , la cavit du crne tient presque autant d'aire que la face. Les rongeurs , les pachyder- mes, les ruminans et les solipdes, ont tous Faire de la coupe de la face plus grande que celle du crne : parmi les rongeurs , le livre et la marmotte Font d'un tiers plus grande ; mais elle est d'un tiers plus petite dans Vaye-aye; elle est plus que double dans le porc-pic; elle est presque double dans les ruminants, peu prs triple dans Vliippopotame , presque quadruple dans le cheval. Dans les cochons , Faire de la coupe de la cavit crbrale n'est que la moiti de celle du crne , tel qu'il parat l'extrieur, tant il est augment par les grands sinus qui rgnent jusqu' l'occiput , et tout le crne ensemble gale peine la face pour Faire. A la vrit, il est plus haut, mais il est aussi beaucoup plus court. Dans Yunau galement de grands sinus occupent toute la paroi suprieure du crne, et ne laissent pas juger du volume du cerveau l'extrieur. Il n'y a rien de semblable dans Va. Le morse et Ylphant ont une grande face , cause de la hauteur de leurs alvoles ; mais elle ne peut tre considre ici comme augmentant l'tendue des or- ganes des sens. Les ctacs ont un crne trs bomb et une face trs plate , ce qui diminue Faire proportionnelle de celle-ci : d'ailleurs , cette face n'est point occupe par ART. I. PROPORT. BJ CRANE ET DE LA FACE. 1(39 le nez dans toule son tendue, et ne peut tre consi- dre ici sous ce rapport. Son aire peut tre dans le dauphin d'environ un tiers plus grande que celle du crne; [mais dans le marsouin elle est moindre, et ce n'est sans doute pas exagrer que d'valuer l'aire de la face des baleines et du cachalot quinze ou vingt fois celle du crne. Dans le lamantin , l'aire de la coupe du crne est peu prs moiti de celle de la face. ] Pour ce qui concerne leur figure, la coupe du crne de l'homme, si on en continuait la courbe en dessous, depuis le trou occipital jusqu' la racine du nez , for- merait un ovale un peu plus troit en avant, et dont le grand axe serait peu prs parallle au plancher des narines, ou du moins trs peu inclin en arrire, et se rapporterait au petit, comme 5 : 4. Mais cette cour- bure est remplace dans l'espace que je viens d'indi- quer, et qui forme la limite du crne et de la face, par une ligne irrgulire qui forme un angle saillant au dedans de cet ovale. La coupe de la face est un triangle dont le plus grand ct est celui qui touche au crne , et le moindre celui qui rpond au dehors. L'angle que celui-ci fait avec le troisime ct ou le palais est pr- cisment l'angle facial. Dans les singes , le grand axe s'alonge un peu par rapport au petit ; la ligne de sparation du crne et de la face devient plus droite , et le ct antrieur et l'in- frieur du triangle de la face s'alongent au point que le ct qui touche le crne devient le plus petit des trois dans les cynocphales et les mandrills, et reste tel dans les autres quadrupdes. L'ovale du crne est plus troit par devant dans les carnassiers et les rongeurs ; il l'est par derrire dans 170 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. les ruminans et le cheval. On voit sa vote un fort angle rentrant dans ceux qui ont une sparation os- seuse entre le cerveau et le cervelet. Son grand axe s'incline en avant dans les carnassiers, relativement au plancher des narines, et en arrire dans tous les herbivores. La forme et la direction sont dans le morse comme dans les carnassiers. [Dans les sarigues , le bord suprieur de la coupe est tout--fait parallle la base du crne qui forme une cavit deux fois plus longue que haute; dans les pra- mWes et dasyures, ce bord suprieur est plus bomb. Dans Yaye-aye , la cavit du crne parat forme , dans cette coupe, par deux arcs -de cercle concentri- ques qui lui donnent partout une hauteur peu prs gale. Ces deux arcs aboutissent, en avant, aux sinus frontaux et au crible ethmodal ; en arrire , l'pine et au trou occipital. La longueur de la cavit est le double de sa hauteur. Dans les autres rongeurs , qui n'ont pas le crne si bomb que l'aye-aye , la coupe longitudinale , tout en variant suivant les genres , est en gnral plus en triangle, le sommet en avant, la base en arrire. La coupe de la tte de l'lphant est bien remar- quable par l'norme intervalle qui spare les deux lames du crne en avant de la crte occipitale, et qui gale la cavit crbrale en paisseur, et par la forme de la cavit crbrale, trs convexe en avant, en sorte que la lame cribleuse s'y trouve place en dessous comme dans l'homme; mais la partie postrieure est autant et plus plate que dans aucun quadrupde , et le trou occipital est dirig en arrire comme l'ordi- naire. ART. I. PROPORT. DU CRANE ET DE LA FACE. 171 La coupe longitudinale du crne du lamantin est singulirement haute, surtout en avant, en comparai- son de sa longueur. ] La coupe du crne du dauphin vulgaire est bien re- marquable , en ce que sa hauteur surpasse sa lon- gueur. Elle est presque triangulaire , mais cts convexes et angles arrondis. Un des cts est an- trieur , un postrieur , dans lequel est perc le trou occipital ; et le troisime , qui forme la base du crne et qui correspond la ligne de jonction du crne et de la face des autres animaux , se trouve ce- pendant tout entier en arrire de la face , et est mme parallle la vote du palais. Ces trois cts sont presque gaux. On peut aussi considrer la coupe verticale trans- versale du crne , c'est--dire celle qui se fait par un plan perpendiculaire son grand axe, [et par le milieu des fosses moyennes. ] Elle forme dans l'homme une portion trs consid- rable d'un cercle dont il ne manque qu'un segment vers le bas , qui fait un peu moins du tiers de la cir- confrence. Le crne du ngre est un peu plus plat sur les cts que celui de l'Europen , parce que ses fosses temporales sont plus grandes et plus enfonces ; cela lui rtrcit le visage par le haut, mais il s'lar- git par en bas cause de la prominence des pom- mettes. [Dans l'orang-outang , c'est un ovale dont il ne manque qu'un petit segment vers le bas , et dont le grand diamtre, qui est transverse, surpasse le vertical d'environ 1/10; tandis que dans le chimpans, la dif- frence de ces deux diamtres est de 1/4. Dans la plu- 172 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. part des autres singes , cette coupe produit un demi- ovale, dont la base est plus grande que la hauteur. Chez le gibbon syndactyle , la hauteur du demi- ovale a les 5/7 de la largeur ; chez le macaque, les 3/4 ; chez le mandrill, les 4/5; chez l'alouatte, les 5/7. Dans le sajou, cette coupe forme un cercle presque parfait ; il ne manque en bas qu'un segment du sixime de la circonfrence. ] Dans les carnassiers, cette coupe produit une demi- ellipse, arrondie vers le haut, et dont la base est peu prs gale la hauteur. [ Elle la surpasse cependant dans quelques-uns : ainsi, dans le blaireau, la hauteur est la base : : 3 : k ; dans le raton , : : 5 : 7 ; dans la loutre et dans le phoque, : : 2 : 3. Dans les rongeurs , les dents , et l'lphant, c'est un ovale chancr en bas , la rgion de la selle , et dont la largeur surpasse la hauteur. La diffrence est, dans l'cureuil, le castor, l'unau, d'un tiers; dans le tamandua et le pangolin, de prs de moiti; dans le lapin, d'un cinquime; dans l'a , d'un sixime , et dans l'lphant, de moiti. ] Dans le cochon, c'est un ovale dont la hauteur sur- passe la largeur , et dont les cts sont chancrs par de forts angles rentrants vers les rochers. Dans le cheval et le tapir , c'est un ovale plus large que haut, et dont la moiti infrieure a peu prs la mme courbure que la suprieure. [Il en est de mme dans les ruminants. Dans le marsouin et les rorquals, c'est un demi- ovale dont la largeur est peu prs double de la hau- teur; mais dans le dauphin vulgaire, la largeur ne surpasse la hauteur que d'un quart. ART. I. PROPORT. DU CRANE ET DE LA FACE. 173 La coupe longitudinale et transversale du crne, par un plan parallle celui de la base et vers le milieu de sa hauteur, donne dans l'homme un ovale un peu ren- fl sur les cts et aplati aux extrmits , dont la lar- geur est peu prs les 4/5 de la longueur. Dans le chimpans et dans le sajou, elle est comme dans rhomnie. Dans le jeune orang-outang , elle a la forme d'un cur dont la pointe , situe en avant , serait arrondie , et dont la longueur ne surpasserait la lar- geur que d'un dixime. Dans les gibbons et les ma- caques , cette coupe donne un ovale un peu pointu en avant ; dans le mandrill , cet ovale est plus troit en- core vers le front ; et dans plusieurs carnassiers , le blaireau (par exemple) , cette coupe ressemble celle d'une poire dont la longueur serait presque double de la largeur. Dans les chiens , la longueur est moindre propor- tionnellement. Dans les sarigues, la coupe forme un triangle isocle dont la base , situe en arrire , n'a gure que la moiti de la hauteur 5 mais dans les kan- guroos , elle est plus semblable celle des carnas- siers ordinaires. Dans le phoque, au contraire, la partie la plus large est tout fait en avant. Sa forme est celle d'un cur aussi large que long, et dont la partie antrieure serait augmente d'un court segment produit par la fosse cribleuse. Dans les rongeurs et les dents, c'est une ellipse alonge dont le petit axe n'a, chez le lapin , le tamandua et le tamanoir , que les deux tiers du grand; mais il faut remarquer que la partie de cette ellipse, comprise entre les rochers, forme une ligne sinueuse. Dans l'cureuil et le castor, le grand axe surpasse le petit d'un quart ; il en est de 174 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. mme dans l'a, l'unau el le tatou-mulet; mais dans le pangolin courte queue, le grand axe de l'ellipse n'est que d'un huitime plus long que le petit. Dans l'lphant d'Afrique , la bote crbrale tant aussi large de droite gauche qu'elle est longue, cette coupe donnerait un cercle parfait sans les sinuosits que produit la rgion des rochers. Dans le cheval , si Ton fait abstraction de l'arte de la tente , c'est un ovale chancr en avant et un peu pointu en arrire, dont le grand diamtre a un quart de plus que le petit. Dans le buf, les proportions des diamtres sont les mmes; mais l'chancrure de la partie antrieure est plus grande, et il y a en outre, sur les cts, un lar- gissement prononc. Dans les ctacs , la position du grand et du petrt diamtre est inverse; c'est le transversal qui est le plus long ; il surpasse le longitudinal de 2/9 dans le dau- phin, de 2/11 dans le marsouin, et de 2/5 dans le rorqual. Dans l'chidn , cette coupe serait circulaire , si elle n'tait un peu largie la rgion temporale; mais dans l'ornithorhinque , c'est un ovode dont la partie la plus large, situe en arrire, est gale la lon- gueur. ] Ces remarques sont d'autant plus intressantes, que, dans tous les mammifres, le cerveau se moule dans la cavit du crne qu'il remplit exactement ; en sorte que la connaissance de la partie osseuse donne au moins celle de la forme extrieure du cerveau. ART. I. PROPORT. DU CRANE ET DE LA FACE. 175 B. Dans (es Oiseaux. La coupe longitudinale et verticale du crne des oiseaux reprsente gnralement un ovale plus troit en avant , dont le ct qui rpond la face est moins convexe que celui qui est suprieur et postrieur, et dont le grand axe est dirig en haut et en avant. Les chouettes seules ont une coupe ovale , dont le grand axe est presque vertical , et qui se rtrcit peu prs ga- lement en haut et en bas. La face des oiseaux tant forme principalement par leur bec , c'est la grandeur et surtout la longueur de celui-ci qui dtermine leur physionomie ; mais comme le nez n'en occupe souvent qu'une trs petite partie, et que la langue est souvent si petite qu'elle ne remplit pas beaucoup prs toute la bouche , on ne peut pas tirer de la proportion du crne des oiseaux leur face les mmes inductions que ces parties fournissent dans les mammifres. [ La coupe transversale , par un plan parallle la base du crne et au milieu de sa hauteur , prsente gnralement un ovale dont le grand diamtre est transverse , et auquel serait ajout en arrire un seg- ment plus ou moins large, produit par la section du canal qui loge la protubrance du cervelet. Le grand diamtre de Povale surpasse le petit , en n'y compre- nant pas ce segment, de moiti dans l'aigle , le grand- duc, le callao rhinocros; d'un tiers dans la pie, la poule domestique et les golands ; d'un quart dans le casoar de la Nouvelle-Hollande et dans la cigogne sac; d'un cinquime dans l'autruche et dans le cigne; enfin, E LA TTE. Considre de profil , la tte humaine prsente la belle courbure de son crne (!); sa face descendant presque verticalement sous la partie montante et ant- rieure de la base du crne; la saillie des os du nez; le bord presque horizontal de la mchoire infrieure se prolongeant de chaque ct derrire les dents en une double aile osseuse ; la pommette et Parcade zygoma- tique unissant de chaque ct la face la partie post- rieure du crne ; Particulation de la mchoire inf- rieure sous l'extrmit postrieure de Parcade : derrire cette articulation le trou auditif; derrire ce trou une minence saillante vers le bas, nomme apophyse ma- stode; enfin la saillie de Poceiput. Considre en arrire, la tte prsente une courbe faisant plus d'un demi-cercle, termine de chaque ct vers le bas par la saillie de Papophyse mastode; et entre les ^eux apophyses , le grand trou occipital vu par son plan, et les deux condyles placs ses cts, et servant l'articulation sur la premire vertbre. Considre en-dessous , la tte prsente au total un ovale plus rgulier que par les autres cts; en avant saille la parabole du palais , sur le bord postrieur de laquelle s'ouvrent les fosses nasales, et dont les bords latraux se prolongent en deux ailes osseuses dites apo- physes ptrijgodes. On voit bien la profondeur des fosses temporales cernes en dehors par les arcades zygoma- tiques. Les deux tiers postrieurs de la base du crne occupent le reste de cette surface, et ont dans leur mi- lieu le trou occipital. On voit aussi par leur face inf- ... - . i- - - - . m a .i m w m i ^ a+ (1) [ Voyez dans Blumenbach [cran, divers, gent. decad. pi. 21 et 51 ) les admirables profils de deux ttes de race caucasique , qu'il donne comme des types de beaut. ] ART. 11. TTE DES MAMMIFRES. 181 Heure les condyles occipitaux, les apophyses mastodes et slylodes, les cavits glnodes pour ^articulation de la mchoire infrieure, et une foule d'autres dtails sur lesquels nous reviendrons. Les premiers objets de comparaison avec la tte caucasique doivent tre les ttes des races humaines qui s'cartent plus ou moins de celle-l. [On sait en effet que l'espce humaine prsente cer- taines conformations hrditaires qui constituent ce qu'on appelle des races ; et que trois d'entre elles sur- tout sont minemment distinctes, la blanche ou cauca- sique, qui a servi de type la description prcdente, la jaune ou mongolique , et la ngre ou thiopique. Les hommes del race mongolique , part la saillie de leurs pommettes , ne s'loignent pas sensiblement , pour les caractres anatomiques de leur tte osseuse, de ceux de la race caucasique. Mais dans la race thiopique les diffrences de- viennent trs grandes; le crne diminue, et la face augmente : les tempes sont plates, le front comprim; la mchoire suprieure fait en avant une forte saillie, de sorte que la ligne du visage, de presque verticale qu'elle tait, devient trs oblique, et les os du nez y forment une vote trs peu releve. Tous ces caractres se retrouvent au plus haut degr dans une tte de femme de la varit boschismanne (1) : elle a surtout les os du nez plats, triangulaires, d'une petitesse remar- quable; les apophyses montantes des maxillaires ne font point d'arrt ni de saillie autour et au-dessus des ou- vertures nasales; de sorte queies os du nez, ces apo- (1) [ C'est celle qui a vcu Paris sous le nom de Vnus hottcntote. ] 182 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. physes nasales du maxillaire, et la tubrosil de la pommette, sont dans un seul et mme plan oblique avec l'ouverture extrieure des narines. On ne trouve pas dans l'tude des ttes des Amri- cains et des Malais de caractre la fois prcis et con- stant qui permette d'en faire des races particulires, et ils ne se laissent pas non plus aisment rapporter Tune des trois grandes races (1). Nanmoins, peut-tre qu'un examen attentif des crnes fournirait plus de caractres distinctifs qu'on n'en a encore dcouvert, si le petit nombre des ttes d'origine certaine dans les cabinets , et l'extrme difficult d'obtenir et de recon- natre des ttes de race pure, n'apportaient un trs grand obstacle aux recherches de cette nature. Ainsi, il nous a sembl remarquer quelque chose de particu- lier dans la forme de la partie postrieure du crne des habitants de Van-Diemen. Si on regarde leur tte par la face postrieure, on lui trouve une forme plutt pentagonaie qu'arrondie. La ligne de la base du crne en forme un des cts ; les deux autres, perpendiculaires au prcdent , sont forms par la terminaison en arrire des fosses tem- porales qui sont hautes et plates , et les deux cts suprieurs rsultent de la runion angle sur la su- ture sagittale des deux paritaux. On a trouv, dans des pays diffrents, des ttes (1) [Nous ne parlons ici que des caractres ostologques de la tte, et nous n'avons pas rechercher si les caractres tirs de l'ensemble du corps, c'est--dire de la forme des traits, de la nature des cheveux , de la couleur de la peau, etc., permettraient d'tablir un plus grand nombre de races. C'est ce qu'ont tent plusieurs auteurs, et tout rcemment M. Pritcbard dans un ouvrage intitul : Researches info the physical historyof mankind, 1 vol. in-8. London, 1836. ] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 18h humaines dont la forme la fois constante et trs bi- zarre semblerait indiquer une race tout--fait part. En effet, le front fuit en arrire, immdiatement a? dessus des orbites; le frontal , au lieu de prsenter une vote arrondie, est plat; les tempes sont moins larges et plus hautes ; la partie la plus leve du crne n'est plus le sommet du front, ce sont les bosses pari- tales qui sont reportes en arrire, de faon que Ja face occipitale est fortement incline; en un mot, le crne ressemble une sorte de long cne obliquement appuy sur la face; mais cette disposition n'est point naturelle, elle est le rsultat des usages de certains peuples, qui, au moment de la naissance, soumettent le crne des nouveaux-ns une compression qui lui donne cette forme trange. Cet usage, qui subsiste de nos jours chez les Carabes, parat avoir t rpandu chez d'anciennes peuplades amricaines. M. Pentland a rapport du Prou au Musum un grand nombre de ttes trouves dans d'anciens tombeaux, et qui toutes offrent les mmes caractres et la mme dformation. Bien plus, avant la dcouverte de ces crnes singuliers, le Musum avait reu d'Allemagne un crne absolu- ment semblable, tir d'un trs ancien tombeau. Dans ces ttes, la circonfrence au-dessus des or- bites est de 16 pouces 6 lignes, tandis que celle d'une tte caucasique est de 19 pouces et demi. La plus grande hauteur du crne, du trou occipital aux bosses paritales, est de 5 pouces 8 lignes; la mme hauteur dans la tte caucasique est de k pouces 8 lignes. Quelque diffrents que soient les crnes des enfants de ce qu'ils seront dans l'adulte, les caractres distinc- 184 VIII e LEON. 0ST0L0G1E DE LA TTE. tifs se montrent dj de la manire la plus vidente dans les crnes d'enfants des trois races (1).] B. Dans les Mammifres, a. Quadrumanes, De toutes les ltes d'animaux, celle de Y orang- outang (2), dans son jeune ge, est la seule qui appro- che un peu de celle de l'homme, par la grandeur proportionnelle du crne, la hauteur du front, et la convexit du vertex, annonces du dveloppement des hmisphres du cerveau ; mais on a exagr beaucoup Ttendue de ce dveloppement, parce qu'on ne Fa d- crit jusqu' prsent que diaprs de trs jeunes indivi- dus, dont la face n'avait pas atteint sa proportion na- turelle; et mme dans cet tat ses diffrences sont dj trs sensibles, et bien plus fortes que celles que nous avons observes dans le ngre. Je ne puis la dcrire moi-mme que d'aprs un in- dividu de la Cochinchine, qui n'avait pas encore chang de dents. Ds le premier examen du proril, on voit que les or- bites remontent beaucoup plus haut sur le front ; que la face est beaucoup plus leve, les sourcils et le front plus reculs, le museau beaucoup plus saillant, la m- (1) [ V. Blumenbach. O. C. pi. 28, 29 et 30. ] (2) V . sur le crne de cette espce, Camper. Diss. sur l'orang-outang , uvr. trad. franc., t. I, p. 121 . et pi. 1, fig. 3 et 5. Cette figure, copie plusieurs fois, est d'aprs un individu qui n'avait encore que deux machelires de lait. Celle que donne Josephi. Anat. des mamm. 1 supp. pi. IV, fig. 2, est du mme individu. \V. aussi Pander et d'Alton., Die ske- lete der vierhandcr, Bonn., 1824. PI. VIII , a, b. Owen , Mcm. on the osteology of thc chimpanzee and orang utan , Zool. trans. , vol. 1 , p. 343.] ' ART. II. TET*; DES MAMMIFERES. 185 choire infrieure plus leve , ses branches plus hautes et plus larges, la rgion paritale beaucoup moindre, et que le trou occipital se relve de manire faire un angle de plus de 30 avec l'horizontal. La face occipi- tale prsente une obliquit correspondante. De face, les diffrences se montrent encore mieux; le front plus court, plus serr , et toutefois bien vot et bien arrondi; les orbites plus hauts que larges, extrmement rapprochs, ce qui laisse peu de place pour le haut du nez, leur plafond descendant plus rapidement en arrire, la pommette plus basse par rapport l'orbite, ainsi que l'os planum et le lacry- mal, les narines ne remontant pas jusque entre les orbites; mais perces au milieu de la hauteur de la mchoire suprieure. Par la base, on est frapp de la proportion beaucoup moindre de la rgion occipitale, de la longueur bien plus considrable de la face palatine ; le sphnode est plac plus en arrire, le trou occipital est d'un tiers plus long , proportion de la largeur, que dans Thomme. Je dois M. Wallich, directeur du jardin de la com- pagnie des Indes, Calcutta, une tte d'orang-outang de Flnde au-del du Gange, assez diffrente de mon orang-outang de la Cochinchine, quoique de fort peu plus avance en ge. Son crne est plus petit propor- tion ; ses jugaux ont de chaque ct, prs de leur suture avec le frontal, une grosse prominence : ses sutures intermaxillaires sont effaces, mme sous le palais, bien qu'il n'ait pas chang de dents ; l'aile temporale de son sphnode n'atteint pas jusqu'au parital; la suture 186 YIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. transverse du palais n'est pas droite, mais fait une pointe en avant. Cette tte m'a conduit reconnatre que le grand pongo de Wurmb n'est probablement que l'adulte d'un orang-outang (1). Sa tte diffre, en effet, de celles des orangs qui ont t examines jusqu' ce jour, peu prs comme les ttes de guenons adultes diff- rent des jeunes. Il a les dents de l'homme et des guenons, sans cin- quime tubercule la dernire. Son museau est en arc obliquement concave comme celui des orangs, le crne s'lve de mme au-dessus de la face, et sa base au- dessus du niveau du palais. Tous les trous, les fen- tes, etc., sont disposs comme dans les orangs; il se trouve donc en dfinitif que les seules diffrences con- sidrables consistent en ce que le crne est plus petit proportion, et porte une crte produite par le rappro- chement des fosses temporales , et en ce que les bran- ches de la mchoire infrieure sont plus dveloppes et plus leves, diffrences toutes de nature tre pro- duites par l'ge (2). Cet animal appartient plutt au deuxime orang dont j'ai parl qu'au premier, cause de la forme des bords des orbites. Le chimpans du Congo , dont on n'a pu dcrire non plus qu'un individu extrmement jeune, a beau- (1) [Cette opinion, que M. Cuvier exprimait encore avec doute l'poque o il rdigeait cette partie de son ostologie , a t depuis confirme compltement. V . notamment le mmoire de M. Owen , et les planches qui l'accompagnent. ] (2) V. les figures de la tte dessines par Camper, dans Fischer JNaturhiUoriscke fragmente, I, pi. III, et IV.. ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 187 coup de rapport avec le jeune orang-outang pour la face; son museau est cependant plus court. Les arcades surcilires des orbites forment une crte saillante der- rire laquelle le front se jette promptement en arrire; mais Focciput est plus bomb que dans Forang-outang, et le trou occipital moins along, ses proportions tant les mmes que celles de Fhomme (1). [ La tte du clmpans adulte diffre beaucoup de celle de Forang , par la situation du crne en ar- rire , et par l'absence des fortes crtes frontale et sagi- tale que prsente ce dernier; sa face suprieure est lisse, convexe. Le rebord surcilier, trs saillant, se continue au-dessus du nez , et spare compltement la face du crne; vue en devant , la face est presque limi- te en baut par le rebord des orbites , et ne laisse voir qu'une trs petite partie du front ; sur les cts , on ne voit rien du crne en arrire , cause de la largeur des orbites et des pommettes ; Je profil suit une ligne si oblique, parla forte saillie du museau, que Fon pourrait presque dire qu'il n'y a plus de face ant- rieure de la tte; l'arcade zygomatique (2) n'est plus comme dans Fhomme dans la premire moiti de la tte , mais bien dans son tiers-moyen (3). ] (!) V. pour la tte osseuse du chimpans, Tyson, Anat. of a pygmie, flg. 5, copi Joseph), pi. II; Daubenton, Hist. nat. de Buffon , t, XIV, in-4% p. 77 et suiv., et Mm. de l'Acad. des se. pour 1764, p. 568 et pi. XVI ; Fischer, Naturhist. fragm. I, pi. I, fig. . [ Owen, Transact. ofthe zool. soc. of London^t. I, p. 343. ] (2) [ Dans cette leon, il n'est question de l'arcade zygomatique que dans ses rapports avec l'ensemble de la tte; elle sera plus spcialement dcrite dans la XVIe leon , pour la part qu'elle prend la manducation.] (3)[M. Owen , dans le mmoire que nous avons dj cit, donne les dtails anatomiques les plus tendus sur la tte et le squelette de l'orang et du chimpans diffrents ges ; et il est port considrer 88 VIII e LEON. OSTOLOGiE DE LA TTE. Selon Daubenton , la tle du grand gibbon noir serait plus voisine qu'aucune autre de celle du chimpans ; l'occiput tait plus tendu ; le frontal plus aplati; le bourrelet surcilier moins saillant et interrompu au- dessus du nez; les orbites plus larges que hauts, et presque aussi spars que dans l'homme ; ses naseaux moins longs que dans le chimpans laissaient remon- ter l'ouverture des narines jusque entre les orbites , le museau tait moins saillant (1). Je n'ai qu'une tte de gibbon cendr , qui n'a pas encore sa dernire mchelire. Cette description lui convient assez; elle ressemble aussi beaucoup aux ttes de guenons tte ronde ; sa principale diff- rence est que Je museau saille moins que dans les gue- nons , et que l'intervalle des orbites est plus large et les os du nez aussi distincts et aussi forts proportion que dans l'homme. [ Les gibbons adultes, tels que le wouwou, Yonko, conservent les mmes caractres, seulement les orbites deviennent remarquablement saillants en devant et en dehors; ils le sont moins dans le gibbon syndactyle. Le rebord surcilier est interrompu au-dessus du nez : en dehors il s'en dtache une ligne rugueuse , qui cir- conscrit la fosse temporale. La partie postrieure du crne est arrondie, et les crtes temporales s'cartent en arrire. ] Les ttes des autres singes de l'ancien continent s'- le chimpans comme plus prs de l'homme que l'orang-outang. Mais de son travail mme il nous semble rsulter cette conclusion que ces ani- maux sont, l'un et l'autre, trs voisins de l'homme, mais par des carac- tres diffrents, de sorte qu'il est fort difficile de dire lequel des deux l'emporte sur l'autre] (1) P\ Dauh. XIV, 103 et pi. VI. ART 11. TTE D.d MAMMlmti^ 189 joignent de plus en plus de l'homme mesure que leur vertex s^aplatit davantage , et que leur museau aug- mente en saillie et en grosseur, mais Fessentiel des divisions , des connexions , des fosses et des trous reste le mme. On doit d'abord considrer les guenons , dont la cin- quime molaire d'en-bas n'a que quatre tubercules; leur museau est court ; leur profil est presque rectili- gne ; tant qu'elles n'ont pas pouss la dernire molaire, leur front est encore un peu bomb au-dessus des sour- cils ; ensuite il s'aplatit de plus en plus et se met de niveau, avec l'arcade surcilire; l'inclinaison du trou occipital est peu prs la mme que dans les orangs; l'arte occipitale est saillante et devient aigu avec l'ge, mais il n'y a point d'apophyses mastodes, mme dans les plus vieux individus. Viennent ensuite les macaques et magots (1 ) , qui ont cinq tubercules la cinquime mchelire d'en-bas, mais dont le museau ne saille pas proportion plus que dans les guenons et n'gale point le crne en lon- gueur ; cependant leur profil se distingue par sa con- cavit la racine du nez , et dans la plupart l'arcade surcilire forme avec l'ge un bourrelet saillant. [ La face occipitale, bien limite par ses artes, est trian- gulaire, et incline en arrire. ] . .., tj) V. pour le bonnet chinois, Fischer, Anatomie des makis, pi. 17. 11 donne , JSaturh. fragm., I, pi. II, fig. 4, une tte de magot fort ge, en juger par In crte sagittale, o les os du nez sont grands et dis- tincts. Je n'en connais point de telle : cette tte est assez exacte pour le reste. C'est un jeune magot que parat reprsenter Josephi. Ostot. des mamm., pi. III, fig. S. Spix, Cephalogenesis, pi. IX, fig. 6, donne une tte s qu'il croit de macaque; mais l'espce est au moins douteuse. [Tte de l'aigrette {simia aygula) , Pander et d'Alton, ouv.cit., pi. VIII, /. ] 190 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. Les cynocphales ou papions ont encore, avec les * dents des macaques, les caractres des guenons; mais leur museau gale ou surpasse leur crne en longueur, cause du dveloppement de leurs maxillaires sup- rieurs : dans les adultes , il le surpasse quelquefois de moiti; [leur crne est moins largi derrire les tem- pes.] Dans les mandrills , on observe les caractres des papions, et de plus l'occiput s'y relve dans l'adulte, pour prolonger la crte du vertex et la fosse tempo- rale. Toutefois, leur trou occipital n'est pas beaucoup plus relev que dans les prcdents; [il est petit en pro- portion de Ttendue de la face occipitale. Dans les mandrills trs vieux l'norme dveloppe- ment des deux mchoires , les renflements du maxil- laire suprieur, la saillie des artes du crne et du re- bord des orbites , donnent cette tte une forme frap- pante et tout--fait trange (1)]. Ces quatre sous-genres forment une srie qui marche par dgradations rgulires ; mais ct des guenons et des macaques se placent quelques espces orientales qui usent leurs dents presque comme des rongeurs ou des ruminants, et o la dernire molaire a un cin- quime tubercule, la vrit trs petit , quoique leur museau soit encore plus aplati qu' la plupart des gue- nons. [Ce sont les semnopitliques. La forme gnrale de (1) V. pour le mandrill presque adulte les figures dessines par M. Sm- mering, dans YAnat. des mamm. de Josephi, t. I suppl., pi. 1 et 2. Voyez aussi Spix, Cephalogenesis, pi. VI,fig,7. Fischer, Nat. hist. fragm.; pi. I, fig. 3, donne une tte qu'il croit d'un jeune cynocphale, mafs qui est au moins trs incorrectement dessine. Cheselden donne celle d'un trs vieux ; Ostograplue t pi. vis--vis du premier chapitre. [ Voy. aussi Pander et d'Alton, ouv. cit., pi. VIII. c. d. e. ] ART. H. TTE DES MAMMIFRES. l&i leur lte les rapproche des gibbons; mais les orbites y sont moins saillants en dehors : le rebord surcilier se continue au-dessus du nez , mais sans faire de saillie ; les deux crtes temporales marchent paralllement jusqu'au point o elles s'unissent l'occipitale. Dans le doue, le nasique , le cimepaye , la fosse basilaire est trs profonde vers l'ouverture postrieure des narines, qui sont elles-mmes trs grandes. Le croo seul dans ce genre a les crtes temporales runies, et la fosse ba- silaire plate comme celle des genres prcdents. ] Le premier sous-genre des smges du nouveau con- tinent, ou les sapajous , a la tte, prise en gnral, trs semblable celle des guenons tte ronde ; [mais les proportions des os et quelques unes de leurs connexions sont diffrentes.] (1) Leur jugal remonte beaucoup plus haut , ct de forbite : le canal auditif externe n'existe pas , ou se rduit au large caglre du tympan ; leur caisse est dj un peu renfle en vsicule. Les atles ou coila(2) prsentent les caractres g- nraux des sapajous, mais leur crne se relve un peu plus au-dessus du niveau de leur palais, parce que les branches de la mchoire infrieure commencent prendre ce dveloppement qui devient extrme dans les alouattes. L'ascension oblique du crne, et l'agrandissement (1) Josephi a donn une tte de sajou , Ostol. des mamm. , pi. III, fig. 3, et mieux ib. sup. il, fig. 1 et 2. 11 y en a une aussi, Spix Cepha- logenesis, pi. I, fig, 2 , et la coupe verticale , ib., pi. II, fig. 2. [ Tte du sajou cornu, Pander et d'Alton, ouv. cit. pi. VIII, h.] (2) La figure de coata, Fischer, Natur. Fragm., pi. I, fig. 2, est im- parfaite , et d'aprs un individu malade ; c'est je crois la mme qui a servie M. Spix, Cephal. , pi. VI, fig. 3. [Ttes du coata ventre blanc, et de Valouatte rousse, Pander et d'Alton, ouv. c, pi. V, , b. 3 102 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. en hauteur et en largeur des branches de la mchoire infrieure, sont plus considrables encore dans les alouattes (1) que dans le pongo; d'o il rsulte que l'arcade zygomatique, loin d'tre parallle au palais, comme dans les autres singes, descend fortement d'ar- rire en avant, et que le mat auditif est plac plus haut que l'orbite. [Les deux crtes temporales sont paral- lles sur le haut du crne.] Dj dans les alouattes on aperoit quelque procli- vit dans les incisives infrieures plus grande qu'aux autres singes. Les sakis ont les infrieures et les sup- rieures obliquement diriges en avant et faisant en- semble un angle aigu (de 70 environ). Leur tte a des formes qui se rapprochent tantt de celle des atles, tantt de celle des alouattes. Les samiris diffrent des sapajous par l'ensemble gnral de leur^te, dont la partie paritale est beau- coup plus alonge, ce qui fait que leur occiput pro- minebien davantage (2). [La face occipitale est presque tout--fait dirige en bas, et semble faire suite la face infrieure du crne ; de sorte que le trou occipital parat situ en dessous et non en arrire du crne, et sur un plan horizontal. Par la mme raison, le jugal est contenu dans la moiti antrieure de la tte.] Les ouistitis ont le mme crne peu prs que les sapajous; seulement il saille un peu plus en ar- rire, mais moins proportion que celui des samiris. Le trou occipital est oblique. Ils se distinguent prin- cipalement par leur face , moins haute verticalement, (1) V. pour une figure de tte d'alouatte, Cuvier, Magaz. Encyclop. , Fischer, Nat. hist. fragm. ,pl, II, fig. 5. Spix, Cphalog., pi. VI, fig. 8, (2) Figure de tte desamiri, Spix, epha!., pi. VI, fig. 4. ART. II. TT DES MAMMIFERES. 103 singulirement courte , par leur front trs fuyant en arrire (1), et par l'obliquit de leurs orbites. [ Jusqu'ici les ttes que nous avons eu dcrire ont conserv dans leur forme gnrale de grandes analo- gies avec celle de Fhomme. Leurs orbites ouverts en avant, ferms par des parois osseuses, permettaient d'y voir, malgr Faplatissement du front et la prominence des mchoires , une face antrieure comme dans Thomme. Mais partir des lmuriens , a direction de plus en plus oblique des orbites , F absence de leur paroi externe, qui laisse apercevoir le crne en arrire, Falongement en sens inverse du crne et de la face, donnent la forme gnrale de la tte , dgage de la mchoire infrieure , celle d 1 un cne plus ou moins along , dont la base rpond Focciput. Le crne et la face s^unissent en dessus suivant une ligne tantt droite, tantt sinueuse, tantt uniformment courbe. ] Le loris paresseux (2) a le museau tronqu au-dessus des incisives, [trs court, et surmont par deux grands anneaux orbitaires encore sensiblement dirigs en avant, et fort rapprochs l'un deFautre au-dessus des os du nez ; le crne est arrondi en arrire ; la base du crne plate. Dans le loris grle (3), les orbites se rapprochent (1) Josephi a donn une tte d'ouistiti, Ostol. des mamm. suppl. pi. III, fig. 3 et4. V. aussi Spix, Cephal t pi. VI, flg. (>. [ Pander et d'Alton, ouv. cit. , p. V, c. ] (2> Buffon a donn par une erreur presque inexplicable , Suppl. t. VII pi. XXXVII la tte de l'hyraxou daman, comme tant celle du loris pares- seux. [ Tte du loris paresseux, Pander et d'Alton, 0. C. , pi. VII b.] (3) Voy. pour le loris grle et le ceylonien, que je crois ne diffrer que par l'ge, Fischer, Anat. des makis, pi. VIII et XI. Wiedmann, Arch, xool. t t. III, pi. I, flg. 1, ?, 3. - Spix, Cepfialog., p. VI, fig. n. 2, 13 194 TIII* LEON. OSTOLOGIE DE LA TTI. Fun de Fautre au point de i^tre spars sur la ligne mdiane que par une lame extrmement mince. Dans une espce voisine de Yindri , Yavahi , le museau est gros et trs court , les orbites trs grands , mais trs obliques, et spars par un large espace.] Les crtes temporales se marquent trs bien avec Page , mais ne se rapprochent pas beaucoup. Elles se rejoignent dans le grand galago. Dansles galagos (i), en mme temps que leur museau s^largit il s^longe; [leurs orbites deviennent plus obli- ques, et s'cartent Fun de Fautre, ]| ce qui conduit la forme des makis proprement dits (2). Ceux-ci for- ment le type intermdiaire entre les singes et les autres animaux , et commencent sous plus d^un rapport nous faire apercevoir les formes des animaux carnas- siers. Leur large museau s'alonge en continuant la ligne du front, et tellement, que si le chanfrein se pro- longeait il ferait avec le palais un angle de 12 \ 5. La convexit du crne s^lve peu au-dessus de Fintervalie des orbites. Ainsi la face, sans tre plus longue que dans les cynocphales , a une plus grande capacit cubique. [ Dans le tarsier, la disproportion entre le museau et les anneaux des orbites est prodigieuse ; le premier est court et troit; les autres sont trs ouverts, dirigs obliquement en dehors et rapprochs. LVrcade zygo- matique est trs petite (3).] (1) Voy. pour le galago Geoffr. Mag. encycl., 179G, t. 1, p. 20. Fischer, ouv. cit., pi. I, flg. 1. (2) V. pour les mnkis proprement dits, Josephi, Ostol. des ma mm. stipl. pf. IV, flg. 3, tte dessine par Camper. Fischer, Anat. des makis , pi. XIV. Spix, Ccphalog. pi. VI , fig. 9. [ Pauder et d'Alton, ouv. cit. , pi. VU, a. (3) Voy. Fischer , Lettre la classe des sciences de l'Institut sur une ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 195 b. Carnassiers. [ Les chauve s -souris proprement dites ont le crne arrondi sur ses cts, et prsentant, vu en-dessus, la forme d^un ovale effil en avant , o le rapprochement des fosses temporales produit une sorte d'trangle- ment de la tte , au point de runion de la face et du crne. Cet tranglement est extrme dans le fer- -cheval, et dans le rhinopome micropliylle ; il est sur- mont par la crte sagittale qui est trs saillante dans les molosses, les noctilons , le vampire, o elle va se joindre des crtes occipitales aussi trs marques , et qui est moindre dans la nodule et quelques autres. 11 y a des espces o la crte sagittale est plus marque en avant qu^en arrire. Les arcades zygoma tiques sont faibles et en S, et plus ou moins saillantes en dehors. ] Les formes du museau diffrent prodigieusement. Il est conique et assez along dans le vampire ; mais les autres phyllostomes Y ont plus gros et plus court. Les chauves-souris les plus communes, sans fausses mo- laires, Vesp. noctula, serotinus, etc., Font trs gros, trs court , dprim et fortement chancr par Touver- ture nasale. Les vespertilions fausses molaires font un peu plus long, et le chanfrein un peu concave en dessus. Dans le noctilion, les molosses, les nyctinornes, il est gros, court et arrondi. Les rliinolophe s Y ont fortement chancr par Fouver- ture nasale , et gonfl et largi au-dessus de cette ouver- ture. nouvelle espce de tarsier, et id. Jnat. des makis, p. 35 et suiv., vignette du titre, et pi. III, IV, V et VI. - Spix, Cephalog., pi. VI, fig. 12. 106 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. Dans les rliinopomes , il y a un renflement de chaque ct, un peu au-dessus de l'ouverture nasale. Dans les taphiens , les mgadermes et les nyctres , le dessus du museau est dprim; il est mme concave dans les nyctres, et ses bords sont largis en une crte qui passe sur l'orbite et va se joindre la crte tempo- rale pour former avec elle un disque qui supporte ces cavernes singulires qui caractrisent la face de ces animaux. [ Les rebords de ce disque sont surtout fort saillants dans le mjctre de la thbade (1).] Les roussettes ont la tte trs diffrente des chauves- souris ordinaires. Sa forme gnrale [principalement dans le# roussettes proprement dites] approche assez de celle du chien ou du renard , si ce n'est que les intervalles des orbites sont plus troits et plus dprims, ce qui tient une lame cribleuse moins large, et moins de convexit dans la partie antrieure des h- misphres et dans les sinus frontaux. [L'tranglement du crne en arrire des apophyses post-or bitaires y (1) V. pour la tte du phyllostome vampire , Geoff., Ann. mus. XV, ix, 5 et G ; celle du phyll. fer de lance, id. ib. fig. 7, 8, 9 ( il y manque les dernires molaires ; celle du glossophage ( Vesp. soricinus Pall. ), Pall. Spicil fasc. 111. pi. iv, fig. I et 2 ; celle d'un mgaderme , Gcoff. t. XV, X, fig. 1 et 2 ; celle d'un molosse , Pall. Spic. fasc, III, pi. v, fig. Il ; celle d'un nyctinome, Geoff. Egypt. rnamm., pi. iv, fig; 3 ; celle d'un nyctre, id. ib. fig. 1 ; celle d'un rhinolophe , id. ib. fig. 2 ; celle d'un taphien, id. ib. fig. 4 ; celle d'un rhinopome, id. ib. fig. fi (sous le nom de taphien filet) ; celle d'un vespertilion pipistrelle, id. ib. fig. 5. [ Voy. pour les ttes de plusieurs espces de molosses et de nyctinomes, Temminck. Moitpg. de mammal., t. I, pi. XXIII. Voy. aussi le Mmoire de M. Frd. Cuvier, Nouv. Ann. du mus., t. I, p. 1, pi. I. 11 reconnat dans les vesperlilions trois types principaux, les srotinodes, les noctu- lodes, les murinodcs , fonds sur des diffrences dans les ttes, gale, dit-i! , cc\\( s qui distinguent la tte des chiens de relie des chats.] ART. II. #TE DES MAMMIFRES. 19T est trs marqu ; mais il ne Test pas clans la kiodote (1), qui a le museau troit et along. Un autre genre de roussettes, les cynoptres, ont au contraire le museau courtet gros.] La face estaussilongueque le crne, mais moins haute, et elle est presque aussi large, dans les roussettes proprement dites. [ Dans les cynoptres , elle est moins longue que le crne, et elle Test plus au con- traire dans la kiodote.] L'arcade zygomatique est en & , comme dans le commun des carnassiers. La rgion occipitale va en s'abaissant. La crte oc- cipitale est peu de distance du grand trou, et ne forme point de grande saillie par sa runion avec la ?agittal, qui se marque cependant et est fort troite, mais peu saillante dans les adultes. Le trou occipital se dirige dans le mme sens que le plancher du crne, auquel son plan est presque vertical. La face occipital est petite et plus large que haute (2). Le galopitlique (3) a des caractres de tte tout particuliers. Son museau est large et dprim. Ses frontaux donnent des arcades surcilires parfaitement (1) Genre macroglosse. Frd. Cuv. Des Dents des marhm.\ etc. , p. 40. (2) V. pour une tte de roussette, Fischer, Anat. des makis, pi. xvii, fig. i. Les dents y sont mal rendues. Wiedemanfl, Arch. zool. etzool., t. III, 2' cah., pi. i, fig. 1, 2, 3. Spix., Cephalog., pi. VI, lig. 14. Pour une tte de cephalnte, Pall., Spicil. fasc, III, pi. n, ng. 1, 2, 3. Geoff. Ann. mus. y t. XV, pi. rv, [Autres fig. de ttes de roussettes. Temminck, ouv. cit., pi. XV, fig. 1, 0, 11, 13. Pander et d'Alton . Die skelete dcr chiropteren urid in&etiv'orn. Bonn, 1831, pi. II, e,f, et' pi. VII, a, b,c. Tte du macroglosse kiodote. Temminck, pi. XV fig. 26, 29 30. de cynoptres, id. , ib. , fig. 17-24.] (3) V. pour une tte de galcopithque, Fischer, Anat. des makis, pi. XVIII. fig. 2 (les dents y sont mal rendues). Pall, mem. de l'Acad. de Ptersbourg, Ann. 1780, part. I. Wiedemann, Arch. zool. et zool. , t. III, pi. 1, fig. k, 5 et G. Spix, Cephalogenesis, pi. VI, fig. 13. [i'amlcr et d'Alton, ouv. cit., pi. I] 198 VIII e LEON. OSTKOLOGIE DE LA TTE. latrales qui compltent vers le haut le cadre circu- laire d'un grand orbite. La fosse temporale est bien marque par des crtes , [ et elle ne se rapproche pas de celle du ct oppos en avant vers la suture fron- tale , comme nous l'avons vu jusqu'ici , mais au con- traire en arrire , vers la suture occipitale. La crte occipitale est moins haute que le vertex. La face occi- pitale est large et anfractueuse , cause de la saillie de l'pine occipitale, de celle des condyles , et de deux grosses apophyses du temporal, fort rapproches de ces eondyles. Les formes de la tte varient beaucoup dans les insectivores.] Les caractres gnraux de la tte du hrisson (1) sont ceux des carnassiers; [vue en-dessus, elle parat plutt cylindrique que conique , avec des arcades zy- gomatiques plus saillantes que la partie postrieure du crne.] Le museau est plus court, et un peu moins gros que le crne. Celui-ci est peu comprim en avant; sa crte sagittale peu marque ; l'occipitale mdiocre- ment saillante ; la tempe peu enfonce ; l'arcade monte un peu obliquement pour rejoindre le temporal. C'est par le canal des arrires narines que les tentes ressemblent le plus aux hrissons ; du reste , tout semble diffrer au premier coup d'oeil. Leur tte est en cne trs along; leurs crtes sagittale et occipitale sont extrmement saillantes. [ La face occipitale est en (!) On a des figures du squelette entier du hrisson dans Volcher coiter , pi. Il, fig. 1, copi Ge. Blas. Anat. ah. XXXV, fig. 8, et dans Dau- bentou, V1H. La tte en particulier, Spix. Ccphalogenesis , pi. Vil, fig. 4. [ Squelette et tte de Yeinaccus aurittis. Pander et d'Alton, ouv. it., pi. III, a,b. Tcte de Vrin, europus, ici. ib., pi. III, e. ] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 199 triangle , et la face latrale de la tte on ne trouve pas cTarcade zygomatique (1). Les cladobates ont la tte ovode, arrondie en ar- rire, sans crtes saillantes , le museau troit , beaucoup plus petit que le crne ; les arcades zygomatiques m- diocrement saillantes, et le cercle des orbites ferm en arrire. La musaraigne musque a une forme gnrale de tte fort voisine de celle du tenrec ; mme alongement, mme saillie proportionnelle de la crte occipitale, mme absence d'arcade zygomatique; mais le crne, proprement dit, est remarquablement dprim, et la crte sagittale est moins marque. La musaraigne d'eau parat avoir une tte beaucoup plus arrondie en ar- rire , sans crtes (2). Le desman lui ressemble. Mais la chrijsochlore (3) a une tte qui indique au pre- mier abord les habitudes de cet animal fouisseur. Elle a exactement la forme d^un petit cne , court et trs pointu en avant, large en arrire, o la base de ce cne est parfaitement circonscrite par une arte qui se dtache de la racine de Farcade zygomatique, et va transversalement s\inir celle du ct oppos sur le vertex. Sur les cts de la tte, les arcades zygomatiques compltent le cne en se rendant obli- () Description et figure du squelette du tenrec. Meckel, Beytrage zur vergl. anat. 1. p. 34 et suiv. , et pi. IV, fig. 1. La tte y est trs incom- pltement rendue. Du tendrac, Meckel , ibid. , fig. 2. La tte du tenrec est mieux dans Spix , Cepha/og., pi. Vil, fig. 2. [ V. aussi pour le sque- lette et la tte, Pandei et d'Alton, ouv. cit. pi. V, a, b, c. ] (2) [ Fig. de ttes de musaraignes, Duvernoy. Mm. de la Soc. d'h. nat. de Strasbourg, t. II, pi. 2. ] (3) [Squelette et tte de la ctirysocklore, Pander et d'Alton, ouv. cit. , pi. V, a. b.} 209 VIII e LEON. OSTOLOG1K DE LA TTE. quement et en ligne droite du maxillaire au temporal, et la mchoire infrieure le complte en-dessous par sa symphyse, ses branches dentaires et ses apophyses postrieures, qui sont toutes inclines en-dedans en biseau ; la portion du crne qui se trouve en arrire de la crte transversale, et qui forme la base du cne, est bombe. La taupe d'Europe (1 ), les condylures et les scalopcs ont galement la tte conique , plus large en arrire que les arcades zygomatiques , mais le cne est moins r- gulier; le museau est beaucoup plus along, la ligne du front moins releve, pas de crte transversale sur le vertex. Dans ces trois genres, le crne est plus ou moins arrondi de toute part, sans crtes saillantes. L'arcade zygomati^ue, d'une tnuittrs grande, monte obliquement , pour rejoindre le crne , fort au-dessus du trou auditif. La troisime famille des carnassiers , les carni- vores, ont pour caractres gnraux des mchoires fortes, une face quelquefois trs courte, des arcades zygomatiques fortes et cartes, et un crne relev-de crtes qui prennent frquemment avec Page un trs grand dveloppement. ] Dans le chien (2) , le museau reprsente un demi- cne, dont le sommet serait tronqu obliquement par l'ouverture des narines. La face suprieure se prolonge en s'levant et en se bombant pour former le front, qui est large entre les orbites , et s'largit encore plus pour former l'apophyse post-orbitaire. Au-dessous de l'or- (1) [Squelette et tte del taupe, Fonder et d'Alton, O. C, pi. IV, , b, c] (2) [Tte de chien. Cuvier. Ossem.foss., t. IV, p). XVI, fig. 19-22 ] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 201 bite , la face latrale du museau produit l'arcade zy- gomatique arque en dessus et en dehors, et qui produit aussi une apophyse post-orbitaire. Le crne est presque en portion de cylindre, plus comprim derrire, et, sous les apophyses post-orbi- taires du front, plus bomb sur les cts en arrire. La crte qui limite la fosse temporale par4 de l'apo- physe post orbitaire du frontal, fait avec sa correspon- dante un angle aigu, qui se continue en une crte sagittale jusqu'au point de rencontre avec la crte occi- pitale. [Le renard tricolor fait exception cette disposition. Les deux crtes, nes de l'apophyse post-orbitaire, se runissent quelques lignes seulement de la crte occipitale , et ne forment ainsi qu'une crte sagit- tale fort courte , aprs avoir circonscrit sur le crne une longue parabole , un peu comprime son mi- lieu. ] La crte occipitale forme dans le chien un angle aigu vers le haut , et se termine de chaque ct en arrire du trou auriculaire : la face qu'elle limite est incline ou retombante en arrire. En dessous , le crne montre en avant des deux caisses les deux facettes glnodes fort tendues en travers , ce qui carte beaucoup les arcades zygoma- tiques. La rgion basilaire est fort plane. Dans le chien naissant , les mchoires sont renfles cause des germes de dents qu'elles contiennent. Les bosses frontales sont peu marques , parce que les si- nus qui les doivent remplir ne sont pas dvelopps. L'apophyse post-orbitaire du frontal n'est point mai- 202 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. que , et il n'y a nulle crte temporale , ni occipitale, ni sagittale, en sorte que tout le crne est arrondi. Ces crtes commencent se marquer et se rap- procher de plus en plus, mesure que ranimai fait usage de ses muscles crotphites ; elles se marquent et s'aiguisent d'autant plus que le chien est plus fort, et qu'il est lwr un rgime plus carnassier. Les petits chiens d'appartement conservent souvent toujours la rondeur de ieur crne. Les vieux mtins, les vieux dogues, prennent au contraire une pine occipitale trs aigu. Dans Y ours ( 1 ) [ le crne est moins comprim en des- sous des apophyses post-orbitaires du frontal. ] L'ar- cade zygomatique est plus droite , plus large , la por- tion du jugal derrire l'apophyse post-orbitaire plus considrable , les crtes temporales se rapprochent moins vite , et forment une suture sagittale plus courte; et toute la rgion basilaire est large et plus plate. Le raton se rapproche du chien pour la direction de l'orbite et la forme de l'arcade , et de l'ours pour la proportion moindre de la face. Le coati (2) a la tte plus troite et plus alonge, surtout de la partie du museau. [ Dans ces deux genres et dans les benturongs , la courbe du crne et de la face est plus uniformment arque;] les apophyses post-orbitaires du frontal sont moins saillantes; le crne s'largit beaucoup plu en arrire; les crtes occipitale et sagittale sont moins re- (1) | Ttes de diffrentes espces d'ours, Cuvier, Ossem. foss. ,t, IV, pi. XX, XXI, XXII. - Tte d'ours blanc, Pander et d'Alton, Die skelete der raubthiere, Bonn. 1822, pi. III. ] (2) [ Tte de coati. Pander et d'Alton, O. C. pi. VI.] ART. II TTE DES MAMMIFRES. 203 leves , et ne forment pas une grande pine ; [ la tte , vue par sa partie postrieure , n'est point limite par les crtes occipitales ; elle dcrit , dans ce sens , une belle courbe forme par les paritaux. Dans les deux derniers genres , les arcades zygomatiques sont moins cartes en dehors. ] Le kinkajou a le museau extrmement court , et for- mant avec le crne une ligne uniformment courbe, dont la partie la plus leve rpond la suture fronto- paritale. L'apophyse post-orbitaire du frontal esta un peu plus du tiers en avant de la longueur totale de la tte ; les crtes temporales ne s'unissent pas entre elles, et sont peu marques. L'occipitale Test davantage; l'arcade zygomatique est releve comme dans le chien. Les blaireaux, les grisons , les martes, ont des ttes semblables entre elles , et qui tiennent celles de Tours et du raton plus qu' aucune autre par la brivet du museau et les dtails des connexions. [Le blaireau, dont la tte est arrondie dans le jeune ge, prend, quand il devient vieux, une crte sagittale mince et remarquablement haute , qui rgne tout le long du crne, et s'unit aux occipitales qui sont mdiocres. Le grisou a une crte sagittale moindre en avant, mais fort approchante de celle de l'hyne par la grande pointe qu'elle forme sa rencontre avec la crte occi- pitale. ] La brivet du museau se marque surtout dans les putois et \es belettes, o l'apophyse post-orbitaire est au tiers antrieur de la tte. Les loutres ont aussi le museau trs court , et la partie antrieure du crne , entre et derrire les orbites, 204 VIII e LEON, ostkologje de la tte. plus serre qu'aux prcdents. Leur crne est plus dprim, sa base plus large et plus plate. [ L'ensemble de la tte du protle se rapproche de Tours , si ce n'est que ses caisses forment en arrire de l'arcade une saillie plus considrable que dans aucun des genres prcdents. ] Les rapports les plus marqus des civettes et zibeths sont avec les chiens (1). Leurs diffrences tiennent sur- tout plusd'alongement de la partie du crne. Le front est beaucoup moins bomb que dans le chien , et par consquent la courbe du profil d'une venue; [sa partie la plus leve est assez voisine de la crte occipitale. ] Les mangoustes et les genettes ont les plus grands rapports avec les civettes , et se rapprochent cependant un peu des martes par la brivet du museau. [ Le paradoxure qui , dans sa forme gnrale , est fort voisin des prcdents , a cependant la partie pos- trieure du crne moins releve. Dans tous , le crne est fort comprim en arrire des apophyses post-orbitaires. J La tte des chats (2) diffre essentiellement de celle des chiens par la brivet et ?a grosseur du museau; [elle a dans son profil une grande ressemblance avec celle du kinkajou; mais l'orbite est presque ferm, et l'apophyse post-orbitaire du frontal est porte plus en arrire , et environ la moiti de la longueur de la tte ; de sorte que le crne y est moins along. ]| Les arcades zygomatiques saillent plus en dehors que dans les genres prcdents; les dernires molaires sont plus (1) [Tte de civette. Pandcr et d'Alton, ouv. cit., pi. IV.] (2) [Ttes de diverses espces de chats. Cuvier, Ossm. 'fs r .\ t. IV, pi. XX11I, et XXXIV.] ART. II. TTE DES MAMH1FKRES. 205 cartes ; [ les crtes occipitales deviennent trs sail- lantes. Nous avons une tte de tigre de Swnatra, fort diffrente de celle du tigre du Bengale , par l'aplatisse- ment de la rgion des sinus frontaux , ce qui donne au crne un protil beaucoup moins bomb; mais elle dif- fre surtout par l'excessive saillie des arcades zygoma- tiques en arrire, qui largit tellement la tte en ce point, que dans cette espce la largeur de la tte a les huit neuvimes de sa longueur, tandis que dans l'espce ordinaire la largeur n'est que les cinq septimes de la longueur. Seul , parmi les chats , le gupard a une tte qui s 1 carte un peu du plan commun au genre , par T- tendue et la saillie des sinus frontaux , qui forment au- dessus des orbites une "surface large, rhombodale, bombe, releve au-dessus du crne, et' dont on re- trouve quelque chose dans le chien. Au dessous des apophyses post-orbitaires du frontal le crne est trs comprim ; cette apophyse elle-mme est situe en ar- rire de la premire moiti de la tte. ] Vliijne (1 ) a quelque chose du chien et du chat. Son pine occipitale, forme par la rencontre de la crte sagittale et de l'occipitale , est plus grande que dans aucun animal; de l sa ligne de profd va toujours en descendant, en se bombant un peu entre les apo- physes post-orbi (aires du frontal, qui sont trs sail- lantes, et en descendant encore un peu plus rapide- ment au museau , qui est moins long qu^u chien et plus qu^au chat; la plus grande partie de cette pine, qui est comprime, appartient l'occipital. [Les cts (I) [Tte de hyne tachete. Carier , Oxs.foss., t. i , pi. XXVIIf. de hyne rave , Paoder et d'Alton, 0. C. , pi. II. j 206 VIII e LEON. GSTOLOGIE DE LA TTE. du crne sont moins bombs qu'au chien. Les arcades zygomatiques saillent beaucoup en dehors et en haut. Les ttes de phoques ont toutes pour caractre commun la distinction bien marque du crne et de la face : cela rsulte dans le plus grand nombre des pho- ques de ce que Tespace inter-orbitaire est trs com- prim : dans les otaries , cette compression de la tte a lieu un peu en arrire des orbites. Le phoque commun (genre calocphale , F. Cuv.) a le museau court, le crne un peu aplati , large , beaucoup plus grand que la face, arrondi sur les cts ; les crtes temporales sont peu marques , Toccipitale est insensible , Tespace inter-orbifaire trs troit. Le phoque capuchon (genre stemmatope , id.), le phoque tr'omp (genre macrorhine, id. ) , et le phoque ventre blanc ( genre pelage , id.) , ont de Fanalogie avec le prcdent, mais Fcartement des arcades zygomatiques est bien plus considrable ; Tespace inter-orbitaire est plus along , et les deux bords en sont plus parallles ; il en rsulte un crne moins grand en proportion de la face , surtout dans les adultes; la crte occipitale fait un angle arrondi en avant et est mdiocre. Le phoca leptonyx ( genre slenorynque , id. ) a la tte remarquablement alon- ge , le dessus du nez moins relev , la proportion du crne et de la face beaucoup moins ingale, Tespace inter-orbitaire long, et plus troit prs du crne qu'en avant; une crte occipitale forte, mais presque pas de crte sagittale.: le dessus de la tte est sensiblement parallle sa base , except en arrire o le crne se relve un peu. Les otaries ont , comme le leptonyx , la tte plus r- trcie en avant du crne qu^entre les orbites. Mais elles ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 207 ont le museau plus court, et l'espace inter-orbitaire pro- prement dit est plus largi , parce que le frontal donne en cet endroit une apophyse post-orbitaire qui s'tend un peu en vote au-dessus deForbite. L'cai tement des arcades est mdiocre, et les crtes fort variables suivant les espces. Nous avons une tte d'otarie crinire trs adulte , o les crtes sagittale et occipitale font au- dessus du crne une saillie de prs de deux pouces : les dernires se runissent angle aigu , pour se con- tinuer avec la sagittale (1)]. Le caractre de la tte du morse est principalement dtermin par rnorme renflement de ses os maxil- laires, ncessit par la prodigieuse grosseur de ses ca- nines, d^o rsulte un museau renfl et arrondi, plus gros que la tte elle-mme, et compos d'os d^une paisseur disproportionne. Considre de profil , et en supposant le palais horizontal , cette tte a le museau , au dessus des naseaux, plus relev que le reste. La rgion inter-orbitaire est horizontale et lgrement concave; la rgion occipitale est presque verticale; il n'y a point de crte sagittale (2). c. Marsupiaux. Les sarigues (3), quand on considre leur tte en (1) [K pour les ttes des divers genres de phoques. Cuvier, Oss. foss. t. V, premire partie, pi, XVII et XVIII. Fred. Cuvier, Mm. du mus. d'hist. nat.,t. XI, pi. 12, 13, 14 et 15. Pander et d'Alton, Die skelete der robben und lamantine, Bonn. 1826, pi. III, d t e, pi. VII, a. 6, c, e, k, /.] (2) [Squelette et tte du morse. Cuvier, Oss. foss., t. V, deuxime partie, pi. XXXIII. Pander et d'Alton , ouv. cit. , pi. I et II.] (3) Fig. de la tte de sarigues, Daubenton ap. Buffon. t. X, pi. Ll, fig. 1, d'aprs le crabier, pi. LVII. fig. 2, d'aprs le cayopollin, Cuvier et 208 VIII e LEON. OSTiiOLOalE DE LA TTE. masse, prsentent les caractres les plus marqus des carnassiers ordinaires. Le museau est conique , sans saillie sensible aux sinus frontaux : autant et plus long que le crne ; celui-ci comprim en arrire des orbites , hriss de crtes sagittale et occipitale trs saillantes ; [ la premire dcrivant , du front l'occiput , une courbe rgulire; ] les arcades sont fort courbes en dehors et en haut ; mais quand on examine leur tte en dtail, il s'y trouve, comme nous le verrons, plusieurs diffrences , surtout dans les trous de la base du crne et dans la rgion des arrire-narines, qui les rappro- chent des insectivores. [Le thylacine (1), qu'il faut mettre parmi les car- nivores , si l'on considre ses dents , qui se rapproche des dasyures par les connexions de ses os , a une tte qui, pour sa forme gnrale, se rapproche galement beaucoup de celle du chien et des sarigues : elle est en tout fort allonge ; le front est large et rhombodal , spar du crne sur les cts par une dpression plus profonde que dans le chien , se continuant avec lui en haut par une crte sagittale mdiocre, et qui s'unit de fortes crtes occipitales. Le crne ne forme que le quart de la longueur totale de la tte ; le museau est singulirement along , avec les joues plus vides qu'aux sarigues , et une lgre dpression en avant du front , comme au chien ; l'arcade est forte et recourbe Geoff., Mag. encycl. t t. III , p. 468 , pi. 1, fig. I. Spix, Ccphalog. pi. VII, fig. 1. [Pander et d'Alton, Die skelete der beutel thier' , Bonn. 1828, pi. IV et VI. a, b.] (I) [ Tte du thylacine (incomplte), Teinminck, Monogr. demamm., t. I, pi. VII, fig. 1, 2,3.] ART. II. TETE DES MAMMIFERES. 209 en haut ; elle arrive en arrire jusque fort prs de la face occipitale. Le dasyure oursin (1) non moins Carnivore que le thy- lacine par la nature de ses dents, appartient galement aux marsupiaux par les dtails et les connexions des os de la tte. Sa tte , au total un peu dprime , courte et large, est remarquable par la largeur du museau, qui est en cne court , par la petitesse proportionnelle du crne , par la force de ses arcades , qui sont plutt droites que recourbes, mais trs saillantes en de- hors , et qui , de plus , naissant au-dessus de la der- nire molaire , vont se terminer sur les cts de la face occipitale, de faon tre reportes tout fait dans la moiti postrieure de la tte. Les crtes sagittale et occipitale sont mdiocres; la face occipitale est trian- gulaire , et du double plus large que haute. Les pramles (2) ont la tte plus uniformment alon* ge que les genres prcdents , ce qui tient surtout la grande longueur du museau, qui est parfaitement conique; ce museau, le front et le crne , sont sur une mme ligne droite; la crte occipitale fait un angle en avant; Fespace inter-orbitaire est grand; les arcades zygomatques, courtes, grles, et rejetes entirement dans la moiti postrieure de la tte. ] Dans les dastjures ordinaires (3) la tte est moins alonge proportion de sa grosseur que dans les sa- rigues. [Les crtes occipitale et sagittale sont peu mar- (1) [Tte du dasyure oursin. Temminc.k O. C. pi. VIII.] (2) Fig. de ttes de pramles : peram. nasuta. Geoff. Ann mit s,, IY pi. XUV, fig. A. Peram. obesula, ib. , pi. XLV, fig. B. (3) [Ttes de d.asyures, Dasyure de maugr. Tcrnimcls, O, C, pi. vif, fig. S, fi, 7.1 2. 1\ 210 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. ques, la dernire surtout. Le crne est plus bomb en avant et sur les cts]; la partie du bas des orbites et de l'arrire des narines est plus raccourcie. Dans les phalangers (1) la tte est galement plus courte et plus grosse que dans le sarigue, et a le mu- seau plus court proportion du tout; [l'espace inter- orbitaire est pi us rtrci et un peu creus son milieu], la tte est surtout plus dprime en arrire, o les parois du crne sont celluleuses et trs paisses dessus et der- rire chaque oreille. En avant, les bases des arcades sont plus cartes, afin de laisser une plus grande largeur aux orbites. [Il en rsulte que les arcades sont paral- lles, et que la tte est peu prs aussi large en avant, l'origine des arcades, qu'en arrire, leur termi- naison. Ces arcades occupent sur le ct de la tte les deux tiers de sa longueur.] Le phcdanger volant diffre peu du phalanger ordi- naire , [mais les arcades s'cartent moins carrment leur origine; elles remontent beaucoup en arrire. Les deux crtes surcilires ne se runissent pas en une crte sagittale. La fossette frontale est plus marque encore qu'au prcdent.] Dans le kanguroo-rat ou potoroo (2) le museau est trs conique; les crtes paritales s'cartent et s'effacent, en sorte que le dessus du crne s'largit et s'arrondit , surtout dans la partie entre les orbites, mais les ar- cades zygomatiques se rapprochent, ce qui fait qu'au total la tte est moins large, proportion de sa lon- (1) Fig. de tte de phalanger. Cuvier et Geoffr. Magaz. encyc!., t. III, p. 468, pi. 1, flg' 3. [Temminck. O. c.,pl. I, II et III.] (2) [ Fig. de tte de kanguroo-rat. Pander et d'Alton, ouvr. cit , pi III, rt, b.] ART. II. TTE DES MAMjMIFKRES, 211 gueur, que dans les phalangers. [ Ces arcades sont aussi moins releves en arrire; elles le sont au con- traire beaucoup dans les kanguroos. ] La tte du kanguroo gant frappe Sabord par la lon- gueur du museau , et surtout de l'espace entre les inci- sives et les mchelires. Ses apophyses postorbitaires du frontal et ses crtes sont peu marques ; les temporales se rapprochent seulement vers la crte occipitale, en sorte qu'il n'y en a point de sagittale. Les arcades s'- cartent bien moins en dehors que dans les sarigues, et la tempe y est moins enfonce; en sorte que l'espace pour le crotaphite y est beaucoup moindre (1 ). [Il y a au cabinet le ft d'une tte de koala, rapporte de la Nouvelle-Hollande par MM. Quoy et Gaimard; les arcades y manquent, mais on y voit que la ligne suprieure du crne et du museau est exactement droite et horizontale ; que la face l'emporte de beau- coup en volume sur le crne; que celui-ci n'est pas bomb en avant; que le museau, trs court, est en mme temps trs large son origine , et pointu sa terminaison; l'espace inter-orbitaire est fort grand, aplati, la crte sagittale est longue, mais peu saillante, de mme que la crte occipitale.] La tte du pliascolome (2) est une des plus singulires de la famille des marsupiaux ; le dessus en est aplati et largi , de sorte que les crtes temporales distantes Tune de l'autre et parallles , se continuant sur les orbites , (1) Fig. de ttes de kanguroos Cuvier et Geoff. Magaz. encyc. , t. III, p. 46 8, pi. II, fig. 1. Fischer, Anat. des makis, pi. XVIII. Spix, Cphalog. VII, fig. 7, [ Pander et d'Alton, ouv. cit., pi. I, II et VII, a, b.\ (2) Figure de tte de phascolome. Cuvier, Rgne animal, pi. II, fig. 4, r M 6. \ 212 VIII* LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. font du crne une sorte de paralllipipde. Dans cette arte est une lgre prominence reprsentant l'apo- physe postorbitaire du frontal; le museau est court, carr , et dprim en dessus comme le crne ; la crte occipitale forme un demi-cercle ; les arcades sont vi- des en avant pour former l'orbite , et cartes en ar- rire. d. Rongeurs. [ L'ordre si nombreux des rongeurs prsente dans les formes de la tte de grandes varits ; ce qu'on re- marque peu prs chez tous , c'est la longueur et l'- troitesse de leur museau en-dessous, et l'espce de vote que forme entre les molaires et les incisives le grand dveloppement des intermaxillaires ; deux lon- gues incisives courbes, souvent colores et sillonnes leur face antrieure, sortent du bout des inter-maxillai- res ; les arcades dentaires se trouvent en tout ou en partie en arrire de la racine antrieure de l'arcade zygoma- tique; enfin, leur facette glnode est creuse en portion de cylindre dirig d'arrire en avant, et de manire faciliter dans ce sens le mouvement de la mchoire in- frieure. Un des caractres les plus saillants des ttes de rongeurs , et qui beaucoup d'gards permet de rap- procher d'une manire assez naturelle les nombreux genres de cette famille, est la disposition de leur trou sous-orbitaire. A part un certain nombre qui ont le trou sous-orbitaire petit, tels que les aye-aye , les livres , les lagomys, les marmottes , les cureuils, les castors et les oryctres , les autres prsentent dans cette partie deux formes principales. Dans les uns ; le trou sous-orbitaire remonte verti- ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 213 calement le long de la joue , bord en dehors par une lame mince du maxillaire, et s'largit dans le haut prs de la racine de l'arcade ; le trou sous-orbitaire prend alors une forme qu'on peut comparer assez exactement une ? ; les genres dont nous possdons les ttes , et qui ont ainsi le trou sous-orbitaire en virgule, sont les ondatra, les campagnols , les otomys, les rats, les gerbilles et mrions, les hamsters, les lrots. Enfin , d'autres ont au-devant de l'orbite un anneau quelquefois trs grand , qui tantt reste tout fait dis- tinct du trou sous-orbitaire , tantt ne s'en distingue que par un canal demi-ouvert , tantt , et c'est le plus grand nombre, ne fait qu'un avec le trou sous-orbi- taire; ce sont les genres lemming, spalax, alactaga, gerboise, helamys, chymis, capromys, hystrix,et tous ses sous-genres, myopotame , agouti, paca , cobaye, cabiai , krodon , lagostome et chinchilla. ] Vaye-aye a des caractres si particuliers qu'on a mis en doute si c'est un vrai rongeur ; cependant cela n'est pas douteux, quant ses dents ; [ et si la vote des inter-maxillaires derrire les incisives est moins grande qu'aux autres rongeurs, elle existe cependant, de sorte qu'on peut dire qu'il s'unit aux rongeurs par une partie de sa tte , et se rapproche des quadrumanes par l'au- tre. ] En effet, sa tte est ronde, large, bombe de toute part. Son museau est court , l'intervalle de ses orbites large , leur cercle ferm en arrire , leur direc- tion un peu en avant ; la fosse temporale est trs ten- due , et l'occiput se rapproche de l'horizontale , au lieu d'tre coup verticalement ; l'arcade en arrire de l'or- bite est peu prs horizontale. 214 VIII e LEON. 0ST0L0GIE DE LA TTE. Les livres (1) ont la tte alonge, une crte sur-orbi- taire trs marque , spare en avant et en arrire an corps de Fos frontal par une chancrure. L'occiput est fort singulier. La crte occipitale , arrive prs de l'in- ter-parital , se recourbe en arrire pour former une prominence carre qui rpond au milieu de l'occipital suprieur. Leur profil prsente une courbe presque uniforme; un trs grand orbite bien cern en occupe peu prs le milieu; l'arcade est situe trs bas; elle est presque droite , et les os , la joue et dans la rgion sphnodale et occipitale, sont percs d'une multitude de trous ou de mailles qui leur donnent l'aspect d'une dentelle. Dans les lagomijs , le crne est plus prolong et plus dprim, surtout en arrire. Il n'y a pas de crte sur- orbitare; l'espace inter-orbitaire s'y trouve fort troit, et les orbites dirigs vers le haut; la base de l'arcade donne une apophyse dirige vers le bas, et lejugal se prolonge en arrire en une trs longue pointe. La marmotte a la tte dprime, large entre les yeux, la coupe longitudinale du profil surbaisse en courbe peu prs uniforme; l'orbite est peu prs au milieu de la longueur de la tte; le museau est cylindrique : les arcades zygomatiques assez troites s'cartent beau- coup en dehors ; mais au lieu de se courber vers le haut , elles le font plutt vers le bas. L'occiput est tron- qu verticalement ; les crtes temporales se runissent assez en arrire. Le souslic diffre de la marmotte seulement en ce (1) [Squelette et tte de livre. Pander et d'Alton. Lie shelete der na- gethiere. Bonn. , 1823 , premire partie , pi. III et Vil,/. ] ART. If. TTE DES MAMMIFRES. 215 qu'il a la tte un peu moins large et plus bombe entre les orbites (1). Les cureuils ont leur tte faite sur le modle de la marmotte, seulement le frontal est encore plus large et un peu plus convexe; [les paritaux sont plus bom- bs sur le ct], les arcades moins cartes en arrire. Le laguan (pteromys petaurista) a la rgion d'entre les orbites creuse et large comme les marmottes; son nez est plus gros, plus court, et plus bomb en dessus qu' l'cureuil. [ La face occipitale est un peu incline en avant (2).] La tte du castor (3) a le profil en dessus en ligne droite; ses larges arcades sont releves au point de se trouver presque de niveau avec le crne, et de rendre l'ouver- ture de l'orbite presque horizoitale; l'intervalle entre les deux orbites se trouve par l bien plus troit qu'aux marmottes et aux cureuils ; [de plus, les crtes frontales s'unissent de bonne beure pour produire une crte sa- gittale longue, mais peu releve]. La crte occipitale est tout fait l'arrire du crne , et la face occipitale est verticale et peu leve. [En arrire de l'arcade zy- gomatique, on voit sur le ct du crne une anse pro- fonde produite par la saillie que forme en haut et en dehors le long tube du conduit auditif.] Les oryctres ou rats taupes du Cap (4) ressemblent (1 ) [ Fg. de tte de marmotte. Pander et d'Alton , ouv. cit. , pi. VIII, /. Frd. Cuvier, Mri. mus.> t. IX, pi. 14. Tte du souslik, Frd. Cuvier, i6id, pi. 15. ] (2) [Ttes d'cureuils et de pteromys. Frd. Cuvier, Mm. du mus., t. X, pi. 10, fig- 1, 2, 3, 4, 5, 6. Pander et d'Alton, ouv. cit., premire partie, pi. VIII, A, et deuxime partie, pi. VIII.] (3) [ Tte de castor. Cuvier, Oss. foss. , t. V, premire partie, pi. III, Pander et d'Alton, ouv. cit., fH. VIII, .] (4) [ 11 ne faut comprendre sous ce nom gnrique que le mus mri- 16 VIII e LEON. OSTOLOGIK DE LA TTE. singulirement au castor par la plupart des caractres de leur tte. La rgion de la tempe n'a point cette crte transverse du castor qu'on retrouvera dans l'on- datra; il y a, au contraire, une crte longitudinale. Leur museau est along , renfl par les cts. [Les ar- cades sont diriges plus en dehors et plus horizontales ; la compression, le resserrement de la tte entre les or- bites est plus prolong, et la crte occipitale forme, dun trou auditif l'autre, une courbe rgulire, concavit antrieure.] L 1 ondatra (1 ) et les rats d'eau ou campagnols ordinaires se ressemblent beaucoup entre eux et ont de grands rapports avec le castor par la structure de leur tte; leur espace inter-orbitaire est encore plus comprim, mais leur crne est plus plat et plus largi , surtout de la partie des temporaux. [On n'y voit point de crte sagittale, et le conduit auditif n'y forme pas le long tube saillant qu'on observe dans le castor.] Les rats (2) proprement dits ont la tte plus oblon- gue, le crne moins large la rgion des tempes, moins comprim entre les yeux qu'aux rats d'eau. Dans le furmulot, le rat, les crtes temporales releves en arte mousse commencent la base du nez, s'cartent l'une de l'autre la base du frontal , et marchent ensuite timus Gm. et la petite taupe du cap de Buffon, dont M. Frd. Cuv. a retrouv l'espce; mais cette dernire est tout fait distincte du mus capensis , lequel n'a que trois molaires et est d'un autre genre, le genre goriaue. C'est donc tort que ces deux noms sont rapprochs comme sy- nonymes, Rgne animal, t. I, p. 21 1. V. le Mmoire de M. F. Cuvier, nn m des se. nat. , 1. 1, 18.J4, p. 193. Tte et squelette du bathyergus mari- timus. Pander et d'Alton , deuxime partie , pi. III. ] (1) [ Tte de l'ondatra. Pander et d'Alton , ouv. cit., deuxime partie, pi. VIII, a, b. ] (2) [Tte du mus rattus. Pander et d'Alton, ouv. cit., deuxime partie, pi. V, a, b. } ART. II. TT DKS MAMMIFRES. 217 presque parallles jusqu' la crte occipitale; mais elles disparaissent dans les petites espces, comme 4a souris et le mulot, qui ont de plus le crne plus large proportionnellement. [L'arcade est trs incline de haut en bas et d'avant en arrire.] La tte des hamsters 'fy ,un peu plus courte que celle des rats, se rapproche par l de celle des rats d'eau; leurs crtes temporales sont moins releves qu'aux premiers et plus rapproches. Les qerbilles ressemblent aux rats pour la forme de la tte, [mais elles ont le crne plus arrondi; on n'y voit pour ainsi dire pas de crtes sagittale et occipi- tale; il y a de vritables crtes surcilires, trs cartes en arrire. La ligne du profil est aussi un peu moins droite (2)]. Les loirs et lrots portent peu prs les caractres des petites espces de rats, [mais le museau, en dessus, n'offre pas, en avant des orbites, la forte chancrure arrondie qu'on voit chez les derniers (3). ] Les hydromys ressemblent presque en tout aux loirs pour la tte. [Le lemming zocor a le museau cylindrique, l'espace inter-orbitaire peu prs de la largeur du museau , le crne arrondi et bomb sur les cts en avant, et reli au museau par une arcade grle et en arc de cercle; mais ce qui distingue cette tte de toutes les prc- dentes, c'est la disposition de sa face occipitale, qui est fort analogue ce que nous avons vu dans la chryso- chlore, c'est--dire grande, incline en avant, et li- (1) [ Squelette et tte de hamster. Pander et d'Alton, 0. C. , pi. Vil et VIII, o.] (2) [ Tte et squelette du meriones libyens, mme ouvr., pi. IX, . ; mi (1) [ Squelettes et ttes des tapirs d'Amrique et des Indes. Cuvier ouvr. cit. , t. H, premire partie p. 164, pi. I, II , IV et V. Tapir d'Am- rique. Pander et d'Alton, ouvi, oit pi. X et XII, h.] (2) [Fig. de tte du tapir pinchaque , Roulin, mm. des sav. trange t. VI, p. 640, pi. 3.] ART. II. TTE DES MAMMIFERES. 233 prochent pas en une crte unique. Il a aussi plus de hauteur proportionnelle de la tte; mais il ressemble plus celui-ci qu'au premier tapir d'Amrique, dont il n'a ni le front troit, ni la haute crte sagittale. Les trois espces ont sur les cts des os du nez une gouttire qui loge les muscles de la trompe, et qui est alonge et profonde dans Je tapir d'Amrique, plus large dans celui des Andes , et plus superficielle dans celui de Sumatra. La face occipitale est en ogive along dans le premier, en ovale arrondi dans le second, presque quadrilatre dans le troisime. L'arcade , qui fait une assez forte saillie en dehors , est courbe vers le bas et se relve beaucoup en arrire; et on voit, derrire sa racine postrieure , une profonde chan- crure qu'interceptent entre elles les deux longues apo- physes que donne en ce point le temporal. ] La tte du cheval est facile reco natre en masse par l'largissement qu'elle a entre les yeux , par son profil lgrement convexe, par sa face plus longue du double que le crne , par sa mchoire infrieure plus haute verticalement que le crne lui-mme. Les crtes temporales , partant des apophyses post-orbitaires , se rencontrent sur le milieu des paritaux , y forment une courte arte sagittale, et s'cartent ensuite pour se rendre la crte occipitale, qui est tronque en-dessus comme dans la plupart des pachydermes, [et dpasse la face occipitale. Les inter-maxillaires se prolongent fort au-del des os du nez, qui recouvrent aussi de leur pointe l'ouverture des fosses nasales. L'arcade est trs courte, peu prs droite et dans le tiers postrieur de la tte (1).] (I) Tte de cheval. Cuvier, Oss. foss., t. II, premire partie, p. (08, P i. i. ] 23i VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. g. Ruminants. [Les ttes de ruminants ont pour caractres communs une forme alonge, o les molaires occupent environ le tiers moyen de la face infrieure, et o le museau se prolonge , en s^aplatissant ,fort au-del de la pointe des os du nez; dans aucun, mme dans le cha- meau qui a des incisives latrales , on ne voit ^in- cisives l'extrmit aplatie des inter-maxillaires]. Ils ont tous des inter-maxillaires dont l'apophyse mon- tante est longue et troite; de grands trous incisifs, des narines externes coupes trs obliquement, l'orbite entirement cern par la runion des apophyses post- orbitaires du frontal et du jugal , des paritaux promp- tement souds entre eux et avec Pinter-parital. [Enfin, un grand nombre ont la rgion frontale surmonte de productions osseuses de nature varie, et qui , selon la direction ou la forme quelles prennent , donnent leur tte des apparences fort diverses. Les chameaux et les lamas ont la rgion d'entre les orbites trs large, les tempes trs enfonces, se runis- sant dans les premiers pour former une crte sagittale qui va se joindre une crte occipitale fortement in- cline en arrire. Le museau est fort comprim ds son origine ; les arcades sont droites , cartes du crne. La girafe (1)a le museau prolong au-devant des molaires en un long prisme triangulaire ; la rgion fron- tale trs large et trs haute, releve sur la ligne mdiane (1) [Squelette et lte de girafe, i'ander et d'Alton, die skclcte clcr vptderhafoet*; Bonn, lb'2', pi. I et 11, a, b.\ ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 235 en une sorte de pyramide, et termine plus en arrire par deux longues minences osseuses; derrire celles- ci le crne se rtrcit et s'incline en arrire, limit de chaque ct par les crtes temporales qui ne se rap- prochent pas. Dans la tte, vue en dessus, le dvelop- pement de la rgion frontale ne laisse rien apercevoir des arcades qui sont petites, grles, et presque droites, et de plus fort releves au-dessus de l'arcade dentaire. Les chevrotains ont la tte en ovale presque parfait, le crne aussi large que le front, qui n'a aucune pro- minence; les crtes temporales s'unissent en une crte sagittale trs courte; la face occipitale est triangulaire, le chanfrein droit, le museau un peu comprim en ar- rire des canines, l'arcade peu saillante. Les cerfs (1) ont tous , avec Jes caractres gnraux des ruminants, un espace membraneux sur les cts de la joue, entre le frontal, le nasal, le lacrymal et le maxil- laire. La rgion d'entre les orbites est plate ou dpri- me, suivant les espces ; puis le front se relve et de- vient bomb. La portion la plus recule du front est surmonte, dans les mles et quelquefois aussi dans la femelle, de deux noyaux osseux qui donnent la tte, selon leur origine et leur direction , une physionomie varie ; ainsi , dans le cerf commun, ils sont carts et se dirigent en dehors et en arrire; dans le chevreuil, ils sont droits, rapprochs et dirigs en haut; dans le muntjacj ils ont non seulement une longueur excessive, mais ils sont inclins fort obliquement en arrire, et se prolongent , par une arte mousse sur le dessus du (1) [Ttes de diverses espces de cerfs. Cuvier , ouv. cit. , t. IV pi. V. -Pander et d'Alton , ouv. cit., pi. V, a, d, e, /.] 236 VIII e LEON. OSTOLOGTE DK LA TTE. crne, jusqu'aux os du nez. La plupart ont sur la joue, au devant de l'orbite, un enfoncement plus ou moins profond, tantt creus dans le lacrymal seul, mais au- quel parfois le jugal et le maxillaire contribuent aussi. L'arcade est petite, grle, presque droite, et moins sail- lante que le rebord de Forbife. A part leurs noyaux osseux, qui sont communment longs, effils , souvent double et triple courbure, les antilopes (1) ressemblent gnralement aux cerfs; mais ils ont le museau plus comprim latralement. Le tchicarra a de plus , outre les longs noyaux osseux de la partie postrieure des frontaux , deux autres noyaux, situs sur la partie antrieure de ces os , entre les orbi- tes. Le chamois a le chanfrein concave, ainsi que les boucs. Au reste il y a une grande varit de formes dans la tte de tous ces ruminants. ] Le profil du mouton (2) est convexe, principalement au-dessus des orbites ; [la face est haute, de faon que le crne semble s^unir elle suivant un angle dont le sommet rpond la ligne saillante d^entre les orbites. La face est aussi beaucoup plus large qu'aux gazelles.] D'ailleurs les sinus et les formes gnrales de la tte varient beaucoup, selon les races et selon les espces. [Les noyaux osseux partant de l'arrire-front sont sou- vent trs grands et en spirale. La tte des bufs est en gnral remarquable par la largeur et l'aplatissement de sa face suprieure ; la r- gion frontale s^tend jusqu' la face postrieure du crne , et donne l , de chacun de ses angles , le (1) [Ttes de diverses espces d'antilopes. Pander et l'Alton, ouvr. cit., pi. VIII, e,/, g, h, L) (2) [ Tte de mouton. Cuvier, Os.s. foss. , t. IV, pi. I, fig. 1-4. ] ART. II. TTE DES MAMMIFERES. 237 noyau osseux des cornes qui ainsi, au lieu de natre vers le milieu du crne, comme dans les prcdents, semblent continuer latralement la crte occipitale , et se portent directement en dehors. L'arcade est courte, mdiocrement forte, horizontale, et ne saille pas plus que Forbite; elle est reporte dans ceux-ci, comme dans les genres prcdents, dans le tiers post- rieur de la tte (1).] h. Ctacs. Pour, d^une tte de ruminant , arriver former une tte de lamantin , il faudrait faire remonter les apophy- ses nasales des inter-maxillaires, rduire presque rien les os du nez, ouvrir ainsi de grandes narines extrieu- res dans un plan presque horizontal, faire descendre les orbites aux cts de cette ouverture , agrandir normment les jugaux derrire Forbite, et encore plus l'apophyse zygomatique du temporal, etc. Les crtes temporales sont parallles presque jusqu' Foccipital , et bordent le dessus du crne, qui est plat; [la face occipitale est plus large que haute : les deux arcades zygomatiques sont peu prs pa- rallles l'une Fautre , et surtout d\ine paisseur et d^une hauteur norme ; elles couvrent une bonne partie de la face latrale, et se relvent fortement en arrire , de faon que leur bord suprieur est sur le mme plan horizontal que la crte temporale. Le museau est troit, peu lev, dpourvu de dents en (1) [ Ttes de diverses espces de bufs. Cuvier. Oss. foss., t. IV, pi. X, XI et XII. Ttes des B. cafer et H. javnicUs. Painier et d'Alton, ouv. cit., pi. VIII, , s, 3 238 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TETE. avant; les deux sries de molaires sont situes dans le tiers moyen de la ligne horizontale infrieure du crne. Les os de la tte , quoique les sutures soient encore marques, sont d'une densit remarquable, ainsi que tous ceux du squelette, et donnent la tte une pesan- teur considrable (1). La tte diwlugong a de grands rapports avec celle du lamantin : les connexions des os, leur coupe gnrale, sont peu prs les mmes, mais l'apparence en est fort diffrente : les os inter-maxillaires sont alongs et renfls pour loger les dfenses, et recourbs vers le bas de mme que la symphyse de la mchoire infrieure. Cette inflexion est telle, que le bord infrieur de l'inter- maxillaire devient vertical, et forme avec le palais un angle droit ; en mme temps cet os remonte presque sur le mme plan que le sommet du crne, et reporte plus en arrire l'ouverture des narines. Il y a une sorte de mamelon ou de tubrosit sur le milieu de la rgion frontale , et le sommet du crne n'est spar de la face occipitale, qui est lgrementincline, que par une crte trs peu saillante. L'occiput est plus troit, et sa crte est moins marque qu'au lamantin. L'arcade zygomatique est plus longue et moins haute, mais galement trs oblique de bas en haut et d'avant en arrire. La srie des molaires, d'ailleurs fort courte, est, ainsi que dans le lamantin , reporte en arrire del racine antrieure de l'arcade; la pesanteur de la tte est plus grande encore peut-tre que celle du lamantin, et contraste avec celle des ttes de dauphins, qui sont remarquables, (1) [ Squelette et ttes de lamantin. Cuvier, Oss, foss., t. V, premire partie, pi. XIX, fig. 1-5.] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 239 au contraire, parleur lgret. Ces diffrences s'ex- pliquent peut-tre par celle de leur genre de vie (1).] La tte des ctacs proprement dits , ou sonfleurs , s'explique en se reprsentant un crne lev et large proportion de sa longueur, des narines diriges presque verticalement , des orbites encore plus abaisss relativement aux narines que dans le lamantin , enfin un long museau form par f extrme prolongement de la partie labiale des os inter-maxillaires , aux cts desquels se prolongent les os maxillaires, en mme temps qu'ils remontent sur le devant du frontal qu'ils couvrent jusqu'au niveau des os du nez , lesquels , vu la direction verticale des narines , forment a peu prs le sommet de la tte. Telle est au moins l'ide qu'on peut se faire de la tte d'un dauphin. Dans les dauphins , le crne est trs lev , trs court, trs bomb en arrire. La crte occipitale entoure le haut de la tte et descend de chaque ct sur le milieu des crtes temporales qui se portent beaucoup plus en arrire qu'elle. La face occipitale est bombe et trs grande. | Dans le dclphinorhijnque (2), l'ouverture des fosses nasales est surmonte par deux tubercules saillants , principalement forms par les inter-maxillaires qui montent jusqu'au sommet de la tte et se recourbent en avant. Dans le dauphin du Gange , la face occipitale est beaucoup moindre qu'aux prcdents , et la crte occipitale ne s'avance que par une languette assez (1) [Squelette et tte de dugong. Cuvier, ouv. cit., pi. XIX, fig. 6 et 7, et pi. XX. Parider et d'Alton. Die skclete der robben und lamantine. Bonn. 1826 , pi. V, , b, c, d. ] (2) [ V. pour la tte du micrptre, Frd. Cuvier, Ctacs, pi. VII. ] 240 Ylir 2 LEON. OSTFOLOGIE DE LA TTE. troite jusqu' l'ouverture des fosses nasales : mais ce qui la distingue principalement, c'est l'espce de capu- chon que forment en avant du crne les deux maxil- laires qui montent seuls de chaque ct, sous la forme de deux larges lames osseuses, pour s'unir angle sur la ligne mdiane. Nous verrons dans d'autres ctacs des dispositions non moins nouvelles des os maxil- laires. Il est remarquer que l'on ne trouve jamais de symtrie complte dans les ttes de dauphins; les deux narines , les deux os du nez et les parties adjacentes ne m'ont jamais sembl gales comme dans les autres mammifres. Ce qui nous conduit l'extrme ingalit de ces parties que nous observerons dans les cachalots. Le marsouin est, de toutes les espces, celle ^ a il y a encore le plus de symtrie. Les espces de dauphins diffrent les unes des autres par la longueur et la largeur relatives du museau. [ Celui-ci est troit et mince dans le dauphin du Gange , et au contraire presque aussi large que le crne dans Yorca.] Elles diffrent aussi par le nombre des dents, et par les diverses convexits ou concavits de leurs parties (1). Le narval (2) prsente dans la structure de son crne les caractres des dauphins : mais au lieu d'une mul- (1) \V. pour les caractres des ttes des diverses espces de dauphins, Cuvier , Ossem. foss. , t. V, premire partie, 4% pi. XXI et XXII .Ttes de marsouin et de bluga, Pander et d'Alton, ouv. cit. , pi. VII , , b, e. ] (2) [Squelette et tte d'un jeune narval. Pander et d'Alton, ouv, cit. , pi. VI, a. Tte d'un adulte, pi. VI, b, , d. Cuvier, Oss. fou., t. V, premirpartie, pi. XXH, 7. ] AttT. II. TTE DES MAMMIFRES. 24l tituce de petites dents le long des bords des maxillaires , il n'en a qu'une de chaque ct, dirige en avant, et implante dans un alvole commun au maxillaire et Tinter-maxillaire. Ces dents observent raremen t la sym- trie; presque toujours l'une des deux reste renferme dans son alvole , tandis que l'autre acquiert dix ou douze pieds de long ; cependant il arrive aussi quel- quefois qu'elles sortent l'une et l'autre. C'est la tte du bluga (delpli. leucas) que celle du narval ressemble le plus par l'uniformit de sa convexit , par la direc- tion presque rectiligne des bords de son museau , et par deux sillons profonds [qui dessinent une demi- ellipse et une longue pointe sur les inter-maxillaires au-dessous des narines. La structure de la tte de Yliyperoodon le rapproche quelques gards du dauphin du Gange, et conduit celle des cachalots. Cette tte, qui sort tout--fait des formes propres au genre des dauphins , est sur- monte de trois grandes crtes ; la crte occipitale en arrire, et les deux crtes maxillaires sur les cts, qui sont spares de la premire par une large et profonde chancrure transversale. Elles le sont l'une de l'autre par toute la largeur de la tte , car elles ne se rappro- chent point en dessus et ne forment point de vote comme dans le dauphin du Gange, mais simplement des espces de murs latraux (1). L'occiput est plus haut que large. Aux cachalots commencent les ctacs o la tte est tout fait hors de proportion avec le corps , et o la mm, r m m a . i g . in . 1 ' ' " ' " '---- m . rt - m m n.i w (1) [V. la tte de l'hyperoodon, Cuvier, Ossements fossiles, t. 5, l r partie. 4" pi. XXIV, fig. 19, 20 et 21. Pander et d'Alton, Die skelete der cetaceen. Bonn, 1827, pi. V et VI.] 2. 16 242 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. face elle-mme acquiert des dimensions normes , tandis que le crne demeure trs petit. C'est au dauphin que le cachalot se rapporte le mieux pour Fostologie de sa tte. Que Ton suppose le crne d'un dauphin beaucoup rapetiss proportion, les bords de son museau trs largis et relevs de manire en rendre la face suprieure concave j la partie des maxillaires qui passe sur les frontaux trs tendue, trs releve par ses bords, formant ainsi une trs grande concavit au fond de laquelle sont perces les narines osseuses externes, foccipitals'levant de mme derrire les maxillaires pour les doubler, et former avec eux une enceinte leve, qui n'est vrai dire qu'un extrme dveloppement de la crte occipitale du dau- phin , dans la base de laquelle les paritaux sont presque entirement cachs , et Ton aura une tte de cachalot (1). [Si Ton peut retrouver une tte de dauphin dans celle du cachalot, plus forte raison la retrom era-t-on facilement dans la tte des rorquals et des baleines. Les premiers ont le museau long et droit ; sa face infrieure est fortement carne, le crne petit, la tte s'largit beaucoup en arrire, et l'orbite faisant galement une trs forte saillie en dehors, il en rsulte, au point de runion de la face et du crne de chaque ct, une large surface horizontale qui n^est, pour ainsi dire, que l'exagration de ce qu'on voit dj dans quelques dau- phins, et notamment dans le delphinorhynque : entre ces deux surfaces , il y a deux crtes temporales trs (1) [Figure de tte de cachalot, Cuvier, Ossements fossiles, t. 5, 1" partie, pi. XXIV, et dit. 8, pi. 225, fig. 1-5.1 ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 243 saillantes en dehors , commenant aux cts du nez , et entre lesquelles le crne descend lentement vers le trou occipital, qui est a l'extrmit de ce plan. On re- connat ainsi que la crte occipitale est tout prs de la base des os du nez , traversant d'une crte temporale l'autre (1). ] Pour se former ride de la tte d'une baleine propre- ment dite, il faut se figurer le museau du rorqual r- trci, along, comprim latralement, et arqu d'avant en arrire a peu prs en quart de cercle; [en mme temps le plafond de l'orbite et la rgion temporale est plus incline en dehors , ce qui reporte plus bas la fa- cette glnode , et augmente beaucoup l'intervalle entre les deux mchoires.] C'est dans le vide que laisse cette courbure de la mchoire suprieure que sont logs les fanons , qui adhrent par leur extrmit suprieure et large aux cts de la carne que le museau forme en dessous, et descendent obliquement en dehors par leur extrmit infrieure et pointue vers la mchoire infrieure (2). i. Monotrmes. On ne peut rapporter la tte des monotrmes au- cun des autres ordres de mammifres ; cependant c'est une vraie tte de mammifre, et non pas d'ovipare d'aucune classe. Les chidns (3) sont moins extraordinaires que l'or- (t) [ Tte de rorqual. Cirvier, Oss.foss., t, V, premire partie, pi. XXVI. Pander et d'Alton, ouv. cit. , pi. II, , b, c. ] (2) [Ttes de baleines. Cuvier , ouvr. cit. . pi. XXV. Pander et d'Alton, ouv. cit. , pi. IV, a, b, c. ] (3) [Depuis l'impression de cette partie du texte del'anatomie compare 2ii VIII e LEON. OSTOLOGIE T>E LA TTE. nithorinque; on pourrait dire que leur tte ressemble la moiti d'une poire ; le crne est bomb et arrondi de toute part, il s'amincit en avant pour donner nais- sance a un museau grle , along et pointu ; le dessous est plane , les arcades sont grles, rectilignes et dans le mme plan que tout le dessous de la tte (1). Le crne de Tornithorinque est arrondi, plus large que haut, sans crte sagittale ni occipitale ; il se rtr- cit et s'aplatit entre les orbites : ensuite le museau s'a- platit et s'largit encore; il donne de chaque ct un petit crochet au-dessus du trou sous- orbi taire, puis il se bifurque, et ses deux branches aplaties, et s'cartant un peu , finissent chacune par un crochet rentrant ; les arcades sont rectilignes et hautes verticalement (2). 2. Des fosses extrieures de la tte osseuse. A. Dans l'homme. Aprs l'examen gnral de la masse de la tte , nous allons faire une revue des fosses qu'elle prsente ext- rieurement. Les fosses nasales se rendent horizontalement de de- vant en arrire, conservant peu prs la mme largeur; dans les Recherches sur les ossements fossiles, en 1823 , le cabinet d'ana- tomie a acquis une tte djeune chidn, ce qui nous permettra d'en faire connatre plus compltement les os; mais nous n'avons pas eu le mme avantage pour Tornithorinque. ] (1) [Squelette et tte de Vchidn. Cuvier, Oss. foss., t. V, premire partie, pi. XIII. Pander cl d'Alton, Die skelete der zahnlosen thiere. Bonn. 1825, pi. III et IV, a, b, c, d. ] (2) [Squelette et tte de Yornithorinque. Cuvier, ouv. cit.; pi. XIV. Pander et d'Alton , ouv. cit. , pi. I et II, a, c. Les sutures sont marques sur cette dernire tte, qui est tire du cabinet de Berlin. 1 ART. 11. TTE DES MAMMIFRES. 245 leur plancher est horizontal sur le palais. Leur plafond descend un peu d'avant en arrire; il est form parla lame cribleuse du crne ; une lame verticale en grande partie osseuse , dite vomer , les spare l'une de l'autre. Une cloison mince et verticale y appele os planum, en spare le haut de l'orbite du mme ct ; dans le bas elles communiquent avec la cavit interne de la mchoire suprieure, dite antre d'hygmore, et en arrire avec une autre cavit de la base du crne, nomme sinus sphnodal. Tout en avant, leur plafond est perc d'un trou de chaque ct qui donne dans une cavit du front appele sinus frontal. Le haut de la fosse na- sale est rempli par des lames compliques qui adhrent la cloison orbitale , et qu'on nomme anfractuosits et cornets suprieurs de l'ethmode : le bas de chaque ct porte une autre lame contourne, dite le cornet infrieur. Uorbite communique avec la cavit nasale de son ct par le canal lacrymal perc verticalement son angle interne. Son plafond le spare du crne; son plancher, del cavit du maxillaire suprieur ; une cloison latrale le spare de la fosse temporale; il com- munique avec le crne par un trou et par une fente percs dans son fond, et avec la fosse sphnodale par une fente perce entre son plancher et sa cloison lat- rale extrieure. La fosse temporale est un large enfoncement plac derrire le bord externe de l'orbite , et plus profond en avant qu'en arrire ; elle communique largement ou se continue plutt avec la fosse sphnodale Ci) , (I) [La dnomination do cette fosse, qui n'est qu'un prolongement de 246 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. espace situ entre l'arcade zygomatique, Tos maxillaire, les ailes ptrygodes et l'articulation de la mchoire in- frieure. La fosse palatine est cette grande parabole concave situe entre les dents. Les deux ailes qui prolongent ses angles inter- ceptent de chaque cjt une fosse ptnjgode ; entre ces ailes s'ouvrent po^ti ieurement les fosses nasales (1). L'espace entre la s uilie du palais , celle des condyles occipitaux , celle des apophyses mastodes , et les ra- cines postrieures des arcades zygomatiques , est en- fonc et prsente plusieurs trous et minences impor- tants connatre autant que difficiles dcrire (). La racine des arcades offre une facette transverse, et derrire une fosse servant l'une et l'autre l'articu- lation de la mchoire infrieure (3). la fosse temporale, et dont il sera plus spcialement question dans la XVI e leon, pour les insertions qu'elle donne aux muscles del mandu- cation; sa dnomination, disons-nous, n'est pas suffisamment arrte. Ici M. Cuvier l'appelle fosse sphncdale , dans d'autres endroits fosse sphno-temporale ; dans la premire dition elle est dsigne sous le single nom de fosse ptrygoidienne , et c'est celle que IVf. Duvernoy dcrit dans la XVIe leon de cette dition sous le nom de fosse ptry- goidienne externe , rservant celui de fosse ptrygoidienne interne, pour la fosse ptrygode proprement dite. ] (1) [Cette ouverture postrieure des fosses nasales semble constituer dans un grand nombre d'animaux une fosse particulire , que nous appel- lerons, pour la facilit de nos descriptions , fosse des arrire-narines ou meso-pterygoide, parce qu'elle est comprise entre les ailes ptrygodes. ] (2) [C'est, cette surface que nous dsignerons par la suite, pour viter toute circonlocution, par le nom de fosse ou surface basilaire, quoique dans beaucoup de cas, et pour cette, partie de la tte comme pour bien d'autres, les noms employs pour la tte de l'homme cessent d'tre rigoureusement exacts, appliqus aux animaux. ] (3) [ Dans cette partie de l'ostologie de la tte nous ne parlons gure de la facette glnode que pour indiquer sa position relative. Quant ses formes et ses rapports avec le condyle de la mchoire infrieure , il en est plus spcialement question dans la XVI* leon.] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 247 Entre le (rou extrieur de l'oreille et le condyle, mais plus prs du premier, saille l'apophyse stylode; plus prs du condyle est la fosse jugulaire par o descend la principale veine du crne, et un peu en avant et en dehors l'orifice du canal carotidien par o monte la principale artre. Le premier est, en partie, et le deuxime en totalit, creus dans une portion raboteuse dite le rocher , qui contient le labyrinthe intrieur de l'oreille ; sa pointe, qui aboutit presque au dessus des fosses ptrygodes , est dans le crne sec une solution irrgulire de con- tinuit, dite e trou dclar antrieur. La partie solide situe entre les deux rochers , les fosses nasales et le grand trou occipital , se nomme basilaire. Elle se trouve dans la ligne de gravit du crne. Lorsqu'on dtache du crne les os de la mchoire suprieure, du nez, des pommettes et du palais, on ne voit plus sous la base du crne, dans cette partie, que les saillies qui servent rattacher la face ; savoir s les angles internes des orbites, entre lesquels sont les lames de l'ethmode; les angles externes; la partie de T arcade zygomatique qui est forme par l'os des tem- pes; les ailes ptrygodes qui se joignent aux angles du palais. B. Dans les Mammifres. a. Quadrumanes. [Les fosses de la tte de Y orang-outang sont assez voisines de celles de l'homme. Cependant l'ouverture des narines ne remonte gure qu'au niveau des trous 248 VIII e LEON. OSTKOLOG1E DE LA TTE. sous-orbitaires ; et les orbites sont presque tout fait arrondis , ou un peu plus hauts que larges ; la fosse palatine est plus longue.] Dans le chimpans , l'ouverture des narines remonte un peu plus que dans V orang-outang , et jusqu'au niveau du bas des orbites ; ceux-ci, un peu moins rapprochs, ressemblent davantage ceux de l'homme par leur coupe rhombodale, et toutefois ils sont encore un peu plus hauts que larges , et plus grands proportionnelle- ment la face. [ Les gibbons ont les orbites plus arrondis , Fouver- ture des narines remontant jusqu' leur tiers infrieur; le jugal, au lieu d'tre creus en arrire , dans sa por- tion orbitaire, en une gouttire qui se confond avec la fosse temporale, est au contraire bomb pour produire la forte saillie de F orbite, de sorte que la fosse tem- porale est rejete en arrire. La fosse basilaire est plate. ] Dans les guenons, les macaques, les cynocphales , les semnopithques , [surtout lorsqu'ils sont adultes], les orbites sont plus larges que hauts (1). Le frontal forme entre Fethinode et le sphnode une partie de la lame verticale qui spare les orbites, et qui se trouve ainsi trs mince, et mme quelquefois en partie mem- braneuse. [L'ouverture des narines estalonge, obli- que , ne remontant pas entre les orbites dans les espces dont le museau est saillant, remontant un peu entre ces cavits dans celles qui ont le museau court. Leur fosse temporale se marque avec Fge, et dans (1) J'ai cependant un semnopithque, le tchincou {simia inaura Linn). dont l'orbite est plus haut que large. ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 249 plusieurs espces l'adulte l'a rapproche vers le haut de celle de l'autre ct, de manire laisser une crte troite et saillante sur le vertex , crte que Ton retrouve gnralement dans les carnassiers adultes. [ Dans ces diffrents genres, la forme de cette fosse, derrire l'or- bite, se rapproche davantage de celle de l'homme. ] Dans les sapajous , les atles , les alouattes , les sakis , la fosse nasale est plus courte et plus large qu'aux guenons. Dans certaines espces, les fosses ptry- godes sont trs rtrcies. Dans les alouattes ei les atles, l'intervalle des orbites est large. [Ces cavits sont dans tous ces genres peu prs aussi hautes que larges. Les alouattes ont en outre la fosse palatine re- courbe en haut pour contribuer loger le tambour du corps de l'hyode , et les fosses ptrygodes sont rduites un troit sillon.] Les orbites des simiris ne sont pas entirement spa- rs par une cloison osseuse ; mais il reste un grand espace membraneux sous le frontal , entre l'os elhmode et les petites ailes du sphnode. [ Ils sont fort grands proportionnellement la face : la fosse temporale est trs petite. ] Dans les lmuriens , une large communication est ouverte entre l'orbite et la fosse temporale , au lieu de la fente et du trou sphno-maxillaire, communication qui vient de ce que le jugal n'a point cette aile qui , dans tous les animaux prcdents, s'articule avec une crte del grande aile du sphnode. Le loris grle a les orbites autant dirigs en avant que les sapajous, mais plus inclins d'avant en arrire, plus grands et plus rapprochs l'un de l'autre. Nan- moins il n'y a pas d'espace vide derrire l'ethmode, et 250 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. mme cet os est assez grand ; mais comme il est plac trs bas, le haut des deux orbites est spar par une lame forme de Fadossement immdiat des deux frontaux. Le loris paresseux , les galagos , ont les orbites moins grands , moins rapprochs ; leur intervalle , et par consquent Fethmode, plus large ; les fosses tempo- rales rapproches Tune de Fautre, sur le vertex, avec Fge. [La fosse ptrygode est mdiocre, cause de la petitesse de Fapophyse interne. Dans Ycwahi, cette fosse est au pon traire remarquablement profonde. ] Dans les makis proprement dits , la largeur du nez et de la lame cribleuse carte tellement les orbites que ceux-ci se dirigent en partie de ct, et que leurs plans forment entre eux un angle droit. L'intervalle des deux yeux , quelquefois un peu concave , est prin- cipalement rempli dans le haut par les sinus fron- taux. Les ouvertures postrieures des narines , non spares par une cloison osseuse, ont une largeur pro- portionne Fcartement des orbites ; le bord post- rieur du palais est plus chancr que dans les singes et dans les genres prcdents. [ Les fosses ptrygodes sont troites. Les fosses temporales restent toujours fort cartes Fune de Fautre sur le crne. La fosse sph- nodale, confondue en une seule avec la fosse temporale et F orbite , est spare de la basilaire par Funion de Fapophyse ptrygode externe avec la caisse. La fosse basilaire elle-mme, un peu concave, est re- marquable par Fabsence presque totale des trous ou des fentes qui , dans Fhomme , dcoupent cette fosse si profondment.] Les tarsiers ont leurs orbites plus grands encore AKT. II. TTE DES MAMMIFRES. 251 proportion ; ceux-ci sont cependant moins rapprochs en dessus que dans le loris grle , mais la cloison qui les spare devient plus mince vers le bas et presque membraneuse. [La fosse temporale est trs petite, et sa communication avec les orbites est beaucoup moins ouverte que dans les genres prcdents : ils forment sous ce rapport le passage entre les singes et les autres animaux. L'orbite se trouve en effet ferm, en haut et en dehors, par le frontal, qui y forme moins une apo- physe qu'une lame post-orbi taire, pour s'unir au jugal un peu largi en ce point, et en bas et en arrire par une lame mince et large du maxillaire. La com- munication avec la fosse temporale se trouve ainsi r- duite une grande chancrure, irrgulirement ar- rondie. Les fosses temporales ne rtrcissent pas le crne en arrire des orbites , et restent fort cartes. L'ouverture postrieure des fosses nasales est double, comme dans les loris et les galagos , troite comme l'antrieure, par consquent les apophyses ptrygodes d'un ct fort rapproches de celles de l'autre , mais divergeant aussitt pour s'aller unir aux caisses. La fosse basilaire est presque tout entire occupe par les caisses. ] b. Carnassiers. Dans les carnassiers , l'ouverture antrieure de la fosse nasale se rapproche davantage du bout du museau que dans les quadrumanes. Sa forme est peu prs ronde ou plus large vers le haut. Dans les chauve s -souris proprement dites l'orbite n'a point d'apophyse suprieure, il n'est point limit en 252 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. arrire. Dans quelques-unes , comme le noctilion , quelques plujllostomes , etc., la rgion basilaire entre les deux rochers est creuse de deux fossettes pour les muscles antrieurs de la tte. Le bord postrieur du p*alais se prolonge plus ou moins selon les espces; dans celles qui sucent, comme les phyllostomes , le pa- lais se continue plus en arrire que les molaires, et mme dans le vampire et les glossopliages il forme une sorte de tube en arrire, comme dans tous les animaux qui font grand usage de faction de sucer. Dans les espces ordinaires, molosses , noctilions, v esperti lions , il ne se porte pas autant en arrire, quoiqu'il dpasse toujours un peu les molaires. Dans les mgadermes , il se termine peu prs vis--vis la deuxime molaire; mais dans les rhinoloplies, les rhinopomes , les nyctres, il ehancre le palais jusque vis--vis la pnultime ou r.ant-pnultitne molaire. [Enfin dans le rliinolophe fer--cheval, la fosse palatine est tellement chancre en avant et en arrire qu'elle est rduite une petite lame transversale. On n'aperoit pas de fosse ptrygode de chaque ct , mais entre les apophyses de ce nom il y a sur la ligne mdiane une fosse plus ou moins alonge , d'o rsulte l'chancrure si variable du palais , et qui se continue avec l'ouverture postrieure des fosses nasales. C'est ce que nous appelons la fosse m s o -ptrygode . Dans les roussettes , l'orbite n'est point cern en ar- rire ni en dessous. Cependant, dans les roussettes pro- prement dites, le cercle de l'orbite est presque entire- ment complt par le rapprochement des apophyses post-orbilaires du jugal et du frontal : il ne reste entre elles qu'un espace cartilagineux de deux ou trois lignes. ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 253 La fosse palatine se prolonge de plus du quart de sa longueur au-del de la dernire molaire. Il y a deux petites fosses ptrygodes peu profondes; la fosse ba- silaire est plate, alonge. Dans le galopithque, le cadre de l'orbite est inter- rompu vers la tempe d' peu prs le cinquime de sa circonfrence. Toutefois, il y aune apophyse post-orb- taire, tant au frontal qu'au temporal, mais ne se tou- chant point. La fosse temporale n'atteint pas la crte occipitale , encore moins la fosse du ct oppos. Les fosses nasales sont trs dprimes en arrire. Le bord postrieur du palais est chancr en cur jusque vis- -vis la pnultime molaire. [ Il y a une fosse ptry- oode troite. Parmi les insectivores, le ctadobate est le seul qui ait le cercle de l'orbite compltement ferm en arrire par la runion des apophyses post-orbitaires du jugal et du frontal. De plus , ces deux cavits s'enfoncent pro- fondment en dedans et en arrire, et sont bien dis- tinctes de la fosse temporale. Dans tous les autres genres , l'orbite et la fosse temporale sont confon- dus, sans qu'il y ait de rudiment d'apophyse ces deux os. Dans le tenrec et les musaraignes , ces deux fosses sont ouvertes en dehors , par l'absence du jugal et la brivet des apophyses zygomatiques. Les fosses nasales s'ouvrent presque verticalement dans les desmans, les taupes et les scalopes,et se conti- nuent en arrire en une fosse mso-ptrygode plus ou moins alonge. La fosse palatine se continue au moins jusqu'aux dernires molaires, et est limite en arrire dans les hrissons, la taupe, les scalopes par un rebord trans- 254 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. versai saillant , qui la spare de la fosse mso-ptry- gode. Celle-ci , dans le hrison et dans le tenrec , forme un demi-canal ingal et profond jusqu' Tos basilaire , o elle aboutit une cavit arrondie surmonte sur les cts par deux larges apophyses que produit en cet endroit le sphnode postrieur. Il y a de chaque ct, dans le hrisson, le tenrec, le cladobate , le desman , une fosse ptrygodienne ; elle est grande dans le hrisson ; elle manque dans la chnjsoclilore et dans le condylure. Dans la taupe , et surtout dans le sccdope , il y a , au lieu de cette fosse , un renflement along et vsiculeux. La fosse temporale de la chrysochlore offre une dis- position remarquable. Son fond est presque entire- ment rempli , en avant de la crte transversale et en dedans de la partie la plus largie de l'arcade zygo- matique , par une vsicule saillante demi-sphrique , qui communique avec la caisse. Dans le chien, les narines s'ouvrent obliquement au bout du museau. LWbite, dirig fort en dehors, a ses limites marques en arrire par les apophyses post-or- bitaires du frontal et du jugal, qui restent spares par un espace qui varie du quart au septime de son con- tour. Il communique largement en arrire avec la tempe ] ; la fosse temporale couvre tout le ct du crne. En dessous, la fosse palatine est unlong triangle isocle plus large entre les antpnultimes molaires , et dont le bord postrieur est prcisment entre les dernires. Les crtes ptrygodes . simples et hautes , interceptent un intervalle moiti plus troit que le pa- lais et des deux tiers plus court , [ c'est la fosse mso- ART. II. TTE DES MAMMIFERES. 255 ptrygode ; et il n'y a pas de fosses ptrygodiennes.] Dans Y ours ^ l'orbite est plus vertical, reculant moins du haut. [La fosse palatine est assez rgulirement ovale ; elle se rtrcit et se prolonge au-del des der- nires molaires. La fosse mso-ptrygode est pro- fonde et n'ayant gure que le quart de la longueur du palais. Dans le raton, les bentiirongs , les coatis, le cercle de l'orbite est plus largement ouvert en arrire ; la fosse palatine se rtrcit aprs les dernires molaires et se prolonge plus qu' Fours, dans le coati, surtout. La fosse mso-ptrygode y est peu profonde et courte. Il n'y a pas de fosse ptrygode. Dans le kinkajou comme dans les chats , la brivet du museau rend l'ouverture des narines moins oblique. Le premier a les orbites peu limits en arrire, cause du peu de saillie de l'apophyse post-orbitaire du fron- tal et de l'absence de celle du jugal. La fosse palatine forme un carr along. Dans les chats, le grand cartement des arcades rend le plan des orbites moins tourn en dehors ; l'orbite lui- mme est presque compltement ferm en arrire par le rapprochement des deux apophyses post-orbilaires; nous avons mme une espce (le felisjavanensis. Hors.) o le cercle de l'orbite est compltement ferm. Mais le gupard se rapproche plus du chien par la grande ou- verture de son orbite en arrire. La fosse palatine forme un triangle base trs large , et se continuant un peu en se rtrcissant au-del de la dernire mo- laire. Il y a une fosse mso-ptrygode troite et alonge. 25G VIII e LEON. 0ST0L0GIE DE LA TTE. L'orbite de la hyne est plus ferm que dans le chien, moins que dans le chat. Les fosses de la base du crne sont sensiblement comme dans le chien. Les mangoustes ont, dans certaines espces, le cercle de l'orbite ferm en arrire par la jonc- tion des deux apophyses post-orbitaires , et elles ont aussi une petite fosse ptrygode. Quant aux d- tails du reste de leurs fosses, ils sont trs semblables ceux de l'hyne; et Ton peut en dire autant, sauf des variations dans le prolongement du palais , des civettes , des genettes, des blaireaux, des grisons, des martes , des loutres et des paradoxures ; seulement ces derniers ont des fosses ptrygodes triangulaires et assez grandes. H y a quelques genres et quelques espces o les apophyses post-orbitaires sont peu marques, tantt celle du frontal, et tantt celle du jugal. Le protle a le palais ovale et non triangulaire comme les prcdents, et la surface basilaire troite et surmonte de chaque ct par la saillie des deux normes caisses. ] Dans le phoque commun [et dans tous les phoques oreilles], l'orbite est trs grand, et le frontal ne le cerne point en arrire par une apophyse post-or- bitaire; il ne se distingue de la tempe que par la con- vexit de celle-ci. [Mais, dans les otaries 9 il y a une apophyse post-orbitaire du frontal, largie et mdio- crement saillante. L'ouverture des narines est oblique et au bout du museau , except dans le phoca cristata et dans le phoque trompe , o les os du nez sont trs courts, et l'ouverture des narines verticale , tout prs du bord de l'orbite, et fort en arrire des incisives. La fosse palatine varie beaucoup. Dans le phoque corn- ART. II. TETE DES MAMMIFERES. 257 mun , elle se prolonge un peu au-del des molaires et est chancre angle rentrant; dans le phoca cristata et le phoque trompe , elle se prolonge davantage, et se termine dans le premier par un bord presque droit, par une chanerure ovale dans le second. La fosse mso ptrygode n'est bien marque que dans le der- nier, o elle se continue avec la surface basilaire. Celle-ci, dans les deux premiers genres , est bombe Funion du basilaire au sphnode. On ne voit dans aucun de fosse ptrygode. Le phoca leptomjx a la fosse palatine termine comme celle du phoque commun ; mais la fosse mso- ptrygode est extrmement alonge et profonde; la surface basilaire est un peu releve en arrire. Les otaries ont la fosse palatine trs alonge, quel- quefois trs profonde, s'tendant fort au-del des molaires en un tube pour les arrire-narines, et sur- monte par de hautes crtes ptrygodes , qui se rap- prochent en arrire. Le bord postrieur du palais est droit ; il n'y a , par consquent , que peu ou point de fosse mso ptrygode, et la surface basilaire offre sur ses cts des enfoncements assez marqus pour des in- sertions musculaires. ] Dans le morse, Tnormit des alvoles ncessaires pour loger les canines relve le devant de la mchoire suprieure, et les narines osseuses se trouvent regarder le ciel et non terminer le museau. L^espace entre les apophyses ptrygodes est large et lgrement con- cave. c. Marsupiaux. [Dans les narigues, Fouverlure des narines, pince 2, 17 258 VIII e LEON. OSTKOLOGIE DE LA TTE. au bout du museau , est recouverte par la saillie des os du nez. L'orbite, dont ]es limites sont indiques par des apophyses post-orbitaires peu saillantes du frontal et du jugal , est petit. La fosse temporale est considrable. La fosse palatine, en triangle along, se prolonge un peu ad - del des molaires , et se termine par un bord relev comme dans les insec- tivores. Il y a prs de cette arte deux longs espaces membraneux comme dans le hrisson, et un ou plu- sieurs trous galement ferms par des membranes. La fosse mso-ptrygode est courte, peu profonde et triangulaire. Il n'y a, pour toute fosse ptrygode , qu'un troit sillon. La surface basilaire est large et plate. Le tlnj latine diffre principalement des prcdents en ce que son palais se termine la hauteur de la dernire molaire , et qu'il n'offre pas de rebord saillant. ] La partie postrieure du palais montre un trs grand espace carr , commun aux maxillaires et aux palatins, et entirement membraneux. [La fosse mso-ptrygode est ovale et profonde. La fosse ptry- gode n'existe pas ; elle est reprsente par une gout- tire qui termine les ailes ptrygodes, et qui se pro- longe fort en arrire le long du corps du sphnode jusque entre la caisse et le basilaire , o elle se creuse davantage. En avant des condyles,le basilaire offre deux dpressions pour des insertions musculaires. Le dasyre oursin a, comme le prcdent, un grand espace carr membraneux au palais. Les orbites sont petits , bien cerns par des apophyses post-orbilaires du frontal et du jugal 5 les fosses temporales sont pro- ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 259 fondes , la fosse mso-ptrygode est assez semblable celle du thylacine. Dans les pramles les narines sont chancres angle aigu sur le ct, et la saillie des os du nez se bombe un peu au-dessus d'elles ; les limites de l'orbite sont moins marques, et la fosse temporale fort petite, en raison de la brivet de l'arcade zygomatique. Les fosses de la base du crne sont semblables celles des sarigues.] Dans le dasyure les orbites sont disti jgus en arrire par les apopbyses post-orbitaires du frcntal et du jugal. Celle-ci est beaucoup plus prs de sa suture avec le temporal que dans la sarigue. La fjsse palatine est comme dans ce dernier, mais le palais y est trs mince, les deux espaces membraneux trs pt its. La base du crne est un peu forme en goultir par le prolon- gement, sous forme de crte peu saillante, des ailes ptrygodes. [Dans le phalanger , il n'y a que l'apophyse post-or- bitaire du jugal, et prs de la suture temporale, comme au prcdent; la fosse palatine se pro onge, ainsi que dans les genres suivants , fort au-del;. de la naissance de l'arcade zygomatique, et il y a de ns le palais les mmes espaces membraneux communs aux maxillaires et aux palatins. Dans les phalangers volants, les artes surcilires se relvent de telle sorte qu'il y a une fosse frontale. Le potoroo diffre des prcdents en ce que sa fosse palatine n'est point partout limite par des dents , et qu'il y a un espace libre entre la canine et la premire molaire, et surtout en ce qu'il a une large fosse pt- rygode , ovale et peu profonde. 260 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LX TTE. Dans les kanguroos le palais , libre sur le ct entre les incisives et les molaires, o il est trs rtrci, est remarquablement along ; il occupe peu prs les trois quarts de la base du crne]. Les espaces membraneux des genres prcdents manquent au palais du kanguroo commun adulte, mais on les trouve dans les jeunes, et dans le kanguroo lgant il y en a un trs large et com- mun aux deux cts. [Dans ce genre la fosse mso- ptrygode est courte, mais trs profonde; il y a aussi de chaque ct une grande fosse ptrygode verticale bien plus dveloppe que dans le phalanger et le potoroo. La rgion sphnodale de la surface basilaire est bombe. Ce que nous avons de la tte du koala nous mon(re que la fosse palatine est trs troite et enfonce en avant; qu'elle s^largit et devient bombe entre les mo- laires ; qu'elle est perce en arrire de deux ouver- tures carres , grandes , et tout entires dans les pala- tins, et que tout le reste de la base du crne forme une longue gouttire , profonde , limite par les ailes ptrygodes qui touchent des caisses remarquable- ment saillantes. Il n^y a point du tout de fosse ptry- gode. Dans le phascolome la place de Forbite est marque par une sorte de plancher que lui forme la partie an- trieure du jugal. La fosse palatine est fort troite, surtout entre les premires molaires; disposition que nous trouverons plus exagre encore chez certains rondeurs. Il v a deux ouvertures irr^ulires en ar- rire, et tout entires dans les palatins. La fosse mso- prygode est mdiocre; la fosse ptrygode est rejete ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 261 sur le ct, dirige obliquement en dedans et en arrire, et n'est bien limite que dans son fond.] d. Rongeurs. Dans les rongeurs, l'ouverture antrieure de la fosse nasale tronque verticalement le bout du museau ; sa forme est celle d'un cur dont la partie large est en haut. Dans Yaije-aye , le cercle des orbites est ferm en arrire comme dans les makis , les mangoustes et cer- tains chats , et leur direction est un peu en avant. La fosse temporale est trs tendue. [La palatine est petite et finit avec l'arcade dentaire. La mso-ptry- gode est profonde, et se continue, en s'vasant, avec la basilaire. Il y a des fosses ptrygodes troites, et dont la paroi externe s'unit la caisse. Au milieu de la face basilaire sont deux tubercules saillants qui touchent la caisse , et plus avant , en dedans des fosses ptry- godes , deux petites fossettes. Les livres s'isolent par leurs fosses comme par les autres parties de leur tte, et du genre qui prcde et de ceux qui suivent. Le milieu del face latrale de la tte est occup par un trs grand orbite, dont le cercle, sans tre entirement ferm, est cependant presque complet par les saillies des apophyses orbitaires du frontal , et par leur voisinage de l'apophyse zy gomatique du temporal. Le lger sillon qu'on voit au-dessus de celle-ci et qui se confond avec l'orbite est peu prs tout ce qui reste de la fosse temporale. La fosse pa- latine , perce par deux immenses trous incisifs , est rduite une sorte de bande osseuse qui spare ces trous de la fosse niso-ptrygode , laquelle est 262 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. droite et profonde; elle commence l'antpnultime molaire et est loin de s'tendre jusqu'aux caisses. Il y a de chaque ct une fosse ptrygode assez grande , triangulaire. La fosse basiaire est limite, prs des condyles , par les caisses, et plus en avant par la con- vexit mme des parois du crne ; car la facette gl- node , extrmement troite d'arrire en avant , se trouve reporte trs haut sur les cts de la tte. ] Dans la marmotta , F orbite est born en arrire par une apophyse post-orbitairedu frontal trs marque et fort pointue. [L'apophyse post-orbitaire de l'arcade est rduite une lgre prominence, un peu plus sensible dans la marmotte du Canada que dans celle des Alpes. Les tempes sont peu enfonces , mais elles communi- quent largement avec les orbites et s'tendent sur les cts du crne. La fosse palatine est alongf'e , partout de largeur gale, et ne se termine qu'aprs la dernire molaire. La fos e ptrygode est borde en dehors plutt par une rte que par une lame apophysaire. La fosse mso-ptrygode est profonde et de mme longueur que la fosse basiaire : celle-ci prsente contre les caisses deux tubercules ou deux lames apophy- s aires. Dans les cureuils , et surtout dans le ptromys , le jugal donne une pointe post-orbitaire plus marque. Les fosses temporales ne s'tendent pas sur le crne : la fosse ptrygode est triangulaire; la mso-ptry- gode est plus arge, et dans quelques espces des Indes la fosse p.datine s'chancre un peu en arrire . entre les dernie.es molaires. Dans d'autres , elle se prolonge au-del. Dans le castor , l'apophyse post-orbitaire du frontal ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 203 est obtuse et peine saillante ; celle du jugal est grande et galement obtuse. Dans les adultes, les fosses tem- porales se rapprochent presque vis vis de ces apo- physes, au point de former une crte sagittale qui occupe la moiti de la longueur de la tte; mais dans les jeunes, ces deux fosses ne se touchent point. [La fosse palatine proprement dite, c'est--dire limite par les arcades dentaires, ne forme pas, comme dans les prcdents, un mme plan avec la partie qui se trouve entre les incisives et les molaires. Celle-ci se relve fortement en vote. L'autre est plus troite en avant qu'en arrire ; et son bord postrieur, situ plus loin que la dernire dent , se prolonge en pointe son milieu. La fosse mso- ptrygode est profonde, et communique par un grand anneau osseux avec les fosses sphnodale et ptrygode; celles-ci sont verti- cales et grandes. La surface basilaire est creuse d'une grande cavit arrondie. Les onjctres diffrent du castor, surtout par leur fosse palatine," qui n'existe pour ainsi dire pas entre les arcades dentaires, tant celles-ci sont rapproches , mais qui se prolonge en arrire en une petite surface quadrilatre. La fosse mso-ptrygode est trs courte. On ne voit pas de fosses ptrygodes, et la surface ba- silaire est carne.] Dans Y ondatra et dans les campagnols proprement dits, les orbites, fort rapprochs l'un deFaulre, ont en arrire une apophyse post-orbitaire qui est fourme par le temporal. La fosse palatine est presque aussi large en avant qu'en arrire, et ne s'tend que jusqu' la moiti de la dernire molaire, o commence une fosse mso-ptrygode beaucoup plus troite. Les 264 VIII e LEON. OSTlfoLOGIE DE LA TTE. fosses ptrygodes places en dehors de celle-ci sont beaucoup plus larges quelle; elles sont profondes; et dans le rat d'eau, on voit leur fond plusieurs trous qui les font communiquer avec la cavit du crne. Les caisses sont saillantes sur les cts de la fosse basilaire. Les rats diffrent des prcdents, principalement en ce que le palais se prolonge en arrire des dents , et que la fosse mso-ptrygode y est plus grande que les fosses ptrygodes, lesquelles sont plus ou moins en- fonces selon les espces. Dans les gerbilles , l'orbite est plus grand , mais il n'y a pour ainsi dire pas de fosse temporale. La partie intradentaire de la fosse palatine est sur le mme plan que celle qui est plus en avant. Cette partie offre deux fentes parallles qui rgnent dans toute sa longueur; et du bord postrieur du palais partent en rayonnant trois fosses , la mso-ptrygodienne qui est petite et triangulaire , et les deux fosses ptrygodes qui sont plus larges et plus arrondies que la prcdente; elles sont toutes fort voisines des caisses qui, se rapprochant sur la ligne mdiane, rtrcissent beaucoup en avant la fosse basilaire Les hamsters ont les fosses extrieures de leur tte disposes d^une manire fort semblable celle des rats] seulement le dveloppement plus grand des caisses rtrcit davantage en avant la fosse basilaire. Le lrot a la fosse palatine large entre les molaires ; la fosse mso-ptrygode alonge et plus grande que les fosses ptrygodes , qui sont perces leur fond de plusieurs trous. La fosse basilaire est troite , borne de chaque ct par deux normes caisses. Dans le lemming z oc or etlespalax, les dispositions des ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 265 fosses sont peu prs les mmes; seulement, dans le premier, il y a plutt un large trou de communication avec le crne de chaque ct qu'une vritable fosse ptrygode, et, dans le second, cette fosse est profonde, et perce son fond d'un trou unique de communi- cation avec le crne; mais la forme de la fosse tem- porale en arrire, cerne comme elle Test par une vive arte des os du crne , leur est toute particulire. Dans le rhizomijs de Sumatra , la fosse temporale ne ressemble en rien celle des prcdents , et se rap- proche de celle de l'oryctre par son extension sur les cts du crne. Le palais est plane et partout d'gale largeur; la fosse mso-ptrygode est grande, parois plus hautes et moins alonge qu'au prcdent ; et elle a de chaque ct une fosse ptrygode trs profonde , mais qui ne communique point avec le crne. Les gerboises et Yalactaga ont la fosse palatine plane, perce de deux fentes, et prolonge au-del de la dernire molaire. De son bord postrieur partent angle obtus trois fosses d'gale grandeur : ce sont la fosse mso-ptrygode et les deux ptrygodes. Dans la gerboise , la premire est spare de la fosse basilaire par un bourrelet vsiculeux , transversal , que pro- duisent les deux caisses en se touchant par leur pointe sur la ligne mdiane. Dans le pphagomys,]a fosse palatine est carne, et son bord postrieur est chancr en pointe jusqu' la pnultime molaire. Il en rsulte une fosse mso- ptrygode plus grande que dans les prcdents, et beaucoup plus en avant des fosses ptrygodes. La partie antrieure du palais est, comme dans le castor, releve en vote. 266 VIII e LE(j0N. 0ST0L0GIE DE LA TTE* Dans Vlilamys, l'orbite forme un cercle presque parfait, cbancr en arrire, pour former la trs petite facette qui reprsente la fosse temporale. Sa fosse pa- latine est singulire. Entre les deux premires mo- laires, elle se creuse cTun profond sillon , Textrmit duquel sont les trous incisifs; en arrire, elle est chan- cre jusque la pnultime molaire, de sorte que sa partie plane est fort troite. La fosse mso-ptrygode est courte, et communique avec l'orbite par deux grandes ouvertures. Les deux fosses ptrygodes sont larges, peu profondes, diriges en arrire, et forment un plan vertical qui termine de chaque ct Farcade dentaire ; car il n'y a pas d^tile plrygode. Un grand trou dchir les spare des caisses , lesquelles restent au niveau de la surface basilaire. Ucliymis a la fosse palatine longue et troite. En avant de la premire molaire naissent deux crtes saillantes qui environnent les trous incisifs. La fosse mso-ptrygode pntre angle aigu jusqu' moiti de la dernire dent; et ici commence, pour les fosses ptrygodes , une disposition particulire dont nous allons retrouver l'analogue dans tous les genres sui- vants. Bien que trs profondes, elles manquent plus ou moins de paroi externe, et Ton ne voit leur ou- verture qu v un anneau osseux form par la runion de deux branches du palatin avec deux branches du sph- node; de l elles s'enfoncent obliquement de bas en haut et d'arrire en avant, et se confondent avec la ca- vit de forbile. Elles semblent aussi communiquer avec le crne par la fente sphno-orbitaire qui s'ouvre au-dessus d'elles. Le capromijs diffre du prcdent par un orbite plus ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 267 petit, par une petite apophyse post-orbitaire et par sa fosse palatine qui n'est pas chancre en arrire. Les fosses ptrygodes offrent la mme disposition ; mais leur anneau d'ouverture est form par des lames plus larges. Les porcs-pics ont la fosse palatine non chancre comme le prcdent , mais aussi large en avant qu'en arrire , et un peu carne. La fosse mso-ptrygode est large et profonde , et les fosses ptrygodes ont leur ouverture troite et alonge. Les caisses saillent peu sur les cts de la fosse basilaire. LSurson et. le coendou s'cartent des prcdents par la grande concavit de leur fosse palatine en avant des molaires , par Fchancrure de son bord post- rieur et par la grande saillie de leurs caisses. Dans Yurson , l'ouverture des fosses ptrygodes est large et arrondie; elle est plus troite dans le coendou. Le coma diffre de Purson par une fosse mso-ptry- gode plus recule et beaucoup plus petite , et par une fosse ptrygode moins tendue.] Dans Yagouti , Forbite est recouvert par une crte du frontal , qui donne en arrire une petite apophyse post-orbitaire laquelle le temporal contribue. [La fosse mso-ptrygode s'avance jusqu' la pnultime molaire, et Panneau de la fosse ptrygode est fort mince en dehors. La basilaire est plaie. Le paca dif- fre peu de Fagouti. "Le cochon d'Inde a la fosse palatine triangulaire, et fort chancre par la fosse mso-ptrygode , qui est aussi triangulaire et petite. Les fosses ptrygodes sont ovales , et diffrent un peu des prcdentes en ce que 268 VIII e LEON. QSTOLOG1E DE LA TTE. leur paroi externe est beaucoup plus large , et com- prend dans son paisseur le trou sphno-orbitaire; mais la fosse ptrygode n'en est pas moins ouverte au fond de l'orbite , au dessous du trou optique. Le cabiai a la fosse mso-ptrygode trs petite rela- tivement la palatine , et est remarquable par ses grandes fosses ptrygodes , qui s'enfoncent , comme deux doigts de gant, derrire l'orbite, sur les cts du corps du sphnode. Ici la fosse est circonscrite de telle sorte qu'elle ne peut tre mconnue, et tou- tefois elle ne laisse pas que de conserver de la ressem- blance avec celle des genres prcdents , car sa paroi externe, quoique bien moins ouverte, Test cependant un peu , et communique avec l'orbite au dessous du trou optique et au dedans du sphno - orbitaire , comme dans le cochon d'Inde. La fosse basilaire est aussi remarquable : sa partie moyenne est en carne trs saillante, et descendant beaucoup plus bas que les caisses ; elle est limite en arrire par les deux immenses apophyses para-mastodes (1) , et elle laisse voir, sur ses cts, la base de l'arcade, deux sillons longitu- dinaux parallles , spars par une crte du temporal ; le plus externe sert l'articulation de la mchoire, c'est la facette glnode; l'autre est destin des in- sertions musculaires. (1) [ Nous appelons ainsi une apophyse qui, dans un trs grand nombre d'animaux , tient lieu de l'apophyse mastode de l'homme, mais qui nat de l'occipital et non du temporal. Voy. tome IV. premire part'e, page 48.3, o M. Duvernoy indique la cause des diffrences de dveloppement qu'elle prsente avec l'apophyse masto le. La ncessit de la distinguer de celle-ci , quoique donnant attache aux mmes muscles , et sa position constante derrire cette apophyse nous fait adopter de prfrence la d- nomination d'apophyse para-mastode. ] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 269 Dans le kerodon de Patagonie, la fosse palatine, triangulaire, est rduite peu de chose, par la fosse mso-ptrygode qui Fchancre jusqu'au milieu de la pnultime molaire : Panneau de la fosse ptrygode est en ovale trs along. Celle-ci s'enfonce trs profon- dment et s'ouvre dans l'orbite , au dessous et en avant du trou optique , par une ouverture bords irrgu- liers j et comme elle communique aussi par sa paroi interne avec la fosse mso-ptrygode, il y a dans le squelette une large communication entre les deux cts de la tte. La fosse basilaire est borde par les saillies des caisses. L'orbite dans la viscache est dirig beaucoup plus obliquement en haut que dans le prcdent, mais les fosses de la base de la tte y sont assez semblables ; seulement il y a une petite apophyse pointue au fond de Fchancrure postrieure du palais, et la large union de la caisse avec Fos ptrygodien forme des fosses mso-ptrygode et basilaire une seule fosse con- tinue. La principale diffrence des fosses du chinchilla d'avec celles de la viscache , c'est que la fosse basilaire est rduite presque un troit sillon par le prodigieux dveloppement des caisses.] e. dent s. [Dans IV/ et dans Yitnau , les fosses nasales s'ouvrent verticalement au bout du museau. L'orbite, peu pro- fond, limit en bas par une courbure du jugal , et en haut, dans Ywiau. par uneforte apophysepost-orbitaire 270 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE, du frontal , n'est presque pas distinct de la fosse tem- porale , et ces deux fosses runies occupent , notam- ment dans Ya , la presque totalit du ct de la tte. La fosse palatine est troite, plus large en avant, o elle est un peu creuse, qu'en arrire, o elle est bombe. Elle ne s'tend gure au-del de la dernire molaire, et il lui succde une longue fosse mso-ptrygode plus large que la palatine, et qui, dans l'a, est rendue pro- fonde par l'lvation des ailes ptrygodes. Dans Yunau, elle est limite de chaque ct par le renflement vsi- culeux des os ptrygodiens. Cette fosse se continue sans interruption avec la surface basilaire. Il n'y a pas de fosses ptrygodes. Dans les tatous en gnral les fosses nasales s'ou- vrent obliquement en bas, les os du nez se prolongeant en pointe en dessus plus que les inter-maxiliaires en dessous] ; l'enfoncement de la tempe est peu marqu, et monte peine jusqu'au parital; les orbites sont pe- tits; [ils ont une apophyse post orbitaire infrieure, qui tantt appartient au temporal , tantt est, comme dans le cabassou et le tatou gant, forme la fois parle temporal et le jugal. Dans Yencoubert il en existe peine. La fosse palatine est plate, alonge, trs peu enfonce, et se continue dans la plupart bien au-del de la dernire dent , et jusqu' la fosse basilaire , la fosse mso-ptrygode n'existant pas , ou plutt se trouvant ici transforme en tube par le prolongement de l'union des palatins. Dans le cabassou, elle se ter- mine par une apophyse aigu que donne l'os ptry- godien. Cependant, dans Yencoubert, la fosse palatine finit avec les molaires , et il y a une petite fosse mso- ptrygode triangulaire. Il y en a aussi une fort courte ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 271 et carre dans le tatou gant. Il n'y a pas de fosses ptrygodes. Les rapports de l'ouverture infrieure de l'orbite avec la fosse palatine et Farcade dentaire sont varis, Ainsi, dans le tatou sept bandes, Forbite ne s'ouvre qu'en arrire de l'arcade dentaire ; dans le tatou gant , il commence la dernire molaire; dans le cabassou, au contraire, il s'avance sur le ct de Farcade den- taire jusqu' Fant-pnultime molaire; dans Yencou- bert, Forbite s'avance jusqu'au mme point, mais il serre Farcade de beaucoup plus prs. L 1 or y c ter ope a l'ouverture nasale dirige l'oppos de celle des tatous, c'est--dire un peu obliquement en haut ; il a aussi Forbite beaucoup plus profond et a tempe mieux marque, quoique d'ailleurs petite. Il y a une apophyse post-orbitaire au frontal, et point au jugal ni au temporal. La fosse palatine est droite et plate; en avant, elle offre sur la ligne mdiane une sorte de canal, plus profond en avant, et qui s'ffce et se confond avec le palais au niveau de la seconde dent. Le palais ne se prolonge que peu en arrire de la dernire molaire, et se termine par un rebord saillant comme dans quelques insectivores. l y a une fosse mso-ptrygode assez longue, plus troite que le palais, et dont le fond se continue avec la surface basi- laire , laquelle n'est limite sur ses cts par aucune saillie ni apophyse, soit des caisses, soit du temporal ou de l'occipital. Les pangolins ont , comme Foryclrope , l'ouverture nasale dirige, dans la tte osseuse, obliquement en haut.] Les orbites sont petits, ronds, peu prs moiti de la longueur de la tte, vers le bas de ses cts, 272 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. par consquent trs loigns l'un de l'autre. [Il n'y a , pour ainsi dire, pas de tempe. La fosse palatine, limi- te par deux artes mousses, sans dents , est troite, un peu creuse, et se prolonge en arrire jusqu'au niveau de l'apophyse zygomatique du temporal. La fosse mso-ptrygode est alonge. Les fourmiliers ont l'ouverture nasale peu prs ver- ticale, et les fosses orbitaire et temporale confondues en une seule, mdiocrement grande et profonde; mais ce qui les distingue par dessus tout, c'est leur fosse palatine , qui, dans le tamanoir et le tamandua, occupe toute la longueur de la tte, depuis le bout du museau jusque prs du trou occipital ; le tube des arrire-na- rines se continuant jusque-l par la runion, non seulement des palatins dans toute leur tendue, mais des deux os ptrygodiens. Le palais est d'ailleurs peu prs plat , il n'est limit en dehors que vers le mi- lieu desa longueur par une arte aigu qui correspond l'apophyse jugale du maxillaire. Nous ne retrouve- rons quelque chose d'analogue que dans les crocodiles. Dans le tamandua principalement, la fosse palatine offre de chaque ct, prs de sa terminaison en arrire, deux vsicules arrondies et mdiocrement saillantes. Dans le fourmilier didactijle , la fosse palatine est un peu en carne, et surtout elle ne se continue pas jus- qu'au trou occipital ; elle n'occupe que la moiti de la longueur de la tte, le reste de la base du crne est creus d'un sillon profond qui forme une longue fosse mso-ptrygode , et qui probablement est ferm dans l'tat frais par un cartilage ou une membrane, de ma- nire complter un tube des arrire-narines aussi long que dans les deux prcdents. ] ART. II. TTE m$ MAMMIFRE*. 273 F. Pachydermes. Les fosses nasales de Flphant s'ouvrent peu prs gale distance entre le sommet de la tte et le bord alvolaire. Leur ouverture extrieure est grande , beaucoup plus large que haute, reprsentant deux ovales joints ensemble, et couverte en dessus par deux os du nez aussi plus larges que longs; la tempe est norme en comparaison de Porbite , mais elle ne se rapproche pas de la tempe correspondante. L'apo- physe post-orbitaire du frontal est courte et obtuse ; celle du jugal est aussi courte et obtuse , et reste fort loigne de celle du frontal. [Une longue crte en forme de lame, forme par le frontal et par le sphnode, parcourt obliquement le fond de l'orbite, et vient se continuer avec l'aile ptrygode du sphnode, qui semble envelopper comme d'un tui la partie post- rieure du maxillaire. Il y a, comme dans les rongeurs, un espace libre et une sorte de vote entre les incisives et les molaires. La fosse palatine elle-mme est courte et troite , et son bord postrieur est chancr pour l'ouverture postrieure des fosses nasales qui forme une fosse mso-ptry^ode trs courte et trs troite. En arrire de celle-ci, il n'y a point de fosse basilaire, toute cette partie du crne, au lieu d'tre horizontale, se trouvant dans un plan vertical, et faisant en quelque sorte partie, avec les ailes ptrygodes, de la face pos- trieure du crne. Dans hippopotame , l'ouverture extrieure des na- rines est trs large, verticale au bout du museau, et borne au dehors par les deux grands renflements des in ter maxillaires. L'orbite bien saillant, se relevant de 2. 16 274 VIII e LEON. OSTOLOfilE DE LA TTE. chaque ct au dessus du front, est situ au tiers post- rieur de la tte, et son cadre est ferm presque enti- rement par l'angle de la vote qui le recouvre et une longue apophyse post-orbitaire du jugal ; il y a mme des individus o ces apophyses s'unissent et compltent le cercle de l'orbite. Une crte saillante du frontal spare l'orbite de la tempe. Celle-ci est trs enfonce, plus haute que large: elle occupe tout le ct du crne. La fosse palatine, largie la parie antrieure, de- vient plus troite entre les molaires ; elle est longue, et ne dpasse gure la dernire molaire. La fosse des arrire- narines, ou mso-ptrygode , est courte, assez large et profonde; la fosse basilaire est galement peu tendue.] Les os du nez du cochon forment une avance pointue sur l'ouverture, des fosses nasales. 11 y a entre leur pointe et la partie correspondante des os intermaxil- laires deux petits os particuliers qui servent ^renforcer le boutoir. On les a nomms os du boutoir. Dans. le cochon proprement dit, l'orbite est rond, et bien marqu par une avance du frontal et les deux apophyses post-orbitaires. Celle du frontal surtout est bien marque. Entre deux est %P eu P r ^ s un sixime du cercle non ferm. La tempe est bien marque par une crte paritale qui va l'occipitale sans toucher jn gnre. # [Dans le babiroussa, ces deux fosses se rapprochent beaucoup , et dans le pcari leurs deux crtes se ru- nissent. Le palais est plat et trs along , et s'tend peu au-del de la dernire molaire. Dans le pcari, sa partie postrieure remonte un peu en se recourbant. La fosse mso-ptrygode est courte et profonde ; vase ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 275 ds sa naissance dans les cochons proprement dits , mais plus anguleuse dans le pcari; son fond, dans le babiroussa mle, est creus de deux enfoncements pro- fonds , alongs , spars par une lame verticale mince, et qui communiquent par un ou plusieurs trous avec les nombreux sinus des os du crne. Ces deux enfonce- ments n'existent pas dans la femelle. La fosse basilaire est fort rtrcie par rnorme saillie que font de chaque ct les apophyses para-mastodiennes et les caisses. Les phacoclires ont les orbites recouverts d'une crte surcilire en forme de vote, et dirigs en dehors et en arrire. La fosse temporale est troite, fortement oblique, et reste loigne de celle du ct oppos. Le palais, large entre les canines, se rtrcit entre les molaires, et se relve en se continuant un peu au-del des dents. La fosse mso-ptry guide est re- marquable, comme celle du babiroussa, par deux longues cavits ovales trs profondes, spares par une lame mince , et qui sont creuses dans le corps du sphnode, et jusque sous le corps du basilaire. La fosse basilaire elle-mm?., situe dans un plan bien suprieur celui du palais, offre quelquefois sur le bord du basilaire une petite apophyse , et , plus en dehors , des caisses trs comprimes et termines en pointe. Il y a des fosses ptrygodes hautes , mais peu profondes, surtout leur base. L'ouverture des fosses nasales , dans les rhinocros, devient norme , et la grande chancrure qui la con- stitue occupe dans le squelette une grande partie de la face. Les os du nez avancent sur elle jusqu'au-del de son extrmit antrieure. L'orbite et la tempe commu- niquent largement ensemble.] Il y a Tarcade zygo- 27G VIII e LEON. OSTOLOSIE DE LA TTE. matique une trs lgre prominence post-orbitaire a laquelle le ju gai, le temporal et le maxilla re concourent presque galement. [Les fosses tempora es, trs ten- dues , se rapprochent plus dans les deu?. unie ornes , et surtout dans celui des Indes, que dans les deux 6i- cornes. La fosse palatine est concave, aionge, se ter- minant en avant avec la seconde molaire dans le bicorne du Cap, se prolongeant dans les aures jusqu'aux incisives , avec un espace libre sur les bords , entre celles-ci et les molaires. La fosse mso-ptrygode est longue, elle chancre fortement le palais, et pntre jusqu' la pnultime molaire et mme jusqu' l'ant- pnultime dans Yunicorne de Java. Il n'y a pas pro- prement de fosse ptrygode, seulement 1 : bord post- rieur de l'aile est un peu largi. La fosse basilaire offre une tubrosit au point d'union du basilaire avec le corps du sphnode.] Le long du milieu de cette partie basilaire est une arte saillante qui s'largit et s'aplatit vers le bord infrieur du trou occipital. [Dans le daman, l'orbite est presque ferm en arrire par le rapprochement des apophyses post-orbitaires; une forte crte surcilire le recouvre. L i fosse tem- porale s'tend obliquement sur le ct du crne. Le palais est plat et along; la lgre courbe des ar- cades dentaires lui donne, dans les adultes, une forme un peu ovale. La fosse mso-ptrygode rchancre en arrire jusqu' la pnultime molaire; cette fosse est un peu vase sa terminaison, plus troite son fond. Il y a des fosses ptrygodes , larges et plates , diriges un peu en dehors; dans la fosse basilaire, le corps de l'os basilaire est plus saillant que les caisses. ] Dans les tapirs l'ouverture des narines s'tend en ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 277 longueur, et remonte jusque au-dessus des Orbites. Les os du nez avancent sur elle jusqu'au tiers de sa longueur seulement. L'orbite est descendu plus bas que le milieu de la tte, fort large, avec des apophyses post-orbitaires peu marques. [ I>a tempe est grande. En avant, le palais se relve un peu; il s'largit en arrire : il finit la hauteur de la pnultime molaire, et la fosse mso-ptrygode est perce son fond par les arrire-narines : la rgion basilaire offre sur la ligne mdiane une sorte de tige qu'y forment les corps du basilaire et du sphnode, et de chaque ct deux en- foncements profonds communiquent avec le crne par les grands trous dchirs. La paroi externe de cet en- foncement est forme par les apophyses mastode et para-mastode runies. ] Dans le cheval, l'apophyse post-orbitaire du frontal clt le cadre de l'orbite en arrire, en s'unissant l'a- pophyse zygoma tique du temporal. [La forme de l'ou- verture des fosses nasales a quelque analogie avec celle des tapirs; mais elle est trs en avant des orbites, et, comme dans la plupart des animaux, exclusivement forme par le ; os du nez et les intermaxillaires. La tempe est alonge : le palais plus creux en avant qu'en arrire, o il est profondment chancr. La fosse mso-ptrygo le est longue. Les cts de la rgion basilaire sont bien plus enfoncs ( la tte tant vue par sa base) que e corps de l'os; mais cet enfoncement n'est pas enceiit, comme dans le tapir, par une sorte de paroi osseuse; l'apophyse para-mastodienne seule y fait une longue saillie.] 278 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. 2. Ruminants. Dans les ruminants , l'ouverture du nez est trs grande incline en arrire ; les os du nez ne forment qu'une courte avance dentele ou pointue, L'orbite est cern en arrire par la runion des apophyses post- orbitaires du frontal et du jugal. [Les chameMix et les lamas ont l'ouverture nasale troite et bien limite de charge ct par les bords rele- vs des intermaxillaires. La tempe est grande; la fosse palatine , troite en avant , s'largit entre les molaires , et son bord postrieur diffre dans les deux genres. Dans les chameaux , le palais prsente de chaque ct , entre l'aile ptrygode et les molaires, une chancrure qui entame le palais plus que la fosse mso-pt- rygode, laquelle est troite, et ne s'avance que jusqu' moiti de la dernire molaire. Dans les lamas , au con- traire, la fosse mso-ptrygode, qui n'a gure que le tiers de la largeur du palais, s'avance jusqu' la pnul- time , et les chancrures latrales sont trs petites. 11 n'y a pas de fosses ptrygodes ; seulement les deux ailes de ce nom sont termines chacune leur angle par deux apophyses crochues lgrement cartes. La surface basilaire est limite en dehors par deux grosses tuberosits irrgulires comprimes, rsultant de l'u- nion de la caisse et de l'apophyse para-mastode. La girafe a l'ouverture nasale large , plane , et presque sans rebords. Les apophyses post-orbitaires sont larges et forment une paroi qui spare presque entirement l'orbite de la tempe. Celle-ci est enfonce au dessous des bosses frontales qui supportent les cornes. La fosse palatine n'existe, proprement parler, qu'entre les ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 270 ranges des molaires; en avant de celles-ci ., les bords infrieurs des joues se rapprochent en-dessous et ce touchent , en formant une crte aigu , qui se bifurq ie bientt , et vient s'teindre de chaque ct au bord ex- terne du trou incisif, reproduisant par son cartement une nouvelle portion du palais. Au bord postrieur, celui-ci est, comme dans l lama, plus entam par la fosse mso-ptrygode que par les chanerures lat- rales. Cette fosse est troite et trs courte, de faon que le rebord de Faile ptrygode est fort loigw de la caisse. Il n 1 y a pas de fosse ptrygode. La partie moyenne de la fosse basilaire , forme par le basilaire et le sphnode, est troite, saillante, et descend beaucoup plus bas que la facette glnode. C'est peine si elle est dpasse par le rocher qui se termine en pointe rugueuse en avant, et par Fapophyse para- mastode , qui est largie sa base. Dans les chevrotains , Fouverture nasale est plus large et moins oblique; l'orbite est grand; la tempe alonge; le palais est entam en arrire par deux profondes chancrures latrales, et se continue en une sorte de tube , en sorte que la fosse mso-ptrygode est presque rduite rien, et de plus trs rapproche des caisses. La fosse basilaire est rendue troite par le rapproche- ment de deux caisses bombes et en olive. Dans les cerfs, Fouverture des fosses nasales, For- bite, les tempes, n'offrent rien qui diffre beaucoup des prcdents; au palais, deux lignes courbes qui naissent au devant de la premire molaire, et se rap- prochent pour se confondre ensuite avec le bord externe des trous incisifs, rtrcissent le palais en cette rgion ; dans le munljac , il y a presque une interruption corn- 280 VIII e LEON. OST0LOG1E DE LA TTE. plte , comme dans la girafe. Le palais se continue un peu en tube au-del des chancrures latrales. La fosse mso - ptrygode n'offre, dans le plus grand nombre des espces, qu'une simple arte dans son fond, mais dans le renne elle est partage en deux dans toute sa hauteur par le vomer, qui s'tend en arrire aussi loin que les ailes ptrygodes. Il n'y a pas de fosses ptrygodes. Dans la fosse basilaire, le corps dubasilaire, les caisses, la facette glnode, ne sont pas sur des plans fort diffrents les uns des autres. Les antilopes diffrent principalement des cerfs , en ce que , dans la fosse basilaire , les caisses sont bombes et dpassent le basilaire, et que les apophyses para- mastodes ne sont gure plus saillantes que les caisses. Dans le mouton , les chancrures latrales du palais et la fosse mso-ptrygode commencent sur une mme ligne transversale , vers le milieu de la dernire mo- laire. La fosse est troite et profonde ; son fond s'unit obliquement avec le basilaire, qui est descendu sur un plan bien infrieur celui de la facette glnode. Cet os est peu dbord par les caisses , mais beaucoup par l'apophyse para-mastode. Dans les bufs,\ts fosses temporales, dont on ne voit rien la face suprieure du crne , occupent horizon- talement ses faces latrales ; elles sont remarquables par leur grande profondeur, qui rsulte de l'espce de crte dont les recouvre le frontal en haut , et de la saillie de la crte occipitale qui les ferme en arrire. Le palais, plat entre les molaires , est un peu creus au-devant de celles-ci. La fosse mso-ptrygode est troite et remar- quablement profonde ; la fosse pu surface basilaire est ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 281 aussi fort remarquable : sur la ligne mdiane sont deux grosses tubrosits pyramidales spares seulement par un sillon , plus en dehors deux rochers , termins sur les cts du basilaire en lames minces et saillantes , et qui ensuite se recourbent en dehors pour former une grande paroi verticale derrire la facette glnode. h. Ctacs. Dans le lamantin d'Amrique Pouverture des narines osseuses est trs grande, et forme un long canal hori- zontal qui s^tend fort au del des orbites; mais dans le vivant cette ouverture, complte par des cartilages, est comme l'ordinaire au bout du museau. [Cette ou- verture est plus large et en losange dans le lamantin du Sngal. Les orbites sont trs avancs et trs sail- lants; et leur cercle est, dans ce dernier, entirement cern en arrire. La fosse temporale est grande et profonde; la palatine, creuse en canal en avant, est fort troite entre les molaires ; elle est chancre par la pointe trs aigu de la fosse mso-ptrygode qui est profonde, mais dont le plafond se trouve , ainsi que la surface basilaire, sur un plan de beaucoup infrieur celui des facettes glnodes. ] Dans le dugong, rnorme dveloppement des os in- termaxillaires reporte Fouverture de ses narines os- seuses beaucoup plus haut que dans le lamantin. Elle se trouve ainsi la partie suprieure de la tte, au mi- lieu de sa longueur, et dirige vers le ciel. Sa forme est un large ovale. Une trs grande solution de con- tinuit se voit dans le fond de Torbite et de la tempe, et tablit dans le squelette une vaste communication entre ces deux fosses et celle des narines. Elle est in- 282 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. tercepte entre le mrxillaire, le frontal, le sphnode antrieur et le palatir . [Le cercle de l'orbite est ouvert en arrire dans le tie 'S de son contour, et fait commu- niquer cette cavit avec une vaste fosse temporale. Le palais suit les contours des maxillaires; il est large et vertical en avant; ai moment o il se recourbe et de- vient horizontal , il >e rtrcit en un canal profond et troit, et se termine vers le milieu de la dernire mo- laire. La fosse mso ptrygode est plus profonde que dans le lamantin, d >nt le dugong se rapproche d'ail- leurs pour le reste de la base du crne. La grosse aile ptrygode offre en arrire une lgre dpression ver- ticale qui reprsente la fosse ptrygode; celle-ci est moins marque encore dans le lamantin. Quand on arrive aux ctacs souffleurs, les formes de la tte sont tellement nouvelles, qu'on doit s'at- tendre rencontrer de grands changements, soit dans la forme, soit dans la position de ses fosses, et ne leur plus trouver qu'une ressemblance loigne avec celles que nous avons dcrites jusqu'ici. Ainsi , le double canal des narines, plus ou moins directement vertical, a son ouverture externe dirige vers le ciel, ou mme en arrire, et situe immdiatement en avant du crne, dans le tiers et quelquefois dans le cinquime post- rieur de la tte, selon la longueur du museau. Celte ouverture est plus large que longue, et entoure de six os; la face postrieure de leur canal est forme par l'ethmode; le reste ce leur contour intrieur appar- tient aux maxillaires; leur cloison est forme par le vomer. L'orbite, entirement recouvert en dessus par un large plafond, n'est limit en dessous que par un filet grle; la fosse temporale, qui est cerne en bas, ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 283 comme dans le cheval , par la runion de l'apophyse post - orbitaire du frontal avec Tapophyse zygoma- tique du temporal , est assez petite dans le plus grand nombre, et la base du crne surtout est singulirement modifie. Le palais, ou plutt ia face infrieure du museau, est le plus souvent plane ou carne; puis, en s'approchant du crne proprement dit, elle se confond sur ses cts avec deux larges surfaces que forment en cet endroit le grand largissement du crne et des portions sus-orbitaires du maxillaire et du frontal 5 tandis qu'au contraire, sur la ligne m- diane, le rapprochement des deux ailes ptrygodes produit une forte saillie, et une sorte d'entonnoir, dirig en arrire, pour l'ouverture infrieure des fosses nasales; en mme temps le bord de cet entonnoir se confond avec des crtes aigus, qui, nes de Tocci- pital , transforment la fosse basilaire en un canal pro- fond et uni , qui se continue avec les narines. Tout cet appareil des narines postrieures spare Tune de Pautre ces deux surfaces, ou ces deux espces de fosses lat- rales dont nous parlions plus haut, et qui prsentent: en arrire, l'os de l'oreille enchss dans de hautes crtes de Foccipital ; un peu en dehors, la facette gl- node dirige en dedans et en avant, et presque verti- cale; le filet grle du jugal 3 qui indique la place de l'orbite; puis enfin des enfoncements et des saillies irrgulires. Cependant, il y encore , suivant les genres, de no- tables variations dans ces dispositions gnrales. Ainsi , notre description s'applique surtout aux ttes de beaucoup de dauphins, tels que le marsouin, le delpli. dubius , le delpliinorhijnque , et mme le dauphin 284 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. commun. Mais, dans ce dernier, c'est par un profond sillon dont ses deux cts sont creuss que le palais communique avec les fosses latrales. Dans le dauphin du Gange il n'y a point de palais du tout , et les fosses latrales elles-mmes n'existent pour ainsi dire pas , cause du grand dveloppement de l'apophyse zygo- matique du temporal qui a agrandi proportionnellement l'ouverture de la fosse temporale. Il en rsulte aussi que l'orbite est excessivement petit. Dans la plupart des dauphins et dans le marsouin, le rebord de l'ouver- ture postrieure des narines est comme ddoubl et donne naissance de chaque ct une fosse de forme et de profondeur trs varie > et qui reprsente la fosse ptrygode. Dans le delphinorhijnque , la place de cette fosse est bien marque, mais sa paroi externe manque tout en- tire : c'est aussi l'espce o l'entonnoir des arrire- narines est le plus dvelopp, et o les crtes de la sur- face basilaire sont les plus leves.] Dans V hyper oodon, le palais est un peu en carne, ce qui pourrait indiquer un rapprochement avec les baleines. 11 n'a point les sillons latraux du dauphin vulgaire. Dans le cachalot, les narines sont perces au pied de l'espce de muraille qui surmonte le crne, la racine du vomer, et entre les parties redresses et montantes des intermaxillaires. Leur direction est oblique de bas en haut et d'arrire en avant; elles sont excessivement ingales, et celle du ct droit n'a pas le quart de l'am- pleur de celle du ct gauche. La fosse temporale est assez profonde , de forme arrondie , mais n'est point distingue par une crte du reste de l'occiput. [On re- trouve la base du crne peu prs la disposition des AR; II TTE DES MAMMIFRES- 235 dauphins, except que le palais est, comme nous Ta vous dit, en forme de toit renvers; l'entonnoirdes arrire-narines a d'ailleurs un rebord simple. ] Dans les rorquals et les baleines , l'ouverture ext- rieure des narines est trs large , en forme d'un ovale along, et, au contraire des autres ctacs , conserve dans tout le genre des baleines une forme symtrique. Le cadre de l'orbite est clos de toute part ; son plafond est fort grand et concave en dessus. [Les grandes varia- tions de la forme et de la cambrure du museau changent d'ailleurs assez peu les dispositions principales de la base du crne. Seulement les fosses latrales sont peut-tre moins profondes; et l'inclinaison plus grande du temporal et du plafond de l'orbite fait que la facette glnode est dans un plan infrieur l'ouverture post- rieure des fosses nasales. Celle-ci s'avance beaucoup plus prs des condyles occipitaux dans les baleines que dans les rorquals. ] i. Monotrmes. Dans Vchidn, les orbites , peine marqus sur le crne par un lger enfoncement, sont cependant bien cerns en arrire par la forme de lame que prend l'a- pophyse zygomatique du temporal (1), lame qui cou- vre la tempe et cache presque toute la place du muscle crotaphyte. [L'ouverture postrieure des narines, por- te en arrire trs prs de la surface basilaire, est uni- que, et son plancher chancr en pointe entre les pa- latins.] Dans Vornitliorfiynquc, les orbites sont petits et dirigs (1) [Ce pourrait bien tre le jugal, comme nous le dirons plus bas. ] 86 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. vers le haut. Le bord suprieur de l'arcade donne une apophyse post-orbitaire marque, [mais il n'y en a point au frontal; en sorte que l'orbite communique large- ment avec la fosse temporale , qui n'est point couverte en dessus et s'tend jusque vers la rgion postrieure du crne]. Tout le palais est plane et se continue, en se rtrcissant subitement derrire les molaires, jusqu'aux trous ovales. La cloison des narines reste osseuse jus- que l. 3. Des fosses intrieures de la tte osseuse. A. Dans l'homme. Nous passons maintenant l'examen des fosses int- rieures de la tte. Lorsqu'on enlve la calotte du crne, on voit sur sa base intrieure ou sur son plancher les fosses qui y sont creuses et qui rpondent aux parties saillantes de la base du cerveau (1). La fosse postrieure, crbelleuse , ou occipitale in- frieure, est en arrire, la plus grande et la plus pro- fonde; elle est occupe en grande partie parle cervelet. Dans sa partie la plus profonde est perc ie grand trou occipital. En avant de ce trou est une lgre excavation mon- tant obliquement en avant, se terminant l en une arte saillante qui a de chaque ct un petit crochet nomm apophyse clinode postrieure . (I) [ Tout ce qui concerne la forme et les proportions du reste de la boite crnienne appartient l'article 1 er de cette leon. 11 aurait t san3 doute naturel de runir ces deux parties d'un mme sujet, mais l'obli- gation de nous conformer, autant que possible, la premire dition, et d'en conserver le texte, nous a obligs ce partage. ] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 287 De chaque ct , derrire cette apophyse , part une arte saillante qui se dirige obliquement en arrire, et qui achve d'eneeindre par devant la grande fosse crbelleuse, dont le contour est cern en arrire par une ligne saillante qui part comme les branches d'une croix d'une tubrosit interne de la rgion occipitale, d'o part galement une autre ligne saillante qui des- cend jusqu'au bord du grand trou occipital , et divise ainsi la grande fosse crbelleuse en deux, selon sa longueur. La fosse antrieure est celle dont le niveau est le plus lev; elle est situe au-dessus des orbites et du nez, s'unit par devant sans aucune distinction marque la vote suprieure du cine ; elle est spare en ar- rire de chaque fosse moyenne par une vive arte con- cave en arrire; ces deux artes se portent en arrire et en dedans , et se terminent presque vis vis des apophyses clinodes postrieures, chacune par un cro- chet appel apophyse clinode witrieure. Entre ces deux crochets est une arte moins vive qui achve de cerner la fosse antrieure en ar ire. Le milieu de cette fosse est plus enfonc, cribl* des trous qui trans- mettent le nerf olfactif dans le nei; sur son milieu est une arte tranchante et verticale, dite crte de coq. Les fosses moyennes du crne accupent l'espace de chaque ct entre la fosse antrie ire et la postrieure ; leur niveau est intermdiaire entre celui des deux autres ; elles se runissent en se rapprochant. Entre elles, au milieu , est un espace relev situ entre les quatre apophyses clinodes, et n )mm la. selle turcique ou sphnodcile . 288 VIII 1 LEON. OSTEOLOGIE I)E LA TETE. B. Dans les Mammifres. a. Quadrumanes. Les trois grandes divisions de la base du crne exi- stent dans les mammifres ; mais elles varient pour les proportions, pour les formes et pour la saillie des minences qui leur servent de bornes. Dans Yorang, la fosse crbelleuse a moins d'ten- due que dans l'homme, prcisment parce que l'occi- put se relve davantage. Les parties latrales de la fosse frontale ou antrieure sont plus bombes , et la lame crible plus enfonce, plus petite, perce de moins de trous ; [ la crte de coq est rduite une ligne un peu saillante]. La crte qui spare la fosse ant- rieure des moyennes est presque efface. Dans le chimpans , on observe les mmes disposi- tions pour les fosses frontale et cribleuse. [Dans les gibbons, la fosse cribleuse, perce comme une dentelle, est galement petite, mais moins enfon- ce , parce que les plafonds des orbites sont moins rapprochs. ] Dans tous les singes , [ partir des gibbons , ] il y a, au dessus et en dehors du conduit auditif interne , un enfoncement plus large que lui, et non perc dans son fond, qui sert loger une protubrance du cer- velet. [Nous Fappelons enfoncement crbelleux.] Dans les guenons , les macaques , les cynocphales, les semnopitlieques , la fosse cribleuse est toujours trs petite et trs enfonce entre les deux saillies du pla- fond des orbites, et le frontal se rejoint derrire cette fosse et en avant du sphnode. La crte, qui spare la ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 289 fosse antrieure des moyennes , est trs obtuse. [ Les cynocphales paraissent tre ceux o renfoncement aveugle, pour une protubrance du cervelet, est le moins profond. ] Dans les alouattes, la fosse postrieure, les interm- diaires et la selle sphnodale ne forment qu'un seul plan sur lequel s 1 lvent les deux rochers et les quatre apophyses clinodes. Au lieu de fosse antrieure, il y a une espce de paroi oblique dont le milieu est en- fonc, et conduit une trs petite lame crible. [Dans les autres singes d'Amrique, o la mchoire infrieure est moins leve en arrire , les dispositions sont les mmes que dans les guenons. Dans le simiri , les fosses moyennes sont petites, et la postrieure trs grande, cause de la direction des paritaux en arrire. La proportion entre ces fosses est plus gale dans les ouistitis , o l'occiput se relve. ] Dans les makis proprement dits, le plancher de la ca- vit crbrale est plus horizontal et plus uni que dans aucun singe , la selle s'levant peine au-dessus ; [celle- ci est fort plate. Les apophyses clinodes postrieures forment un petit tubercule aplati , au-devant duquel est un enfoncement arrondi. Le trou rond est prcd par un sillon trs marqu. Au-dessus du trou ovale, l'arte du rocher offre une apophyse verticale , dont la base est perce d'un trou.] La lame cribleuse, fort grande , se relve plus que dans les singes. [ Le loris paresseux n'a point d'apophyses clinodes antrieures ; les postrieures consistent seulement en deux petits tubercules qui s'unissent la pointe des rochers , et qui laissent entre eux un large espace par 9. 19 290 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. lequel la selle, qui est plate, se continue avec la gout- tircbasilaire. Le trou rond est fort en arrire , prs du rocher, et en dehors du trou ovale. L'arte du ro- cher n'a point d'apophyse , mais un tubercule gale- ment perc d'un trou sa base. L'enfoncement aveugle, pour un lobe du cervelet, est profond.] b. Carnassiers. L'galit de niveau de toutes les parties de la base du crne se retrouve dans tous les carnassiers , dans lesquels la fosse antrieure n'est souvent point distin- gue des fosses intermdiaires , mais forme seulement un canal court et large, termin en avant par une grande lame crible. On conoit aisment que dans tous ces animaux, mesure que la fosse crbelleuse s'aplatit et que le trou occ'pital se porte en arrire et enJiaut, la fosse basi- laire s'alonge ; la limite postrieure de la fosse cr- belleuse remonte en mme temps, et finit par former une ceinture qui coupe verticalement le crne et qui se trouve situe au-devant du cervelet. Dans beaucoup de carnassiers , elle est forme par une lame saillante , large et mince, qui se continue sur les rochers , et qui semble faire une chambre particulire pour le cervelet. [Nous allons exposer avec plus de dtails ce qui ap- partient chaque genre. ] Le plancher du crne est trs uni dans les chauves- souris proprement dites; la fosse cribleuse est assez grande et presque perpendiculaire sur le plancher. La selle n'y fait point de saillie , mais les rochers y montrent fortement la spirale de leur limaon. Dans les roussettes, le plancher est trs plat, la ART. II. TTE ES MAMMIFRES. 291 selle longue et presque pas saillante, si ce n'est un peu en arrire. Ce plancher descend en arrire par rap- port au palais. Dans le galopitkque , la fosse cribleuse est assez grande , la selle tout unie , le rocher mdiocrement saillant intrieurement. La crte de la tente peu mar- que. [Elle Test plus cependant que dans les animaux prcdents. ] Dans le hrisson, le crible ethmodal est trs grand, couch obliquement en avant; [il forme entirement par sa courbure la fosse crbrale antrieure , spa- re des moyennes par un rebord assez marqu.] Le reste du plancher de la cavit crbrale est peu ingal; la partie rpondant la selle peu saillante , alonge ; les crtes des rochers peu marques. [L'enfoncement crbelleux du rocher est assez petit. Dans le tenrec , le crible est aussi trs grand , plus inclin en avant en raison de rallongement du mu- seau; les sinus sphnodaux font derrire le crible un gros renflement, en arrire duquel est la rgion de la selle , petite et peu saillante. Dans la taupe, toute la base du crne est remarqua- blement plate. Les seules parties saillantes sont les parois de renfoncement crbelleux qui est fort grand, ouvert verticalement au dessus du rocher , et com- muniquant l'extrieur du crne par un petit trou qu"environne dans ses deux tiers une fente demi-cir- culaire, et qui semble une sorte de prolongement du trou condylodien. L'intrieur du crne de la chrysochtore n'est pas moins remarquable que l'ensemble de sa tte. Sa forme gnrale est celle d'un prisme triangulaire , arrondi 292 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. vers ses bords , et plac, la pointe en bas, en arrire de la face. La base du crne se trouve donc trs re- leve en avant; le trou occipital, qui la termine, s'ouvre beaucoup moins directement en arrire que dans les genres prcdents. La partie suprieure de cette base est occupe par le crible ethmodal, et ses parties lat- rales par une sorte de bourrelet en forme de cornet ou d'entonnoir , dont la partie vase correspond en haut au tubercule vsiculeux de la tempe, et la partie rtrcie vient s'implanter dans le rocher entre le trou auditif et l'enfoncement crbelleux.] Dans le chien, en gnral, le plancher est uni, la selle presque point leve ; son rebord postrieur est troit , l'antrieur peu saillant. Il n'y a pas de sinus sphnodal. La tente du cervelet est osseuse et sa partie moyenne trs saillante en dedans. La crte du rocher est aigu; le sinus en est profond. [L'enfoncement crbelleux y est peu considrable.] La grande lame cribleuse est presque verticale. La direction du trou occipital est peu prs en ligne directe. [On observe les mmes choses dans Yours , dans le coati et dans tous l'es genres de carnivores. La plus grande diffrence consiste dans l'enfoncement crbel- leux, qui est , comme dans le chien, peu profond, et quelquefois mme peu distinct, dans le zibeth, dans Tours, dans les mouffettes , dans le coati, dans le chat; et qui est, au contraire, trs profond dans le blaireau, dans la belette , dans la fouine , dans le paradoxure.] Il faut remarquer que dans Yours les fosses moyennes sont spares de Tantrieure par une arte saillante atta- che au ct du crne , et qui appartient en partie l'os frontal et en partie l'os parital. [Presque tous ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 293 les carnivores ont une tente osseuse , qui tantt se con- tinue par en bas avec le rebord du sillon du trou sphno-orbitaire , comme dans Yours , le paradoxure , ]e tibeth, le chat ; tantt se termine la pointe du rocher, comme dans le blaireau, le grison, le kinkajou ; et tantt s^init, comme dans le ratel et peut-tre le coati, aux apophyses clinodes postrieures. Le cabinet a une mouffette du Chili et un midas qui n 1 ont point de tente osseuse.] Dans le phoque commun , la cavit est grande , large et haute ; son fond est trs aplati. Il n'y a point de fosse antrieure proprement dite, et le devant du crne s'lve perpendiculairement comme une muraille et porte la lame crible sa partie suprieure. Le crible ethmodal est mdiocre, peu abondant en trous, lev, et non enfonc dans un canal comme aux chiens ; la crte crista galli y est trs distincte. Les apophyses clinodes antrieures sont peine releves, et la rgion optique est fort plate ; mais les postrieures le sont beaucoup. La rgion de la selle est de niveau avec les rgions latrales. Les rochers en dedans n'ont point de crte aigu ; mais le creux de leur partie suprieure, ou renfoncement crbelleux, est trs profond et plus large au fond qu' rentre; il reste long-temps un espace non ossifi la rgion basilaire au-devant du trou occipital. [La partie suprieure de la tente du cervelet est osseuse. Les otaries ont le crible ethmodal plus enfonc. On n'y voit point d 1 enfoncement crbelleux , et la tente osseuse se complte sur les cts en s'tendant jusqu'au rebord du rocher.] La fosse suprieure est un peu plus marque dans 294 VIII e LEON. OSTEOLOGIE DE LA TTE. le morse. La rgion de la selle est trs plate , et les apophyses clinodes peu saillantes. La fosse cribleuse est profonde , perce de peu de trous , et divise par une crte crista galli trs saillante. La tente du cervelet est trs tendue et trs saillante, mais peu paisse. c. Marsupiaux. [Dans les sarigues et dans les pramles la fosse ethmodale est grande, profonde, perce de beau- coup de trous. Il y a un profond sillon pour le trou rond , et le trou carotidien s'ouvre en dedans de lui sur les cts de la belle; le rocher fait trs peu de saillie l'intrieur du crne; renfoncement crbel- leux est profond , mais plus large son ouverture qu' son fond : il n'y a pas de tente osseuse. Dans le plialanger il y a une petite arte osseuse qui forme la tente. Dans V lujpsiprumnus ou potoroo cette tente n'existe pas; renfoncement crbelleux du rocher vient aboutir une fente demi-circulaire, sur le ct du crne, derrire la naissance de l'arcade zygomatique, comme nous Pavons dj vu dans la taupe. Dans le kancjuroo la fosse antrieure se prolonge en avant en une grande fossette ethmodale : les fosses moyennes sont profondes, et la postrieure est large dans le bas ; les fossettes pour loger les lobes latraux et le lobe moyen du cervelet sont profondment mar- ques dans l'occipital. La rgion de la selle offre une disposition remarquable. Les ailes orbitaires se runis- sent au-dessus du sphnode , mais sans adhrer son corps ; d'o il rsulte une sorte de vote qui, de droite gauche, fait communiquer entre eux les deux orbites, ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 295 et en arrire se continue sans interruption avec la selle. Il en rsulte encore que les trous optiques ne font, pour ainsi dire, plus qu'un avec cette large ouverture; ils ne sont d'ailleurs spars du trou sphno-orbitaire que par une lamelle osseuse trs mince et trs troie; les deux cts de la selle sont surmonts par une crte aigu dont la base est traverse par le canal du trou rond, et en dedans de l'ouverture de ce canal sont deux autres ouvertures ovales diriges en sens inverse des prcdentes, spares par une lamelle osseuse qui reprsente les apophyses clinodes postrieures, et qui sont la terminaison du canal carotidien. Le trou ovale est beaucoup plus en arrire. Cet cartement du corps du sphnode d'avec ses ailes, cette sorte de vote qui fait communiquer le fond des deux orbites, dont on aperoit quelque chose dans le sarigue, qui n'existe nullement dans le thylacine, mais qui se retrouve avec plus ou moins de dveloppement dans les dasyures, les phalangers et Je potoroo, s'observe encore dans le koala et le phascohme , mais seulement sous la forme d'une fente plus apparente qu'au sarigue. ] d. Rongeurs, Dans les rongeurs la base du crne est fort unie , il n'y a presque point de distinction entre la fosse ant- rieure et les moyennes. L'arte des rochers est peu ai- gu; les apophyses clinodes n'existent que dans un petit nombre d'espces. Dans Vaye-aye [le crible ethmodal est trs grand, enfonc , et dirig obliquement en avant et en bas.J II y a de grands sinus frontaux et sphnodaux ; le sph- nodal est commun aux deux sphnodes ; la rgion d 296 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. la selle est leve, mais sans apophyses clinodes; les crtes des rochers sont mdiocres, et il n'y a point de tente osseuse. [L'enfoncement crbelleux du rocher est trs grand et trs profond. La fosse antrieure est large ; les moyennes sont moins grandes , mais plus profondes. Dans les livres le crible ethmodal est au fond d'un long canal qui s'vase son union avec la cavit du crne : c'est au dessus des fosses moyennes que celle-ci est le plus large. Les trous optiques sont runis en un seul , et au dessous d'eux est une selle enfonce et bor- ne en avant et en arrire par des apophyses clinodes trs saillantes. La crte du rocher forme sur les cts une petite tente osseuse , et l'enfoncement crbelleux est profond.] Dans la marmotte [le canal du crible est galement profond], le fond de la cavit crbrale est assez uni, la selle peu leve ; point d'apophyses clinodes ant- rieures. [Mais les rochers s'alongent en deux pointes qui viennent se toucher au-dessus du corps du sph- node, et tiennent lieu d'apophyses clinodes post- rieures. Ils sont creuss d'un grand enfoncement cr- belleux.] Il y a une lgre crte sur chaque rocher ne se continuant pas en une tente de cervelet. [Il y a peu de diffrences dans les cureuils, si ce n'est qu'on n'y voit pas cette disposition des deux pointes des rochers.] Dans le castor la base du crne est trs unie, il n'y a point de selle, ni d'apophyses clinodes; les trous optiques sont rapprochs et fort petits ; les trous sphno- orbitaire, ovale et rond, n'en font qu'un l'intrieur. L'enfoncement pour la glande pituitaire est peu sen- ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 297 sible. Les crtes des rochers saillent peu; mais le creux pour une appendice latrale du cervelet est trs concave. [Voryctre a les trous optiques trs petits, et plus en arrire on voit deux trs longs sillons spars seule- ment par une lame mince , et qui s'ouvrent en avant au fond de l'orbite , et en arrire sur les cts de la base du crne , mais en dehors de l'aile ptrygode. Le trou ovale est distinct sur le ct. La fosse pituitaire est au bout de ces deux sillons , et par consquent trs loin des trous optiques. L'enfoncement crbelleux est trs superficiel. Dans Y ondatra , les rats , le hamster , les deux sillons existent de mme, mais leur communication latrale avec la base du crne perce la base de l'aile ptrygode, et pntre dans la fosse mso-ptrygode ; de sorte qu'une partie du corps des deux sphnodes s'tend, sous forme de tige osseuse, entre les trous optiques et la fosse pituitaire. L'enfoncement crbelleux se creuse davantage. On ne voit rien de semblable dans la gerbille , chez laquelle la distance du trou optique la pointe du rocher est fort courte. La crte du rocher s'lve et forme une tente osseuse trs saillante sur les cts, o elle se roule un peu sur elle-mme en forme de cornet. L'enfoncement crbelleux est mdiocre. - Le lrot n'a pas cette tente osseuse ni le long sillon des rats ; mais cependant le trou sphno-orbitaire d'un ct communique avec celui du ct oppos , au- dessous du corps du sphnode, comme dans ces derniers. Il parat y avoir une tente osseuse dans la gerboise. 298 VIII e LEON. OST0LOGIE DE LA TTE. et non dans Yalactaga , ni dans le pphagomys. Dans ce dernier la base du crne ne communique pas avec la fosse mso-ptrygode. Dans Yhlamijs la particularit la plus notable est un trou sur la ligne mdiane, en arrire de la fosse pitui- taire, et qui est le confluent de plusieurs trous ou ca- naux; l'un qui perce directement le corps du sph- node et s'ouvre la base du crne ; deux autres qui vont s'ouvrir la base de la fosse ptrygode ; et deux autres qui s'ouvrent au fond de l'orbite, au-dessous du trou sphno-orbitaire. Le basilaire est en outre perc de plusieurs petits trous. Dans le porc-pic d'Italie la fosse pituitaire forme une petite cavit borde de toute part par Tunion des apophyses clinodes antrieures avec les postrieures. On ne voit rien de semblable dans le cocndou, 11 n'y a pas de tente osseuse ; et dans ces deux genres, ainsi que dans Yurson, il n'y a pour tout enfoncement cr- belleux qu'une lgre dpression du rocher. Le couia a la rgion de la selle plate , l'enfoncement crbelleux plus marqu. Celui-ci est profond dans l'a- gouti, qui a aussi les fosses moyennes plus profondes que la postrieure et surtout que l'antrieure, laquelle est presque rduite au canal du lobe olfactif et la surface o se croisent les nerfs optiques. Dans le paca, au contraire, la fosse antrieure est plus large, plus plate, et moins leve au-dessus des fosses moyennes. 11 n'y a pas d'enfoncement crbel- leux , et la rgion de la selle est peu leve. La cavit du crne est dprime, et presque du double plus large que haute. La cavit du crne du cochon tflnde est aussi dpri- ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 299 me; renfoncement crbelleux y existe. On le trouve aussi dans le krodon dn Brsil; dans celui de Patagonie, le rocher donne une crte saillante. Autant que nous pouvons le voir, renfoncement crbelleux existe dans la viscache et dans le chinchilla, et le rocher fait dans l'intrieur du crne une assez forte saillie.] e. dents. Il y a peu de diffrences de niveau entre les fosses du crne des dents. Leur lame crible est situe dans un enfoncement que distingue une arte verticale. Dans Yunau , il y a l'intrieur peu d'ingalits. La rgion de la selle est fort aplatie ; le rocher peu sail- lant y [ on n'y voit pas d'enfoncement crbelleux , ] et il n'y a point de tente osseuse ; mais le crible ethmo- dal , qui est fort concave et peu compliqu , est divis par une crte de coq considrable. Dans les tatous en gnral , la rgion de la selle est peu leve ; le crible ethmodal est norme , et l'apo- physe crista-galli trs saillante. La crte du rocher est assez aigu , et se prolonge en une tente osseuse trs mdiocre , presque efface mme dans le tatou gant, si ce n'est sa partie suprieure , o elle forme un tubercule triangulaire. Dans Yoryctrope , le crible ethmodal est grand, plus large que haut , et trs enfonc ; la rgion de la selle est peu leve. [La tente osseuse est beaucoup plus marque qu'au tatou sur les ctes , tandis que le tuber- cule qui la termine en haut n'existe pas. ] Dans les pangolins , la selle est mdiocrement le- ve ; le crible ethmodien est trs grand , et divis par 800 VIII e LEON. OSTrOLOGIE DK LA TTE. une crte de coq trs grande et trs osseuse , spar mme du reste du crne par un anneau ogseux saillant : sur chaque rocher s'lve une demi-tente verticale, trs osseuse , appartenant au parital , et ne laissant entre elle et sa congnre qu'une arcade en forme d'ogive , de la hauteur du crne , mais n'ayant que le tiers de sa largeur. [ Il n'y a dans ceux-ci , pas plus que dans les prcdents , d'enfoncement crbelleux. ] Dans le tamandua , l'intrieur la selle et ses appar- tenances sont fort plates : le crible ethmodal est grand, couch presque horizontalement ; le milieu en est sail- lant , sans former d'apophyse crista-galli ; il n'y a au- cune tente osseuse. L'enfoncement crbelleux, au- dessus du rocher, est trs profond. [On peut dire la mme chose du fourmilier didactyle , mais dans le ta- manoir nous ne retrouvons plus cet enfoncement cr- belleux. ] f. Pachydermes. Les fosses sont trs distinctes dans Ylphant. Les moyennes sont les plus enfonces ; leur sparation se fait par des saillies mousses. La lame crible de l'eth- mode occupe presque tout le fond de la f jsse ant- rieure , parce que le nez se trouve sous le crne , comme dans Thomme ; et non devant , comme dans les carnas- siers , les rongeurs ; elle a une crte de coq mince et saillante , etc. La selle sphnodale n'est pas trs leve; les apophyses clinodes sont courtes , surtout les post- rieures. Il n'y a point de tente osseuse. [Pour renfon- cement crbelleux du rocher, il n'y en a pas dans l'lphant d'Afrique. ] Dans Yhippopoame , les fosses et la selle sont toutes ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 301 de niveau , et il n'y a mme de distinction entre elles qu'une lame saillante qui correspond aux apophyses clinodes postrieures. Il n 1 y a point de tente osseuse. Les rochers , dont la figure est trs irrgulire , saillent dans l'intrieur du crne , mais n'y tablissent pas de cloisons rgulires. La rgion ethmodale est enfonce en avant avec une forte crte de coq. Dans les cochons , l'intrieur on voit que les sinus frontaux et sphnodaux sont trs tendus et rtrcis- sent beaucoup la cavit crbrale. Dans les cochons pro- prement dits , la selle monte presque verticalement pour aller soutenir les nerfs optiques. [Il y a de petites apo- physes clinodes antrieures, et les postrieures for- ment une forte lame quadrilatre , verticale , et sup- porte par une petite minence du corps du sphnode.] La tente osseuse ne rgne que sur les cts ; elle ne fait que passer sur le rocher. La fossette ethmodale est trs enfonce , de grandeur mdiocre , divise par une crte de coq trs saillante , et crible de trous nom- breux. [ Dans le babiroussa, la selle est moins verticale, et par consquent la ligne de la base du crne plus uni- formment oblique. Les apophyses clinodes post- rieures sont hautes , mais beaucoup moins larges. Il n'y a pas d'enfoncement crbelleux. Dans le pcari , il n'y a pas d'apophyses clinodes , et la selle se continue librement avec la gouttire basi- laire. Dans celui-ci , comme dans les prcdents , cette rgion de la selle est plus enfonce que les fosses moyennes. Les phacochres ont la rgion de la selle aussi verticale que le sanglier, des apophyses clinodes postrieures, 302 VIII e LEON. OST0L0GIE DE LA TTE. un rocher fort peu saillant l'intrieur, une terite os- seuse qui ne rgne que sur les cts , et une fosse ethmodale plus petite. ] Dans les rhinocros , les fosses antrieure et moyennes ne sont point distingues Tune de l'autre. La fosse pos- trieure est plus profonde que les autres, et elle est spare des moyennes par une arte saillante et aigu qui n'est point attache au rocher, mais qui est situe en avant d'eux. L'endroit qui rpond la selle sph- nodale est beaucoup plus enfonc que les fosses moyennes , au lieu d'tre relev comme dans l'homme. La partie qui correspond aux apophyses clinodes postrieures n'est point attache , comme dans les autres animaux , la base du crne ; mais elle s'tend , comme un pont, de l'une des fosses moyennes l'autre, tandis que la selle sphnodale qui est, comme nous venons de le dire , beaucoup plus basse que ces fosses , com- munique sous ce pont avec l'apophyse basilaire de l'occipital. La lame crible est trs large , trs en- fonce , et divise en deux parties par une crte trs paisse. [ Dans le daman 7 la cavit crbrale est grande , la rgion ethmodale enfonce , la rgion de la selle est un peu creuse , les fosses moyennes sont distinctes des antrieures; il n'y a pas de tente osseuse, mais il pa- rat y avoir un petit enfoncement crbelleux. Dans les tapirs , la selle est plate ; [ peu prs de niveau avec les fosses moyennes , ] la rgion cribleuse, 1 arge, est assez enfonce, [ quoique moins que dans les cochons et les rhinocros.] La crte de coq est trs prononce ; il n'y a point de tente osseuse , et le rocher fait mme trs peu de saillie. ART. If. TTE DES MAMMIFERES. 303 Dans le cheval , la rgion de la selle est plane, sans apophyses clinodes , et un peu plus enfonce que les fosses moyennes. La rgion cribleuse est assez enfonce et mdiocrement tendue. Le rocher a une crte aigu , qui se continue par les cts avec une tente osseuse forte qui appartient principalement Tinter-pari tal. . Ruminants. Dans les ruminants, les fosses moyennes sont peine distingues d'avec la fosse antrieure. La selle sphno- dale est fort large , et beaucoup plus basse que les fosses moyennes entre lesquelles elle est situe. Elle se con- tinue sur le mme niveau avec la fosse postrieure, dont elle n'est distingue que par une lame qui corres- pond aux apophyses clinodes postrieures. Dans les lamas et les chameaux proprement dits , le plancher de la cavit crbrale est beaucoup plus uni qu'aux cerfs et aux moutons : les apophyses clinodes postrieures ne forment ensemble qu'une petite lame; la rgion qui porte les nerfs optiques est presque de niveau avec celle de la glande pituitaire. [ Il y a une tente osseuse mdiocre, et une crte de coq trs paisse. Dans la girafe , la base du crne parat galement assez unie ; mais sa paroi suprieure , les deux lames des os sont spares par de grands sinus. Ceux-ci n'exis- tent pas dans les chevrotains , o de plus les rochers semblent faire, dans la cavit crbrale, une saillie plus grande que chez les prcdents; mais la tente osseuse des lamas n'existe ni dans la girafe ni dans le chevrotain. Les cerfs prsentent aussi un plancher de la cavit 304 VIII e LEON. OSTOLOGIK DE LA TTE. crbrale uni , un rocher peu saillant l'intrieur. Mais dans le mouton le plancher de la cavit cr- brale est fort ingal. La selle est trs enfonce; la rgion qui porte les nerfs optiques est trs releve. Les apo- physes clinodes postrieures forment une lame trs saillante ; il n'y a pas de vraie tente osseuse , mais seu- lement une lgre crte ; la rgion cribleuse est trs enfonce et munie d'une grande crte de coq. Il est remarquer que l'ethmode se soude trs promp- tement au sphnode antrieur par la base du crista- galli , en sorte qu'ils ne font qu'un os , lorsque les deux sphnodes sont encore trs spars. [ Dans les bufs , le crible est galement trs enfonc , la selle situe trs bas , mais se confondant insensible- ment avec les fosses moyennes ; le rocher saille dans la cavit crbrale comme un gros tubercule , et la paroi suprieure de cette cavit est partout creuse de grands sinus , qui font que la lame intrieure de cette paroi affecte une direction fort diffrente de la lame externe. Celle-ci s'unit angle droit avec la paroi occipitale , tandis que la lame interne dcrit, du trou occipital au crible de l'ethmode, une courbe dont la concavit regarde en bas et en arrire. Il en rsulte que le point o les sinus sont les plus grands est situ la partie la plus recule du crne, la base des cornes, dans l'angle de runion des faces suprieure et postrieure.] h. Ctacs. Dans le lamantin , les lames cribleuses sont au bas de la face antrieure du crne, petites, peu abondantes en trous , presque pas enfonces. L'apophyse crista- galli , sous la forme d^une arte trs vive , se prolonge ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 305 bien plus bas et plus en arrire que le crible. Il n 1 y a point de selle; toute la base est unie; [la fosse ant- rieure est notablement haute et grande; les fosses moyennes sont peine enfonces. La faux est os- seuse en arrire.] Dans le dugong , la fosse cribleuse se rduit deux enfoncements simples , trs carts l'un de Pautre , et qui se terminent en avant par deux ou trois petits trous. [La crte de coq forme une grosse saillie pris- matique qui les spare. La fosse antrieure est moins grande que dans le lamantin.] Il n'y a point de selle et point de tente osseuse. [ Dans les dauphins , le sillon transversal pour les nerfs optiques , la selle, qui est peu marque et au ni- veau du prcdent; renfoncement pour la protub- rance annulaire, sont trs rapprochs Fun de f autre et occupent le centre du plancher. La fosse ant- rieure est grande , vase et fort leve ; elle se con- fond presque insensiblement avec les fosses moyen- nes. ] La fosse crbelleuse est la plus creuse. Il y a souvent une tente osseuse trs saillante son mi- lieu ; la faux est toujours osseuse en arrire. Il n'y a point de crte de coq , et peine aperoit-on quelques petits trous la lame cribleuse. [Sur les cls de la selle, vient s'ouvrir le canal carotidien en dedans du trou ovale. La fossette basilaire est plus leve que le fond des fosses crbelleuses , mais plus basse que le trou occipital, dont elle est fort loigne; ce qui in- dique que la moelle alonge est la fois trs longue et oblige de remonter pour sortir du crne. La cavit du crne des rorquals ressemble celle du dauphin par son lvation en avant, par sa grande 1. 20 S06 VIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE. largeur transversale; mais au lieu de se continuer sans interruption avec le plancher , la paroi antrieure est perce cTun long canal plus large que haut , qui est une vritable fosse cribleuse , et qui aboutit au crible ue Tethmode o Ton voit un assez grand nombre de trous. Le diamtre transverse du crne est trs grand au niveau des fosses moyennes, lesquelles notant pas spares de la fosse crbelleuse par une arte vive , comme dans le dauphin , et s'unissant avec celle-ci , forment au dessus du rocher une sorte de grande an- fi actuosit. La rgion de la selle est large, plate, un peu dprime, plus leve que le fond des fosses moyen- nes, qui est occup par le rocher, mais plus basse que le plancher de la fosse cribleuse, et surtout que le ti ou occipital, qui se relve beaucoup comme dans le dauphin.] i. Monotrmes. Dans Ychidn , il n'y a point de sinus frontaux, [et la forme extrieure du crne donne exactement celle de la cavit ; les os extrmement minces , ayant partout une paisseur gale.] La rgion de la selle est mdiocre- ment leve, et le dessus de cette colline prend la forme d^un canal longitudinal. Les rochers sont aplatis; mais lu rgion du crible ethmodal est horizontale et leve comme un thtre au-dessus des fosses moyennes. Le crible ethmodal est trs considrable, et, d'aprs sa positionnes anfractuosits ethmodales, qui en nais- sent dans la cavit nasale , ont une direction verticale. I ln'y a ni crte de coq, ni tente osseuse. Dans Y ornithorynque, [la forme extrieure du crne donne galement bien celle de la cavit ;] dans celle- ART. II. TJTE DES MAMMIFRES. 307 ci, les ingalits sont peu marques. La selle, peu le- ve, est creuse dans son milieu d'un canal longitudi- nal et termine en arrire par une lame clinode trs releve. Ce que cet intrieur a de plus curieux , c'est la fossette ethmodale qui est petite , enfonce , et n'a qu'un seul trou un peu grand de chaque ct pour le nerf olfactif et peut-tre un autre trs petit. De chaque ct sont des espaces purement membraneux pour la sparer du canal du nerf sur-orbitaire. Les trois canaux semi-circulaires saillent fort en dedans et interceptent un creux trs ^marqu, [et qui parait bien l'analogue de renfoncement crbelleux que nous avons ren- contr dans beaucoup d'animaux.] La tente osseuse est peine sensible ; mais, ce qui est fort remarquable, il y a une grande faux longitudinale osseuse. 4. Des os du crne et de leurs connexions. A. Dans l'Homme (1). Le crne et la face se divisent dans l'adulte par des sutures en un certain nombre d'os dont quelques uns (1) Digression. Si Galien a dcrit les os de la tte d'aprs l'homme , ou d'aprs le singe? Lors de la renaissance de l'anatomie dans le seizime sicle , il s'- leva de grandes disputes sur cette question. Vsale attaqua Galien , Eustache le dfendit avec Papion ; chacun employait des passages dif- frents. En les rapportant tous et en les comparant avec la nature, on aurait trouv que plusieurs des choses avances par; Galien ne peuvent avoir t vues que sur l'homme ; que d'autres sont ncessairement prises du singe ; que quelques-unes , enfin , sont d'une fausset absolue , et ne peuvent avoir t vues ni sur l'une ni sur l'autre espce. On serait arriv ainsi reconnatre ce que Galien annonce lui-mme: c'est qu'il a vu des os humains dans quelques occasions rares et sans pouvoir les tudier loisir, et qu'il prenait d'ordinaire des os de singe 308 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. se fondent ensemble certaines poques, et qui, dans l'enfant et dans le ftus , sont en partie subdiviss eux-mmes en os plus nombreux. pour sujet de ses descriptions; l'on aurait aperu en mme temps ce qu'il ne dit point : c'est que les os mmes de singe qu'il employait n'taient pas dans le meilleur tat de conservation. 11 parat, d'aprs ses termes {De admin. anat. , lib. 1, cap. 2 ), que les mdecins d'Alexandrie avaient seuls os s'lever au-dessus du prjug vulgaire, au point de manier et de dmontrer leurs lves des os hu- mains naturels, chose si extraordinaire, que Galien recommande aux tu- diants de se rendre dans cette ville, ne ft-ce que pour cette seule rai- son ; et ceux qui ne le pourraient pas, ajoute-t-il, devront faire comme j'ai fait moi-mme, jeter un coup-d'il sur les spulcres ou les tombes que des accidents font ouvrir. J'ai vu an jour un corps , qu'un fleuve avait enlev et rejet sur le rivage, dpouill de ses chairs. Une autre fois, j'ai rencontr celui d'un voleur qu'un voyageur avait tu, que les gens du voisinage avaient laiss sans spulture, et que les vautours avaient dcharn. On conoit que de cette manire il put bien observer les caractres les plus apparents d< s os de l'homme ; mais qu'il dut recourir d'autres ressources pour en tudier les dtails. Pour cet effet et mme pour se prparer profiter des occasions que le hasard pourrait prsenter , il recommande d'examiner les singes les plus semblables l'homme. On a demand quelle espce de singe Galien avait dissque? Dans ses administrations anatomiques , il engagea choisir ceux qui , n'ayant ni le museau prominent, ni les canines alonges , marchent plus aisment deb ut , et ressemblent davantage l'espce humaine, Il les oppose aux cynocphales, dont les caractres sont contraires ceux-l. Au livre sixime du mme ouvrage, chap. 1, il annonce que les singes face ronde et courtes canines ont aussi le pouce des mains plus long et les doigts des pieds plus courts que les autres ; les muscles des tempes plus faibles, ceux qui vont la jambe moins larges; le coccix trs petit ; les poils doux et courts. Il ajoute ensuite qu'il en. est d'autres qui ressemblent aux cynoc- phales par le museau, qui ont un coccix long, et mme qui ressem- blent ces cynocphales par la queue; que ceux-l ont de grandes canines , des mchoires longues , un pouce trs court, les muscles qui vont la jambe larges. Ce n'est qu'au dfaut de singes que l'on doit prendre des cynocphales, des satyres, ou des lynx. Nous ne connaissons dans les pays frquents des anciens que le ART. 11. TTE DES MAMMIFRES. 309 On compte ordinairement huit de ces os dans le crne. Ils s^appuyent tous sur Tun d^eux, qui se trouve situ magot qui rpondeur ces descriptions; et je me suis assur, par une comparaison exacte de ses muscles avec la myologie de Galien, que c'est en effet d'aprs le magot que ce grand anatomiste a tudi cette partie de la science. Pierre Camper avait cru apercevoir, dans ce que Galien dit des ventri- cules de la glotte, quelque trait qui ne pouvait se rapporter qu' l'orang- outang; mais je montrerai ailleurs qu'il n'est pas mme question de singe en cet endroit, et que Galien n'y parle de ces ventricules que d'une manire gnrale. D'ailleurs, les muscles de l'orang-outang, qui diffrent beaucoup de ceux du magot, ne rpondent nullement aux descriptions de Galien, comme nous le verrons aussi ailleurs. Mais Galien admet deux espces de singes, et, d'aprs ses expressions, Buffn avait suppos l'existence d'un singe plus voisin de l'homme que le magot, qu'il appelait pithque. Les voyageurs ont cherch en vain cet tre imaginaire. Les animaux qu'ils ont apports sous le nom de pi- thques se sont toujours trouvs des magots dont les dents n'taient pas encore dveloppes. Il est vrai que les jeunes magots diffrent assez des vieux par l'air du visage et par la douceur de leurs murs, pour qu'on ait pu les croire d'espces diffrentes , et nous sommes assez disposs penser que Galien a donn dans cette erreur. Toujours faut-il convenir qu'il a exagr ce qu'il dit de leur ressemblance avec l'homme, car leur pouce n'est pas plus long, ni leurs doigts des pieds plus courts proportion que ceux des adultes. Au reste , ces caractres se trouveraient encore moins dans l'orang- outang que dans les jeunes magots; ainsi, ils ne serviraient en rien soutenir l'opinion de Camper. Prenant maintenant une tte humaine et des ttes de divers singes, lisons l'ostologie de la tte dans Galien. Nous y trouvons d'abord une description des sutures coronah , sa- gittale, lambdode et cailleuse; une description dtaille de l'os sph- node , et une numration des os du crne qui conviennent galement bien aux singes et aux hommes. L'auteur passe ensuite la description du temporal , et la mention expresse qu'il y fait de l'apophyse strlode et de l'apophyse mastode est videmment humaine. Sa description du jugal n'a rien de caractris- tique; mais dans sa manire embarrasse de dcrire les os de la face, il y a une erreur manifeste qui ne convient ni l'homme, ni au singe, ni k aucun mammifre. Aprs avoir dcrit la suture jugo-maxillaire en arrire et en avant, il 310 TIII e LEON. OSTOLOGIE DE LA TTE, dans le milieu del base o il supporte l'effort de tous les autres ; c'est pourquoi on l'a appel sphnode ou cuni- la continue jusqu' un endroit du bord infrieur de l'orbite, o elle se partagerait en trois branches : l'une irait le long du grand angle vers l'entre-deux des sourcils (c'est la suture qui spare en avant l'os lacry- mal de l'apophyse nasale du maxillaire); l'autre continuerait celle-l sous la concavit de l'orbite jusqu' la suture sphno-frontale , et aurait sous elle le grand trou lacrymal (c'est celle qui spare dans l'orbite le frontal du lacrymal et de l'ethmode) ; la troisime, place sous les deux autres, se rendrait par le bas de l'orbite cette mme suture sphno- frontale (c'est celle qui spare dans l'orbite le lacrymal et l'ethmode du maxillaire). Il est manifeste que l'erreur de Galien consiste avoir continu la suture jugo-maxillaire le long du bord infrieur de l'orbite jusqu' l'os lacrymal, et avoir fait ainsi del face orbitaire du maxillaire un os distinct. Aussi ajoute-t-il que la mrhoire suprieure est jointe au crne par trois oSjde chaque ct : le jugal, celui qui est dans l'orbite et qui trans- met les nerfs qui se rendent la mchoire infrieure, et celui qui occupe l'angle interne ou le lacrymal. On voit mme qu'il ne parle point du tout de l'os planum ou de la face orbitaire de l'ethmode. Galien passe ensuite aux os de la mchoire suprieure, et en dcri- vant le maxillaire et le palatin d'une manire qui convient galement bien l'homme et au singe , il fait une mention dtaille de la suture incisive, dcrit l'os inter-maxillaire comme un os spar, et y revient deux fois encore dans l'article suivant aprs avoir dcrit les os du nez. Il est impossible d'admettre qu'en ce point Galien ait consult des ttes humaines, puisque mme, dans le ftus, il n'y a jamais dans l'homme qu'uue petite fissure prs du trou incisif, et que la suture entre la canine # et les incisives est un caractre des animaux. Il est mme fa- cile de voir que Galien l'a dcrite d'aprs un magot ou un autre singe d'Afrique, et non pas d'aprs l'orang-outang; car il la fait descendre de l'entre-deux des sourcils, ce qui suppose qu'elle atteignait le haut des os propres du nez. Or , dans l'orang-outang, elle se termine au-dessous de ces os, au bord de l'ouverture antrieure des narines. Aprs ce caractre videmment animal , Galien en prsente un autre qui n'e^t pas moins videmment humain , en disant qu'il y a deux os propres du nez. L'orang-outang, le magot, le chimpans, la plupart des singes de l'ancien continent, n'en ont qu'un seul i'tat adulte. Les autres quadrupdes, tels que les chiens et autres carnassiers, ont ces os doubles comme nous , et leur os ethmode est, de plus , tellement cach par le frontal, qu'on ne le voit point dans l'orbite. Ces deux circonstances , conformes deux des erreurs de Galien, me fout croire que quelquefois il manquait mme de singes, et se voyait r- duit consulter des animaux plus communs. ART. il. TTE DES MAMMIFRES. 311 forme. Sa partie moyenne, paisse, se nomme le corps, et il a deux paires de parties latrales en forme de lames; appeles ailes; les antrieures, plus petites, qui rpon- dent au dessus du fond de l'orbite ; les postrieures , plus grandes , spares des premires par la grande fente dite sphnodale. Son bord antrieur se joint au frontal par une suture dite sphnodale qui appartient: aux petites et aux grandes ailes, et rgne sur le pla- fond des orbites. Le milieu de ce mme bord ant- rieur, qui appartient au corps , s'unit au bord post- rieur de l'ethmode. En arrire, le corps du sphnode se soude de trs bonne heure avec le corps ou la par- lie paisse de l'occipital. Le bord postrieur des grandes ailes s'unit au rocher; leur bord latral, la partie cailleuse du temporal par une suture situe dans la fosse temporale; leur pointe seulement touche au parital par un petit espace. [Il n'est pas trs rare, cependant, de trouver des crnes de ngres o le temporal s'unit au frontal, et spare l'angle du parital du sommet de l'aile tempo- rale du sphnode. ] La face antrieure des grandes ailes a une arte qui se joint une lame du jugal pour former la cloison postrieure de l'orbite; ainsi ces grandes ailes r- pondent en partie l'orbite, en partie la face tem- porale. En avant du sphnode est le frontal j il forme le plafond des deux orbites et toute la convexit du front. Entre les orbites , il a un vide qui est rempli par l'ethmode, lequel spare les orbites l'un de l'autre et forme le plafond de la cavit du nez ; l'apophyse orbi- taire du frontal du ct du nez, s'unit au lacrymal , au 312 VIII e LEON. OSTOLOG1E DE LA TTE. maxillaire suprieur et au nasal; son apophyse ex- terne l'os de la pommette, qui se continue ensuite avec une crte de la grande aile du sphnode pour compl- ter la cloison externe de l'orbite. Une grande suture demi-circulaire, dite frontale, va d'une de ces apophyses orbitaires externes l'autre en passant sur le crne, et spare le frontal, dont elle forme le contour latral et suprieur , d'abord de la grande aile du sphnode, et ensuite des deux pa- ritaux. A l'arrire du corps du sphnode tient le corps de Voccipital ou son apophyse basilaire , qui mme se soude de si bonne heure avec lui que plusieurs ana- tomistes ne font qu'un seul os occipito-sphnode. L'occipital s'largit en arrire , entoure le grand trou occipital , produisant chacun de ses cts un condyle articulaire ; il remonte en s'largissant encore, pour se terminer en pointe derrire le crne dont il occupe toute la face postrieure (1). Partout o il ne touche point le sphnode, il s'articule avec les tem- poraux et avec les paritaux. Le temporal, os compliqu, remplit l'espace entre la grande aile du sphnode et le ct de l'occipital. Sa partie latrale ou cailleuse est mince , large et (1 ) [En dehors du condyle , entre celui-ci et l'apophyse mastode , en arrire de l'apophyse stylode, l'occipital ne prsente dans la plupart des sujets que de petites minences rugueuses ; mais nous avons trouv en ce point, sur un sujet, une longue et forte apophyse, droite, conique , appartenant l'occipital, et qui semblerait tre l'analogue de celle qui, ne du mme os, prend dans certains genres de mammifres un si grand dveloppement, et tient lieu de l'apophyse mastode proprement dite, quoique souvent aussi ces deux apophyses existent simultanment. Nous la dsignerons, comme nous l'avons dit, et pour viter toute circonlocu- tion, sous le nom d'apophyse par a -mastode.] ART. II. TTE DES MAMMIFRES. 313 arrondie ; elle donne une apophyse pour former avec une autre apophyse du jugal F arcade zygoma tique. .A sa partie postrieure, vers le bas, est l'apophyse mastode; entre deux, le trou auditif externe, et, vers la base du crne , le rocher qui s'avance derrire la grande aile du sphnode jusqu' l'os basilaire. Toute la partie de la vote du crne qui reste gar- nir l'est par les deux paritaux , grands os carrs , articuls entre eux par une suture longitudinale , dite sagittale ; avec l'occiptal , par une suture en forme d'angle dite lambdode ; avec le frontal, par la grande suture frontale ; avec le temporal , par une suture dite cailleuse, et enfin avec la pointe de la grande aile du sphnode. On voit donc que la boite , qui constitue le crne , est forme de trois ceintures fort ingales en largeur, troites vers la base , et dilates vers le haut en une grande convexit. La premire est forme par le frontal et l'ethmode. La deuxime, par le sphnode , les temporaux et les paritaux. La troisime, par l'oc- cipital. Les fosses de l'intrieur ne rpondent pas exacte- ment aux divisions des os ; l'antrieure, ou la frontale, embrasse des parties du frontal de l'ethmode et du sphnode ; les fosses moyennes en ont du sphnode , des paritaux, des temporaux et un peu du frontal; la fosse postrieure , de l'occipital